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BANG, LES PARAILLADES

Mi-décembre, direction le canal Saint-Martin pour découvrir le nouveau restaurant du quai de Jemmapes, Bang. J’y allais surtout pour goûter leur brunch, que vous pouvez retrouver en photos ici. Je m’étais alors promis de revenir goûter leur carte et notamment leurs fameuses paraillades.

Exit les pierrades qui refroidissent trop vite, l’heure est maintenant aux paraillades (une plancha sur une pierre de lave qui reste chaude longtemps… longtemps !)

Après un délicieux foie gras maison, nous choisissons notre viande parmi 3 paraillades :

Boom Bang  17€  : Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn), Filet mignon de porc (Aveyron)

Bang Bang 18€ : Boeuf d’Ecosse, Boeuf de l’Aubrac, Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn)

Big Bang 19€  : Boeuf black Angus (Kansas), Boeuf d’Ecosse, Boeuf d’Argentine, Boeuf de l’Aubrac

Etant tous les 2 de grands amateurs de boeuf, c’est la dernière que nous retenons. Les différentes provenances dans la même assiette nous permettent de comparer. And the winner is… l’Aubrac. Cocoricooo ! Suivie de peu par l’Argentine. Même mon pavé de Black Angus (ci-dessus) ne détrône pas le boeuf français.

Toutes les viandes ont été sélectionnées par les meilleurs bouchers de Paris. Faut-il préciser qu’Hugo Desnoyers est dans le coup ? Non, pas la peine…

Ces frites !!! Ca y est, celles de la Place Royale ont été détrônées. Je peux maintenant affirmer – sans être péremptoire – :-D que les meilleures frites de Paris sont chez Bang. Monsieur Blend, faut faire pareil ! Croustillantes et moelleuses, absolument pas grasses. Coupées au couteau, elles ont toutes la même taille, c’est beau avant d’être bon. A peine besoin de les savourer avec les sauces maison : tartare, BBQ et chimichurri, pourtant fort bonnes.

François Di Giugno, le chef, ne se contente pas de proposer de succulentes viandes, il prépare aussi de bons desserts comme ce cheesecake que la crème fouettée rend aérien.

En salle, le service d’Imina Nial est chaleureux et attentif et c’est un bonheur de l’écouter parler de sa carte de vins naturels.

BANG. 112 quai de Jemmapes. 75010. Tél : 01 40 40 07 11. Ouvert tous les jours sauf dimanche soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €, paraillades de 17 € à 20 €. Leur site ici. Métro Jacques Bonsergent, Château-Landon.

LE SONDAGE DU MERCREDI

L’AGAPÉ*

Le parti pris gastronomique de l’Agapé est depuis 2008 de mêler grande tradition française et innovation en inscrivant sa cuisine dans l’ère du temps. Bertrand Grébaut, en pleine success story au Septime maintenant, a fait les grandes heures de la maison et lui a même permis de décrocher une étoile.

C’est la cuisine du nouveau chef, Yohann Lemonnier, que nous sommes venus apprécier il y a deux semaines. Comme son prédécesseur, le chef a fait ses classes chez Passard, mais aussi chez Lucas Carton et Michel Rostang.

Le décor est contemporain et discret. L’installation lumineuse est signée Starck, la porcelaine Bernardaud. Astucieux et jolis, les ronds de serviette design sont signés Andrée Putman et se transforment en porte-couteaux, une fois la serviette sur les genoux, ou autour du cou, à sa guise…

1er amuse-bouche : le déjeuner commence mal avec du Champagne servi dans un verre à vin et des mini-gougères au fromage trop sèches. Ne restons pas là-dessus, vite, la suite !

2eme amuse-bouche : saumon d’Ecosse mi-cuit, mi-fumé et son velouté de cresson. Si la bouchée de saumon est parfaite, le velouté l’est moins. Bien trop amer, il dénature le poisson.

1ère entrée : le chef a gardé l’entrée-phare de Bertrand Grébaut soit la noix de veau fumée d’Hugo Desnoyer (LE boucher parisien). Fumée au bois de hêtre par la maison et servie en carpaccio, la noix est agrémentée de noisettes et de câpres, juste ce qu’il faut, pas besoin d’autre artifice. C’est beau, bien présenté et d’une grande finesse en bouche. Une entrée digne d’un restaurant étoilé, enfin on y est !

Nous dégustons un vin blanc à l’aveugle. Si la couleur très jaune me fait voyager du côté du Jura, la première gorgée me fait changer de cap. Nous sommes en Bourgogne. Gagné, mais où ? Je sèche. Au Domaine de Valette en Saône-et-Loire.

2eme entrée : ormeau sauvage et poireau ventrèche du pays basque. Le mollusque, réputé pour sa chair extrêmement ferme, a dû souffrir en cuisine. Il faut en effet battre les ormeaux avant de les consommer. Bien saisi, il est presque nacré à coeur, nous admirons la cuisson et apprécions le poireau servi dans son plus simple appareil.

1er plat : turbot rôti et espuma de yuzu. Notre poisson, caché sous des légumes de saison al dente, fond dans la bouche. Il est agréablement relevé par le cousin japonais du citron vert, le yuzu. Si les carottes et le chou quittent les fourneaux parfaitement cuits (“la Passard touch”), il n’en est rien pour la betterave qui demeure malheureusement crue. Nous oublions notre déconvenue en découvrant de petits choux de Bruxelles. Mon compagnon de table me prédit d’ailleurs le grand retour de ce légume dans les assiettes parisiennes. A suivre donc.

Grande découverte pour moi que ce Pouilly-Fumé Pierre Précieuse 2010 d’Alexandre Bain, adepte de la culture biologique et biodynamique.

2eme plat : cimier de chevreuil. (cimier = croupe de la bête). Beau défi que ce plat puisque je n’apprécie que moyennement le chevreuil. Mais c’est en faisant confiance à ce genre de maison que l’on peut changer d’avis. La cuisson est parfaite, les deux morceaux pas filandreux (idiot souvenir…) et l’accompagnement précis. Nous retrouvons la betterave, cette fois préparée en mousseline fumée, accompagnée de conchiglioni fermes mais fondants. Belle réalisation !

Fromages : pas de choix cornélien ici et c’est tant mieux. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un plateau garni d’une trentaine de fromages, sachant que la bienséance nous autorise à n’en goûter que trois. Fourme d’Ambert et comté 4 ans d’affinage 2008, maison Anthony. Avec ? Un cépage chardonnay du Jura.

Le comté, que mon voisin juge trop vieux, se révèle presque granuleux en bouche. Voilà la première impression. Puis le palais le laisse s’exprimer et il prend ses aises. La fourme d’Ambert en paraît fadasse.

Dessert : soit le moment le plus “pénible” pour moi qui suis de moins en moins sucré (ça va un jour me poser problème). Ouf, c’est un Mont-Blanc, dessert qui doit faire partie des 4 ou 5 que j’apprécie avec gourmandise.

Un gros marron glacé attend d’être dévoré à côté des vermicelles de crème de marron (divine). Que ce méli-mélo couleur noisette est gourmand ! La meringue maison est aérienne mais pourquoi cette quenelle de glace arrive-t-elle déjà fondue ? Je pense que c’est voulu, certes, mais pourquoi ? Ce n’est guère appétissant, on pourrait croire à un départ tardif des cuisines.

Les grignotages qui accompagnent le café sont décevants, j’attendais du fait maison.

Merci à mon gentil mécène pour ce déjeuner carte blanche, plein de découvertes (le Pouilly, le chevreuil, le comté) malgré quelques fausses notes inattendues dans un restaurant étoilé. D’ailleurs, vont-ils la garder cette étoile ? Verdict dans un mois.

L’Agapé. 51 rue Jouffroy-d’Abbans. 75017. Tél : 01 42 27 20 18. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici.  Menus de 35 € à 120 €. De la même maison : L’Agapé Bis et L’Agapé Substance.

SEPTIME

(Je m’aperçois que je n’avais jamais chroniqué le bien connu Septime sur ce blog. Lors de ce déjeuner improvisé il y a quelques mois, je n’avais malheureusement pas de quoi mitrailler…)

Septime, c’est un peu “the place to be” depuis son ouverture au printemps 2011. Les critiques se sont enflammés pour la plupart dès le début, d’autres ont été plus sévères tout en étant conquis.

Pourquoi “Septime” ? En référence au personnage de Louis de Funès dans le film le Grand Restaurant. C’est Bertrand Grébaut, jeune chef ayant fait ses classes chez Passard et ancien de l’Agapé, qui a trouvé le nom.

La décoration de ce restaurant dans la mouvance “bistronomique” est réussie : cuisine ouverte, mobilier en bois, escalier en métal. Et cette cour, que dis-je ce petit jardin, idéal l’été ! La végétation y est abondante, un peu le rêve de tout Parisien.

La cuisine est de saison, du marché. On imagine aisément le chef panier au bras en train de scruter les étals des primeurs. L’Ecole d’Alain Passard on vous dit ! La présentation est parfaite, les cuissons sont au-delà de la maîtrise, les associations sortent des sentiers battus et tout cela pour des prix modiques (ce menu déjeuner à 26 € est une aubaine). C’est servi avec le sourire s’il vous plaît même si de temps en temps l’équipe (menée par Julien Cohen un ancien de Pizza Chic) paraît débordée, victime de son succès.

Citons dans le désordre : poireaux sauce gribiche, écume d’huîtres et oeufs de truite puis onglet de veau asperges blanches, lieu jaune aux olives, merlu sauce à la rhubarbe, brandade et son persil du jardin…

Le dessert phare de la maison était au printemps dernier la tarte aux petits suisses. Légère, aérienne. Avec une toute petite déception pour moi qui aurait prié pour retrouver cette belle acidité du cheesecake. Il faudra revenir pour goûter d’autres prouesses sucrées du chef.

Il est rare de signaler un sans faute, c’est le cas au Septime ! Sans doute le meilleur rapport qualité/prix de la Capitale.

(c) photo Fooding

Septime. 80 rue de Charonne. 75011. Tél : 01 43 67 39 29. Résa fortement conseillée ! Menus 26 € et 55 €. Ouvert tous les jours sauf samedi, dimanche et lundi midi.

RAS LA TOQUE DES SOUPES EN BOÎTE !

L’hiver n’est pas fini …! Ne nous fions pas aux piaillements matinaux des oiseaux qui nous annoncent déjà le retour de la saison de leurs amours pour la Saint Valentin. Bon moyen de se réchauffer diront certains.

Il n’empêche qu’après avoir grelotté dehors, on apprécie de retour chez soi, une bonne soupe brûlante …avant de filer sous la couette.

Mais que choisir ?

Sans conteste, on plébiscitera une soupe faite maison.

Bien rustique par exemple, comme nous le propose l’auteur de la photo ci-dessus qui a fait cuire pêle-mêle ce qui lui tombait sous la main. Verdict du jury : excellent !

Pas le temps de la préparer en rentrant du boulot ? Pourquoi pas s’y coller le week-end, en famille ? Bon prétexte pour entraîner tout son petit monde au marché et découvrir ensemble les légumes qui abondent sur les étals. On s’interroge sur le nom et la forme de certains : potimarron, butternut, panais, céleri…On est tout content d’avoir reconnu les pommes de terre, poireaux et carottes…

La soupe : une question d’inspiration. Pourquoi pas y ajouter épinards ou courgettes pour renforcer le côté velouté ?

On n’oublie pas ail, oignon, thym, ou autre… pour le goût. On la fait cuire à l’auto-cuiseur : 10 minutes suffisent. Et une fois mixée, elle est prête pour la semaine !

Pas le temps non plus le week-end ?…Bon, alors, il va falloir choisir avec vigilance une soupe toute faite.

Surtout pas de soupe en boîte industrielle !

Une toute récente étude (1) vient de confirmer que le taux de bisphénol A (2),  absorbé par l’organisme après avoir ingurgité de la soupe en boite, augmente de 1000 %. Oui, vous avez bien lu : mille pour cent !!!

On préférera donc un potage surgelé, sans additifs, sans colorants, sans conservateur, sans vitamine ajoutée : que des légumes et de l’eau, comme le bio de chez Picard.

Et puis, avant de passer à table, on pourra renouer avec la tradition, en criant : « A la soupe ! »

 

Petitgrognon

(1) Chercheurs de la Harvard School of Public Health à Boston (Massachusetts)

(2) Le bisphénol A est une molécule perturbatrice du système endocrinien, impliquée également dans les maladies cardio vasculaires, les cancers hormonodépendants, le diabète et l’obésité. Interdite depuis peu pour les biberons, elle tapisse toujours l’intérieur des canettes de boisson et des boites de conserve !

BLEND, HAMBURGER GOURMET

Blend est le nouveau lieu dédié au hamburger gourmet. Pourquoi gourmet ? Parce que tout est fait maison, même les buns, et parce que les deux jeunes propriétaires ont choisi de travailler avec Yves-Marie Le Bourdonnec, célèbre boucher parisien, réputé pour la qualité de sa viande. Celle que vous allez déguster a été rigoureusement sélectionnée par celui que la presse a baptisé “le boucher bohême” et mûrie pendant 3 longues semaines. On est loin, vous l’avez compris, du steak haché surgelé.

L’endroit est tout petit, et pris d’assaut chaque jour. Les deux garçons, qui ont travaillé sur ce concept pendant 2 ans à grand renfort de brainstorming, sont victimes de leur succès. Blend a fait l’objet d’un immense buzz dans la presse et sur internet, ils ont été obligés de doubler leur production et leur équipe pour satisfaire leurs nombreux clients, qui font la queue devant l’établissement avant l’ouverture des portes à midi pile.

Je suis accompagnée ce midi-là de deux amies, fans de hamburgers tout comme moi. Nous attendons, avec une dizaine de personnes, que les portes s’ouvrent enfin.

Longues suspensions industrielles, mobilier en bois et du 100% black and white en déco. L’endroit est joli. Evidemment c’est trop petit mais les deux propriétaires ne peuvent pas pousser les murs et pour connaître le prix du mètre carré à Paris, c’est déjà une belle affaire.

Nous sommes trois, nous avons 4 places et ce n’est pas de trop car ici, point de chaises, sur des tabourets tu t’installeras. Le manteau va sur le porte-manteau de l’entrée et le dossier est le dos de ton voisin.

A la carte 6 hamburgers (cf menu ci-dessous). Le “Signature” semble être le burger phare de la maison, il est garni d’une compotée d’oignons maison, de bacon, de roquefort, d’emmental de Savoie et de pousses d’épinard. Sonia et moi le commandons, Amélie (qui le connaît déjà), opte pour le Cheesy (cheddar, bacon, sauce barbecue maison, oigons, pickles, iceberg).

Le burger : la présentation dans son petit panier me plaît beaucoup mais je regrette qu’il soit coupé en 2 comme un bagel. Même si c’est esthétique (les pousses d’épinard sont parfaitement superposées), je préfère prendre mon burger à pleines mains. Le bun, fait maison par une pâtissière californienne, ressemble plus à une brioche mais ce n’est pas déplaisant. Le steak est un délice, il est servi saignant bien sûr et bravo au cuisto car le sang n’imbibe pas du tout le bun. J’ai lu ici et là que l’ensemble était trop sucré. Je dirais plutôt que le tout manque de sel.  En effet, le bun + la compotée sont sucrés et le burger est avare en roquefort, un petit problème d’assaisonnement donc. Heureusement, la viande sauve l’ensemble.

Les frites : là encore la présentation est originale mais énorme déception sur les frites maison. Molles, parfois trop cuites, elles sont ridiculement petites. Où sont les grosses frites coupées au couteau auxquelles je m’attendais ? Dommage. La prochaine fois je fais l’impasse sur les frites et je commande deux burgers.

Les desserts : whoopies, cookies, cheesecakes, cupcakes. Tous les desserts (maison aussi) sont exposés dès l’entrée, au comptoir. Impossible de résister.

Jamais vu un cookie aussi riche en pépites. Comme la tradition l’exige, le cookie est moelleux, et présente autant de pâte que de pépites. Un vrai péché mignon. Nous apprécions qu’ils soient servis par deux.

Verdict : une petite déception pour le burger qui manque définitivement de sel, mais je l’ai signalé au patron et l’ordre a été donné en cuisine de mieux assaisonner (à suivre donc), une énorme déception pour les frites, mais un régal en fin de repas avec les cookies, qui permet de finir sur une note positive.

Un joli cadre. N’oublions pas que nous sommes dans un concept de restauration rapide donc oui c’est petit, oui on fait la queue, c’est le jeu.

Le rapport qualité/prix est bon vu l’excellence de la viande.

Bravo à ces deux jeunes hommes pour leur audace (faire du burger un plat gourmet) et la qualité de l’accueil. Et n’oubliez pas que “Gourmet, ce n’est pas que pour les chats” comme l’indiquent leurs flyers.

Blend. 44 rue d’Argout. 75002. Métro : Sentier, Les Halles, Etienne-Marcel. Ouvert tous les jours sauf dimanche de 12h à 14h30 et de 19h30 à 23h. Formule burger frites boisson 15 €. Leur site ici.

LE SONDAGE DU MERCREDI

COFFEE TIME A L’HÔTEL DE VENDÔME

Exit les tea time, l’heure est maintenant au coffee time ! L’hôtel de Vendôme lance cet hiver son coffee time pour une pause bien méritée après un shopping place Vendôme (ah ah).

L’endroit est cosy, féminin, très “couture”. Le fameux “gris Dior” est d’ailleurs partout. Je ne sais pas ce que je préfère : les petits coussins ou les fauteuils pied-de-coq. Si vous venez seul(e), de beaux livres d’art accompagneront votre café.

Les tables sont très espacées les unes des autres. Le lieu est propice aux confidences, voire aux rendez-vous secrets. Pour y être allée plusieurs fois, j’ai d’ailleurs souvent remarqué que les clients chuchotaient.

Les meilleurs se sont associés pour créer cette nouvelle formule. Le pâtissier de l’Hôtel de Vendôme a imaginé une carte de gâteaux proposés au chariot, soutenu par Luc Debove (MOF 2011) lors du lancement de ce coffee time. Tous ces délices sont réalisés avec le concours de la Chocolaterie de l’Opéra.

Qui dit coffee time dit café bien sûr. Pour cela, l’hôtel a demandé conseil à deux experts : Antoine Netien (meilleur torréfacteur de France 2011) et Tom Clark, propriétaires du Coutume Café, spécialisé dans l’importation et la torréfaction des meilleurs crus de café.

Car le café se déguste comme un grand vin, j’en ai fait l’expérience. (note pour plus tard : aller goûter le brunch du Coutume).

Alors que Tom prépare mon café du Costa Rica au siphon (un vrai cérémonial), je vais choisir ma pâtisserie. Chou lacté Divo, petit pot de crème Concerto, macaron Carupano… Tout est bien tentant mais j’opte pour le cigare fumé Baïano : un mélange de fondant et de croustillant autour.

Je reviens du chariot, mon café est servi. Alors que je m’apprête à commettre un crime, Tom arrête mon geste dans la foulée. “Pas de sucre dans le café ! C’est comme mettre du Ketchup sur du foie gras”. Je me défends en expliquant que je viens de me mettre au café et que c’est très dur pour moi sans sucre mais Tom n’en démord pas, “si vous voulez apprécier le vrai café, ne le sucrez pas”.

Non seulement j’ai obéi, mais j’ai grâce à lui reconnu des notes de griottes à la première gorgée.

Le coffee time est servi tous les jours de 15h à 19h, la formule proposée à 23 € comprend la dégustation de café au siphon et 3 pâtisseries. Tarif plus que raisonnable vu l’endroit. Une belle alternative au tea/coffee time d’Angelina. Et au moins, pas de file d’attente dans le froid !

Hôtel de Vendôme. 1 place Vendôme. 75001. Ouvert tous les jours.

RAS LA TOQUE DES FAUX-CULS AU RESTO !

-       Mais pourquoi t’as rien dit ?

-       Je m’en veux, j’aurais dû râler.

-       Si j’avais su, je leur aurais dit ce que je pensais…

Et oui seulement on ne le fait pas. Parce que cela ne se fait pas ?

Ou tout simplement pour ne pas plomber l’ambiance ?

C’est vrai qu’au restaurant, on a envie de passer un bon moment, si possible en bonne compagnie. Et puis voilà un premier détail, apparemment anodin, puis un deuxième  (qui en laisse présager un troisième…) qui détourne soudain notre attention : l’attitude du serveur faussement décontracté, la serveuse trop mini pour être polie, la carte qui se fait attendre, le pain qui manque à l’appel, le plat du jour qui arrive froid…

On arrêtera là. Qui n’a pas connu ces grains de sable mémorables qui ont failli gâcher une bonne soirée ?

Seulement voilà, on n’ose pas faire part de notre désagrément.

Vis-à-vis de celui ou celle que l’on invite… ou mieux qui nous invite…

Vis-à-vis des convives réunis autour de la table pour fêter un joyeux événement.

Vis-à-vis de soi même, tout simplement, parce qu’on en a un peu marre de râler à tout bout de champ.

Et pourtant, tout à l’heure quand viendra l’addition, le total sera identique.

Quant au patron, il aura manqué d’une excellente occasion de corriger un écart qui peut nuire à sa réputation. Si tous ses clients sourient devant et grimacent une fois sortis, comment voulez-vous qu’il progresse … ?!

Alors, pitié mes amis gastronomes, sachez faire des remarques opportunes (avec tact et modération s’entend…), les restaurateurs vous seront reconnaissants de contribuer ainsi à améliorer leurs prestations.

 

Petitgrognon

LE BIZETRO

Ouvert fin 2011, le bistrot chaleureux de Pierro et Julien fait déjà salle comble le midi. En deux mois seulement les deux sympathiques garçons ont déjà leurs habitués. Pourquoi ? La réponse est simple : c’est très bon, rapide, abordable (formule à 19 € !), le service est dynamique, ultra attentif et le cadre très convivial. Qui dit mieux ?

Le Bizetro (jeu de mot avec le nom de la rue, huhu) jouit d’un décor simple mais élégant : banquettes, moblier en bois, tableaux colorés mis en valeur par un habile jeu de lumières. Sur la droite un zinc vous accueille. Des saucisses finissent de sécher en compagnie des piments d’Espelette, les terrines de campagne et les rillettes maison attendent d’être dévorées, Pierro s’occupe de conseiller les vins à ses clients et Julien s’active en salle pendant que le chef, Luc Robuste, surveille la cuisson des plats dignes de la grande tradition bistrotière.

La commande est prise rapidement, directement sur la nappe, un peu à la “Chartier”. Terrine et rillettes, nous ne pouvons résister. Nous laissons de côté les poireaux vinaigrette, les oeufs mayo et les harengs. Les portions sont gargantuesques, les gros appétits seront ravis. Les rillettes d’oie sont fondantes, absolument pas grasses, on se passerait presque de pain. La terrine tient ses promesses, on nous l’annonçait au poivre, il est présent. Julien a l’oeil partout : les carafes sont apportées sans avoir à réclamer et la corbeille de pain se remplit comme par magie.

Tout est bien tentant pour la suite : foie de veau, petit salé aux lentilles, poivron farci, filet de turbot, andouillette AAAAA, pavé de boeuf… Mon foie de veau est commandé, ainsi que le petit salé. Comme les entrées, les assiettes sont généreuses.

La cochonaille repose sur les lentilles agrémentées de carottes. Echine, saucisses, tout est là. Un plat réconfortant en cette journée pluvieuse. Silence absolu en face de moi, j’en déduis que mon invité se régale, il n’en laissera pas une miette, ou plutôt… une lentille, pour le plus grand plaisir du chef. Mon foie de veau est cuit exactement comme je l’avais demandé : “un tout petit peu plus que rosé”. Bien saisi à l’extérieur, fondant à l’intérieur. La purée maison manque un peu de lait, on est plus dans l’écrasé de pommes de terre, dommage.

Les vins sont proposés au verre. Je connaissais déjà le Bertrand Graillot en côteaux du Giennois, je goûte le Sancerre, parfait, surtout avec le foie. Nous trempons aussi nos lèvres dans un verre de côtes de Blaye. Verre autour de 2 € (seulement !), pichet 4 € et bouteilles de 18 € à 30 €.

Gâteau au chocolat, clafoutis à l’ananas, les gâteaux font les yeux doux aux clients sur le bar. Je leur préfère un riz au lait nappé de caramel au beurre salé maison.

La rentrée 2012 a été plus que morose, merci aux trois garçons du Bizetro pour cette parenthèse gourmande. Les habitués les suivent déjà sur leur page Facebook afin de ne manquer aucune soirée : huîtres, foie gras, beaujolais, bouillabaisse, ils sont prêts à tout, même à se déguiser !

Le Bizetro. 6 rue George Bizet. 75016. Tél : 01 47 23 85 41. Métro : Alma Marceau. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Formule entrée plat ou plat dessert 19 €.

LE SONDAGE DU MERCREDI

PARIS DES CHEFS 2012

(un clic sur les photos pour les agrandir)

Le festival international des rencontres culinaires créatives, Paris des Chefs, a ouvert ses portes hier matin. Je suis allée y faire ma curieuse et prendre quelques photos.

Parrainé par Alain Ducasse pour cette 4eme édition, le festival met en scène des passerelles  entre l’art de cuisiner et les différents champs de la création. Au programme, de nombreux duos comme Yannick Alléno (chef étoilé du Meurice) et l’architecte Alain Moatti, Anne-Sophie Pic et Carole Bouquet et bien d’autres.

Au 5eme étage, place aux ateliers culinaires avec Thierry Marx pour une trilogie de foie gras ou la très sympathique Mercotte pour une démonstration de ses fameux macarons qui ont fait sa renommé sur la toile. Mercotte si tu me lis, ravie de t’avoir revue :-)

Paris des Chefs s’écoute, se regarde, s’expose et se goûte pendant 3 jours à la Maison de la Mutualité, tout récemment rénovée par Wilmotte.

Maison de la Mutualité. 24 rue Saint-Victor. 75005. Métro : Maubert-Mutualité ou Cardinal-Lemoine. www.parisdeschefs.com. Pass une journée 15 €, pass 2 jours : 22 €, pass 3 jours : 30 €. De 11h à 20h

RAS LA TOQUE DE SE GELER AU RAYON FRAIS !

C’est pas bientôt fini de devoir faire ses courses avec des mouffles ? Car gare au coup de froid quand on arpente les rayons frais au supermarché ! On pénètre alors dans un véritable frigo à ventre ouvert.

« La porte … ! » a-t-on envie de crier. Mais seulement de porte : point !

…Jusqu’à présent, car voilà-t-y pas que même un ministre se préoccupe de notre petite santé.

On va donc imposer aux directeurs de grande surface d’équiper de portes les linéaires frigorifiques où s’entassent des montagnes de produits lactés.

Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas par égard à nos mimines gercées que Madame le Ministre – en l’occurrence NKM (1) – vient d’annoncer cette mesure.

Tout simplement parce qu’en période de crise, c’est de la provoc de produire autant de froid pour rien ou plutôt pour laisser libre accès aux produits frais et ne pas freiner l’impulsion d’achat du consommateur congelé.

Elle a même fait le calcul : avec toute l’électricité ainsi dépensée inutilement on pourrait éclairer chaque année une ville comme Lyon.

C’est d’ailleurs curieux que Michel-Edouard Leclerc, d’habitude toujours prompt à prendre la parole pour donner des leçons aux autres, n’y ait pas pensé plus tôt ! La marge sur le yaourt qui lui paye généreusement l’énergie ainsi gaspillée lui provoquerait-elle des absences… ?

A lui comme aux autres on a envie de leur crier avec le ministre : « La ferme … ! »…on parle de la porte des rayonnages, évidemment…

Petitgrognon

(1) Nathalie Kosciusko- Morizet, en visite dans une grande surface de l’Essonne début janvier

BAROCHE : TAPAS À TOUTE HEURE

David Baroche a quitté le Marché Saint-Honoré pour venir s’installer dans le 8eme, à l’angle des rues de Ponthieu et La Boétie. L’établissement est multi-casquettes : bar, restaurant, épicerie, salon de thé et même librairie avec de jolis livres de cuisine en vente.

L’escalier est magnifique, on s’attend presque à voir Coco Chanel descendre les marches. :-)

Plusieurs habitués s’installent au bar pour grignoter des tapas, je préfère le coin lecture et ses banquettes confortables. Velouté de cèpes à l’huile de truffe, salade de lentilles tièdes et saucisson à l’ail : deux entrées bien maîtrisées. Le saucisson est divin, et pour cause, David Baroche est un ancien artisan charcutier.

Le plat me séduit moins : des noix de saint-jacques entourées de fines tranches de lard. Même si les lentilles sont bonnes, les noix sont gâchées par le lard et du coup, trop salées. J’aurais dû prendre le burger au foie gras poêlé, la prochaine fois !

Mais je persiste car je sens le potentiel du lieu. Chez Baroche, au moment du dessert, il faut se déplacer. J’aime ce moment, ça me rappelle toujours le regard que les gourmands jettent vers le chariot de pâtisseries dans les salons de thé des palaces.

Crumble, tiramisu, tarte au citron ou au chocolat, macarons. J’opte pour le café gourmand avec de jolies verrines de riz au lait crémeux, d’une fine mousse au chocolat et un morceau de brownie fort en cacao amer.

Une bonne adresse pour déjeuner rapidement dans le 8eme. Comptez 9 € pour un “casse croûte”, 20 € pour un plat.

Baroche. 101 rue La Boëtie. 75008. Tél : 01 43 59 69 57. Métro : Miromesnil. Ouvert tous les jours.

LE SONDAGE DU MERCREDI