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L’INTERVIEW GOURMANDE DE… FRÉDÉRIC VARDON

C’est après mon délicieux déjeuner au 39V que j’ai eu la chance de passer un moment avec le chef étoilé Frédéric Vardon qui s’est prêté au jeu de mon interview gourmande.

Les délices de Vanessa : Étiez-vous un enfant gourmand ?

Frédéric Vardon : Oui gourmand et gourmet mais je n’avais aucun ordre de priorité dans les goûts, je pouvais facilement passer d’une tarte au chocolat à un jambonneau de la boutique de mon père (ndlr : son papa était charcutier). Mon père était aussi un bon cuisinier, je n’ai par exemple jamais mangé une coquille saint-jacques congelée de ma vie, ça aide.

LDDV : les souvenirs de l’enfance sont aussi liés aux grands-parents, aux mamies en cuisine. Avez-vous des souvenirs de bons petits plats ?

FV : Oui des souvenirs émus. Mes grands-parents étaient éleveurs (bovins entre autres), je n’ai jamais vu ma grand-mère acheter quoique ce soit, à part l’épicerie. Tout venait du champ, directement dans l’assiette. C’est comme ça qu’on fonctionnait avant et la cuisine ne coûtait rien, pas comme maintenant. Le poulet était tué le vendredi pour le dimanche midi, on le dégustait avec les haricots verts du jardin. On tuait des cochons qui nous donnaient de délicieux boudins. Je me souviens aussi avec émotion de la génoise maison qui accompagnait le riz au lait.

LDDV : un coup de cafard, le moral au plus bas, que mangez-vous pour vous réconforter ?

FV : quand je ne vais pas bien, je ne me jette pas sur la nourriture, je préfère manger dehors. Mais ce qui me fait le plus de bien c’est d’aller à la campagne, regarder la nature, parler à l’oreille des chevaux…

LDDV : vous recevez des amis chez vous, que leur préparez-vous ?

FV : je ne cuisine pas beaucoup pour mes amis, ma femme le fait très bien. Mais quand il m’arrive de le faire je concocte quelque chose de très simple : une grande cocotte noire au milieu de la table, une bonne viande marinée dedans et des légumes. J’aime aussi préparer du veau ou du boeuf dans la cheminée. Je fais une grande différence entre mes amis et mes clients. Chez moi c’est sans chichi. Rien ne me fait plus plaisir qu’un bon steak à cheval avec des frites.

LDDV : on n’a pas les mêmes goûts à 20 ans qu’à 40 ans, existe-t-il un aliment dont vous aviez horreur et que vous appréciez maintenant ? Ou l’inverse ?

FV : mes goûts n’ont pas vraiment changé. Cependant grâce aux voyages avec Monsieur Ducasse partout dans le monde mon palais s’est “enrichi”. J’ai toujours eu le goût des choses bien faites. Pour moi le génie c’est d’aller manger un bon poulet rôti parfaitement cuit et pas un dessert tapioca/mangue/gélatine, c’est de l’imposture ça !

LDDV : existe-t-il une cuisine étrangère que vous affectionnez particulièrement ?

FV : je dirais la cuisine thaï. Fraîche, goûteuse, cuisinée.

LDDV : Citez-moi un restaurant parisien auquel vous êtes fidèle ?

FV : sans hésiter “L’Assiette” rue du Château dans le 14eme, j’adore ce petit bistrot français traditionnel. Sinon j’ai un souvenir ému d’une volaille aux morilles dégustée à l’Ambroisie, et j’admire la simplicité de ce chef non médiatisé (Bernard Pacaud). Et enfin, quand je vais en Normandie, je m’arrête à Cormeilles au Diable Vert qui propose une cuisine “qui ne se prend pas la tête” comme ses adorables patrons Marc et Caro, de vrais aubergistes comme on n’en fait plus.

LDDV : que vous évoque l’été ?

FV : la chaleur, le soleil, la viande grillée, les fruits rouges et surtout les tomates. Il faut arrêter d’en manger l’hiver. Moi je ne fais pas ça. J’admire le travail de mon producteur Jean-Pierre dans la Manche. Il fait pousser des tomates dans ses bergeries. Au printemps, quand les agneaux naissent, il les met dehors et plante ses tomates sur un sol très riche (mélange de terre et de fumier). Elles n’arrivent pas avant le 20 juillet, elles sont même meilleurs que des tomates bio ! Il fait aussi des carottes et des potirons exceptionnels.

LDDV : on a tous nos petites hontes, quelle est la vôtre ?

FV : je peux manger des sacs entiers de fraises Tagada et aussi des nounours à la guimauve… que je décapite évidemment, c’est bien meilleur. Et je suis incapable de revenir d’une boulangerie une baguette à la main sans l’avoir entamée sur le chemin du retour. Je me fais gronder mais c’est pas grave.

LDDV : en conclusion, la gourmandise est-elle un vilain défaut ?

FV : dans un sens je dirais oui, car elle ne laisse pas de place à la médiocrité, elle rend intransigeant. Tout ne peut pas être parfait, c’est ce que je dis à mes enfants.

LDDV : ah bon ? ils mangent mal chez vous ? :-D

FV : non plutôt chez les autres. Mais il faut parfois mal manger pour savoir apprécier le bon.

Merci chef !

(c) 39V

L’INTERVIEW GOURMANDE DE… JEREMIE ROSENBOIS

Jérémie a 29 ans et a ouvert son restaurant Macraw en septembre dernier. Les Délices de Vanessa sont allés rencontrer cet ancien disciple d’Alain Ducasse.

Les Délices de Vanessa  : Étiez-vous un enfant gourmand ?

Jérémie Rosenbois : Oui, plutôt.

LDDV : Quelles sont vos petites madeleines de Proust ?

JR : Les cigares aux amandes et miel que ma grand-mère d’origine algérienne préparait.

LDDV : Un coup de cafard, le moral au plus bas, que mangez-vous pour vous réconforter ?

JR : Je me prépare des crêpes, que je tartine de Nutella, je peux carrément en manger une vingtaine, ça me fait un repas !

LDDV : Vous recevez des amis, que leur préparez-vous ?

JR : Je ne reçois jamais et je ne prépare pas à manger… Non je rigole. Plutôt des spécialités autour du cru mais aussi des saint-jacques poêlées, de la seiche, des calamars, juste saisis au beurre avec un peu d’ail, et les jours de fête je rajoute de l’huile de truffe. Et la spécialité du terroir que mes amis me réclament est le gratin de pommes de terre à la tome de l’Aubrac.

LDDV : y’a-t-il un aliment qui vous fait horreur ? Ou des aliments que vous détestiez petit et que vous appréciez maintenant ?

JR : Je déteste les endives !

LDDV : même les endives au jambon ?

JR : surtout les endives au jambon ! Sinon je détestais comme tous les enfants le  brocolis, le chou-fleur, maintenant ça va. Mais les choux de Bruxelles je n’y arrive toujours pas…

LDDV : Faites-vous attention à votre ligne ?

JR : Oui, ça se voit non ? (ndlr : il est mince) Je fais surtout attention à mon alimentation car avec le restaurant je n’ai pas le temps de faire du sport, et puis je préfère profiter d’une grasse matinée avec mon amie plutôt que d’aller faire un footing le dimanche matin.

LDDV : Existe-t-il une gastronomie étrangère que vous affectionnez particulièrement ?

JR : J’adore manger indien mais ça fait très longtemps que je ne suis pas allé au restaurant, je suis tout le temps dans le mien. Mais j’aimerais bien me faire servir, pour une fois. :-)

LDDV : Avez-vous des adresses préférées à Paris ?

JR : Avant j’allais souvent au Verre-Bouteille et j’adore la boutique de Sephora, la pâtissière de la boutique She’s Cake à Ledru-Rollin, elle fait de merveilleux cheesecakes sucrés et salés.

LDDV : Quelle grande table aimeriez-vous vous offrir ?

JR : J’aimerais découvrir ce que fait Christophe Moret chez Lasserre, c’était un de mes premiers chefs au Spoon chez Ducasse.

LDDV : Que vous inspire l’été ?

JR : La fraîcheur, le citron, l’huile d’olive, la cuisine du sud où j’ai grandi. C’est la saison idéale pour le cru, c’est vraiment ma saison préférée avec toutes ces belles couleurs sur les marchés.

LDDV : Avez-vous une petite honte ?

JR : Oui j’avoue que j’aime bien mélanger tous les restes du réfrigérateur en rentrant de soirée : riz, oeufs, viandes, tout y passe. J’y rajoute des herbes, de la moutarde, du ketchup, ça ne ressemble à rien mais c’est bon.

LDDV : en conclusion, la gourmandise est-elle un vilain défaut ?

JR : Non, être gourmand, c’est aimer la vie.

 

Merci Jérémie.

Interview de PASCAL FERREIRA, créateur du site www.restoaparis.com

  • C’est Pascal, mon gentil directeur, qui inaugure ces interviews gourmandes. Bonne lecture !

Etiez-vous un enfant gourmand ?

 Initialement pas spécialement, je n’aimais même pas les bonbons que mes copains d’écoles dévoraient par poignées.
Seul le chocolat avait mes faveurs étant petit, mais sans obsession. J’étais d’ailleurs “maigre comme un clou” comme ma mère le disait.

Quelles sont vos petites madeleines de Proust ?

 C’est assez délicat à dire, car c’est un plat tellement basique qui remonte presque à mes moments de bébé !! Le steak haché purée tout simplement.

Les souvenirs de l’enfance sont aussi souvent liés aux grands-parents, aux mamies en cuisine, avez-vous un souvenir de ce que votre mamie vous préparait ?

J’avais peu l’occasion de voir mes grands parents, car ils habitaient tous au Portugal, pays d’origine de mes parents. Tous les étés on y allait et mes souvenir reviennent toujours aux énormes plats de morue généreusement arrosés d’huile d’olive, des pommes de terre des champs et de choux jouflus. Et bien sûr, le vidage des fonds de verre de vin en cachette quand les convives quittaient la table !

Vous arrive-t-il de refaire ces plats de temps en temps ?

 Tout à fait, d’ailleurs je viens de terminer à l’instant une grosse assiette de purée steack haché avec mon fils de 3 ans ! Et pour la morue, on l’a désalée à Noël !

Un coup de cafard, le moral au plus bas, qu’est ce que vous mangez/vous vous préparez pour vous réconforter ?

 En général un truc gras ou sucré, pas top pour la santé, le truc genre pâtes au beurre avec plein de fromage, c’est énorme !

Vous recevez des amis : que leur préparez-vous ?

 Ayant une femme asiatique, on reste plutôt dans ce registre : salades de papaye, amok de poisson cambodgien, soupe tom yam et salade de fruits exotiques.

Est-ce que vos goûts ont changé ? On n’a pas les mêmes goûts à 20 ans qu’à 40, existe-t-il un aliment dont vous aviez horreur et que vous appréciez maintenant ?

 Oh oui ! La cantine scolaire a pour moi la caractéristique de vous faire détester certains plats comme jamais vous auriez pu l’imaginer. J’ai redécouvert les quenelles par exemple, que je glorifie aujourd’hui. Mais aussi tous les légumes, épinards, courgettes etc… Quand c’est bien préparé, c’est magnifique. Les huîtres aussi tiens, je n’aime pas particulièrement mais j’arrive à les apprécier depuis que j’arpente les restaurants parisiens.

La gastronomie française recèle de bonnes choses et de bons vins, y’a-t-il une cuisine étrangère que vous affectionnez particulièrement ?

 Oui beaucoup, asiatique bien sûr avec la japonaise et la thaïlandaise qui sont pour moi des gastronomies très riches. Indienne également, j’ai dû mal à me passer d’aller manger indien moins d’une fois par semaine. Italienne évidemment… et libanaise quand j’ai le blues car c’est si copieux !

Comme ça, sans trop réfléchir, citez moi 2 ou 3 endroits à Paris auxquels vous êtes fidèles : brasseries, restos, salons de thé, bars etc

Ouh la, je fréquente de grosses cantines bien violentes… “Le Printemps” dans le 18ème avec un couscous basique mais que j’adore… et un menu tout compris a 10€ midi et soir. Le “Shalini” dans le 18ème également, cantine indienne populaire… et la “Locomotive” (18eme et oui) pour un bon pho vietnamien ! Mes spots sont essentiellement populaires en somme.

L’été est synonyme de barbecue, de grandes salades, de melon, de pêches, et l’hiver, ça vous évoque quoi ?

 La cheminée, les raclettes et les plats mijotés !

On a tous nos petites hontes, des mélanges particuliers, un fast-food de temps et temps, moi c’est tartine beurre salé/nutella, et vous ?

 Le grec frites, c’est immonde mais même dans ce secteur on peux trouver des perles, et oui c’est vrai !

Alors en conclusion, la gourmandise est-elle vraiment un vilain défaut ?

 Non si on sait se contrôler un minimum, car sinon la santé en prend un coup quand même !

Merci beaucoup à toi Pascal ;-) !

Interview gourmande de… Franck Papillon

Ici bientôt retrouvez l’interview de Franck, patron des Colock