Archives de la Catégorie Coups de coeur parisiens

SALE E PEPE

Sale e Pepe c’était la bonne adresse italienne de ce coin du 18eme il y a quelques années. Malheureusement un horrible patron a vulgarisé la cuisine et le restaurant a vu à juste titre sa clientèle fuir l’établissement. Les clients en avaient sûrement assez de manger du tiramisu Leader Price… (véridique !)

Mais grâce à toute cette famille originaire de Palerme en Sicile, Sale e Pepe renaît de ses cendres depuis l’automne dernier et la toute petite salle chaleureuse affiche maintenant complet midi et soir.

Tous les produits sont frais, le salami est légèrement piquant, la mozzarella di buffala est bien fondante et le pesto vert est maison. La foccacia, tout juste sortie du four, est croustillante, moelleuse à l’intérieur et bien parfumée au romarin et à l’origan. Un vrai péché mignon.

Une dizaine de pizzas et de pasta. Nous goûtons la Romana et la Contadino, version “bigoût”, le serveur ayant entendu que nous voulions faire moitié/moitié, chouette attention. La pâte est ultra-fine, croustillante sur les bords et la garniture généreuse.

On aime la carte des vins à prix tout doux et la formule déjeuner à 15 €.

Les desserts sont eux aussi faits maison. La pannacotta arrive encore tremblotante, la vanille explose en bouche.

Ci-dessus les nouveaux desserts inventés par le jeune chef : cube de chocolat aux 7 strates, petits dômes chocolat blanc et confiture de fraise. Très gourmand !

Vous n’avez pas réservé, c’est complet mais vous mourrez de faim ? Direction la petite boutique attenante pour la vente à emporter. Toutes les pâtes sont elles aussi maison !

Les deux fils de la famille sont en cuisine et en salle, ils sont souriants, sympas, mignons même :-D et ont le tutoiement facile. On a un peu l’impression d’être invités chez eux, en Sicile.

Sale e Pepe. 30 rue Ramey. 75018. Tél : 01 46 06 08 01. Ouvert tous les jours sauf lundi midi. Métro Château-Rouge ou Marcadet-Poissonniers.

LE PORT DU SALUT

L’auberge du Port Salut, construite au XVIIIe siècle, est une institution parisienne, surtout connue pour son cabaret en sous-sol de 1955 à 1982. Gainsbourg y a chanté, ainsi que Barbara, Jean Ferrat, et Coluche s’y est produit.

L’établissement a souvent changé de propriétaires et on espère que cette fois-ci “c’est la bonne”. C’est trop dommage de ne pas faire revivre cet établissement historique.

Patrick Arranz vient de reprendre l’affaire. Son jeune fils de 24 ans est en cuisine. A la lecture de la carte on se dit que ça sent bon. Elle est courte, de saison, intelligente.

Le foie gras est parfait et cohabite bien avec la marmelade de pruneaux et le cannelloni de joue de boeuf, riche idée, est appétissant. Dommage, il arrive froid et la crème de truffes qui l’accompagne est inexistante en bouche.

Le magret de canard se voit accompagné de courgettes au miel. Il arrive entier et pré-découpé, pourquoi pas, mais attention à la cuisson ! On sait qu’un magret se déguste rosé mais pour une fois nous l’avions demandé à point et notre demande n’a pas été respectée.

La cuisson de la daurade est bonne, mais le riz sauvage est froid, dommage ! Il faut absolument chauffer les assiettes avant le dressage. La sauce coco, gingembre, ail est audacieuse mais manque de pep’s.

Les desserts sont convaincants. Nous goûtons le “Coluche” : biscuit aux pistaches torréfiées confit de cerises et le “Port du Salut”, une merveille de pâte sablée garnie d’une ganache au caramel à la fleur de sel. Ouf, nous finissons sur une bonne note.

Encore un petit effort en cuisine (cuissons respectées, assiettes servies chaudes), un peu plus d’attention en salle et le Port du Salut devrait revivre. Affaire à suivre.

Le Port du Salut. 163 bis rue Saint-Jacques. 75005. Tél : 01 46 33 63 21. RER B Luxembourg. Fermé dimanche. Menus 30 € et 35 €.

LA MARLOTTE

Il existe des restaurants où l’on se sent bien dès que l’on entre. C’est le cas à la Marlotte, véritable auberge bistrotière de la rue du Cherche-Midi. A quoi est-ce dû ? Au décor sûrement : chaleureux, élégant. Au personnel : attentif tout en nous laissant le temps de choisir les mets, venant apporter des conseils par petites touches lorsqu’une hésitation se fait sentir. Et enfin à la cuisine : simple, de saison, intelligemment travaillée.

A la Marlotte on peut manger du classique bistrot comme des poireaux vinaigrette, des harengs pomme à l’huile, on peut se servir comme à la maison dans le saladier de lentilles aux échalotes, mais on peut aussi découvrir les talents du chef (un ancien de la Bastide Odéon) à travers ce délicieux foie gras parfumé.

Le cornet de frites est une bonne idée, le magret de canard a cuit sur la peau, la graisse l’a bien imbibé.

Les cannelonis sont ultra-gourmands : farcis de parmesan, de morilles à la crème.

Puis le chef annonce à nouveau du classique bistrot pour le dessert avec une île flottante géante, une tarte Tatin maison aux pommes pleines de beurre et caramélisées.

On apprécie enfin les petites attentions au moment du café avec ces sablés maison, bien régressifs.

La Marlotte confirme que faire du “simple mais bon” est possible. C’est sans chichi. Service parfait. On a envie d’en faire notre cantine de quartier.

La Marlotte. 55 rue du Cherche-Midi. 75006. Tél : 01 45 48 86 79. Ouvert tous les jours. Menus 20,40 € et 26 €.

LE ZINC OPÉRA

Après le Zinc des Neiges et le Zinc Genevilliers, voici le dernier bistrot de Frédéric Vardon, chef étoilé du 39V, ouvert depuis peu dans le quartier de l’Opéra Garnier.

On est entre le bistrot chic et le boudoir, quelques tables hautes dans l’entrée, une tables d’hôtes et au fond de la salle, un espace plus grand pourvu d’une vingtaine de tables bien agencées.

Le printemps est là et les morilles qui vont avec. Sonia les déguste avec une crème à la ciboulette et deux oeufs mollet (dont un parfait, l’autre aurait mérité un peu moins de cuisson). L’ensemble est fondant et contraste avec la belle fermeté des morilles.

On célèbre encore le printemps, cette fois avec de belles asperges, proposées avec une sauce gribiche parfaite.

Sonia goûte ce qui semble être le plat phare de la maison : une volaille fermière accompagnée de morilles et d’un gratin de macaronis à la béchamel gourmande. Un plat que l’on a résolument envie de saucer.

Le tartare de thon est léger, fin, mais j’aurais aimé plus d’assaisonnement et une pointe d’acidité : citron vert ou citronnelle peu importe.

Les Zinc Gourmandises revisitent le café gourmand. La bouchée de brioche perdue dans son caramel est une bonne idée, la tranche entière est toujours trop lourde en dessert. Le moelleux au chocolat se déguste avec une Chantilly maison, aérienne. Gros coup de coeur pour les petits gâteaux aux pépites de chocolat fondantes : mi-sablé/mi-cookie.

Un bel établissement, servi par un personnel attentif, et une cuisine simple en accord avec les saisons, orchestrée par Franck Bérubé. Le menu printemps est en ce moment à 49 €.

Le Zinc Opéra. 8 rue de Hanovre. 75002. tél : 01 42 65 58 95. Fermé samedi midi et dimanche. Métro Opéra ou Quatre-Septembre. Site.

 

(c) première photo Janine Gebran

BAKKUS, LE BISTROT À VINS NOUVELLE GÉNÉRATION

Après la Bastide Odéon et la Marlotte (cette dernière existant toujours), Gilles Ajuelos se lance dans un bar à vins/bistrot gastronomique.

Dans la salle, que des tables hautes assorties à leurs tabourets. Sur le bar une Wismer attend de trancher finement du jambon italien et sur le mur de gauche se trouve une des rares caves automatiques de Paris. On passe devant les bouteilles comme on ferait du lèche-vitrine et quand le cru nous plaît, on se sert en présélectionant la quantité souhaitée.

Ce parti pris de tables hautes était osé mais il fonctionne plutôt bien. On se sent à l’aise d’emblée, comme dans un bar à tapas où l’on viendrait grignoter et boire un verre entre amis.

L’immense carte sur ardoises annonce 5 entrées, autant de plats et quelques suggestions pour le grignotage, l’apéritif, le goûter, comme on veut ! On est libre chez Gilles. Si on veut 2 entrées, on peut ! Si on veut se partager 2 assiettes de charcuterie et 2 plats, on peut !

La boutargue vient subtilement saler le risotto noirci à l’encre de seiche et les asperges blanches s’accompagnent de lard ventrèche et d’un oeuf cassé. De belles entrées en matière.

Le faux-filet normand a été sélectionné par Rouillon, associé de Desnoyer. Ses 5 semaines de maturation en font une viande excellente, une vraie viande de pâturage. Et d’ailleurs, quand mon ami confie au patron qu’il a retrouvé le goût de la viande de son enfance, Gilles sourit, c’est le plus beau compliment qu’on puisse lui faire. A noter le beau travail du chef Romain Gervasoni : le faux-filet (300 gr !) restera chaud jusqu’à la fin de la dégustation grâce à une cuisson bien saisie qui a l’avantage d’emprisonner la chaleur. Faux-filet qui sera d’ailleurs servi sans artifice pour ne pas dénaturer ce goût exquis.

De mon côté, je me régale d’un parmentier d’agneau fondant et très flatteur pour le palais avec ses petits oignons qui sont comme confits dedans. Bonne idée le montage à l’emporte-pièce avec une purée de patates douces.

La poire toute verte semble sortir tout droit d’un tableau. “Ceci n’est pas une poire” ;-) Pochée dans un sirop de menthe, elle revisite la poire Belle-Hélène, façon after-eight.

Et mon riz au lait est comme celui de mamie, ferme et longuement cuit, juste recouvert d’un délicieux caramel au beurre salé maison.

Il fallait un chef de talent pour s’accorder aux cépages de la cave, bravo à toute l’équipe pour leurs choix audacieux.

Bakkus. 97, rue du Cherche-Midi. 75006. Fermé le dimanche. Service : 12-23h. Métro Duroc. Tél. 01 42 22 19 18. Carte: 40-55 €

L’INSTANT D’OR

C’est dans l’ancien restaurant de Flora Mikula que Frédéric Duca a posé ses bagages dans un tout nouveau décor 100% blanc et zen avec un soupçon de manga.

On retrouve en cuisine ce jeune chef de 34 ans, qui a fait ses classes chez Passédat, Taillevent et Hélène Darroze avant de prendre son envol. Il s’est entouré d’une équipe de choc, raffinée, professionnelle, et travaille aux côtés du grand sommelier Marco Martinetti.

Tous les ingrédients de départ sont là : l’emplacement, la déco, l’accueil, l’équipe. La cuisine se démarque par son intelligence et la beauté de ses présentations. Les produits sont d’une très grande qualité et le chef n’hésite pas à flirter avec le haut de gamme en proposant truffe, homard et bar de ligne à sa clientèle.

Le saumon est présenté en tataki parfait, sa fermeté contraste avec une mousseline de chou-fleur exquise alors que le sorbet concombre vient rafraîchir le palais. Les asperges vertes, mi-veloutées, mi-rôties s’accompagnent de cuisses de grenouille au jus de boeuf. Le spectacle continue dans l’assiette avec de grosses ravioles d’artichaut qui semblent tenir debout comme par magie. La pomme de ris de veau est rôtie et fondante à l’intérieur, elle est discètement parfumée à la sauge ananas. L’association purée aux morilles sauce vin jaune fonctionne évidemment très bien.

La chef pâtissière d’origine japonaise dévoile en dessert une crème prise au citron très acide neutralisée en bouche par un sorbet au céléri plutôt osé.

C’est un instant en or que l’on passe dans la dernière perle gastronomique parisienne. Le chef réalise un sans faute du début à la fin du repas.

L’Instant d’Or. 36 avenue Georges-V. 75008. Tél :  01 47 23 46 78. Métro Georges-V. Fermé dimanche et lundi. Menus déjeuner 36 € et 42 €, menus découverte en 4 services 68 €, en 6 services 98 €.

LE BURGER DU 1 PLACE VENDÔME

Oui bon je sais… J’avais dit que j’arrêtais un peu les burgers mais la burgermania parisienne actuelle a eu raison de moi et j’ai craqué pour le burger du 1 Place  Vendôme. Et puis j’adore l’endroit, très féminin, très “couture” avec ce gris Dior partout.

Si le pain n’a pas un grand intérêt, la garniture du burger me plaît bien avec son coulis de tomate légèrement sucré et ce steak très épais cuit à la perfection. Enfin un steak qui n’a pas été écrasé sur le grill !

J’enlève le chapeau du burger et découvre une compotée d’oignons dont le jus commence à imprégner doucement la viande. L’ensemble est gourmand, le cheddar fond sous la tranche de lard grillée.

Les frites fines, longues, croustillantes sont parfaites et la salade donne bonne conscience.

Le chariot de desserts vient à moi au moment du café, je suis raisonnable et opte juste pour le macaron au chocolat à la ganache gourmande.

Ce burger s’en sort pas mal, sachant que ce n’est pas du tout la spécialité de la maison, mais je reste sur ma position et pense que ceux de Brice Morvent au Comptoir de Brice sont les meilleurs.

Maintenant j’arrête. Quoique le burger de Jean-François Piège chez Thoumieux me tente aussi. Bon, promis, après j’arrête…

1 Place Vendôme, 1 place Vendôme. 75001. Tél : 01 55 04 55 60. Ouvert tous les jours.

LE 39V

“Dernier salon avant les nuages” disait Emmanuel Rubin dans le Figaroscope. Je crois qu’on ne pourrait pas mieux décrire l’emplacement et le décor du 39V, le restaurant du chef étoilé Frédéric Vardon.

Le lieu est unique, au dernier étage d’un immeuble donnant sur l’avenue Georges V. Il semble presque en apesanteur.

Le restaurant s’articule tout autour de ce jardin suspendu, loin de l’agitation de la ville en contrebas. L’accueil, une première salle, puis la salle principale. On continue de tourner et on tombe sur une table d’hôtes donnant sur l’effervescence des cuisines devant lesquelles on peut passer pour rejoindre l’accueil, du jamais vu !

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Frédéric Vardon, ancien second d’Alain Chapel à Mionnay, cherche la vérité du produit, qu’il dévoile dans une cuisine raffinée à la technique parfaite.

En entrée je découvre un gros oeuf mollet dans son émulsion, morilles et royale de morilles au fond de l’assiette. Quand la cuillère disparaît dans cette assiette creuse, on ne sait pas ce qu’elle va piocher. Va-t-elle casser l’oeuf et le laisser exprimer son jaune ? Va-t-elle pêcher une morille ou recueillir un peu de la royale échouée au fond ? C’est une surprise à chaque bouchée et les saveurs sont exquises. Rien que pour les morilles j’adore le printemps (et pour les asperges aussi).

La lotte en face de moi repose dans une nage jaune, presque fluo. Elle est parfaite car tendre et pas trop salée.

Les filets de sole sont agréablement accompagnés : garniture à la florentine, pignons de pain torréfiés et champignons tournés (vieille technique culinaire, vestige de la cuisine classique, démo ici).

Et alors le dessert… Moi qui ne suis définitivement pas un bec sucré, c’est ce que j’ai préféré de mon déjeuner ! Le soufflé aux poires semble copieux mais chaque bouchée s’évanouit comme par magie pour ne laisser qu’un subtil goût de poire sur le palais. Je jalouse tout de même A. qui partage ma table et qui se régale d’un caramel au beurre salé maison entourant une crème à la vanille. Ce caramel est si dense, si parfait dans l’alliance sucrée/salée qu’on en recommande discrètement un deuxième petit pot, que l’on finira à la cuillère, puis au doigt :-D .

Et pour clore ce merveilleux déjeuner, un petit café sur la terrasse intérieure, au soleil. La sensation d’être caché du reste du monde a un délicieux goût de privilège.

Rendez-vous demain pour l’interview gourmande du chef Frédéric Vardon.

Le 39V. 39 avenue Georges V. 75008. 01 56 62 39 05. Métro Georges V. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici. Formules déjeuner 39,50 € et 49,50 €. Menu dégustation 85 €.

M64, HÔTEL INTERCONTINENTAL

Lors de notre merveilleux et ensoleillé mois de mars, je suis allée tester le M64, restaurant de l’hôtel intercontinental avenue Marceau. Le soleil était encore un peu timide, je me suis donc installée à l’intérieur mais je retournerai tester ce joli patio aux beaux jours.

Le cadre du restaurant est très élégant : de gros fauteuils club en cuir entourent les tables, la moquette pourpre apporte de la chaleur et les cadres noir et blanc figurant des jazzmen donnent le ton : de nombreux concerts sont organisés ici. Au M64 on aime choyer les clientes et leurs précieux sacs à main. Pour preuve ces petits “coussins à sacs” aux pied des tables.

Je suis venue tester ce midi-là le “menu Patio”, un menu inspiré, chaque jour, des saveurs du marché. Mon oeuf mollet est parfait, son jaune s’évanouit dans l’émulsion au lard. La salade de crabe, avocats, sucrine se voit agrémentée de cazette (le meilleur de la noisette pour faire simple) ce qui me surprend car il est rare d’en voir dans les assiettes. Enfin, l’entrée de petits légumes juste poêlés est agréable avec cette mousse de chèvre.

Ci-dessus la lotte (ni trop ferme, ni trop salée) est présentée dans une nage vert anis presque fluo. Ma bavette d’aloyau est parfaitement saisie, le coeur est saignant. Le caviar d’aubergines est doux mais je suis déçue par la cuisson des topinambours servis trop crus. Un al dente non maîtrisé ? Dommage car leur bon goût fumé est une réussite.

Romain Marzet revisite le macaron en dessert et le prive de son chapeau. La framboise et l’amande se mêlent à merveille.

Ce qui me convainc le plus est cette petite tarte au citron. L’appareil bien acide est emprisonné dans une pâte sablée très ferme qui s’effrite à peine. Et la meringue vient juste apporter le sucré nécessaire.

Exemple de menu proposé par le chef : foie gras aux épices à la rose, caramel au vinaigre de riz puis saint-jacques aux lentilles vertes du Puy et enfin feuilleté framboises en dessert. Menu Patio à 41 € et 49 €.

M64. 64 avenue Marceau. 75008. Tél : 01 44 43 36 50. Métro : Charles-de-Gaulle. Ouvert tous les jours. Menus 41 € et 49 €. Leur site.

LA CANTINE DU TROQUET, GROSSE DÉCEPTION

Après son premier restaurant le Troquet à Sèvres-Lecourbe, Christian Etchebest a ouvert deux cantines, une boulevard de Grenelle, une rue de l’Ouest. C’est cette dernière que je suis allée tester en compagnie de Marine il y a quelques semaines.

La Cantine du Troquet c’est une table d’hôtes, comprenez de grandes tablées où l’on ne connaît pas forcément son voisin (si vous aimez l’intimité passez votre chemin). La carte est affichée sur l’énorme ardoise au mur. Bonne idée sauf pour ceux (comme moi ce midi-là) qui sont en-dessous puisqu’elle est illisible. Il faut donc compter sur ses compagnons de tablée pour vous aider dans la lecture.

Chez Monsieur Etchebest, le Pays Basque est à l’honneur. Mais pas que… Soupe parmentière, terrine de boudin, fromage de tête, oeufs mayo, crevettes et couteaux à la plancha, ça part un peu dans tous les sens.

Marine choisit le caviar d’aubergines (très fin, gourmand) pendant que je commande l’entrée “betteraves/boudin/parmesan” énoncée façon “slash” pour suivre la tendance du moment.

Mon entrée est parfaite : le boudin est fondant, le sucre de la betterave tranche avec le sel des câpres et le parmesan se fait discret. C’est une réussite. Malheureusement, le reste va beaucoup moins me convaincre…

Alors que Marine tente l’espadon bizarrement servi avec des frites bien trop salées et à peine cuites, je découvre mes xixtora (saucisses basques au piment) échouées dans une purée noyée sous la sauce. La présentation n’est vraiment pas flatteuse. Les petites saucisses sont bonnes, certes, mais la purée est fade, sans aucun intérêt. Aurais-je fait un mauvais choix de plat ? J’ai pourtant goûté une des spécialités de la maison.

Nous passons sans grande conviction au dessert : le fameux gâteau basque. Ayant passé 5 étés de suite dans le Pays Basque étant petite, je me souviens de mes orgies de ce gâteau aux deux couches et ultra fondant. Là encore énorme déception, le gâteau est sec, on peine à y enfoncer la cuillère. La confiture emprisonnée n’a aucun goût et le caramel pervertit le tout.

Verdict : l’entrée était fabuleuse, le reste décevant. Je crois que j’apprécie moyennement le style tables d’hôtes, pour peu que l’on tombe sur des voisins qui n’ont pour seule occupation de se passionner pour les converstions des autres. Le service était rapide certes mais expéditif, voire désagréable en début de repas. Je n’y retournerai pas…

La Cantine du Troquet. 101 rue de l’Ouest (14eme) et 53 boulevard de Grenelle (15eme). Pas de réservation. Installation à table quand les convives sont au complet. Ouvert tous les jours. Menu 30 €.

IL CAMPIONISSIMO

C’est dans le même quartier, rue Léopold Bellan, que Il Campionissimo a ouvert sa 2eme adresse il y a un peu plus d’un mois.

C’est en réalisant sa fameuse pizza au foie gras sur son lit de figues qu’Arlette Cadot (la patronne) a remporté le titre de vice-championne du monde de pizza en 2009.

Plus spacieuse, plus confortable, plus design, la nouvelle adresse est une réussite. Nous avons la chance de déjeuner dans le petit salon, tout de noir vêtu.

La carte d’Il Campionissimo peut faire peur : pas moins de 6 pages de pizzas. C’est même un peu trop, on met 10 bonnes minutes avant de faire son choix. J’en veux une à la crème de truffes, ça limite déjà les propositions.

Ma Tartufo arrive, elle est garnie de crème de truffes donc, de mozzarella, roquette, champignons sauvages, copeaux de parmesan et assaisonnée d’un léger filet d’huile d’olive vierge extra. La pâte a les bords bien gonflés, elle est fine, légère, croustillante et la garniture est généreuse. La crème de truffes remplace le coulis de tomate et son parfum explose en bouche, c’est un vrai régal pour qui aime la truffe.

Je suis tout de même déçue par la taille de ma pizza, il me semblait qu’elles étaient beaucoup plus grandes rue Montmartre ? Ou alors les nouvelles assiettes sont bien plus grandes ? Je doute… De même, notre Valpolicella semble perdu dans le verre. Aurait-on revu les quantités à la baisse ?

Les amies qui partagent ma table sont très satisfaites de leurs pizzas choisies dans “les fidèles” de la carte : Royale, Regina.

Même plus petite, la pizza est encore plus agréable à déguster dans ce nouveau cadre où on ne joue plus des coudes avec son voisin. Le service est attentif et rapide et l’addition modérée si on ne choisit pas les pizzas haut de gamme (certaines montent à 33 € quand même).

Il Campionissimo. 26 rue Léopold-Bellan. 75002. Tél : 01 42 36 40 28. Métro : Etienne-Marcel, Les Halles, Sentier. Pizzas de 14 € à 33 €. Leur site.

TERROIR PARISIEN, PAR YANNICK ALLÉNO

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Pour lire ma chronique, c’est par ici.

Terroir Parisien. 20 rue Saint-Victor. 75005. Tél : 01 44 31 54 54. Ouvert tous les jours. Métro : Maubert-Mutualité/Cardinal Lemoine. A la carte environ 40 €. Bientôt un brunch le dimanche et une grande terrasse calme.

LE COSTAUD DES BATIGNOLLES

Magali et son costaud vous accueillent dans leur tout nouveau restaurant depuis quelques mois. Atypique, décalé, peu importe l’adjectif utilisé, le lieu change des restaurants habituels. Monsieur expose les artistes et fait le chef d’orchestre dans la salle pendant que Madame s’exprime en cuisine, c’est elle qui fait tout.

Pourquoi ce nom ? En référence à un film des années 1950 avec Pierre Mondy (un chef d’oeuvre donc), au léger embonpoint du patron et au gros chien très pépère qui ronfle dans son panier.

Il est 20h, c’est déjà plein. Quelques habitués passent une tête et demandent s’il reste par hasard des tables inoccupées, hélas non. Le mot d’ordre ici : on réserve !

Une mise en bouche arrive pendant qu’on étudie le décor : crevette marinée à la coriandre et guacamole de petits pois. Léger, rafraîchissant, original, ça commence bien !

La carte change très souvent. Nous découvrons ce soir-là un velouté de courgettes et sa Chantilly au bleu, des queues d’écrevisses poêlées, un œuf poché au fumet de poisson et des nems de lapin.

L’œuf poché laisse son jaune se répandre dans la petite cocotte, le fumet de poisson est présent, fameux et le soupçon de Cognac parfume le tout discrètement. Les nems de lapin nous ravissent tout autant, ils sont accompagnés d’une vinaigrette à la coriandre qui casse le côté sec du bestiau. Nous goûtons aussi de toutes petites queues d’écrevisses (un peu trop fermes) sur leur salade de mâche assaisonnée aux fruits de la passion.

Tournons-nous côté mer pour la suite : saumon poché et saint-jacques juste poêlées. Le saumon repose sur un lit de lentilles vertes au Porto, il a la bonne idée de se présenter accompagné de lard, le plat est réussi, le saumon s’émiette facilement. Les saint-jacques sont parfaitement saisies. Gros coup de cœur pour la réduction de balsamique au soja parfumé à la truffe. Seule la purée nous déçoit un peu, comme si les autres ingrédients du plat faisaient le spectacle à eux seuls. Amateurs de colombo ? Goûtez celui au cochon, très parfumé à la coriandre et au curry.

La carte des vins démarre à petits prix mais promet tout de même quelques belles surprises comme ce Chasse-Spleen, un Moulis 2008, parfait en tous points.

Les desserts ? C’est Magali aussi. Gâteau tout choco, mousse au citron vert et crème brûlée à la pistache. Nous commandons les deux dernières propositions et laissons de côté le demi-camembert au lait cru et le saint-marcellin affiné. L’acidité de la mousse aérienne fait du bien en fin de repas. Nos faveurs vont toutefois à la crème brûlée qui laisse découvrir sa belle couleur verte sous le craquant du sucre. Mais le dessert le plus gourmand de la carte est le fameux éclair au caramel au beurre salé, qui est en passe de devenir le dessert emblématique de la maison !

Le Costaud c’est la surprise de la rue Brochant. Le patron virevolte et met l’ambiance entre les tables dans une bonne humeur non surjouée et Magali régale ses clients de bons produits frais : un duo de choc !

Le Costaud des Batignolles. 10 rue Brochant. 75017. Tél : 06 82 82 89 82 . Ouvert le soir du mardi au samedi . Métro Brochant. Formule midi 23,50 €. A la carte comptez 30 €.

BIG FERNAND, LE BURGER FRANCHOUILLARD

C’est grâce à Marc et à ses tweets de folie que j’ai pu aller découvrir les burgers de Big Fernand dont tout le monde parle.

Il est à peine 12h30 et les gourmands font déjà la queue sur le trottoir. Les moustachus, eux, ne chôment pas derrière le comptoir, le premier prend la commande, le 2eme surveille la cuisson des steaks, le 3eme prépare les plateaux, un beau travail d’équipe.

Au choix : 5 burgers (poulet, veau, agneau ou boeuf). J’opte pour le burger phare de la maison soit le Big Fernand au boeuf et à la tomme de Savoie.

Le bun se craquèle légèrement, on sent sa grande fraîcheur. Je suis surprise de la taille du steak, il est énorme et parfaitement cuit et j’apprécie que le sang n’imbibe pas le bun. L’épaisse tranche de tomme bien fondue se mélange au reste des ingrédients : persil plat, tomates confites, sauce maison.

La première bouchée confirme mes impressions, il est délicieux : moelleux, riche en goût, facile à tenir et à manger. Le fromage ne fait maintenant qu’un avec la viande, les tomates confites viennent relever le tout. Vraiment c’est une réussite.

Malheureusement les frites ne sont pas à la hauteur du burger, ce sont des miettes de frites que je découvre dans mon cornet, la plus grande fait 2 centimètres de longueur. On dirait des miettes de fond de cuve trop cuites. Il paraît que l’équipe a prévu de changer la recette (ou la provenance ?) suite à de nombreuses critiques sur Tweeter entre autres (les moustachus sont très attentifs à ce que l’on dit d’eux sur les réseaux sociaux et essaient du coup d’être réactifs, bravo !)

Grosse déception au moment du dessert. Je vois un cheesecake à la carte que je m’empresse de commander. Hélas il n’a rien d’un cheesecake. Le crust n’a pas de goût, la purée de fruits rouges est acide et une énorme couche de fromage blanc aigre dépourvue de cream cheese couvre le tout. Un des pires cheesecakes de ma vie :-( et apparemment les autres desserts déçoivent aussi mes camarades de tablée. Vous l’aurez compris, concentrez-vous sur le burger, le reste n’a aucun intérêt.

Le personnel à moustache est très sympa, l’attente se fait moins longue grâce à leur sens de l’humour, le burger est un délice, c’est rapide et la bande-son nous plonge directement aux Etats-Unis dans les années 1980.

Les plus : le burger servi ultra-chaud, la fraîcheur des produits, les recettes à composer soi-même et les boissons originales comme le jus aux baies de goji.

En conclusion, j’ai préféré le burger à celui de chez Blend mais Brice remporte pour moi la palme du meilleur burger de ce début d’année. Je vais maintenant faire une petite pause dans les burgers. Point trop n’en faut.

Big Fernand. 55 rue du Faubourg-Poissonnière. 75009. Tél : 01 47 70 54 72. Fermé le dimanche. Leur site. Menu 12 € et 18 €.

LE KHALIFE (à la place du Khalife)

Le restaurant libanais le Khalife est une institution de la rue de l’Ouest depuis 1989. C’est tout dernièrement que le restaurant a changé de propriétaires et de décor. Mais que les inconditionnels du Khalife soient rassurés, le sympathique chef est toujours là !

C’est un bel endroit que nous découvrons, murs de pierres apparentes, poutres au plafond, tadelakt orange derrière de grands tableaux aux belles dorures. Banquettes de velours rouge, tables nappées de blanc (que seul ce set en papier vient gâcher).

Les fameux petits navets vinaigrés nous font patienter et voilà que la valse des mezze commence. C’est ce que j’adore dans la gastronomie libanaise : on a l’impression que ça ne s’arrête jamais. Hommos, labneh (fromage blanc), caviar d’aubergine, taboulé, puis falafels, petits chaussons à la viande, au fromage et une dernière assiette qui nous ravit : du foul ! Ce plat méditerranéen (que l’on déguste surtout en Egypte) est rarement servi dans les restaurants libanais, il est donc très rare d’en découvrir sur une carte.

Souvenir ému d’un voyage au Caire, je suis ravie de pouvoir à nouveau goûter un foul (fèves mijotées à l’huile d’olive, citron, tomate, persil et menthe). C’est aigre, parfois acide mais j’adore ça. Le “vrai” que l’on trouve dans les petites échoppes du Caire est relevé à la crème de sésame, encore meilleur !

Le reste des mezze est très fin. Le caviar d’aubergine a un petit goût fumé, le hommos est bien épais, les chaussons dévoilent un fromage tout chaud.  Nous enchaînons sur quelques grillades : poulet et bœuf mariné aux herbes. C’est plaisant car plein de saveurs. Un conseil : gardez vos petites écuelles contenant le caviar, le labneh et l’hommos, c’est un délice de les associer à la viande ensuite.

Le service se fait non sans humour, les prix sont corrects, l’endroit est cosy. Les nouveaux propriétaires sont fiers de leur décor et on les comprend.

Le Khalife. 38 rue de l’Ouest. 75014. Tél : 01-43-21-33-53. Ouvert tous les jours. Métro Gaîté. Site ici. Mezze 19,90 € par personne. Formule midi à partir de 13,90 €.