YAHMI


 

Yahmi, c’est une affaire de famille depuis 25 ans. La tante est en cuisine, la mère et son fils en salle.

Situé au sein du théâtre du Châtelet, côté entrée des artistes, le restaurant surprend d’abord par sa décoration. Soignée, chic, la salle est habilement habillée par des matériaux bruts d’une part, et des éléments de décoration modernes d’autre part. Comme ces énormes suspensions qui tamisent l’ambiance. Ce ne sont rien d’autre que de grosses boules chinoises, mais customisées par la patronne avec de la résine. Le résultat est bluffant !

Des bougies diffusent des fragrances de fleur d’oranger, on se croit ailleurs pendant un instant. Et le sourire du jeune homme de la maison finit de nous convaincre : oui on en est sûrs, on va passer un bon moment.

La soupe chorba est réconfortante en ce jeudi glacial du mois de mai, le bouillon est très parfumé et les pois chiches, nombreux. Trop de semoule tuant la semoule, le taboulé est revisité avec du boulgour. Menthe fraîche, citron, la cuisinière sait manifestement assaisonner et parfumer ses recettes.

Le tagine kefta (les boulettes sont bien sûr maison) arrive crépitant, les légumes sont cuits parfaitement, les boulettes sont légères et subtilement parfumées. Côté couscous, on apprécie la semoule d’une grande finesse et les viandes bien saisies.

En dessert, salade d’oranges à la cannelle. Ca, c’est si on veut être raisonnable. Sinon, on craque pour un moelleux aux figues à la génoise aérienne.

Une belle affaire, une cuisine familiale et traditionnelle, on sent que la chef maîtrise ses recettes depuis des années. Décor moderne et design. Equipe aux petits soins. Un sans faute !

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Yahmi. 25 avenue Victoria. 75001. Tél : 01 45 08 09 51. Ouvert tous les jours sauf dimanche. Métro Châtelet. Site. Carte 30 €.

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MOZAIC SUD : UN BON RESTAURANT MAROCAIN


Si si, vous êtes bien dans un restaurant marocain. Si la décoration ne vous rappelle pas le pays, l’assiette s’en chargera. Car la tradition se fait surtout sentir dans la cuisine du chef.

Côté décoration, c’est moderne et élégant. Cadres reprenant le thème de la mosaïque, néons rouges courant au plafond, appliques rouges qui tamisent l’ambiance et mobilier en bois foncé.

De gros rideaux couleur violine habillent les fenêtres et apportent de la chaleur à la salle. Ils permettent aussi de ne pas être trop vus de la rue, surtout dans ce quartier très passant.

Nous sommes toutes les 2 amatrices de cuisine marocaine et les propositions en entrée nous semblent toutes fort alléchantes. Alors que notre choix est fait : carottes au cumin et caviar d’aubergines (zaalouk) le patron vient  nous proposer un assortiment, qui nous permettra de goûter plusieurs entrées en petites quantités. Bonne idée !

Voici donc que sort de la cuisine l’Assiette Mozaïc : briouates, salade orientale, merguez. Comptez de 4 € à 9 € pour les entrées, 9,50 € pour cette assiette, à partager à 2.

Les briouates sont des bricks triangulaires  fourrés de fromage fondu encore tout chaud, le caviar d’aubergines est légèrement fumé et les carottes sont fondantes et subtilement parfumées au cumin.

Un vin rosé Gris de Gerrouane accompagnera agréablement notre dîner. Entre 18 € et 20 € la bouteille. Autres vins à la carte : des vins rouges marocains mais aussi algériens et français pour les clients à qui le dépaysement total fait peur.

Mon amie étant très grande fan de tajine, nous n’avons pas de mal à nous répartir les tâches. Ce sera tajine poulet figues cannelle pour elle, couscous kefta pour moi.

Le tajine arrive tout crépitant. De belles figues le surplombent et la cannelle a imprégné la sauce et la volaille.

Ce que j’aime dans le couscous c’est la multitude des assiettes qui le composent : pois chiches, raisins à la fleur d’oranger, semoule, bouillon et ses légumes et bien sûr ma viande hachée : le kefta. Tout ça pour moi ! La viande hachée est légèrement grillée, encore fondante à cœur. La semoule s’imbibe du bouillon de légumes pendant que je verse les pois chiches tout croquants dans mon assiette. Ce couscous est un régal, je me ressers sans plus attendre.

Comptez autour de 16 € pour les plats principaux.

Pour le dessert de jolis crêpes nous sont apportées ainsi que des tranches d’orange à la cannelle. Très rafraîchissant en ce soir de printemps.  Les crêpes sont légèrement épaisses et tiennent plus du pancake. Imbibées de miel, elles sont recouvertes d’éclat d’amandes. Le patron nous dit ne pas pouvoir résister et en prendre presque tous les jours avant le service, on le comprend.

Autres desserts à la carte : pastilla au lait, ananas caramélisé, fondant au chocolat et seffa, le fameux couscous sucré que nous reviendrons tester ! Autour de 6 € pour les desserts.

La mine réjouie des clients autour de moi me fait dire que tout le monde se régale. Des effluves épicés nous parviennent d’ailleurs des autres tables alors que nous finissons notre thé à la menthe. Cela nous donne déjà envie de revenir !

Mozaïk Sud. 24 rue des Taillandiers. 75011. Tél : 01 47 00 20 42. Site : http://www.mosaiksud.com . Métro Bastille, Bréguet-Sabin ou Ledru-Rollin. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche

CHEZ JAAFAR : LA TUNISIE A L’HONNEUR


A deux pas de la Sorbonne et des thermes de Cluny, Jaafar vous reçoit chez lui. Son restaurant est une institution tunisienne sur Paris. Au départ propriétaire d’un tout petit établissement, Jaafar a racheté la boutique attenante. C’est après plusieurs mois de travaux qu’il a ouvert son nouvel établissement bien plus grand. Le défi était de garder l’atmosphère chaleureuse qui y régnait, c’est réussi.

Nous choisissons en entrée un assortiment : méchouia (tomates, oignons, poivrons grillés), brick œuf thon bien croustillante et nous goûtons aussi la soupe chorba au bon goût de bouillon d’agneau. Entrées autour de 6 €.

Pour la suite ce sera tagines et couscous. Tagine agneau figues sèches et noix pour mon invité. Couscous boulettes/merguez pour moi. Le tagine arrive encore crépitant. Il regorge de bons légumes vapeur et est bien parfumé aux figues. Les boulettes de mon couscous sont fabuleuses : tendres, très parfumées à la menthe (et je le verrai quelques heures plus tard : très digestes, alors que c’est là que le bât blesse généralement…). Moi qui ne voulais en manger qu’une pour garder de l’appétit je ne peux résister à dévorer les deux. La semoule du couscous tunisien est différente de celle que l’on a l’habitude de déguster. Elle est extrêmement fine et parfumée (et colorée) au safran.

Couscous entre 15 € et 22 €, tagines autour de 13 €.

Nous avons aussi la chance de goûter la M’Loukhia (13 €) : de la viande de bœuf marinée dans une sauce à base de feuilles de corète moulues. Une découverte pour moi, c’est décidé la prochaine fois je commande ce plat. La sauce épaisse et verte foncée peut rebuter au premier abord et le goût ne pourra pas plaire à tous (cela ressemble un peu à l’oseille), mais la viande est tendre est parfumée : un régal !

Les fins connaisseurs des mets tunisiens pourront commander le couscous Osbane : de la panse d’agneau farcie de rognons, de riz, d’oignons et d’épinards.

Les vins tunisiens, marocains et algériens sont à l’honneur. Autour de 20 €. Demi-bouteilles disponibles.

Le repas touche à sa fin avec ses pâtisseries orientales faites maison et une bonne salade de fruits garnie de kakis. Le thé à la menthe très sucré va nous aider à digérer ce dîner gargantuesque. Assortiment de pâtisseries : 10 €.

Chez Jaafar est sans conteste LE restaurant où déguster de la cuisine tunisienne traditionnelle et authentique. Le patron et sa femme sont  adorables, les nombreux habitués du restaurant ne me contrediront sûrement pas !

Chez Jaafar. 22 rue du Sommerard. 75005.Tél : 01-46-33-95-40. Site : http://www.chez-jaafar.com. Ouvert tous les jours. Métro Cluny-La Sorbonne.

UN DES MEILLEURS COUSCOUS DE PARIS


Le Casa est situé dans une jolie petite rue piétonne aux immeubles très bas dans ce que l’on appelle « le village de Charonne ». C’est vrai que l’on se croirait en province : c’est calme, pas de voiture, des petites impasses partout : un bien joli quartier au cœur du 20eme arrondissement.

Omar, le patron, a ouvert le Casa début 2010. C’est un projet qu’il nourrissait depuis longtemps et tous les détails ont été soigneusement pensés. Tons marron et écrus sur les murs, nombreux petits tableaux, narguilé, paravents. La décoration est chaude sans tomber dans le côté « kitsch » de certains restaurants orientaux. En un mot, c’est élégant.

Omar a voulu proposer à ses clients que du bon : ici que des produits frais, de la viande de qualité, pas de semoule 1er prix, des entrées et des desserts soignés. Une attention particulière a même été donnée à la vaisselle et à la carte. Tout donne à penser que le projet d’ouvrir un restaurant tenait énormément à cœur au sympathique patron.

Pendant que nous découvrons la carte des couscous et des tagines, nous picorons des kemia : assortiment pour l’apéritif fait de carottes et de pommes de terre relevées et parfumées au cumin.

Nous choisissons en entrée une pastilla et des briouates. La pastilla est une petite galette en forme de losange fourrée au poulet avec des amandes, de la cannelle, du sucre et des œufs. Original de déguster une entrée sucrée ! Mon invité s’étonne d’apprécier ce mets alors qu’il déteste la cannelle, comme quoi quand c’est bien cuisiné tout est bon !

De mon côté je découvre la farandole de briouates (des petits samoussas) : poulet, thon, fromage et viande hachée. Ce sont des petits triangles faits de feuille de brick et fourrés. Un petit goût subtil de coriandre accompagne l’ingrédient principal.

Le fromage est fondu, c’est le meilleur des 4 pour moi et la feuille de brick est très fine. Mes 4 petits feuilletés sont proposés avec une méchouia : une salade de tomates et de poivrons grillés, servis froids, c’est frais et cela se marie très bien aux briouates.

La suite c’est ici !

Le Casa. 29 rue Saint-Blaise, 75020 Paris. Métro Gambetta. Ouvert tous les jours.