Archives de la Catégorie Coups de coeur parisiens

LA CARTE PRIMAVERA DE NOLITA

Nolita, j’en ai déjà fait un long billet ici.

Je suis retournée cette semaine goûter la nouvelle carte de printemps du chef italien Vittorio Beltramelli. Son ambition pour le restaurant Nolita ? “Que les Parisiens découvrent ce qu’est la vraie cuisine italienne, à la fois authentique et accessible. Elle revient aux sources et fait la part belle aux produits. Elle s’inspire directement des recettes de différentes régions d’Italie”.

Stracciatella di bufala, tomates de Sicile, poulpe, vitello tonato, risotto aux asperges, bar de ligne rôti à l’origan, lard de Colonnata, tagliatelles piémontaises accompagnées de homard breton.

En dessert : pannacotta au basilic, duo de mousse de marrons du Piémont et ananas Victoria, tartelette chocolat blanc et framboises, guimauve au citron, voici quelques-uns des nombreux mets qui accompagneront peut-être votre printemps chez Nolita.

NoLiTa. 2, rond-Point des Champs-Elysées. 75008. Tél : 01 53 75 78 78. Ouvert tous les jours. Formule dégustation 79 €. Site.

LE COMPTOIR DE BRICE

Encore un candidat Top Chef ? Oui mais c’est à cause de Violette et de son article très bien écrit sur le burger de Brice Morvent (promo 2010). Paraît-il le meilleur burger du moment. Allons vérifier.

Brice a choisi d’ouvrir son restaurant à l’intérieur du marché couvert Saint-Martin, endroit où il a toujours acheté ses produits et puisé son inspiration.

Comme le nom du restaurant l’indique, c’est un comptoir. On est invités à s’asseoir sur les hauts tabourets comme si on arrivait chez un ami pour l’apéritif, occupé à finir de préparer le dîner dans sa cuisine américaine. Des petits crochets ont été pensés pour les sacs, bonne idée ! A droite du comptoir, une petite salle de 10 couverts et derrière nous, de grandes tables entourées de bancs.

On s’installe donc au comptoir, on papote avec Brice, qui semble ravi de constater que le bouche à oreille commence à fonctionner. La compotée d’oignons est prête, les petits buns maison finissent de lever dans le four. Eh oui la grande spécialité de Brice est le burger. Burger qui était au départ prévu uniquement le dimanche, mis depuis à la carte en semaine devant l’insistance (et les menaces) de certains :-) .

Nems de crevettes, makis de poulet, ratatouille niçoise non non non, nous on veut le burger. A peine la commande prise, Brice s’empresse de faire fondre un beau morceau de comté sur 2 petits steaks. Les buns sont tout chauds, un peu de compotée d’oignons maison, un peu de sauce magique (savora, câpres, ciboulette, persil, pickels), un gobelet de frites, un peu de mesclun et les assiettes sont déjà prêtes.

Brice renouvelle un peu le genre des burgers en les présentant par 2. Excellente idée. Non seulement ils sont plus faciles à tenir, à déguster, mais en plus rien ne tombe du bun, tout reste bien emprisonné. Le petit pain fond dans la bouche, les graines de courge à son sommet le parfument légèrement. L’épaisse tranche de comté a presque imbibé le steak préparé saignant. La sauce apporte une touche d’acidité, la compotée du sucre. Son burger est parfait ! Meilleur que celui de chez Blend en tout cas.

Les frites ? Épaisses, coupées au couteau, croustillantes à l’extérieur, fondantes à l’intérieur. Et j’aime cette couleur brune très gourmande.

Ces deux petits burgers ne paient pas de mine mais ils sont costauds. J’ai commandé un dessert pour les besoins du blog (dur métier) mais la formule burger/frites/salade est amplement suffisante pour un déjeuner.

Le petit sablé sent bon le beurre. Il est ferme mais tendre, et la petite rigole chocolat-noisette est un vrai régal, j’ai triché et je l’ai dégusté à la petite cuillère. Le salé du beurre, le sucré du chocolat et le croquant des grosses noisettes en font un dessert ultra gourmand.

Nous sommes un peu moins convaincus par la gaufrette qui s’effrite et l’amarena au goût très prononcé, mais j’observe avec admiration la préparation d’une crème fouettée minute par Brice.

C’est très agréable d’être accoudé au comptoir, de les voir travailler en équipe, on assiste à un ballet où chacun a sa place. Les produits viennent du marché, la cuisine de Brice est inventive et savoureuse, le service est attentif et je ne sais pas si c’est le burger ou les couleurs provençales du restaurant mais tout le monde avait le sourire. On s’y sent bien chez toi Brice.

Le Comptoir de Brice. 33 rue du Château d’Eau, 20 rue Bouchardon, dans le marché couvert Saint-Martin. 75010. Tél : 07.87.36.77.38. Pas de réservation. Fermé dimanche soir et lundi. Brunch le dimanche et ateliers de cuisine.

L’ATELIER DE JACQUES

C’est une petite adresse cachée. Dans ce coin du 19eme où les rues sont bordées de jolies maisons de ville, les chanceuses étant pourvues d’un petit jardin, se cache l’Atelier de Jacques depuis quelques mois.

Un piano arbore fièrement de belles chandelles, les poutres au plafond apportent de la chaleur, et pour le côté chic : les tables sont élégamment nappées de blanc. Pour casser ce classicisme, on compte sur le carrelage en damier au sol.

En cuisine, Jacques Liu, est passé par les cuisines des plus grands chefs étoilés avant de se lancer en solo. Son second est italien. A eux deux ils ont pensé une carte franco-italienne mais attention pas de vulgarisation, les deux hommes travaillent ensemble et essaient de fusionner le meilleur de ces deux gastronomies.

Nous découvrons en entrée des courgettes marinées au citron, écailles de parmesan, la terrine maison aux noisettes, le millefeuille d’aubergines à la sorrentina, des antipasti, un tartare de saumon et une déclinaison autour du foie gras. Le directeur me vante les mérites de la terrine que je m’empresse de commander pendant que mon invité opte pour le tartare de saumon.

Tout rond, le tartare est bien frais, de petits bouts de concombre le garnissent, une délicieuse entrée légère même si on aurait aimé sentir un peu plus le wasabi. Son intervention est trop discrète.

La terrine de campagne est parfaite : pleine de saveurs, elle se tient à la découpe et les grosses noisettes lui apportent du croquant.

Entrées de 4 € à 16 €.

Je suis restée en France pour l’entrée, je m’envole en Italie pour la suite et je commande les pasta du jour : des fagotini au jambon. Qu’ils sont mignons ces petits fagots, de petites bourses toutes rondes, et bien garnies. Si l’intitulé du plat « au jambon » pouvait paraître simple il n’en est rien. La sauce est parfumée au safran et se teinte d’une belle couleur jaune/orange, des petits bouts de lardons grillés donnent de la matière et j’apprécie le subtil goût du romarin, déposé en petites touches. Les chefs sont généreux, je dois me faire aider pour venir à bout de mon assiette.

Christophe enchaîne sur un magret de canard servi avec des fruits et légumes d’hiver. La cuisson a été respectée, il désirait sa viande « entre rosée et à point », le jus à la betterave et au miel est une bonne idée. L’association du sucré fonctionne toujours avec le canard.

Plats de 12 € à 25 €.

Le directeur, qui est aussi sommelier, n’aura aucun mal à vous conseiller les vins. Côtes de Gascogne, Riesling, Saumur, Pinot noir, les bouteilles vont de 20 € à 70 €. Nous tentons un Graves 2000, Château d’Ardennes, parfait avec la terrine ou le magret.

Les desserts, comme tout le reste d’aillers (pas de congélateur ici !), sont faits maison. Crème brûlée à la lavande, titamisu, marquise au chocolat, blanc-manger au coulis d’agrumes… Comptez de 6 € à 9 € pour les desserts.

Nous tentons un « tout chocolat », moelleux pour moi, marquise en face. Le moelleux a été fait minute, son cœur coulant se répand très vite dans l’assiette. Son goût est divin mais il aurait mérité une minute ou 2 de cuisson supplémentaires. J’apprécie que le coulis ne le recouvre pas.

Comme la recette de la marquise l’exige, c’est un gâteau sans cuisson, ce qui surprend au départ Christophe, qui trouve son dessert très dense et fort en cacao. Mais quand 4 minutes après je vois l’assiette vide, j’en déduis que cela lui a plu.

Une belle découverte que ce restaurant caché. La cerise sur le gâteau arrive après le dessert quand le directeur nous annonce l’ouverture prochaine d’une grande terrasse de 30 couverts. Mais où ? Sur le toit ! Ambiance campagne à Paris avec petites loupiotes, énorme parasol et pelouse au sol ! Ouverture aux premiers rayons de soleil. Les places vont être chères, n’hésitez pas à réserver si vous voulez manger les pieds dans l’herbe.

L’Atelier de Jacques. 9 rue du Tunnel. 75019. Tél : 06 77 96 33 81. Métro : Place des Fêtes, Botzaris. Fermé samedi midi, dimanche et lundi. Formule déjeuner 12 €.

CHEZ GABRIELLE

Chez Gabrielle c’est une institution début XXe siècle. 1908 exactement. C’est une histoire de gastronomie bien sûr, mais aussi de transmission. La tradition veut que le couple de propriétaires partant à la retraite vende à un nouveau couple plus jeune à l’état d’esprit le plus proche du leur, et ainsi de suite…

C’est le couple Lesouef qui, depuis 2000, a hérité du bébé. Nathalie est en salle, son mari, autodidacte au départ puis “sacré” Maître Restaurateur, est aux fourneaux.

Le bon goût de Nathalie s’exprime dans la salle, c’est élégant et contemporain. Jolies lampes qui tamisent la lumière, du bois, de la belle vaisselle, du beige/crème aux murs.

Philippe travaille uniquement du produit frais, de saison, qu’il conjugue à une cuisine traditionnelle française, point d’orgue de la maison.

Velouté de morilles crème fouettée au lard, millefeuille de légumes provençaux, salade de saint-jacques rémoulade de pomme et céleri et escalopine de foie gras poêlée au Gaillac. C’est sans hésiter que je choisis le foie gras : juste saisi, il est fondant à coeur, le Gaillac a bien imbibé le pain d’épices, les saveurs explosent en bouche. La rémoulade revisitée avec les saint-jacques est originale et légère.

La maison est connue, paraît-il, pour ses rognons. C’est commandé. Le chef a eu l’intelligence de les présenter séparés (un rognon entier n’est vraiment pas appétissant), la cuisson est parfaite, ils sont braisés à l’Armagnac. Le gratin dauphinois l’accompagne dans sa petite cassolette. Un vrai gratin ! Avec les bords frottés à l’ail comme il se doit. Le chef aime travailler le vin et l’alcool dans ses propositions, les saint-jacques du plat principal sont ainsi flambées au Noilly Prat, un régal !

Autres propositions du moment fort alléchantes : caille rôtie aux raisins, filet de boeuf à la crème et au parmesan, filet de bar et son coulis de fruits de la passion, filet de rouget à la crème de romarin…

Pas de vulgaires crème brûlée/mousse au chocolat/tiramisu ici mais des desserts inventifs et travaillés. Ci-dessous un croustillant de framboises, mousse de basilic et coulis de fruits rouges. Un croustillant dont l’intérieur ne s’effondre pas quand on le casse, chapeau ! La mousse est aérienne, le basilic très présent. Une belle idée de dessert, à moins que vous ne lui préfériez la pêche rôtie au Cognac ou le millefeuille de pain d’épices toasté glace à la réglisse…

Chez Gabrielle on renoue avec le vrai plaisir de la gastronomie française traditionnelle, et ce, à deux pas de l’Arc de Triomphe. Tout à fait le genre d’établissement que l’on aimerait suggérer à des amis étrangers de passage à Paris.

Chez Gabrielle. 7 rue de l’Étoile. 75017. Tél : 01 43 80 23 01. Métro Ternes. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Menus 26 €, 31 € et 39 €.

LE GALOPIN

Vous le reconnaissez à droite ? C’est Romain Tischenko, gagnant du concours Top Chef 2010. Romain a maintenant son propre restaurant, le Galopin, situé sur une jolie place du 10eme arrondissement.

Une salle, un bar, une cuisine ouverte, quelques tables en bois qui peuvent accueillir 25 couverts, pas plus. La déco est sobre, voire inexistante. Ici on se concentre sur l’assiette. Et pour être concentré il l’est Romain ! Pas le temps de papoter avec les clients, le jeune chef est complètement absorbé par ses recettes et par le dressage de ses assiettes. Ce sont de vrais tableaux qui sortent de sa cuisine, pas une assiette ne se ressemble, on a un peu l’impression d’être unique.

La carte écrite à la main, façon écolier modèle, nous annonce les principaux ingrédients. On ne sait pas comment ils seront cuisinés, il faut faire confiance au chef. De retour du marché, Romain aligne ses produits et commence à créer.

Mon complice de déjeuner découvre des Parisiens (des champignons de Paris), légèrement colorés de rose grâce à l’intervention de la betterave. La poitrine de porc et l’oeuf ont été mixés dans une sauce au goût très puissant, presque fumée.

Ma barbue à la chair nacrée se cache sous un nuancier de vert : jeunes pousses, pomme, oignons. C’est fin, délicat, les pommes semblent jouer au Mikado et tenir comme par magie sur le poisson. La carte nous annonçait de la fumée, elle est là, et prend la forme d’un nuage. Je ne saurai absolument pas dire quel goût elle avait, c’était juste aérien. A peine en bouche elle se dissipe, comme si on avait rêvé.

Marc enchaîne sur la variation “veau, carottes, piment“. La chair bien rosée du veau s’accorde avec les jeunes carottes et les betteraves caramélisées. Le piment vient tout juste ponctuer le plat sans l’assassiner.

Le gros coup de coeur de ce déjeuner va sans conteste à la daurade, accompagnée de choux et de citron. Les feuilles de choux attendent au fond de l’assiette, elles sont superposées façon millefeuille, les bords sont cuits, le milieu est croquant. Je découvre des petits crosnes (plante-racine qui ressemble à une petite limace) et mes héliantis (proche du topinambour) ont presque un goût de noisette.

Le citron est proposé en réduction, juste une petite pastille suffit (en bas à droite sur la photo) tellement est elle concentrée. Et les kumquats apportent la couleur. C’est parfait.

“Noisette, citron”, voilà l’intitulé du dessert qui arrive complètement déstructuré : éclats de caramel, biscuits et crème au beurre parfumée à la noisette. On a tout : le moelleux, le fondant, le croquant, de la douceur mais aussi de l’acidité. Voilà le talent de Romain : mélanger, jouer avec les produits. Et à le regarder oeuvrer, on a vraiment l’impression qu’il s’amuse.

Les formules sont proposées à 19 €, 21 € et 24 €, belle prouesse !

Le Galopin. 34 rue Sainte-Marthe. Tél : 01 42 06 05 03. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Belleville.

ADÈLE’S FAMILY : BAGEL CAFÉ ET EPICERIE AMERICAINE

C’est en allant chez Blend que j’ai remarqué cette jolie façade jaune et violette. Des bagels, chouette ! La semaine suivante, je suis donc allée goûter ces fameux petits pains ronds troués.

Le décor est 100% girly, la clientèle aussi. Cause à effet ? :-)

Si le petit resto/boutique est chaleureux avec ses coussins, banquettes et autres petites guirlandes, l’accueil l’est moins. Dommage.

La carte nous propose des bagels donc, des soupes et des grandes salades à composer soi-même. Tous les bagels portent des noms américains. Quel membre de la famille allez-vous choisir ? Daddou, Big sis’, Twin Bro, Mom, Auntie ? J’opte pour le cousinou (le Couz’) : rillettes de thon, emmental fondu, guacamole, salade, pickles. Avec une boisson et une part de cheesecake ce sera parfait.

Le pain (au choix nature, sésame, pavot, oignons) est bien toasté, la garniture est généreuse mais je déplore la “fausse” salade. C’est trop de travail de laver une batavia ? Dans l’ensemble un bon bagel, mais bien moins bon que ceux de chez Bagels & Brownies, pas encore détrônés !

Les bagels sont automatiquement accompagnés de chips, j’aurais préféré un coleslaw ou une (vraie) salade.

Cookies, muffins, brownies, banana nut bread, cheesecake, carrot cake, strudel comptent parmi les nombreux desserts maison exposés au comptoir.

Le dessert sauve le bagel, le cheesecake est presque parfait. Sa crust se tient bien, l’appareil est crémeux et un fin glaçage lui apporte de la légèreté. Oui mais, il est un peu trop sucré, ce qui couvre l’acidité que l’on doit trouver dans ce gâteau. (aparté : le test des meilleurs cheesecakes de Paris se poursuit, je teste aujourd’hui celui de Marie Quatrehomme).

Mon amie Amélie se régale de son brownie qu’elle a cependant du mal à finir. Un peu trop sucré ?

Le plus de la maison : la carafe d’eau d’office sur la table et le café américain à volonté.

Adèle fait aussi épicerie. On fait son marché sur les étagères en hauteur : préparations pour cookies, peanut butter, céréales…

L’idée de l’after work est bonne (guacamole, tortillas, onions rings) mais Adèle ferme au plus tard à 19h, c’est donc un ultra-speed after work qu’il faut prévoir.

Les formules déjeuner sont honnêtes : 8,50 € bagel + boisson, 10,80 € avec un dessert.

Adèle’s Family. 67 rue d’Argout. 75002. Ouvert tous les jours, fermeture à 15h le lundi, 19h du mardi au vendredi et 18h le week-end.

LE COURT-BOUILLON

Après 7 ans passés à Levallois-Perret, Eric Achard (ancien chef de partie chez Taillevent et au Plaza Athénée), a posé ses valises – et ses casseroles – dans le 15eme arrondissement. Eric est aux fourneaux, sa charmante femme Isabelle est en salle. Le décor du restaurant est celui d’un bistrot chic avec ses nappes blanches, et ses tons crème sur les murs. L’ensemble est modernisé par quelques tableaux contemporains dont la plupart ont été peints par le chef lui-même. Il a d’ailleurs caché une belle déclaration d’amour à sa femme sur l’un de ses tableaux, saurez-vous la retrouver ? ;-)

C’est un Sancerre François Millet qui accompagne mon tataki de thon servi généreusement. Le poisson cru, légèrement saisi, est bien frais et la mousse de wasabi juste relevée vient provoquer le contraste en bouche. La petite gelée aigre-douce est presque de trop.

De belles saint-jacques d’Erquy juste snackées reposent sur un risotto crémeux au parmesan. Les derniers copeaux de fromage italien finissent de fondre sur les noix. Le produit est mis en valeur, le plat est gourmand et bien présenté.

Quand Eric ne cuisine pas les saint-jacques, il aime travailler les produits nobles comme le foie gras, le homard, les langoustines, les truffes sans oublier le terroir. Escargots, andouille, ravioles, pot-au-feu, joue de boeuf ont aussi ses faveurs.

Le chef travaille les desserts de l’enfance qu’il réinvente sans cesse en les habillant de thym, de cardamome… Je déguste une brioche façon pain perdu à la mie bien imbibée de lait, moelleuse. La tranche est caramélisée, servie très chaude, la boule de glace à la vanille ne résiste pas et semble fondre de plaisir.

J’aime les petites attentions du Court-Bouillon : de succulents grignotages accompagnent le café : nougatine éclatée et crème de citron vert. Même si l’appétit vient à manquer, on craque quand même.

L’élégance est de mise ici : en salle, sur les tables, en cuisine, dans les assiettes. La présence d’Isabelle y est pour beaucoup. Le talent du chef est manifeste. S’il faut trouver un bémol, je dirais que la formule déjeuner (entrée plat dessert) à 45 € est un peu chère, comparée à certains étoilés qui proposent aujourd’hui des formules autour de 38/39 €.

Le Court-Bouillon. 51 rue du Théâtre. 75015. Tél : 01 45 77 08 18. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Dupleix.

LA PIZZERIA DI REBELLATO

Giulio Rebellato est établi au 136 rue de la Pompe depuis 1985. Habitants du quartier, politiques et acteurs apprécient le calme de ce restaurant, la discrétion du service et la maestria du chef. Les habitués du lieu en ont fait leur repaire secret.

Depuis novembre 2011, Giulio propose une deuxième adresse à ses fidèles. Une pizzeria cette fois, moins confidentielle, juste à côté, au n°138. Le décor est simple mais élégant : du bois, du beige et du noir. Dès l’entrée dans les lieux on est projeté en Italie, ça parle fort, ça sent bon la pizza en train de lever dans le four. Comme pour sa première adresse, Giulio promet une cuisine généreuse et savoureuse.

Derrière les fourneaux, un tout jeune chef italien (d’ailleurs toute l’équipe est italienne) prépare quasi religieusement sa pâte à pizza. Jambon de parme, tomates napolitaines, olives noires de Sicile, burrata de Campanie, charcuterie épicée de Calabre, truffe blanche du Piémont, les produits rigoureusement sélectionnés par le chef proviennent directement d’Italie. Le voyage gustatif de la Calabre à la Sicile peut commencer.

Pizza blanche aux couleurs de l’Italie. Basilic, tomates cerise, roquette, burrata. Chaque aliment peut être dégusté seul tant il a du goût. Quel parfum ! La burrata est fondante, elle coule même sur la pizza, les petites tomates sont fermes et la roquette est amère, juste ce qu’il faut.

Le jambon de Parme sur la deuxième pizza est tendre, fin, il apporte la touche salée. Les copeaux de parmesan commencent à fondre tout doucement sur la pizza qui était dans le four moins de 20 secondes avant grâce à l’efficacité du service.

Demandez au chef de salle des conseils sur les vins si vous voulez changer des sempiternels chiantis et autres valpolicella. Le vin sicilien est à l’honneur chez Rebellato.

Autre spécialité du chef : les fritures, présentées dans leur petit panier. Si les beignets d’aubergines me laissent perplexe (pas assez de goût), je suis définitivement séduite par ceux à la mozzarella, ils ont un léger goût de charbon de bois très gourmand, parfum que l’on retrouve sur les bords de la pizza.

Pannacotta, tiramisu, quelques glaces. La carte des desserts n’est pas immense mais nous avons la garantie que tout est fait maison et essayez déjà de finir cette immense pizza !

La pizzeria di Rebellato compte maintenant parmi les meilleures pizzerias de Paris avec le Bistrot Napolitain et Il Campionissimo (qui s’agrandit rue Léopold Bellan, ouverture ce mercredi) !

La Pizzeria di Rebellato. 138 rue de la Pompe. 75016. Tél : 01 44 05 08 08. Métro : rue de la Pompe. Ouvert tous les jours. Menu déjeuner 18,90 € entrée plat ou plat dessert + boisson. Leur site.

L’INTERVIEW GOURMANDE DE… JEREMIE ROSENBOIS

Jérémie a 29 ans et a ouvert son restaurant Macraw en septembre dernier. Les Délices de Vanessa sont allés rencontrer cet ancien disciple d’Alain Ducasse.

Les Délices de Vanessa  : Étiez-vous un enfant gourmand ?

Jérémie Rosenbois : Oui, plutôt.

LDDV : Quelles sont vos petites madeleines de Proust ?

JR : Les cigares aux amandes et miel que ma grand-mère d’origine algérienne préparait.

LDDV : Un coup de cafard, le moral au plus bas, que mangez-vous pour vous réconforter ?

JR : Je me prépare des crêpes, que je tartine de Nutella, je peux carrément en manger une vingtaine, ça me fait un repas !

LDDV : Vous recevez des amis, que leur préparez-vous ?

JR : Je ne reçois jamais et je ne prépare pas à manger… Non je rigole. Plutôt des spécialités autour du cru mais aussi des saint-jacques poêlées, de la seiche, des calamars, juste saisis au beurre avec un peu d’ail, et les jours de fête je rajoute de l’huile de truffe. Et la spécialité du terroir que mes amis me réclament est le gratin de pommes de terre à la tome de l’Aubrac.

LDDV : y’a-t-il un aliment qui vous fait horreur ? Ou des aliments que vous détestiez petit et que vous appréciez maintenant ?

JR : Je déteste les endives !

LDDV : même les endives au jambon ?

JR : surtout les endives au jambon ! Sinon je détestais comme tous les enfants le  brocolis, le chou-fleur, maintenant ça va. Mais les choux de Bruxelles je n’y arrive toujours pas…

LDDV : Faites-vous attention à votre ligne ?

JR : Oui, ça se voit non ? (ndlr : il est mince) Je fais surtout attention à mon alimentation car avec le restaurant je n’ai pas le temps de faire du sport, et puis je préfère profiter d’une grasse matinée avec mon amie plutôt que d’aller faire un footing le dimanche matin.

LDDV : Existe-t-il une gastronomie étrangère que vous affectionnez particulièrement ?

JR : J’adore manger indien mais ça fait très longtemps que je ne suis pas allé au restaurant, je suis tout le temps dans le mien. Mais j’aimerais bien me faire servir, pour une fois. :-)

LDDV : Avez-vous des adresses préférées à Paris ?

JR : Avant j’allais souvent au Verre-Bouteille et j’adore la boutique de Sephora, la pâtissière de la boutique She’s Cake à Ledru-Rollin, elle fait de merveilleux cheesecakes sucrés et salés.

LDDV : Quelle grande table aimeriez-vous vous offrir ?

JR : J’aimerais découvrir ce que fait Christophe Moret chez Lasserre, c’était un de mes premiers chefs au Spoon chez Ducasse.

LDDV : Que vous inspire l’été ?

JR : La fraîcheur, le citron, l’huile d’olive, la cuisine du sud où j’ai grandi. C’est la saison idéale pour le cru, c’est vraiment ma saison préférée avec toutes ces belles couleurs sur les marchés.

LDDV : Avez-vous une petite honte ?

JR : Oui j’avoue que j’aime bien mélanger tous les restes du réfrigérateur en rentrant de soirée : riz, oeufs, viandes, tout y passe. J’y rajoute des herbes, de la moutarde, du ketchup, ça ne ressemble à rien mais c’est bon.

LDDV : en conclusion, la gourmandise est-elle un vilain défaut ?

JR : Non, être gourmand, c’est aimer la vie.

 

Merci Jérémie.

LE CHEMISE

Ce nom vous étonne ? C’est voulu ! Les deux jeunes hommes, Cédric Lacaze en cuisine (un ancien de la Tour d’Argent) et Fabien Demarty se sont rencontrés à l’école hôtelière, à l’époque où la chemise était obligatoire. Ils ont voulu la masculiniser d’où l’article « le ». C’est une des 2 versions. Vous voulez l’autre ? Demandez-leur ! ;-)

Ces deux talentueux garçons de 30 ans ont ouvert Le Chemise fin décembre 2011 après des mois de lessivage et de travaux. Le résultat est à la hauteur de leur investissement, c’est beau, soigné, élégant, un heureux mariage de classicisme et de modernité.

En guise d’amuse-bouche nous découvrons une tapenade verte maison au subtil goût d’anchois accompagnée d’un blanc fruité, un côte de Gascogne.

La carte, qui change environ tous les mois, nous propose ce soir-là en entrée : un velouté de châtaignes perlage à l’huile de noisette, un foie gras de canard maison au torchon, un croustillant de confit de canard, un os à moëlle juste gratiné et les deux entrées sur lesquelles nous jetons notre dévolu : la poêlée d’encornets au piment d’Espelette et les ravioles de gambas.

La carte des vins propose des crus très raisonnables comme ce Morgon Domaine Bouland 2010 à 25 € ou encore un Pinot Noir « Signature » à 21 €. Côté blancs, on peut se faire plaisir avec le Meursault les Grands Charrons 2009 (54 €). Fabien choisit de nous faire goûter le Lirac Château Saint-Roch 2009, puissant sans être tannique (25 €).

Trois belles ravioles à la couleur brune, très gourmande, semblent se reposer dans leur consommé de curry rouge, servi en émulsion. La pâte est tendre, la chair de la gambas ferme à l’intérieur et cette nage est divine. Si les premières notes laissent s’exprimer le curry, la citronnelle prend son temps et vient légèrement piquer le palais. Les notes de lait de coco et de coriandre sont plus discrètes. C’est une entrée magnifiquement réalisée.

Sur les conseils de Fabien, j’abandonne le croustillant pour découvrir les encornets. Ces mini-poulpes sont fondants, bien relevés au piment d’Espelette et agrémentés de piquillos. Mais la présentation me laisse perplexe, c’est peut-être un peu fouilli et cela ne rend pas hommage à la délicieuse recette du chef.

Pour la suite le chef nous propose des noix de saint-jacques d’Erquy sauce Noilly, un filet de canette de Barbarie aux épices douces, un Châteaubriand au poivre vert et une ballotine de volaille aux épinards, cette dernière ne nous inspirant pas grand chose.

Nous optons pour la souris d’agneau de 7 heures au thym et pour le saumon Gravelax. Une première assiette de légumes croquants et colorés précède la souris, servie toute fumante en cocotte. Elle s’effiloche tendrement, d’une simple pression de la fourchette, c’est une souris confite que nous dégustons, on sent la lente et longue cuisson. Mon invitée ne peut s’empêcher d’exprimer son régal en faisant des « hummmm » à chaque bouchée.

Je découvre de mon côté le saumon. On dirait un gâteau tant sa chair est rosée. La cuisson est absolument parfaite, à l’unilatéral, mais j’aurais aimé un tout petit peu moins d’aneth, ce qui n’a de toute façon pas gâché le plaisir à déguster ce poisson.

Pain perdu et financier aux poires. Voilà ce que l’on nous annonce pour la suite. Le pain perdu est en réalité une brioche façon pain perdu, encore plus gourmand. Les deux tranches triangulaires biens toastées sont moelleuses à l’intérieur et la confiture de lait a gardé de microscopiques grains de sucre qui crissent sous la dent. C’est juste ce qu’il faut de gourmandise pour finir ce repas tout en légèreté. Le financier, lui, dévoile son bon goût d’amande dès la première bouchée, il cache en son centre un cœur très fondant à la poire, assorti au sorbet.

Les deux jeunes garçons ont tout compris : un bel emplacement, un décor chic et chaleureux, une sympathie non feinte et de l’excellence en cuisine. Il faudra dans quelque temps penser à réserver sa table ! Et cette formule déjeuner à 15 € est une aubaine.

Le Chemise. 42 rue de Malte. 75011. Tél :  01 49 29 98 77. Métro République. Ouvert tous les soirs à partir de 18h30. Formules déjeuner 15 €, menu 19 €, à la carte 40 €.

LES GRANDES MARCHES

Attention aux marches… !

D’abord pour descendre vers la terrasse en plein air, légèrement en contrebas du trottoir de la place de la Bastille.

On pénètre par l’espace bar confortable, tables espacées, fauteuils en cuir, luminaires en cuivre vintage. Au fond, un endroit cosy avec canapés profonds qui encadrent une fausse cheminée. Idéal pour déguster notre apéritif, en contemplant à travers l’immense verrière qui nous surplombe, le Génie doré, dressé sur une jambe, tout là haut, sur la colonne d’où il semble régler l’intense circulation incessante qui tourne et tourne et nous donne le tournis.

On se dirige vers la salle de restaurant intérieure où sont aménagés des box propices à une dégustation gourmande en toute intimité. Une grande fresque sur le mur rappelle le décor passé de la place où l’ancienne gare de la Bastille fut gommée sur plan par les architectes, en 1984, pour laisser place à l’immense vaisseau de l’Opéra.

On se régale d’un très réussi foie gras maison, accompagné de vrais toasts grillés à point. Le saumon fumé, servi sur blinis, est charnu, savoureux et mœlleux.

Suivent d’excellentes bavettes d’aloyau, avec chutney d’oignons. Les frites sont bien calibrées, pas grasses et croustillantes. Rassasiés, on renoncera aux desserts.

Voilà comment passer un agréable déjeuner, aux petits soins d’une équipe pro et souriante.

Dans ce magnifique décor, l’escalier tournant nous intrigue et nous attire. La rumeur susurre qu’à l’étage, l’exceptionnel « Moumoute Bar » nous accueillera volontiers pour l’happy hour. On pourra y siroter un cocktail, effondré dans un décor de fourrure. Car ici, tout est à poils du sol au plafond : bar, tabourets, coussins, fauteuils et lustres. On s’arrêtera à ce qu’on nous a dit…

L’immense bar en véritable zinc nous fait un clin d’œil métallisé pour nous indiquer un autre escalier qui descend, celui-ci, vers les « lieux ». Que de marches pour atteindre enfin cet endroit tout de zinc également où l’eau ruisselle sur les parois depuis le plafond.

En remontant, attention à ne pas louper une marche, à cause du Génie déjà illuminé, qui surgit à nouveau à travers la verrière, dans le dernier tournant.

Les Grandes Marches. 6 place de la Bastille. 75012.  Tél : 01 43 42 90 32. Ouvert tous les jours. Métro : Bastille. 

L’AVANT-COMPTOIR

Hier midi une grande envie me prend de manger une galette mais pas forcément à table. Où donc aller ? Les crêpiers pullulent dans mon quartier mais ce qu’ils servent est immonde. Ce sera l’Avant-Comptoir, la crêperie/bar à hors-d’oeuvre de M’sieur Camdeborde dans le 6eme, juste à côté de son “vrai” restaurant le Comptoir. Un petit tour en scooter et on y est.

Partout sur les murs sont affichés ses fameux hors-d’oeuvre que l’on déguste sur le pouce, comme ça, accoudés au bar. Boudin noir béarnais, andouillette béarnaise (Yves Camdeborde est né là-bas), saucisse aux herbes crème au raifort, oeuf mollet duxelle de champignons, riz au lait, pomme au four à la cannelle… Tous ces tapas à 5 € environ sont tentants mais nous ne venons pas pour ça.

Nous on veut une galette. De sarrasin. C’est dehors que ça se passe, à la vente à emporter. Le maître crêpier passe à l’action. La pâte semble belle, elle se brunit et s’alvéole tout de suite sur le bilig. Oeuf, fromage, jambon, “deux complètes s’il vous plaît !” Dommage, l’oeuf est brouillé mais impossible de le servir miroir dans une galette à emporter.

4,50 € pour une délicieuse galette complète richement garnie que nous allons déguster au soleil, assis sur le scooter. Voilà le chef qui arrive, je le charrie en disant qu’une crêpe de sarrasin s’appelle une galette, mais bon sa grand-mère (de qui il tient la recette de la pâte) est du Morbihan, et là-bas ils les appellent les crêpes, bon… ok ça passe… On papote Bretagne, balades, cidre, kig ha farz (le pot au feu breton) et il se sauve.

La galette est bonne mais manque d’assaisonnement tout de même. La palme revient donc toujours à la la crêperie Josselin ! Et puis il faudrait corriger cette petite coquille sur la devanture, “hors-d’oeuvre” c’est invariable, oups.

L’Avant-Comptoir. 3 Carrefour de l’Odéon. 75006.

MACRAW #1

Ouvert en septembre 2011, Macraw est un micro-restaurant qui régale à toute heure les adeptes de la raw food. Sous ses allures de delicatessen new-yorkais, Macraw et son jeune chef Jérémie Rosenbois (ancien du “Cru” et disciple d’Alain Ducasse), dévoilent une cuisine brute, sauvage et délicate à déguster sur place près de la cuisine ouverte ou en take away.

La carte est renouvelée à chaque changement de saison, réinventée selon les envies et l’inspiration du chef. Les crudivores, végétariens et les soucieux de leur ligne seront comblés, pendant que les plus gourmands finiront leur repas avec un cheesecake ou carrot cake maison.

Je suis allée découvrir les talents du chef lors d’un apéritif dinatoire au cours duquel j’ai dégusté un ceviche de mulet, un tataki de saumon, un boeuf yogi, (des huîtres Gillardeau)… Le tout parfaitement exécuté.

Les grignotages du chef m’ont convaincue, j’y retourne dès que possible pour un “vrai ” repas que je vous raconterai ici.

Vous n’êtes pas fan de “cru” ? Jérémie maîtrise les cuissons et propose plein de bonnes choses (cuites) !

A suivre…

Macraw. 31 boulevard du Montparnasse. 75006. Tél : 01 45 44 55 55. Site : www.macraw.fr. Service continu du lundi au samedi midi et soir. Métro Falguière, Montparnasse ou Duroc. Formule 14 € entrée plat ou plat dessert + boisson.

BANG, LES PARAILLADES

Mi-décembre, direction le canal Saint-Martin pour découvrir le nouveau restaurant du quai de Jemmapes, Bang. J’y allais surtout pour goûter leur brunch, que vous pouvez retrouver en photos ici. Je m’étais alors promis de revenir goûter leur carte et notamment leurs fameuses paraillades.

Exit les pierrades qui refroidissent trop vite, l’heure est maintenant aux paraillades (une plancha sur une pierre de lave qui reste chaude longtemps… longtemps !)

Après un délicieux foie gras maison, nous choisissons notre viande parmi 3 paraillades :

Boom Bang  17€  : Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn), Filet mignon de porc (Aveyron)

Bang Bang 18€ : Boeuf d’Ecosse, Boeuf de l’Aubrac, Suprême de poulet (pays de la Loire), Magret de canard (Tarn)

Big Bang 19€  : Boeuf black Angus (Kansas), Boeuf d’Ecosse, Boeuf d’Argentine, Boeuf de l’Aubrac

Etant tous les 2 de grands amateurs de boeuf, c’est la dernière que nous retenons. Les différentes provenances dans la même assiette nous permettent de comparer. And the winner is… l’Aubrac. Cocoricooo ! Suivie de peu par l’Argentine. Même mon pavé de Black Angus (ci-dessus) ne détrône pas le boeuf français.

Toutes les viandes ont été sélectionnées par les meilleurs bouchers de Paris. Faut-il préciser qu’Hugo Desnoyers est dans le coup ? Non, pas la peine…

Ces frites !!! Ca y est, celles de la Place Royale ont été détrônées. Je peux maintenant affirmer – sans être péremptoire – :-D que les meilleures frites de Paris sont chez Bang. Monsieur Blend, faut faire pareil ! Croustillantes et moelleuses, absolument pas grasses. Coupées au couteau, elles ont toutes la même taille, c’est beau avant d’être bon. A peine besoin de les savourer avec les sauces maison : tartare, BBQ et chimichurri, pourtant fort bonnes.

François Di Giugno, le chef, ne se contente pas de proposer de succulentes viandes, il prépare aussi de bons desserts comme ce cheesecake que la crème fouettée rend aérien.

En salle, le service d’Imina Nial est chaleureux et attentif et c’est un bonheur de l’écouter parler de sa carte de vins naturels.

BANG. 112 quai de Jemmapes. 75010. Tél : 01 40 40 07 11. Ouvert tous les jours sauf dimanche soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €, paraillades de 17 € à 20 €. Leur site ici. Métro Jacques Bonsergent, Château-Landon.

L’AGAPÉ*

Le parti pris gastronomique de l’Agapé est depuis 2008 de mêler grande tradition française et innovation en inscrivant sa cuisine dans l’ère du temps. Bertrand Grébaut, en pleine success story au Septime maintenant, a fait les grandes heures de la maison et lui a même permis de décrocher une étoile.

C’est la cuisine du nouveau chef, Yohann Lemonnier, que nous sommes venus apprécier il y a deux semaines. Comme son prédécesseur, le chef a fait ses classes chez Passard, mais aussi chez Lucas Carton et Michel Rostang.

Le décor est contemporain et discret. L’installation lumineuse est signée Starck, la porcelaine Bernardaud. Astucieux et jolis, les ronds de serviette design sont signés Andrée Putman et se transforment en porte-couteaux, une fois la serviette sur les genoux, ou autour du cou, à sa guise…

1er amuse-bouche : le déjeuner commence mal avec du Champagne servi dans un verre à vin et des mini-gougères au fromage trop sèches. Ne restons pas là-dessus, vite, la suite !

2eme amuse-bouche : saumon d’Ecosse mi-cuit, mi-fumé et son velouté de cresson. Si la bouchée de saumon est parfaite, le velouté l’est moins. Bien trop amer, il dénature le poisson.

1ère entrée : le chef a gardé l’entrée-phare de Bertrand Grébaut soit la noix de veau fumée d’Hugo Desnoyer (LE boucher parisien). Fumée au bois de hêtre par la maison et servie en carpaccio, la noix est agrémentée de noisettes et de câpres, juste ce qu’il faut, pas besoin d’autre artifice. C’est beau, bien présenté et d’une grande finesse en bouche. Une entrée digne d’un restaurant étoilé, enfin on y est !

Nous dégustons un vin blanc à l’aveugle. Si la couleur très jaune me fait voyager du côté du Jura, la première gorgée me fait changer de cap. Nous sommes en Bourgogne. Gagné, mais où ? Je sèche. Au Domaine de Valette en Saône-et-Loire.

2eme entrée : ormeau sauvage et poireau ventrèche du pays basque. Le mollusque, réputé pour sa chair extrêmement ferme, a dû souffrir en cuisine. Il faut en effet battre les ormeaux avant de les consommer. Bien saisi, il est presque nacré à coeur, nous admirons la cuisson et apprécions le poireau servi dans son plus simple appareil.

1er plat : turbot rôti et espuma de yuzu. Notre poisson, caché sous des légumes de saison al dente, fond dans la bouche. Il est agréablement relevé par le cousin japonais du citron vert, le yuzu. Si les carottes et le chou quittent les fourneaux parfaitement cuits (“la Passard touch”), il n’en est rien pour la betterave qui demeure malheureusement crue. Nous oublions notre déconvenue en découvrant de petits choux de Bruxelles. Mon compagnon de table me prédit d’ailleurs le grand retour de ce légume dans les assiettes parisiennes. A suivre donc.

Grande découverte pour moi que ce Pouilly-Fumé Pierre Précieuse 2010 d’Alexandre Bain, adepte de la culture biologique et biodynamique.

2eme plat : cimier de chevreuil. (cimier = croupe de la bête). Beau défi que ce plat puisque je n’apprécie que moyennement le chevreuil. Mais c’est en faisant confiance à ce genre de maison que l’on peut changer d’avis. La cuisson est parfaite, les deux morceaux pas filandreux (idiot souvenir…) et l’accompagnement précis. Nous retrouvons la betterave, cette fois préparée en mousseline fumée, accompagnée de conchiglioni fermes mais fondants. Belle réalisation !

Fromages : pas de choix cornélien ici et c’est tant mieux. Il n’y a rien de plus frustrant qu’un plateau garni d’une trentaine de fromages, sachant que la bienséance nous autorise à n’en goûter que trois. Fourme d’Ambert et comté 4 ans d’affinage 2008, maison Anthony. Avec ? Un cépage chardonnay du Jura.

Le comté, que mon voisin juge trop vieux, se révèle presque granuleux en bouche. Voilà la première impression. Puis le palais le laisse s’exprimer et il prend ses aises. La fourme d’Ambert en paraît fadasse.

Dessert : soit le moment le plus “pénible” pour moi qui suis de moins en moins sucré (ça va un jour me poser problème). Ouf, c’est un Mont-Blanc, dessert qui doit faire partie des 4 ou 5 que j’apprécie avec gourmandise.

Un gros marron glacé attend d’être dévoré à côté des vermicelles de crème de marron (divine). Que ce méli-mélo couleur noisette est gourmand ! La meringue maison est aérienne mais pourquoi cette quenelle de glace arrive-t-elle déjà fondue ? Je pense que c’est voulu, certes, mais pourquoi ? Ce n’est guère appétissant, on pourrait croire à un départ tardif des cuisines.

Les grignotages qui accompagnent le café sont décevants, j’attendais du fait maison.

Merci à mon gentil mécène pour ce déjeuner carte blanche, plein de découvertes (le Pouilly, le chevreuil, le comté) malgré quelques fausses notes inattendues dans un restaurant étoilé. D’ailleurs, vont-ils la garder cette étoile ? Verdict dans un mois.

L’Agapé. 51 rue Jouffroy-d’Abbans. 75017. Tél : 01 42 27 20 18. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici.  Menus de 35 € à 120 €. De la même maison : L’Agapé Bis et L’Agapé Substance.