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BANG, LES PARAILLADES

Mi-décembre, direction le canal Saint-Martin pour découvrir le nouveau restaurant du quai de Jemmapes, Bang. J’y allais surtout pour goûter leur brunch, que vous pouvez retrouver en photos ici. Je m’étais alors promis de revenir goûter leur carte et notamment leurs fameuses paraillades.

Exit les pierrades qui refroidissent trop vite, l’heure est maintenant aux paraillades (une plancha sur une pierre de lave qui reste chaude longtemps… longtemps !)

Après un délicieux foie gras maison, nous choisissons notre viande parmi 3 paraillades :

Boom Bang  17€  : Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn), Filet mignon de porc (Aveyron)

Bang Bang 18€ : Boeuf d’Ecosse, Boeuf de l’Aubrac, Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn)

Big Bang 19€  : Boeuf black Angus (Kansas), Boeuf d’Ecosse, Boeuf d’Argentine, Boeuf de l’Aubrac

Etant tous les 2 de grands amateurs de boeuf, c’est la dernière que nous retenons. Les différentes provenances dans la même assiette nous permettent de comparer. And the winner is… l’Aubrac. Cocoricooo ! Suivie de peu par l’Argentine. Même mon pavé de Black Angus (ci-dessus) ne détrône pas le boeuf français.

Toutes les viandes ont été sélectionnées par les meilleurs bouchers de Paris. Faut-il préciser qu’Hugo Desnoyers est dans le coup ? Non, pas la peine…

Ces frites !!! Ca y est, celles de la Place Royale ont été détrônées. Je peux maintenant affirmer – sans être péremptoire – :-D que les meilleures frites de Paris sont chez Bang. Monsieur Blend, faut faire pareil ! Croustillantes et moelleuses, absolument pas grasses. Coupées au couteau, elles ont toutes la même taille, c’est beau avant d’être bon. A peine besoin de les savourer avec les sauces maison : tartare, BBQ et chimichurri, pourtant fort bonnes.

François Di Giugno, le chef, ne se contente pas de proposer de succulentes viandes, il prépare aussi de bons desserts comme ce cheesecake que la crème fouettée rend aérien.

En salle, le service d’Imina Nial est chaleureux et attentif et c’est un bonheur de l’écouter parler de sa carte de vins naturels.

BANG. 112 quai de Jemmapes. 75010. Tél : 01 40 40 07 11. Ouvert tous les jours sauf dimanche soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €, paraillades de 17 € à 20 €. Leur site ici. Métro Jacques Bonsergent, Château-Landon.

L’AGAPÉ*

Le parti pris gastronomique de l’Agapé est depuis 2008 de mêler grande tradition française et innovation en inscrivant sa cuisine dans l’ère du temps. Bertrand Grébaut, en pleine success story au Septime maintenant, a fait les grandes heures de la maison et lui a même permis de décrocher une étoile.

C’est la cuisine du nouveau chef, Yohann Lemonnier, que nous sommes venus apprécier il y a deux semaines. Comme son prédécesseur, le chef a fait ses classes chez Passard, mais aussi chez Lucas Carton et Michel Rostang.

Le décor est contemporain et discret. L’installation lumineuse est signée Starck, la porcelaine Bernardaud. Astucieux et jolis, les ronds de serviette design sont signés Andrée Putman et se transforment en porte-couteaux, une fois la serviette sur les genoux, ou autour du cou, à sa guise…

1er amuse-bouche : le déjeuner commence mal avec du Champagne servi dans un verre à vin et des mini-gougères au fromage trop sèches. Ne restons pas là-dessus, vite, la suite !

2eme amuse-bouche : saumon d’Ecosse mi-cuit, mi-fumé et son velouté de cresson. Si la bouchée de saumon est parfaite, le velouté l’est moins. Bien trop amer, il dénature le poisson.

1ère entrée : le chef a gardé l’entrée-phare de Bertrand Grébaut soit la noix de veau fumée d’Hugo Desnoyer (LE boucher parisien). Fumée au bois de hêtre par la maison et servie en carpaccio, la noix est agrémentée de noisettes et de câpres, juste ce qu’il faut, pas besoin d’autre artifice. C’est beau, bien présenté et d’une grande finesse en bouche. Une entrée digne d’un restaurant étoilé, enfin on y est !

Nous dégustons un vin blanc à l’aveugle. Si la couleur très jaune me fait voyager du côté du Jura, la première gorgée me fait changer de cap. Nous sommes en Bourgogne. Gagné, mais où ? Je sèche. Au Domaine de Valette en Saône-et-Loire.

2eme entrée : ormeau sauvage et poireau ventrèche du pays basque. Le mollusque, réputé pour sa chair extrêmement ferme, a dû souffrir en cuisine. Il faut en effet battre les ormeaux avant de les consommer. Bien saisi, il est presque nacré à coeur, nous admirons la cuisson et apprécions le poireau servi dans son plus simple appareil.

1er plat : turbot rôti et espuma de yuzu. Notre poisson, caché sous des légumes de saison al dente, fond dans la bouche. Il est agréablement relevé par le cousin japonais du citron vert, le yuzu. Si les carottes et le chou quittent les fourneaux parfaitement cuits (“la Passard touch”), il n’en est rien pour la betterave qui demeure malheureusement crue. Nous oublions notre déconvenue en découvrant de petits choux de Bruxelles. Mon compagnon de table me prédit d’ailleurs le grand retour de ce légume dans les assiettes parisiennes. A suivre donc.

Grande découverte pour moi que ce Pouilly-Fumé Pierre Précieuse 2010 d’Alexandre Bain, adepte de la culture biologique et biodynamique.

2eme plat : cimier de chevreuil. (cimier = croupe de la bête). Beau défi que ce plat puisque je n’apprécie que moyennement le chevreuil. Mais c’est en faisant confiance à ce genre de maison que l’on peut changer d’avis. La cuisson est parfaite, les deux morceaux pas filandreux (idiot souvenir…) et l’accompagnement précis. Nous retrouvons la betterave, cette fois préparée en mousseline fumée, accompagnée de conchiglioni fermes mais fondants. Belle réalisation !

Fromages : pas de choix cornélien ici et c’est tant mieux. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un plateau garni d’une trentaine de fromages, sachant que la bienséance nous autorise à n’en goûter que trois. Fourme d’Ambert et comté 4 ans d’affinage 2008, maison Anthony. Avec ? Un cépage chardonnay du Jura.

Le comté, que mon voisin juge trop vieux, se révèle presque granuleux en bouche. Voilà la première impression. Puis le palais le laisse s’exprimer et il prend ses aises. La fourme d’Ambert en paraît fadasse.

Dessert : soit le moment le plus “pénible” pour moi qui suis de moins en moins sucré (ça va un jour me poser problème). Ouf, c’est un Mont-Blanc, dessert qui doit faire partie des 4 ou 5 que j’apprécie avec gourmandise.

Un gros marron glacé attend d’être dévoré à côté des vermicelles de crème de marron (divine). Que ce méli-mélo couleur noisette est gourmand ! La meringue maison est aérienne mais pourquoi cette quenelle de glace arrive-t-elle déjà fondue ? Je pense que c’est voulu, certes, mais pourquoi ? Ce n’est guère appétissant, on pourrait croire à un départ tardif des cuisines.

Les grignotages qui accompagnent le café sont décevants, j’attendais du fait maison.

Merci à mon gentil mécène pour ce déjeuner carte blanche, plein de découvertes (le Pouilly, le chevreuil, le comté) malgré quelques fausses notes inattendues dans un restaurant étoilé. D’ailleurs, vont-ils la garder cette étoile ? Verdict dans un mois.

L’Agapé. 51 rue Jouffroy-d’Abbans. 75017. Tél : 01 42 27 20 18. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici.  Menus de 35 € à 120 €. De la même maison : L’Agapé Bis et L’Agapé Substance.

SEPTIME

(Je m’aperçois que je n’avais jamais chroniqué le bien connu Septime sur ce blog. Lors de ce déjeuner improvisé il y a quelques mois, je n’avais malheureusement pas de quoi mitrailler…)

Septime, c’est un peu “the place to be” depuis son ouverture au printemps 2011. Les critiques se sont enflammés pour la plupart dès le début, d’autres ont été plus sévères tout en étant conquis.

Pourquoi “Septime” ? En référence au personnage de Louis de Funès dans le film le Grand Restaurant. C’est Bertrand Grébaut, jeune chef ayant fait ses classes chez Passard et ancien de l’Agapé, qui a trouvé le nom.

La décoration de ce restaurant dans la mouvance “bistronomique” est réussie : cuisine ouverte, mobilier en bois, escalier en métal. Et cette cour, que dis-je ce petit jardin, idéal l’été ! La végétation y est abondante, un peu le rêve de tout Parisien.

La cuisine est de saison, du marché. On imagine aisément le chef panier au bras en train de scruter les étals des primeurs. L’Ecole d’Alain Passard on vous dit ! La présentation est parfaite, les cuissons sont au-delà de la maîtrise, les associations sortent des sentiers battus et tout cela pour des prix modiques (ce menu déjeuner à 26 € est une aubaine). C’est servi avec le sourire s’il vous plaît même si de temps en temps l’équipe (menée par Julien Cohen un ancien de Pizza Chic) paraît débordée, victime de son succès.

Citons dans le désordre : poireaux sauce gribiche, écume d’huîtres et oeufs de truite puis onglet de veau asperges blanches, lieu jaune aux olives, merlu sauce à la rhubarbe, brandade et son persil du jardin…

Le dessert phare de la maison était au printemps dernier la tarte aux petits suisses. Légère, aérienne. Avec une toute petite déception pour moi qui aurait prié pour retrouver cette belle acidité du cheesecake. Il faudra revenir pour goûter d’autres prouesses sucrées du chef.

Il est rare de signaler un sans faute, c’est le cas au Septime ! Sans doute le meilleur rapport qualité/prix de la Capitale.

(c) photo Fooding

Septime. 80 rue de Charonne. 75011. Tél : 01 43 67 39 29. Résa fortement conseillée ! Menus 26 € et 55 €. Ouvert tous les jours sauf samedi, dimanche et lundi midi.

LE BIZETRO

Ouvert fin 2011, le bistrot chaleureux de Pierro et Julien fait déjà salle comble le midi. En deux mois seulement les deux sympathiques garçons ont déjà leurs habitués. Pourquoi ? La réponse est simple : c’est très bon, rapide, abordable (formule à 19 € !), le service est dynamique, ultra attentif et le cadre très convivial. Qui dit mieux ?

Le Bizetro (jeu de mot avec le nom de la rue, huhu) jouit d’un décor simple mais élégant : banquettes, moblier en bois, tableaux colorés mis en valeur par un habile jeu de lumières. Sur la droite un zinc vous accueille. Des saucisses finissent de sécher en compagnie des piments d’Espelette, les terrines de campagne et les rillettes maison attendent d’être dévorées, Pierro s’occupe de conseiller les vins à ses clients et Julien s’active en salle pendant que le chef, Luc Robuste, surveille la cuisson des plats dignes de la grande tradition bistrotière.

La commande est prise rapidement, directement sur la nappe, un peu à la “Chartier”. Terrine et rillettes, nous ne pouvons résister. Nous laissons de côté les poireaux vinaigrette, les oeufs mayo et les harengs. Les portions sont gargantuesques, les gros appétits seront ravis. Les rillettes d’oie sont fondantes, absolument pas grasses, on se passerait presque de pain. La terrine tient ses promesses, on nous l’annonçait au poivre, il est présent. Julien a l’oeil partout : les carafes sont apportées sans avoir à réclamer et la corbeille de pain se remplit comme par magie.

Tout est bien tentant pour la suite : foie de veau, petit salé aux lentilles, poivron farci, filet de turbot, andouillette AAAAA, pavé de boeuf… Mon foie de veau est commandé, ainsi que le petit salé. Comme les entrées, les assiettes sont généreuses.

La cochonaille repose sur les lentilles agrémentées de carottes. Echine, saucisses, tout est là. Un plat réconfortant en cette journée pluvieuse. Silence absolu en face de moi, j’en déduis que mon invité se régale, il n’en laissera pas une miette, ou plutôt… une lentille, pour le plus grand plaisir du chef. Mon foie de veau est cuit exactement comme je l’avais demandé : “un tout petit peu plus que rosé”. Bien saisi à l’extérieur, fondant à l’intérieur. La purée maison manque un peu de lait, on est plus dans l’écrasé de pommes de terre, dommage.

Les vins sont proposés au verre. Je connaissais déjà le Bertrand Graillot en côteaux du Giennois, je goûte le Sancerre, parfait, surtout avec le foie. Nous trempons aussi nos lèvres dans un verre de côtes de Blaye. Verre autour de 2 € (seulement !), pichet 4 € et bouteilles de 18 € à 30 €.

Gâteau au chocolat, clafoutis à l’ananas, les gâteaux font les yeux doux aux clients sur le bar. Je leur préfère un riz au lait nappé de caramel au beurre salé maison.

La rentrée 2012 a été plus que morose, merci aux trois garçons du Bizetro pour cette parenthèse gourmande. Les habitués les suivent déjà sur leur page Facebook afin de ne manquer aucune soirée : huîtres, foie gras, beaujolais, bouillabaisse, ils sont prêts à tout, même à se déguiser !

Le Bizetro. 6 rue George Bizet. 75016. Tél : 01 47 23 85 41. Métro : Alma Marceau. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Formule entrée plat ou plat dessert 19 €.

BAROCHE : TAPAS À TOUTE HEURE

David Baroche a quitté le Marché Saint-Honoré pour venir s’installer dans le 8eme, à l’angle des rues de Ponthieu et La Boétie. L’établissement est multi-casquettes : bar, restaurant, épicerie, salon de thé et même librairie avec de jolis livres de cuisine en vente.

L’escalier est magnifique, on s’attend presque à voir Coco Chanel descendre les marches. :-)

Plusieurs habitués s’installent au bar pour grignoter des tapas, je préfère le coin lecture et ses banquettes confortables. Velouté de cèpes à l’huile de truffe, salade de lentilles tièdes et saucisson à l’ail : deux entrées bien maîtrisées. Le saucisson est divin, et pour cause, David Baroche est un ancien artisan charcutier.

Le plat me séduit moins : des noix de saint-jacques entourées de fines tranches de lard. Même si les lentilles sont bonnes, les noix sont gâchées par le lard et du coup, trop salées. J’aurais dû prendre le burger au foie gras poêlé, la prochaine fois !

Mais je persiste car je sens le potentiel du lieu. Chez Baroche, au moment du dessert, il faut se déplacer. J’aime ce moment, ça me rappelle toujours le regard que les gourmands jettent vers le chariot de pâtisseries dans les salons de thé des palaces.

Crumble, tiramisu, tarte au citron ou au chocolat, macarons. J’opte pour le café gourmand avec de jolies verrines de riz au lait crémeux, d’une fine mousse au chocolat et un morceau de brownie fort en cacao amer.

Une bonne adresse pour déjeuner rapidement dans le 8eme. Comptez 9 € pour un “casse croûte”, 20 € pour un plat.

Baroche. 101 rue La Boëtie. 75008. Tél : 01 43 59 69 57. Métro : Miromesnil. Ouvert tous les jours.

LE RIVER CAFÉ A FAIT PEAU NEUVE

Je vous souhaite à tous (et à vos papilles !) une excellente année 2012, pleine de gourmandises et de découvertes culinaires. Pour commencer l’année, voici le dernier test réalisé en 2011 : le River Café, que j’avais déjà chroniqué ici.

Après 3 mois de fermeture, le River Café a rouvert le 1er décembre. La fameuse péniche vous reçoit dans son nouvel univers entièrement rénové (photos ici). La décoration a été confiée à Alexandre et Pascale de Montrémy. Du noir, du blanc, des suspensions opalines, une couleur vive au sol et des tissus qui rappellent le mouvement de la Seine. C’est raffiné, moderne et élégant. On ne se souvient même pas de l’ancien décor, preuve que c’est réussi.

La carte fait la part belle aux produits de saison, joyeusement mis en scène par le jeune et brillant chef Mathieu Scherrer, qui allie tradition et modernité avec quelques inspirations asiatiques.

Tataki de thon bien saisi parfumé au sésame, délicat millefeuille aux langoustines, puis poulet fermier sur son risotto minute ou encore magret de canard rosé comme il se doit. C’est bien travaillé, original parfois avec ces endives gratinées par exemple, et toujours parfaitement présenté. Les assiettes sont gourmandes de l’entrée au dessert.

Nous finirons ce midi-là sur un simple ananas, l’appétit nous manquant, mais la prochaine fois (qui ne devrait pas tarder) c’est promis, je teste les desserts !

Le River Café. 146 quai de la bataille de Stalingrad. Issy-les-Moulineaux. Tramway ligne 2 ou RER C Issy-Val-de-Seine. Ouvert tous les jours. Entrée plat 29 €, entrée plat dessert 39 €. Leur site ici.

IDEE CADEAU : UN BRUNCH CHEZ MARIAGE FRERES

Besoin d’une idée de cadeau de dernière minute ? Offrez un brunch chez Mariage Frères ! Testé sur mes proches, ils étaient ravis. L’adresse rue du Bourg-Tibourg dans le Marais est la plus charmante. Déguster son thé et ses scones sous la verrière quand il fait bien froid dehors est jouissif !

Parmi les quatre brunchs proposés, voici mes deux préférés :

PARIS – MANDALAY

Cocktail Mariage’s
Jus de fruits frais
Scones ou muffins accompagnés de nos Gelées extra de thé
Assiette du Brunch : Foie gras de canard et compotée de pruneaux au thé Mandalay, pomme pochée, bouquet d’endives, vinaigrette au pain d’épices
Pâtisserie du chariot colonial ou dessert à la carte

POETE IVRE

Jus de fruits frais
Scones ou muffins accompagnés de nos Gelées extra de thé
Assiette du Brunch : noix de coquilles saint-jacques snackées arrosées de thé Karikal, lamelles de poireaux, herbes du jardin
Pâtisseries du chariot colonial ou dessert à la carte

Evidemment, ce sont les deux plus chers (42 € et 39 €) mais il existe la formule “classique” à 31 € seulement. Une idée cadeau qui ravira les gourmands de votre entourage. :-)

Leur site ici.

LES ESCAPADES DE PETITGROGNON : LE CAFE CAMPANA AU MUSEE D’ORSAY

Quel plaisir de redécouvrir nombre de chefs d’œuvre du musée d’Orsay dans leur nouvel écrin rénové : de superbes salles magnifiquement colorées et éclairées.

Mais qu’en est-il du Café Campana, au 5ème étage du Pavillon Amont ?

Pas de panique ! Pour y grimper, un tout nouvel ascenseur tout beau et tout silencieux… Si ce n’est la voix qui annonce à chaque étage : « la porte s’ouvre » !

On débarque dans la « Bookshop » very design, histoire de se laisser tenter par un souvenir, culturel of course.

Pour accéder à notre lieu de détente, on traverse la Galerie des Impressionnistes. Impossible de ne pas s’attarder devant les Monet, Renoir, Cézanne… qui se révèlent sous un nouveau jour, grâce à une mise en lumière somptueuse.

Sans transition, on passe du XIXe au XXIe siècle en découvrant le décor surprenant que les frères Campana – deux designers brésiliens – ont imaginé pour le Café. Atmosphère « onirico-aquatique » inspirée du célèbre verrier lorrain Emile Gallé. Tout un univers cuivre et bronze, réveillé par des touches de couleur orange et bleue (…un clin d’œil à Rimbaud ?). Au fond, une percée de ciel inonde l’espace d’une clarté azurée à travers l’immense horloge en verre. Elle nous rappelle qu’on n’est pas là pour musarder, vu que les salles ferment à 17h30.

En attendant, on pourra se restaurer pour moins de 15 € d’une tarte salée/salade ou d’un plat chaud PPP : « penne – parme – parmesan ». L’éclair XXL, démesuré, bien que tentant, sera pour la prochaine fois. Boissons pas données : 4,50 € pour une bière pression ou une ½ Vittel. Service correct, sans ostentation… ça change du style Costes au Georges du Centre Pompidou.

Nous voilà requinqués pour d’autres émotions esthétiques.

A nous l’art pompier !

Petitgrognon

LE TEMPS DES OLIVADES

En ce jour hivernal, c’est agréable de pénétrer dans ce restaurant ensoleillé. Bienvenue au pays des oliviers ! Chez Ryadh toute la cuisine est faite à l’huile d’olive, même les desserts !

Le restaurant est né de la rencontre de deux parents d’enfants d’une école maternelle du quartier. Les deux associés ont voulu créer un nouveau concept de restauration légère et saine mettant en valeur des produits authentiques aux saveurs du Sud.

Le décor du restaurant est très joli : grosses suspensions noires, longues tables en bois brut entourées de leurs bancs, façon tables d’hôtes. Quelques sets noirs sur les tables, belles couleurs chaleureuses aux murs et des briques noires derrière le bar, dans l’espace « boutique ». Car le restaurant propose, en plus de vous régaler, des dégustations d’huiles d’olive, de confitures et de confits comme ce mémorable confit de coquelicot, parfait avec du foie gras par exemple.

La carte, proposée sur ardoise, promet de belles choses. La cuisine se veut sans prétention, simple mais ultra fraîche. Quelques soupes, entrées, plats cuisinés, desserts maison et les suggestions du jour.

Nous commençons par un velouté de châtaignes et une terrine de brocciu (fromage corse) tomates séchées et noix. Mon velouté arrive fumant accompagné de ses petits croûtons, il est fort en châtaignes mais un peu liquide. La terrine de brocciu ravit le palais de mon invitée. Sa douceur met en avant les noix et les tomates séchées, le mélange est harmonieux.

Le choix est plus difficile ensuite, tout nous tente : soupe gourmande au bœuf, quiche provençale, aubergine farcie, pavé de saumon… Nous optons finalement pour la cuisse de pintade à la crème de poivrons et le bœuf en sauce parfumé à la menthe séchée.

De jolies boulettes de bœuf se disputent l’assiette avec une poêlée de champignons et une purée montée à l’emporte-pièce. Les assiettes sont généreuses et gourmandes. La menthe séchée se marie à merveille avec les boulettes légères. Je regrette toutefois que ma purée soit trop salée. J’en fais part au chef qui s’en doutait et qui a promis de ne jamais recommencer.

Trois riz (noir, rouge et blanc) sont servis avec la pintade, recouverte elle-même d’une jolie crème rouge aux poivrons. La volaille est parfaitement cuite. Les deux plats sont simples mais bons, exactement le credo de la maison.

Plusieurs références françaises sur la carte des vins. Nous apprécions de pouvoir choisir notre vin au verre et dégustons un Pic Saint-Loup, agréable pour accompagner ce déjeuner.

Les desserts font la part belle aux tartes : tarte du jour, tarte amandine, tarte au chocolat mais aussi mousse de mangue, moelleux à la châtaigne et enfin mousse au chocolat à la diable.

Sonia choisit la tarte au chocolat, moi le moelleux. Châtaignes en entrée, châtaignes au dessert ! Mon gâteau a cuit dans son petit ramequin tout rond, il tient ses promesses puisqu’il est moelleux, tout tiède et le goût de la châtaigne explose en bouche. La tarte au chocolat présente un bel appareil : brillant et bien épais. Succès total en face de moi.

La clientèle, essentiellement féminine ce jour-là, semble se régaler de ces mets légers. Le service est attentif est enlevé. Ryadh a un petit mot pour chacun, (ou plutôt pour chacune, le chanceux !) Nous ne pouvons qu’encourager ce genre d’initiative. Et une petite promenade dans le quartier de la Butte aux Cailles toute proche concluera parfaitement ce déjeuner.

Le Temps des Olivades. 192 rue de Tolbiac. 75013. Tél : 06 19 69 00 42. Ouvert tous les jours jusque 20h. Métro Tolbiac ou Place d’Italie.

BRUNCH CHEZ BANG

Voici un tout nouveau restaurant, idéalement situé, qui va sûrement faire parler de lui. A la place de l’ancien Poisson Rouge, Bang régale les carnivores depuis le mois de novembre.

François Di Giugno aux fourneaux, Imina Nial en salle, un joli décor moderne, des produits d’exception (viandes provenant des meilleures boucheries de Paris dont Desnoyers), vins naturels sélectionnés avec soin par Imina et surtout surtout les fameuses paraillades ! Des pierres de lave sur lesquelles vous allez faire cuire votre viande : filet mignon de porc, suprême de poulet, boeuf d’Angus, d’Aubrac, d’Ecosse et d’Argentine, magret de canard. Les non-carnivores dégusteront, eux, un risotto aux pleurottes ou un poisson du jour.

Je suis venue tester le brunch. Ici, pas de viennoiseries/oeufs/bacon. Le brunch est original et travaillé. Orange pressée, thé (du vrai, en feuilles), grande assiette et macaron, le tout pour 20 € ! Un rapport qualité/prix exceptionnel quand on voit le prix de certains brunchs, mauvais de surcroît.

Une énorme assiette carrée nous est servie. C’est agréable d’avoir tout dedans. “Appétissant”, “gourmand”, la table entière est conquise même si je regrette de manger des tomates mozza en décembre. J’attaque d’emblée les gambas grillées à la fleur de sel.

Des pousses d’épinard sont enroulées dans de fines lamelles d’aubergines grillées, gratinées à la ricotta. Décidément ce brunch est léger, cela me plaît. Et les alliances sont réussies.

Le bressaola est fondant, finement tranché, c’est un régal avec la crème de truffes noires qui recouvre l’oeuf.

L’oeuf mollet tient ses promesses : le jaune se répand dans la crème aux truffes.

Le fromage blanc a ravi tous mes camarades de tablée. Presque mousseux, au doux parfum de fleur d’oranger.

La trappe fait un clin d’oeil à l’ancien restaurant le Poisson Rouge.

Le décor a été imaginé par l’artiste et designer français Nicolas Saint-Grégoire et Bang expose en ce moment de jolies photos sur New York.

Coup de coeur pour ce brunch. Je retournerai tester une paraillade très prochainement.

Vivement le printemps prochain pour profiter de la grande terrasse avant un petit tour le long du canal Saint-Martin !

BANG. 112 quai de Jemmapes. 75010. Tél : 01 40 40 07 11. Ouvert tous les jours sauf dimanche soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €, paraillades de 17 € à 20 €. Leur site ici. Métro Jacques Bonsergent, Château-Landon.

MÈRES ET FILLES

Le nom m’avait interpellée. “Il doit y avoir un concept sympathique derrière tout ça” je me suis dit. Bingo ! Chez Mères et filles, les mamans et leurs fifilles se font photographier et sont exposées sur les murs.

L’idée, trouvée par Flavie et Mélodie, les deux sœurs qui vous accueillent, est très bonne. Cela donne tout de suite un côté chaleureux au restaurant, très convivial, et c’est amusant de voir Flavie dégainer son appareil photo en fin de repas pour immortaliser le sourire complice entre une mère et sa fille. (private parenthèse : maman on y va quand tu veux).

Nous sommes au cœur du Marais, dans le vieux Paris. Chez Mères et Filles le plafond est assez bas, les murs sont faits de pierres apparentes, et on ne capte pas. Rien à faire, j’ai beau me mettre près des fenêtres, je n’ai pas de réseau. Eh bien j’ai adoré, comme une impression d’être hors du temps, concentrée sur une seule chose : mon déjeuner.

Pour le quartier, le prix de la formule m’épate : 12,90 € seulement entrée plat ou plat dessert. Travail oblige, nous nous devons de goûter aussi le dessert, ce sera donc la formule complète.

Velouté du jour, nems revisités, mont d’Or au four à partager, tarte fine au chèvre frais, salade de cœurs d’artichauts, toutes ces entrées nous tentent bien. Dur dur de faire un choix. Flavie étant débordée, car seule en salle, nous avons un petit répit. Finalement nous optons pour le poireau vinaigrette et son œuf mollet et pour le tartare de crabe et avocat.

Les poireaux sont servis tièdes comme la tradition bistrotière l’exige mais dommage, mon œuf mollet est presque trop cuit. Mon ami déguste son tartare avec appétit, monté à l’emporte-pièce il est caché sous de petites pousses de salade bien assaisonnée.

Une odeur que j’ai reconnu immédiatement à mon entrée du restaurant titille mes narines, un pot-au-feu est en train de mijoter. Je suis certaine de commander ça quand je lis sur l’ardoise au mur foie de veau au balsamique. Dilemme. Je suis addict au foie de veau. Je tranche et méprise le pot-au-feu qui a pourtant l’air fort bon à la table voisine.

C’est une belle tranche de foie qui m’est apportée. Elle est bien saisie au dessus, tendre à cœur et le vinaigre balsamique l’a presque caramélisée.  La purée maison est l’accompagnement rêvé. En face de moi on se régale d’un wok bœuf légumes. La viande est fondante, contraste agréable avec les légumes croquants.

Une belle carte des vins ravira les connaisseurs chez Mères et Filles. Plusieurs références de Bordeaux de 26 € à 69 €. La Loire est présente avec un Chinon domaine Lambert, le Jura avec un domaine des Arbois 2003, plusieurs Bourgogne dont un Saint-Véran 2007 et bonne idée : quelques propositions de vin au verre et au pichet.

En dessert : tiramisu bien régressif au Nutella pour Hanin, cheesecake aux fruits rouges pour moi. Très bel appareil mais les fruits rouges viennent le dénaturer. Je suis une puriste en terme de cheesecake, je ne l’aime que nature, brut.

Une belle découverte, presque cachée dans cette rue Saint-Paul. Levez les yeux en arrivant, la maison dévoile une jolie petite tourelle. A découvrir bientôt chez Mères et Filles : une table d’hôtes after work vous proposera de vous retrouver après le travail pour partager une planche gourmande de charcuterie et de fromages haut de gamme. Une bien jolie pépite que ce Mères et Filles !

Mères et Filles. 8 rue Saint-Paul. 75004. Ouvert tous les jours sauf dimanche. Tél : 01 48 04 75 89. Métro Saint-Paul. Formules déjeuner 12,90 € et 15,90 €.


L’ALIVI

Restaurant familial corse, l’Alivi (l’olivier en corse) régale ses clients en produits frais et de saison depuis 1996. L’extérieur avec sa jolie terrasse est aussi chaleureux que la salle aux murs de pierre et aux poutres apparentes très sombres. Le restaurant affiche complet en ce lundi soir, quelques gourmands regrettent d’ailleurs de ne pas avoir réservé et s’en vont, à la recherche d’un autre restaurant dans le Marais.

Après avoir siroté un apéritif corse, le Cap Corse Mattei, nous découvrons notre entrée : un croustillant de brebis et ses petits légumes. Si j’aime le service sur ardoise, je regrette néanmoins que celle-ci soit trop huilée. La présentation est soignée, le croustillant porte bien son nom et sa garniture est là en quantité.

Nous enchaînons avec un risotto champignons coppa. La tuile de coppa très sèche contraste agréablement avec le fondant du riz. Le vin goûté : un Capitoro blanc cuvée Louis Bianchetti 2008 nous laisse sans voix, les patrons se sont entourés des meilleurs viticulteurs corses.

Contrairement à mes voisins de tablée, le burger corse ne me convainc pas plus que ça. Je présume que le chef a d’autres talents…

… et je présume bien ! Le filet de loup et sa polenta au romarin sont divins. Un poisson cuit à la perfection, une polenta légère. Un plat d’une belle finesse. Vin dégusté : un Arena rouge cuvée Carco 2009.

S’il y a bien deux chose que j’apprécie dans la gastronomie corse, ce sont les vins et les fromages. Voici le moment que j’attendais. Brebis aux herbes, filletta, u Muntagnolu, toute la corse est réunie dans ces 3 propositions. Le filletta sent les herbes et la fougère. On ferme les yeux et on y est presque. Vin dégusté : un Rappu Nicrosi.

En dessert un cheesecake. Oui mais corse ! Je me surprends à apprécier sa crust aux canistrelli, ce qui lui donne un doux parfum anisé. L’appareil est léger et juste acide comme il faut.

On oublie la vulgarisation de la cuisine corse sur Paris (la Villa Corse pour ne citer qu’eux…) et on file à l’Alivi goûter les bons produits du terroir. Le service est enlevé, sympathique et les prix ont la délicatesse de ne pas s’envoler.

L’Alivi. 27 rue du Roi de Sicile. 75004. Tél : 01 48 87 90 20. Ouvert tous les jours midi et soir. Métro Saint-Paul ou Hôtel de Ville. Menus 29 € et 34 €.

Merci à toi, cher Fabien, pour l’invitation et ta compagnie agréable :-)

COBÉA

Cette rentrée de septembre a été morose. Peu de grandes découvertes gastronomiques. Peu de repas m’ont laissé de doux souvenirs. Mais ça, c’était avant la semaine dernière. J’ai découvert une perle et dans le 14eme qui plus est, arrondissement fort dépourvu en bonnes tables.

Philippe Bélissent (ancien chef étoilé de “l’Hôtel”, rue des Beaux-Arts) et Jérôme Cobou son associé, ont ouvert leur premier restaurant, en lieu et place du célèbre Monsieur Lapin. Pourquoi “Cobéa” ? Pour les premières syllabes de leur nom : Co/Be et le A pour “associés”. Ce qui nous donne le nom d’une plante (jusque là) méconnue.

Les deux jeunes hommes ont entièrement refait la décoration de la salle. C’est raffiné, chic sans être guindé mais toutefois un peu vieillot. A part les fauteuils de Monsieur Lapin qui ont été retapés, il y a un je-ne-sais-quoi de désuet, façon “restaurant chic de province où l’on vient célébrer un anniversaire en famille”.

Le spectacle ne commence pas à l’intérieur mais dès la rue. La cuisine et son effervescence s’offrent aux passants, comme une invitation à découvrir cette future étoile (ils vont l’avoir c’est certain).

Je viens tester le menu déjeuner (38 €). De petites sphères chèvre/pécan/miel font leur entrée, suivies par un crustacé très mousseux. Ce crabe sauvage nous vient tout droit de Bretagne, il est accompagné de céleri, de pommes et de coing.

Cette entrée est divine. Pardon ? Ah… nous n’en sommes pas à l’entrée non, mais aux “grignotages”. Cela n’augure que du bon pour la suite.

Le pain est signé Dominique Saibron, le beurre aux algues Philippe Bélissent himself.

Le charmant Daniel, à qui je dois l’invitation, choisit le couteau de plongée de Bretagne, garni d’encornets, d’une purée de fenouil et de persillade. Ouverte sur la rue, la cuisine l’est aussi sur la salle. Je vois le chef tête baissée, affairé à dresser son couteau, les gestes sont précis, méticuleux, c’est un spectacle de le voir travailler.

Bien sûr je ne résiste pas au foie gras. Il est poêlé et repose sur un flan à la châtaigne, potiron et jus de champignons. Les textures sont parfaites, comme les accords. Le sucre du potiron fait un beau mariage avec la légère acidité du jus. Les assiettes sont comme des tableaux.

Après les côtes bretonnes, Daniel part en Sologne à la rencontre d’un perdreau de chasse. Cuit à la plancha, la bête est désossée et proposée avec une pomme purée (une vraie crème) et un jus réduit. A mi-plat, la sauce se fait rare. C’est alors que Jérome sort des cuisines, casserole à la main, et rajoute un peu de sauce au perdreau. Voilà exactement l’esprit de la maison. La grande gastronomie à la rencontre de ses clients.

J’ose à peine toucher mon cabillaud. Quel dressage ! L’embeurré de chou vert me ravit ainsi que le petit monticule jaune à gauche vous voyez ? Une réduction de citron, comme une gelée. J’y trempe à peine ma fourchette et voilà déjà que l’acidité explose en bouche. Le poisson est nacré, la cuisson est forcément parfaite. Est-ce la peine de le souligner, à ce niveau-là, on ne devrait même plus complimenter un chef sur ses cuissons.

La carte des vins est encore jeune, équilibrée entre le Bordelais et la Bourgogne.

La maison nous propose de goûter le fromage. C’est un comté 24 mois d’affinage présenté avec un sabayon de vin jaune. Le graphisme de la présentation me plaît : du rond, du rectangle. Pardon Monsieur Saibron, mais je n’ai pas voulu pervertir ce moment avec votre pain.

24 mois d’affinage ça reste en bouche. Nous nous rafraîchissons le palais avec un sorbet au citron et gingembre.

Voilà enfin le dessert. Un biscuit craquant au caramel à la fleur de sel. Une crème ferme mais fondante en bouche est cachée à l’intérieur.

Après quelques gourmandises : fruit de la passion juste coupé et diamants à la crème de citron, nous prenons notre Espresso dehors. J’en profite pour complimenter le chef (il a mon âge !). Il me demande, presque inquiet, si j’ai aimé. Cela me surprend à chaque fois : les plus grands sont les plus humbles, les plus petits sont les plus prétentieux, cela se confirme encore une fois.

Un restaurant dont on a, et dont on va entendre parler. Attention, les étoiles s’installent dans le 14eme !

Cobéa. 11 rue Raymond-Losserand. 75014. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Menu déjeuner 38 €. Menus dégustation dîner : 55 € et 75 € et 95 €. Tél : 01 43 20 21 39. Site ici.

DÉDÉ LA FRITE

Dédé la Frite, c’est le bon plan pas cher, non loin du quartier Montorgueil. Dédé ne prétend pas faire de la grande cuisine, non, chez lui, on boit une mousse accoudé au zinc, on grignote une tarte, on fait la queue pour sa barquette de frites à 3 €.

Le décor oscille entre le squatt et le loft industriel. Y’a du tag, des suspensions chromées. On a l’impression que l’endroit a été trouvé comme ça et laissé dans son jus, comme si les patrons n’avaient rien touché. C’est bien joué.

Des merguez, des tartines, des salades et les fameuses frites maison de Dédé. Mention spéciale à l’assiette ci-dessus : 7,50 € la tarte/salade/frites.

Merci Amélie pour la découverte ;-)

Dédé la Frite. 52 rue Notre-Dame-des-Victoires. 75002. Ouvert tous les jours.

CORNEIL

Joli bistrot tenu pendant des années par monsieur Corneil himself, l’endroit vient d’être repris depuis la rentrée de septembre par Charly Kakou, ancien restaurateur et toujours marchand de vin, c’est dire s’il s’y connaît en bons breuvages.

Le restaurant a tout du vrai bistrot parisien : la formule sur ardoise, le patron et sa serveuse en tablier, le beau mobilier en bois et les serviettes blanches en tissu sur les tables.

Quelques habitués s’installent et commandent sans trop réfléchir la formule, on sent qu’ils ont confiance. J’observe à travers le passe-plats le chef et son second en cuisine. Malgré l’étroitesse du lieu, ils travaillent en belle harmonie et les assiettes sortent rapidement, bien présentées. Mes voisins ont l’air de se régaler.

Les entrées : coquilles saint-jacques à ma façon, velouté “Dubarry”, véritabe oeuf meurette, soupière d’escargots de Bourgogne et foie gras de canard mi-cuit maison. De 8 € à 12 €.

Nous tentons le foie gras et les coquilles. Une belle tranche de foie gras arrive, accompagnée de sa quenelle de chutney exotique. Il est exquis, pas besoin de rajouter du sel ou du poivre. Bien ferme à la découpe, il fond pourtant dans la bouche. Les quatre coquilles sont présentées dans leur écrin et attendent d’être dégustées sous leur petite émulsion. Une julienne de légumes les met en valeur. Deux entrées réussies.

C’est un grand carnivore qui m’accompagne ce midi-là, il choisit tout naturellement l’entrecôte et ses pommes grenaille. La viande est saignante comme demandé, et bien grillée sur le dessus, ce qui lui donne ce bon petit goût fumé. Un gros pot de moutarde arrive, nous sommes dans un bistrot souvenons-nous !

Ayant louché sur mes voisins de tablée, je choisis le cabillaud et sa purée de patates douces (comme les Costes peuvent le faire mais en 10 fois mieux vous voyez ?). La cuisson est excellente, la purée crémeuse, un joli plat qui a le mérite de rester léger.

Autres plats proposés à la carte : rognon de veau entier à la graine de moutarde, caille farcie en duo de champignons, dorade en croûte de sel, éventail de magret aux poires. Autour de 20 €.

La carte des vins, au moment où nous avons découvert le restaurant, n’était pas encore complète. Le patron veut l’étoffer et rajouter des références qu’il connaît bien pour travailler avec les viticulteurs depuis quelques années. Je lui fais confiance et goûte le Chardonnay Domaine de Tariquet. Bouteilles de 21 € à 88 € actuellement.

En dehors du décor, de l’accueil et de la qualité des produits, j’accorde toujours une grande importance aux desserts, trop souvent négligés dans les bistrots, quand on a la chance de tomber sur du fait maison ! Là, ça sent bon  : tarte au citron meringuée maison, crème renversée au caramel à l’ancienne, sabayon de fruits rouges, tarte aux fruits frais “minute”, irish coffee, café gourmand. Tout me tente et je ne suis pourtant pas un bec sucré.

Après le cheesecake, mon dessert préféré est la tarte au citron. Sitôt vu, sitôt commandé. Mon invité opte pour la crème renversée. L’appareil au citron repose sur une délicieuse pâte sablée, il est bien acide et la meringue est comme une crème.

La crème renversée est parfaitement équilibrée. Le chef a copié la recette du patron, j’en ferais bien autant !

Desserts entre 6 € et 10 €.

Après quelques tests de restaurant non concluants dans la semaine, que c’est bon de tomber sur un vrai bistrot comme le Corneil. Décor sympa, “dans son jus”, jeune chef Julien Commeinhes prometteur, bons produits de saison et maison, service efficace, bravo à eux tous.

Corneil. 18 rue Condorcet, 75009. Tél : 01.49.95.92.25. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Métro Poissonnière.