Archives de la Catégorie Français

LE COURT-BOUILLON

Après 7 ans passés à Levallois-Perret, Eric Achard (ancien chef de partie chez Taillevent et au Plaza Athénée), a posé ses valises – et ses casseroles – dans le 15eme arrondissement. Eric est aux fourneaux, sa charmante femme Isabelle est en salle. Le décor du restaurant est celui d’un bistrot chic avec ses nappes blanches, et ses tons crème sur les murs. L’ensemble est modernisé par quelques tableaux contemporains dont la plupart ont été peints par le chef lui-même. Il a d’ailleurs caché une belle déclaration d’amour à sa femme sur l’un de ses tableaux, saurez-vous la retrouver ? ;-)

C’est un Sancerre François Millet qui accompagne mon tataki de thon servi généreusement. Le poisson cru, légèrement saisi, est bien frais et la mousse de wasabi juste relevée vient provoquer le contraste en bouche. La petite gelée aigre-douce est presque de trop.

De belles saint-jacques d’Erquy juste snackées reposent sur un risotto crémeux au parmesan. Les derniers copeaux de fromage italien finissent de fondre sur les noix. Le produit est mis en valeur, le plat est gourmand et bien présenté.

Quand Eric ne cuisine pas les saint-jacques, il aime travailler les produits nobles comme le foie gras, le homard, les langoustines, les truffes sans oublier le terroir. Escargots, andouille, ravioles, pot-au-feu, joue de boeuf ont aussi ses faveurs.

Le chef travaille les desserts de l’enfance qu’il réinvente sans cesse en les habillant de thym, de cardamome… Je déguste une brioche façon pain perdu à la mie bien imbibée de lait, moelleuse. La tranche est caramélisée, servie très chaude, la boule de glace à la vanille ne résiste pas et semble fondre de plaisir.

J’aime les petites attentions du Court-Bouillon : de succulents grignotages accompagnent le café : nougatine éclatée et crème de citron vert. Même si l’appétit vient à manquer, on craque quand même.

L’élégance est de mise ici : en salle, sur les tables, en cuisine, dans les assiettes. La présence d’Isabelle y est pour beaucoup. Le talent du chef est manifeste. S’il faut trouver un bémol, je dirais que la formule déjeuner (entrée plat dessert) à 45 € est un peu chère, comparée à certains étoilés qui proposent aujourd’hui des formules autour de 38/39 €.

Le Court-Bouillon. 51 rue du Théâtre. 75015. Tél : 01 45 77 08 18. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Dupleix.

LE CHEMISE

Ce nom vous étonne ? C’est voulu ! Les deux jeunes hommes, Cédric Lacaze en cuisine (un ancien de la Tour d’Argent) et Fabien Demarty se sont rencontrés à l’école hôtelière, à l’époque où la chemise était obligatoire. Ils ont voulu la masculiniser d’où l’article « le ». C’est une des 2 versions. Vous voulez l’autre ? Demandez-leur ! ;-)

Ces deux talentueux garçons de 30 ans ont ouvert Le Chemise fin décembre 2011 après des mois de lessivage et de travaux. Le résultat est à la hauteur de leur investissement, c’est beau, soigné, élégant, un heureux mariage de classicisme et de modernité.

En guise d’amuse-bouche nous découvrons une tapenade verte maison au subtil goût d’anchois accompagnée d’un blanc fruité, un côte de Gascogne.

La carte, qui change environ tous les mois, nous propose ce soir-là en entrée : un velouté de châtaignes perlage à l’huile de noisette, un foie gras de canard maison au torchon, un croustillant de confit de canard, un os à moëlle juste gratiné et les deux entrées sur lesquelles nous jetons notre dévolu : la poêlée d’encornets au piment d’Espelette et les ravioles de gambas.

La carte des vins propose des crus très raisonnables comme ce Morgon Domaine Bouland 2010 à 25 € ou encore un Pinot Noir « Signature » à 21 €. Côté blancs, on peut se faire plaisir avec le Meursault les Grands Charrons 2009 (54 €). Fabien choisit de nous faire goûter le Lirac Château Saint-Roch 2009, puissant sans être tannique (25 €).

Trois belles ravioles à la couleur brune, très gourmande, semblent se reposer dans leur consommé de curry rouge, servi en émulsion. La pâte est tendre, la chair de la gambas ferme à l’intérieur et cette nage est divine. Si les premières notes laissent s’exprimer le curry, la citronnelle prend son temps et vient légèrement piquer le palais. Les notes de lait de coco et de coriandre sont plus discrètes. C’est une entrée magnifiquement réalisée.

Sur les conseils de Fabien, j’abandonne le croustillant pour découvrir les encornets. Ces mini-poulpes sont fondants, bien relevés au piment d’Espelette et agrémentés de piquillos. Mais la présentation me laisse perplexe, c’est peut-être un peu fouilli et cela ne rend pas hommage à la délicieuse recette du chef.

Pour la suite le chef nous propose des noix de saint-jacques d’Erquy sauce Noilly, un filet de canette de Barbarie aux épices douces, un Châteaubriand au poivre vert et une ballotine de volaille aux épinards, cette dernière ne nous inspirant pas grand chose.

Nous optons pour la souris d’agneau de 7 heures au thym et pour le saumon Gravelax. Une première assiette de légumes croquants et colorés précède la souris, servie toute fumante en cocotte. Elle s’effiloche tendrement, d’une simple pression de la fourchette, c’est une souris confite que nous dégustons, on sent la lente et longue cuisson. Mon invitée ne peut s’empêcher d’exprimer son régal en faisant des « hummmm » à chaque bouchée.

Je découvre de mon côté le saumon. On dirait un gâteau tant sa chair est rosée. La cuisson est absolument parfaite, à l’unilatéral, mais j’aurais aimé un tout petit peu moins d’aneth, ce qui n’a de toute façon pas gâché le plaisir à déguster ce poisson.

Pain perdu et financier aux poires. Voilà ce que l’on nous annonce pour la suite. Le pain perdu est en réalité une brioche façon pain perdu, encore plus gourmand. Les deux tranches triangulaires biens toastées sont moelleuses à l’intérieur et la confiture de lait a gardé de microscopiques grains de sucre qui crissent sous la dent. C’est juste ce qu’il faut de gourmandise pour finir ce repas tout en légèreté. Le financier, lui, dévoile son bon goût d’amande dès la première bouchée, il cache en son centre un cœur très fondant à la poire, assorti au sorbet.

Les deux jeunes garçons ont tout compris : un bel emplacement, un décor chic et chaleureux, une sympathie non feinte et de l’excellence en cuisine. Il faudra dans quelque temps penser à réserver sa table ! Et cette formule déjeuner à 15 € est une aubaine.

Le Chemise. 42 rue de Malte. 75011. Tél :  01 49 29 98 77. Métro République. Ouvert tous les soirs à partir de 18h30. Formules déjeuner 15 €, menu 19 €, à la carte 40 €.

LES GRANDES MARCHES

Attention aux marches… !

D’abord pour descendre vers la terrasse en plein air, légèrement en contrebas du trottoir de la place de la Bastille.

On pénètre par l’espace bar confortable, tables espacées, fauteuils en cuir, luminaires en cuivre vintage. Au fond, un endroit cosy avec canapés profonds qui encadrent une fausse cheminée. Idéal pour déguster notre apéritif, en contemplant à travers l’immense verrière qui nous surplombe, le Génie doré, dressé sur une jambe, tout là haut, sur la colonne d’où il semble régler l’intense circulation incessante qui tourne et tourne et nous donne le tournis.

On se dirige vers la salle de restaurant intérieure où sont aménagés des box propices à une dégustation gourmande en toute intimité. Une grande fresque sur le mur rappelle le décor passé de la place où l’ancienne gare de la Bastille fut gommée sur plan par les architectes, en 1984, pour laisser place à l’immense vaisseau de l’Opéra.

On se régale d’un très réussi foie gras maison, accompagné de vrais toasts grillés à point. Le saumon fumé, servi sur blinis, est charnu, savoureux et mœlleux.

Suivent d’excellentes bavettes d’aloyau, avec chutney d’oignons. Les frites sont bien calibrées, pas grasses et croustillantes. Rassasiés, on renoncera aux desserts.

Voilà comment passer un agréable déjeuner, aux petits soins d’une équipe pro et souriante.

Dans ce magnifique décor, l’escalier tournant nous intrigue et nous attire. La rumeur susurre qu’à l’étage, l’exceptionnel « Moumoute Bar » nous accueillera volontiers pour l’happy hour. On pourra y siroter un cocktail, effondré dans un décor de fourrure. Car ici, tout est à poils du sol au plafond : bar, tabourets, coussins, fauteuils et lustres. On s’arrêtera à ce qu’on nous a dit…

L’immense bar en véritable zinc nous fait un clin d’œil métallisé pour nous indiquer un autre escalier qui descend, celui-ci, vers les « lieux ». Que de marches pour atteindre enfin cet endroit tout de zinc également où l’eau ruisselle sur les parois depuis le plafond.

En remontant, attention à ne pas louper une marche, à cause du Génie déjà illuminé, qui surgit à nouveau à travers la verrière, dans le dernier tournant.

Les Grandes Marches. 6 place de la Bastille. 75012.  Tél : 01 43 42 90 32. Ouvert tous les jours. Métro : Bastille. 

L’AVANT-COMPTOIR

Hier midi une grande envie me prend de manger une galette mais pas forcément à table. Où donc aller ? Les crêpiers pullulent dans mon quartier mais ce qu’ils servent est immonde. Ce sera l’Avant-Comptoir, la crêperie/bar à hors-d’oeuvre de M’sieur Camdeborde dans le 6eme, juste à côté de son “vrai” restaurant le Comptoir. Un petit tour en scooter et on y est.

Partout sur les murs sont affichés ses fameux hors-d’oeuvre que l’on déguste sur le pouce, comme ça, accoudés au bar. Boudin noir béarnais, andouillette béarnaise (Yves Camdeborde est né là-bas), saucisse aux herbes crème au raifort, oeuf mollet duxelle de champignons, riz au lait, pomme au four à la cannelle… Tous ces tapas à 5 € environ sont tentants mais nous ne venons pas pour ça.

Nous on veut une galette. De sarrasin. C’est dehors que ça se passe, à la vente à emporter. Le maître crêpier passe à l’action. La pâte semble belle, elle se brunit et s’alvéole tout de suite sur le bilig. Oeuf, fromage, jambon, “deux complètes s’il vous plaît !” Dommage, l’oeuf est brouillé mais impossible de le servir miroir dans une galette à emporter.

4,50 € pour une délicieuse galette complète richement garnie que nous allons déguster au soleil, assis sur le scooter. Voilà le chef qui arrive, je le charrie en disant qu’une crêpe de sarrasin s’appelle une galette, mais bon sa grand-mère (de qui il tient la recette de la pâte) est du Morbihan, et là-bas ils les appellent les crêpes, bon… ok ça passe… On papote Bretagne, balades, cidre, kig ha farz (le pot au feu breton) et il se sauve.

La galette est bonne mais manque d’assaisonnement tout de même. La palme revient donc toujours à la la crêperie Josselin ! Et puis il faudrait corriger cette petite coquille sur la devanture, “hors-d’oeuvre” c’est invariable, oups.

L’Avant-Comptoir. 3 Carrefour de l’Odéon. 75006.

MACRAW #1

Ouvert en septembre 2011, Macraw est un micro-restaurant qui régale à toute heure les adeptes de la raw food. Sous ses allures de delicatessen new-yorkais, Macraw et son jeune chef Jérémie Rosenbois (ancien du “Cru” et disciple d’Alain Ducasse), dévoilent une cuisine brute, sauvage et délicate à déguster sur place près de la cuisine ouverte ou en take away.

La carte est renouvelée à chaque changement de saison, réinventée selon les envies et l’inspiration du chef. Les crudivores, végétariens et les soucieux de leur ligne seront comblés, pendant que les plus gourmands finiront leur repas avec un cheesecake ou carrot cake maison.

Je suis allée découvrir les talents du chef lors d’un apéritif dinatoire au cours duquel j’ai dégusté un ceviche de mulet, un tataki de saumon, un boeuf yogi, (des huîtres Gillardeau)… Le tout parfaitement exécuté.

Les grignotages du chef m’ont convaincue, j’y retourne dès que possible pour un “vrai ” repas que je vous raconterai ici.

Vous n’êtes pas fan de “cru” ? Jérémie maîtrise les cuissons et propose plein de bonnes choses (cuites) !

A suivre…

Macraw. 31 boulevard du Montparnasse. 75006. Tél : 01 45 44 55 55. Site : www.macraw.fr. Service continu du lundi au samedi midi et soir. Métro Falguière, Montparnasse ou Duroc. Formule 14 € entrée plat ou plat dessert + boisson.

BANG, LES PARAILLADES

Mi-décembre, direction le canal Saint-Martin pour découvrir le nouveau restaurant du quai de Jemmapes, Bang. J’y allais surtout pour goûter leur brunch, que vous pouvez retrouver en photos ici. Je m’étais alors promis de revenir goûter leur carte et notamment leurs fameuses paraillades.

Exit les pierrades qui refroidissent trop vite, l’heure est maintenant aux paraillades (une plancha sur une pierre de lave qui reste chaude longtemps… longtemps !)

Après un délicieux foie gras maison, nous choisissons notre viande parmi 3 paraillades :

Boom Bang  17€  : Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn), Filet mignon de porc (Aveyron)

Bang Bang 18€ : Boeuf d’Ecosse, Boeuf de l’Aubrac, Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn)

Big Bang 19€  : Boeuf black Angus (Kansas), Boeuf d’Ecosse, Boeuf d’Argentine, Boeuf de l’Aubrac

Etant tous les 2 de grands amateurs de boeuf, c’est la dernière que nous retenons. Les différentes provenances dans la même assiette nous permettent de comparer. And the winner is… l’Aubrac. Cocoricooo ! Suivie de peu par l’Argentine. Même mon pavé de Black Angus (ci-dessus) ne détrône pas le boeuf français.

Toutes les viandes ont été sélectionnées par les meilleurs bouchers de Paris. Faut-il préciser qu’Hugo Desnoyers est dans le coup ? Non, pas la peine…

Ces frites !!! Ca y est, celles de la Place Royale ont été détrônées. Je peux maintenant affirmer – sans être péremptoire – :-D que les meilleures frites de Paris sont chez Bang. Monsieur Blend, faut faire pareil ! Croustillantes et moelleuses, absolument pas grasses. Coupées au couteau, elles ont toutes la même taille, c’est beau avant d’être bon. A peine besoin de les savourer avec les sauces maison : tartare, BBQ et chimichurri, pourtant fort bonnes.

François Di Giugno, le chef, ne se contente pas de proposer de succulentes viandes, il prépare aussi de bons desserts comme ce cheesecake que la crème fouettée rend aérien.

En salle, le service d’Imina Nial est chaleureux et attentif et c’est un bonheur de l’écouter parler de sa carte de vins naturels.

BANG. 112 quai de Jemmapes. 75010. Tél : 01 40 40 07 11. Ouvert tous les jours sauf dimanche soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €, paraillades de 17 € à 20 €. Leur site ici. Métro Jacques Bonsergent, Château-Landon.

L’AGAPÉ*

Le parti pris gastronomique de l’Agapé est depuis 2008 de mêler grande tradition française et innovation en inscrivant sa cuisine dans l’ère du temps. Bertrand Grébaut, en pleine success story au Septime maintenant, a fait les grandes heures de la maison et lui a même permis de décrocher une étoile.

C’est la cuisine du nouveau chef, Yohann Lemonnier, que nous sommes venus apprécier il y a deux semaines. Comme son prédécesseur, le chef a fait ses classes chez Passard, mais aussi chez Lucas Carton et Michel Rostang.

Le décor est contemporain et discret. L’installation lumineuse est signée Starck, la porcelaine Bernardaud. Astucieux et jolis, les ronds de serviette design sont signés Andrée Putman et se transforment en porte-couteaux, une fois la serviette sur les genoux, ou autour du cou, à sa guise…

1er amuse-bouche : le déjeuner commence mal avec du Champagne servi dans un verre à vin et des mini-gougères au fromage trop sèches. Ne restons pas là-dessus, vite, la suite !

2eme amuse-bouche : saumon d’Ecosse mi-cuit, mi-fumé et son velouté de cresson. Si la bouchée de saumon est parfaite, le velouté l’est moins. Bien trop amer, il dénature le poisson.

1ère entrée : le chef a gardé l’entrée-phare de Bertrand Grébaut soit la noix de veau fumée d’Hugo Desnoyer (LE boucher parisien). Fumée au bois de hêtre par la maison et servie en carpaccio, la noix est agrémentée de noisettes et de câpres, juste ce qu’il faut, pas besoin d’autre artifice. C’est beau, bien présenté et d’une grande finesse en bouche. Une entrée digne d’un restaurant étoilé, enfin on y est !

Nous dégustons un vin blanc à l’aveugle. Si la couleur très jaune me fait voyager du côté du Jura, la première gorgée me fait changer de cap. Nous sommes en Bourgogne. Gagné, mais où ? Je sèche. Au Domaine de Valette en Saône-et-Loire.

2eme entrée : ormeau sauvage et poireau ventrèche du pays basque. Le mollusque, réputé pour sa chair extrêmement ferme, a dû souffrir en cuisine. Il faut en effet battre les ormeaux avant de les consommer. Bien saisi, il est presque nacré à coeur, nous admirons la cuisson et apprécions le poireau servi dans son plus simple appareil.

1er plat : turbot rôti et espuma de yuzu. Notre poisson, caché sous des légumes de saison al dente, fond dans la bouche. Il est agréablement relevé par le cousin japonais du citron vert, le yuzu. Si les carottes et le chou quittent les fourneaux parfaitement cuits (“la Passard touch”), il n’en est rien pour la betterave qui demeure malheureusement crue. Nous oublions notre déconvenue en découvrant de petits choux de Bruxelles. Mon compagnon de table me prédit d’ailleurs le grand retour de ce légume dans les assiettes parisiennes. A suivre donc.

Grande découverte pour moi que ce Pouilly-Fumé Pierre Précieuse 2010 d’Alexandre Bain, adepte de la culture biologique et biodynamique.

2eme plat : cimier de chevreuil. (cimier = croupe de la bête). Beau défi que ce plat puisque je n’apprécie que moyennement le chevreuil. Mais c’est en faisant confiance à ce genre de maison que l’on peut changer d’avis. La cuisson est parfaite, les deux morceaux pas filandreux (idiot souvenir…) et l’accompagnement précis. Nous retrouvons la betterave, cette fois préparée en mousseline fumée, accompagnée de conchiglioni fermes mais fondants. Belle réalisation !

Fromages : pas de choix cornélien ici et c’est tant mieux. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un plateau garni d’une trentaine de fromages, sachant que la bienséance nous autorise à n’en goûter que trois. Fourme d’Ambert et comté 4 ans d’affinage 2008, maison Anthony. Avec ? Un cépage chardonnay du Jura.

Le comté, que mon voisin juge trop vieux, se révèle presque granuleux en bouche. Voilà la première impression. Puis le palais le laisse s’exprimer et il prend ses aises. La fourme d’Ambert en paraît fadasse.

Dessert : soit le moment le plus “pénible” pour moi qui suis de moins en moins sucré (ça va un jour me poser problème). Ouf, c’est un Mont-Blanc, dessert qui doit faire partie des 4 ou 5 que j’apprécie avec gourmandise.

Un gros marron glacé attend d’être dévoré à côté des vermicelles de crème de marron (divine). Que ce méli-mélo couleur noisette est gourmand ! La meringue maison est aérienne mais pourquoi cette quenelle de glace arrive-t-elle déjà fondue ? Je pense que c’est voulu, certes, mais pourquoi ? Ce n’est guère appétissant, on pourrait croire à un départ tardif des cuisines.

Les grignotages qui accompagnent le café sont décevants, j’attendais du fait maison.

Merci à mon gentil mécène pour ce déjeuner carte blanche, plein de découvertes (le Pouilly, le chevreuil, le comté) malgré quelques fausses notes inattendues dans un restaurant étoilé. D’ailleurs, vont-ils la garder cette étoile ? Verdict dans un mois.

L’Agapé. 51 rue Jouffroy-d’Abbans. 75017. Tél : 01 42 27 20 18. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici.  Menus de 35 € à 120 €. De la même maison : L’Agapé Bis et L’Agapé Substance.

SEPTIME

(Je m’aperçois que je n’avais jamais chroniqué le bien connu Septime sur ce blog. Lors de ce déjeuner improvisé il y a quelques mois, je n’avais malheureusement pas de quoi mitrailler…)

Septime, c’est un peu “the place to be” depuis son ouverture au printemps 2011. Les critiques se sont enflammés pour la plupart dès le début, d’autres ont été plus sévères tout en étant conquis.

Pourquoi “Septime” ? En référence au personnage de Louis de Funès dans le film le Grand Restaurant. C’est Bertrand Grébaut, jeune chef ayant fait ses classes chez Passard et ancien de l’Agapé, qui a trouvé le nom.

La décoration de ce restaurant dans la mouvance “bistronomique” est réussie : cuisine ouverte, mobilier en bois, escalier en métal. Et cette cour, que dis-je ce petit jardin, idéal l’été ! La végétation y est abondante, un peu le rêve de tout Parisien.

La cuisine est de saison, du marché. On imagine aisément le chef panier au bras en train de scruter les étals des primeurs. L’Ecole d’Alain Passard on vous dit ! La présentation est parfaite, les cuissons sont au-delà de la maîtrise, les associations sortent des sentiers battus et tout cela pour des prix modiques (ce menu déjeuner à 26 € est une aubaine). C’est servi avec le sourire s’il vous plaît même si de temps en temps l’équipe (menée par Julien Cohen un ancien de Pizza Chic) paraît débordée, victime de son succès.

Citons dans le désordre : poireaux sauce gribiche, écume d’huîtres et oeufs de truite puis onglet de veau asperges blanches, lieu jaune aux olives, merlu sauce à la rhubarbe, brandade et son persil du jardin…

Le dessert phare de la maison était au printemps dernier la tarte aux petits suisses. Légère, aérienne. Avec une toute petite déception pour moi qui aurait prié pour retrouver cette belle acidité du cheesecake. Il faudra revenir pour goûter d’autres prouesses sucrées du chef.

Il est rare de signaler un sans faute, c’est le cas au Septime ! Sans doute le meilleur rapport qualité/prix de la Capitale.

(c) photo Fooding

Septime. 80 rue de Charonne. 75011. Tél : 01 43 67 39 29. Résa fortement conseillée ! Menus 26 € et 55 €. Ouvert tous les jours sauf samedi, dimanche et lundi midi.

COFFEE TIME A L’HÔTEL DE VENDÔME

Exit les tea time, l’heure est maintenant au coffee time ! L’hôtel de Vendôme lance cet hiver son coffee time pour une pause bien méritée après un shopping place Vendôme (ah ah).

L’endroit est cosy, féminin, très “couture”. Le fameux “gris Dior” est d’ailleurs partout. Je ne sais pas ce que je préfère : les petits coussins ou les fauteuils pied-de-coq. Si vous venez seul(e), de beaux livres d’art accompagneront votre café.

Les tables sont très espacées les unes des autres. Le lieu est propice aux confidences, voire aux rendez-vous secrets. Pour y être allée plusieurs fois, j’ai d’ailleurs souvent remarqué que les clients chuchotaient.

Les meilleurs se sont associés pour créer cette nouvelle formule. Le pâtissier de l’Hôtel de Vendôme a imaginé une carte de gâteaux proposés au chariot, soutenu par Luc Debove (MOF 2011) lors du lancement de ce coffee time. Tous ces délices sont réalisés avec le concours de la Chocolaterie de l’Opéra.

Qui dit coffee time dit café bien sûr. Pour cela, l’hôtel a demandé conseil à deux experts : Antoine Netien (meilleur torréfacteur de France 2011) et Tom Clark, propriétaires du Coutume Café, spécialisé dans l’importation et la torréfaction des meilleurs crus de café.

Car le café se déguste comme un grand vin, j’en ai fait l’expérience. (note pour plus tard : aller goûter le brunch du Coutume).

Alors que Tom prépare mon café du Costa Rica au siphon (un vrai cérémonial), je vais choisir ma pâtisserie. Chou lacté Divo, petit pot de crème Concerto, macaron Carupano… Tout est bien tentant mais j’opte pour le cigare fumé Baïano : un mélange de fondant et de croustillant autour.

Je reviens du chariot, mon café est servi. Alors que je m’apprête à commettre un crime, Tom arrête mon geste dans la foulée. “Pas de sucre dans le café ! C’est comme mettre du Ketchup sur du foie gras”. Je me défends en expliquant que je viens de me mettre au café et que c’est très dur pour moi sans sucre mais Tom n’en démord pas, “si vous voulez apprécier le vrai café, ne le sucrez pas”.

Non seulement j’ai obéi, mais j’ai grâce à lui reconnu des notes de griottes à la première gorgée.

Le coffee time est servi tous les jours de 15h à 19h, la formule proposée à 23 € comprend la dégustation de café au siphon et 3 pâtisseries. Tarif plus que raisonnable vu l’endroit. Une belle alternative au tea/coffee time d’Angelina. Et au moins, pas de file d’attente dans le froid !

Hôtel de Vendôme. 1 place Vendôme. 75001. Ouvert tous les jours.

LE BIZETRO

Ouvert fin 2011, le bistrot chaleureux de Pierro et Julien fait déjà salle comble le midi. En deux mois seulement les deux sympathiques garçons ont déjà leurs habitués. Pourquoi ? La réponse est simple : c’est très bon, rapide, abordable (formule à 19 € !), le service est dynamique, ultra attentif et le cadre très convivial. Qui dit mieux ?

Le Bizetro (jeu de mot avec le nom de la rue, huhu) jouit d’un décor simple mais élégant : banquettes, moblier en bois, tableaux colorés mis en valeur par un habile jeu de lumières. Sur la droite un zinc vous accueille. Des saucisses finissent de sécher en compagnie des piments d’Espelette, les terrines de campagne et les rillettes maison attendent d’être dévorées, Pierro s’occupe de conseiller les vins à ses clients et Julien s’active en salle pendant que le chef, Luc Robuste, surveille la cuisson des plats dignes de la grande tradition bistrotière.

La commande est prise rapidement, directement sur la nappe, un peu à la “Chartier”. Terrine et rillettes, nous ne pouvons résister. Nous laissons de côté les poireaux vinaigrette, les oeufs mayo et les harengs. Les portions sont gargantuesques, les gros appétits seront ravis. Les rillettes d’oie sont fondantes, absolument pas grasses, on se passerait presque de pain. La terrine tient ses promesses, on nous l’annonçait au poivre, il est présent. Julien a l’oeil partout : les carafes sont apportées sans avoir à réclamer et la corbeille de pain se remplit comme par magie.

Tout est bien tentant pour la suite : foie de veau, petit salé aux lentilles, poivron farci, filet de turbot, andouillette AAAAA, pavé de boeuf… Mon foie de veau est commandé, ainsi que le petit salé. Comme les entrées, les assiettes sont généreuses.

La cochonaille repose sur les lentilles agrémentées de carottes. Echine, saucisses, tout est là. Un plat réconfortant en cette journée pluvieuse. Silence absolu en face de moi, j’en déduis que mon invité se régale, il n’en laissera pas une miette, ou plutôt… une lentille, pour le plus grand plaisir du chef. Mon foie de veau est cuit exactement comme je l’avais demandé : “un tout petit peu plus que rosé”. Bien saisi à l’extérieur, fondant à l’intérieur. La purée maison manque un peu de lait, on est plus dans l’écrasé de pommes de terre, dommage.

Les vins sont proposés au verre. Je connaissais déjà le Bertrand Graillot en côteaux du Giennois, je goûte le Sancerre, parfait, surtout avec le foie. Nous trempons aussi nos lèvres dans un verre de côtes de Blaye. Verre autour de 2 € (seulement !), pichet 4 € et bouteilles de 18 € à 30 €.

Gâteau au chocolat, clafoutis à l’ananas, les gâteaux font les yeux doux aux clients sur le bar. Je leur préfère un riz au lait nappé de caramel au beurre salé maison.

La rentrée 2012 a été plus que morose, merci aux trois garçons du Bizetro pour cette parenthèse gourmande. Les habitués les suivent déjà sur leur page Facebook afin de ne manquer aucune soirée : huîtres, foie gras, beaujolais, bouillabaisse, ils sont prêts à tout, même à se déguiser !

Le Bizetro. 6 rue George Bizet. 75016. Tél : 01 47 23 85 41. Métro : Alma Marceau. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Formule entrée plat ou plat dessert 19 €.

BAROCHE : TAPAS À TOUTE HEURE

David Baroche a quitté le Marché Saint-Honoré pour venir s’installer dans le 8eme, à l’angle des rues de Ponthieu et La Boétie. L’établissement est multi-casquettes : bar, restaurant, épicerie, salon de thé et même librairie avec de jolis livres de cuisine en vente.

L’escalier est magnifique, on s’attend presque à voir Coco Chanel descendre les marches. :-)

Plusieurs habitués s’installent au bar pour grignoter des tapas, je préfère le coin lecture et ses banquettes confortables. Velouté de cèpes à l’huile de truffe, salade de lentilles tièdes et saucisson à l’ail : deux entrées bien maîtrisées. Le saucisson est divin, et pour cause, David Baroche est un ancien artisan charcutier.

Le plat me séduit moins : des noix de saint-jacques entourées de fines tranches de lard. Même si les lentilles sont bonnes, les noix sont gâchées par le lard et du coup, trop salées. J’aurais dû prendre le burger au foie gras poêlé, la prochaine fois !

Mais je persiste car je sens le potentiel du lieu. Chez Baroche, au moment du dessert, il faut se déplacer. J’aime ce moment, ça me rappelle toujours le regard que les gourmands jettent vers le chariot de pâtisseries dans les salons de thé des palaces.

Crumble, tiramisu, tarte au citron ou au chocolat, macarons. J’opte pour le café gourmand avec de jolies verrines de riz au lait crémeux, d’une fine mousse au chocolat et un morceau de brownie fort en cacao amer.

Une bonne adresse pour déjeuner rapidement dans le 8eme. Comptez 9 € pour un “casse croûte”, 20 € pour un plat.

Baroche. 101 rue La Boëtie. 75008. Tél : 01 43 59 69 57. Métro : Miromesnil. Ouvert tous les jours.

LE RIVER CAFÉ A FAIT PEAU NEUVE

Je vous souhaite à tous (et à vos papilles !) une excellente année 2012, pleine de gourmandises et de découvertes culinaires. Pour commencer l’année, voici le dernier test réalisé en 2011 : le River Café, que j’avais déjà chroniqué ici.

Après 3 mois de fermeture, le River Café a rouvert le 1er décembre. La fameuse péniche vous reçoit dans son nouvel univers entièrement rénové (photos ici). La décoration a été confiée à Alexandre et Pascale de Montrémy. Du noir, du blanc, des suspensions opalines, une couleur vive au sol et des tissus qui rappellent le mouvement de la Seine. C’est raffiné, moderne et élégant. On ne se souvient même pas de l’ancien décor, preuve que c’est réussi.

La carte fait la part belle aux produits de saison, joyeusement mis en scène par le jeune et brillant chef Mathieu Scherrer, qui allie tradition et modernité avec quelques inspirations asiatiques.

Tataki de thon bien saisi parfumé au sésame, délicat millefeuille aux langoustines, puis poulet fermier sur son risotto minute ou encore magret de canard rosé comme il se doit. C’est bien travaillé, original parfois avec ces endives gratinées par exemple, et toujours parfaitement présenté. Les assiettes sont gourmandes de l’entrée au dessert.

Nous finirons ce midi-là sur un simple ananas, l’appétit nous manquant, mais la prochaine fois (qui ne devrait pas tarder) c’est promis, je teste les desserts !

Le River Café. 146 quai de la bataille de Stalingrad. Issy-les-Moulineaux. Tramway ligne 2 ou RER C Issy-Val-de-Seine. Ouvert tous les jours. Entrée plat 29 €, entrée plat dessert 39 €. Leur site ici.

IDEE CADEAU : UN BRUNCH CHEZ MARIAGE FRERES

Besoin d’une idée de cadeau de dernière minute ? Offrez un brunch chez Mariage Frères ! Testé sur mes proches, ils étaient ravis. L’adresse rue du Bourg-Tibourg dans le Marais est la plus charmante. Déguster son thé et ses scones sous la verrière quand il fait bien froid dehors est jouissif !

Parmi les quatre brunchs proposés, voici mes deux préférés :

PARIS – MANDALAY

Cocktail Mariage’s
Jus de fruits frais
Scones ou muffins accompagnés de nos Gelées extra de thé
Assiette du Brunch : Foie gras de canard et compotée de pruneaux au thé Mandalay, pomme pochée, bouquet d’endives, vinaigrette au pain d’épices
Pâtisserie du chariot colonial ou dessert à la carte

POETE IVRE

Jus de fruits frais
Scones ou muffins accompagnés de nos Gelées extra de thé
Assiette du Brunch : noix de coquilles saint-jacques snackées arrosées de thé Karikal, lamelles de poireaux, herbes du jardin
Pâtisseries du chariot colonial ou dessert à la carte

Evidemment, ce sont les deux plus chers (42 € et 39 €) mais il existe la formule “classique” à 31 € seulement. Une idée cadeau qui ravira les gourmands de votre entourage. :-)

Leur site ici.

LES ESCAPADES DE PETITGROGNON : LE CAFE CAMPANA AU MUSEE D’ORSAY

Quel plaisir de redécouvrir nombre de chefs d’œuvre du musée d’Orsay dans leur nouvel écrin rénové : de superbes salles magnifiquement colorées et éclairées.

Mais qu’en est-il du Café Campana, au 5ème étage du Pavillon Amont ?

Pas de panique ! Pour y grimper, un tout nouvel ascenseur tout beau et tout silencieux… Si ce n’est la voix qui annonce à chaque étage : « la porte s’ouvre » !

On débarque dans la « Bookshop » very design, histoire de se laisser tenter par un souvenir, culturel of course.

Pour accéder à notre lieu de détente, on traverse la Galerie des Impressionnistes. Impossible de ne pas s’attarder devant les Monet, Renoir, Cézanne… qui se révèlent sous un nouveau jour, grâce à une mise en lumière somptueuse.

Sans transition, on passe du XIXe au XXIe siècle en découvrant le décor surprenant que les frères Campana – deux designers brésiliens – ont imaginé pour le Café. Atmosphère « onirico-aquatique » inspirée du célèbre verrier lorrain Emile Gallé. Tout un univers cuivre et bronze, réveillé par des touches de couleur orange et bleue (…un clin d’œil à Rimbaud ?). Au fond, une percée de ciel inonde l’espace d’une clarté azurée à travers l’immense horloge en verre. Elle nous rappelle qu’on n’est pas là pour musarder, vu que les salles ferment à 17h30.

En attendant, on pourra se restaurer pour moins de 15 € d’une tarte salée/salade ou d’un plat chaud PPP : « penne – parme – parmesan ». L’éclair XXL, démesuré, bien que tentant, sera pour la prochaine fois. Boissons pas données : 4,50 € pour une bière pression ou une ½ Vittel. Service correct, sans ostentation… ça change du style Costes au Georges du Centre Pompidou.

Nous voilà requinqués pour d’autres émotions esthétiques.

A nous l’art pompier !

Petitgrognon

LE TEMPS DES OLIVADES

En ce jour hivernal, c’est agréable de pénétrer dans ce restaurant ensoleillé. Bienvenue au pays des oliviers ! Chez Ryadh toute la cuisine est faite à l’huile d’olive, même les desserts !

Le restaurant est né de la rencontre de deux parents d’enfants d’une école maternelle du quartier. Les deux associés ont voulu créer un nouveau concept de restauration légère et saine mettant en valeur des produits authentiques aux saveurs du Sud.

Le décor du restaurant est très joli : grosses suspensions noires, longues tables en bois brut entourées de leurs bancs, façon tables d’hôtes. Quelques sets noirs sur les tables, belles couleurs chaleureuses aux murs et des briques noires derrière le bar, dans l’espace « boutique ». Car le restaurant propose, en plus de vous régaler, des dégustations d’huiles d’olive, de confitures et de confits comme ce mémorable confit de coquelicot, parfait avec du foie gras par exemple.

La carte, proposée sur ardoise, promet de belles choses. La cuisine se veut sans prétention, simple mais ultra fraîche. Quelques soupes, entrées, plats cuisinés, desserts maison et les suggestions du jour.

Nous commençons par un velouté de châtaignes et une terrine de brocciu (fromage corse) tomates séchées et noix. Mon velouté arrive fumant accompagné de ses petits croûtons, il est fort en châtaignes mais un peu liquide. La terrine de brocciu ravit le palais de mon invitée. Sa douceur met en avant les noix et les tomates séchées, le mélange est harmonieux.

Le choix est plus difficile ensuite, tout nous tente : soupe gourmande au bœuf, quiche provençale, aubergine farcie, pavé de saumon… Nous optons finalement pour la cuisse de pintade à la crème de poivrons et le bœuf en sauce parfumé à la menthe séchée.

De jolies boulettes de bœuf se disputent l’assiette avec une poêlée de champignons et une purée montée à l’emporte-pièce. Les assiettes sont généreuses et gourmandes. La menthe séchée se marie à merveille avec les boulettes légères. Je regrette toutefois que ma purée soit trop salée. J’en fais part au chef qui s’en doutait et qui a promis de ne jamais recommencer.

Trois riz (noir, rouge et blanc) sont servis avec la pintade, recouverte elle-même d’une jolie crème rouge aux poivrons. La volaille est parfaitement cuite. Les deux plats sont simples mais bons, exactement le credo de la maison.

Plusieurs références françaises sur la carte des vins. Nous apprécions de pouvoir choisir notre vin au verre et dégustons un Pic Saint-Loup, agréable pour accompagner ce déjeuner.

Les desserts font la part belle aux tartes : tarte du jour, tarte amandine, tarte au chocolat mais aussi mousse de mangue, moelleux à la châtaigne et enfin mousse au chocolat à la diable.

Sonia choisit la tarte au chocolat, moi le moelleux. Châtaignes en entrée, châtaignes au dessert ! Mon gâteau a cuit dans son petit ramequin tout rond, il tient ses promesses puisqu’il est moelleux, tout tiède et le goût de la châtaigne explose en bouche. La tarte au chocolat présente un bel appareil : brillant et bien épais. Succès total en face de moi.

La clientèle, essentiellement féminine ce jour-là, semble se régaler de ces mets légers. Le service est attentif est enlevé. Ryadh a un petit mot pour chacun, (ou plutôt pour chacune, le chanceux !) Nous ne pouvons qu’encourager ce genre d’initiative. Et une petite promenade dans le quartier de la Butte aux Cailles toute proche concluera parfaitement ce déjeuner.

Le Temps des Olivades. 192 rue de Tolbiac. 75013. Tél : 06 19 69 00 42. Ouvert tous les jours jusque 20h. Métro Tolbiac ou Place d’Italie.