CHEZ LOULOU


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Je l’ai retrouvé ! Là où je l’ai rencontré d’ailleurs.

J’avais, à l’époque où je vivais près de la rue Daguerre, un restaurateur chouchou : Benoît Chagny. Aux fourneaux de son Bouche à Oreille, il nous régalait de charlotte de pommes de terre et tourteau, de blanquette mijotée des heures, de ris de veau et de joue de boeuf archi-fondante.

Après un passage dans le Marais, il est revenu à ses premières amours, le 14eme. Tant mieux pour nous, habitants de la rive gauche.

Benoît a créé son Loulou dans l’ancienne Cantine des Tontons et lui donne une seconde jeunesse. Le décor est soigné. Le jeune homme est aussi bon décorateur que restaurateur.

Après la bise règlementaire, Benoît me raconte sa carte, de saison, fraîche, travaillée, puis il s’éclipse en cuisine pour nous sortir un foie gras aux épices, une terrine de foies de volaille, une cuisse de lapin braisée, ou encore la fameuse joue de boeuf archi fondante.

L’endroit est beau, le jeune homme sympathique et drôle, et la cuisine bistrotière de très bon niveau.

Chez Loulou. 3 rue Mouton-Duvernet. 75014. Tél : 01 45 42 29 59. Fermé samedi midi et dimanche. Métro Mouton-Duvernet/Denfert-Rochereau. Menus déjeuner 19 € et 30 €.

LA CANTINE DU TROQUET, GROSSE DÉCEPTION


Après son premier restaurant le Troquet à Sèvres-Lecourbe, Christian Etchebest a ouvert deux cantines, une boulevard de Grenelle, une rue de l’Ouest. C’est cette dernière que je suis allée tester en compagnie de Marine il y a quelques semaines.

La Cantine du Troquet c’est une table d’hôtes, comprenez de grandes tablées où l’on ne connaît pas forcément son voisin (si vous aimez l’intimité passez votre chemin). La carte est affichée sur l’énorme ardoise au mur. Bonne idée sauf pour ceux (comme moi ce midi-là) qui sont en-dessous puisqu’elle est illisible. Il faut donc compter sur ses compagnons de tablée pour vous aider dans la lecture.

Chez Monsieur Etchebest, le Pays Basque est à l’honneur. Mais pas que… Soupe parmentière, terrine de boudin, fromage de tête, oeufs mayo, crevettes et couteaux à la plancha, ça part un peu dans tous les sens.

Marine choisit le caviar d’aubergines (très fin, gourmand) pendant que je commande l’entrée "betteraves/boudin/parmesan" énoncée façon "slash" pour suivre la tendance du moment.

Mon entrée est parfaite : le boudin est fondant, le sucre de la betterave tranche avec le sel des câpres et le parmesan se fait discret. C’est une réussite. Malheureusement, le reste va beaucoup moins me convaincre…

Alors que Marine tente l’espadon bizarrement servi avec des frites bien trop salées et à peine cuites, je découvre mes xixtora (saucisses basques au piment) échouées dans une purée noyée sous la sauce. La présentation n’est vraiment pas flatteuse. Les petites saucisses sont bonnes, certes, mais la purée est fade, sans aucun intérêt. Aurais-je fait un mauvais choix de plat ? J’ai pourtant goûté une des spécialités de la maison.

Nous passons sans grande conviction au dessert : le fameux gâteau basque. Ayant passé 5 étés de suite dans le Pays Basque étant petite, je me souviens de mes orgies de ce gâteau aux deux couches et ultra fondant. Là encore énorme déception, le gâteau est sec, on peine à y enfoncer la cuillère. La confiture emprisonnée n’a aucun goût et le caramel pervertit le tout.

Verdict : l’entrée était fabuleuse, le reste décevant. Je crois que j’apprécie moyennement le style tables d’hôtes, pour peu que l’on tombe sur des voisins qui n’ont pour seule occupation de se passionner pour les converstions des autres. Le service était rapide certes mais expéditif, voire désagréable en début de repas. Je n’y retournerai pas…

La Cantine du Troquet. 101 rue de l’Ouest (14eme) et 53 boulevard de Grenelle (15eme). Pas de réservation. Installation à table quand les convives sont au complet. Ouvert tous les jours. Menu 30 €.

LE KHALIFE (à la place du Khalife)


Le restaurant libanais le Khalife est une institution de la rue de l’Ouest depuis 1989. C’est tout dernièrement que le restaurant a changé de propriétaires et de décor. Mais que les inconditionnels du Khalife soient rassurés, le sympathique chef est toujours là !

C’est un bel endroit que nous découvrons, murs de pierres apparentes, poutres au plafond, tadelakt orange derrière de grands tableaux aux belles dorures. Banquettes de velours rouge, tables nappées de blanc (que seul ce set en papier vient gâcher).

Les fameux petits navets vinaigrés nous font patienter et voilà que la valse des mezze commence. C’est ce que j’adore dans la gastronomie libanaise : on a l’impression que ça ne s’arrête jamais. Hommos, labneh (fromage blanc), caviar d’aubergine, taboulé, puis falafels, petits chaussons à la viande, au fromage et une dernière assiette qui nous ravit : du foul ! Ce plat méditerranéen (que l’on déguste surtout en Egypte) est rarement servi dans les restaurants libanais, il est donc très rare d’en découvrir sur une carte.

Souvenir ému d’un voyage au Caire, je suis ravie de pouvoir à nouveau goûter un foul (fèves mijotées à l’huile d’olive, citron, tomate, persil et menthe). C’est aigre, parfois acide mais j’adore ça. Le "vrai" que l’on trouve dans les petites échoppes du Caire est relevé à la crème de sésame, encore meilleur !

Le reste des mezze est très fin. Le caviar d’aubergine a un petit goût fumé, le hommos est bien épais, les chaussons dévoilent un fromage tout chaud.  Nous enchaînons sur quelques grillades : poulet et bœuf mariné aux herbes. C’est plaisant car plein de saveurs. Un conseil : gardez vos petites écuelles contenant le caviar, le labneh et l’hommos, c’est un délice de les associer à la viande ensuite.

Le service se fait non sans humour, les prix sont corrects, l’endroit est cosy. Les nouveaux propriétaires sont fiers de leur décor et on les comprend.

Le Khalife. 38 rue de l’Ouest. 75014. Tél : 01-43-21-33-53. Ouvert tous les jours. Métro Gaîté. Site ici. Mezze 19,90 € par personne. Formule midi à partir de 13,90 €.

COBÉA


Cette rentrée de septembre a été morose. Peu de grandes découvertes gastronomiques. Peu de repas m’ont laissé de doux souvenirs. Mais ça, c’était avant la semaine dernière. J’ai découvert une perle et dans le 14eme qui plus est, arrondissement fort dépourvu en bonnes tables.

Philippe Bélissent (ancien chef étoilé de "l’Hôtel", rue des Beaux-Arts) et Jérôme Cobou son associé, ont ouvert leur premier restaurant, en lieu et place du célèbre Monsieur Lapin. Pourquoi "Cobéa" ? Pour les premières syllabes de leur nom : Co/Be et le A pour "associés". Ce qui nous donne le nom d’une plante (jusque là) méconnue.

Les deux jeunes hommes ont entièrement refait la décoration de la salle. C’est raffiné, chic sans être guindé mais toutefois un peu vieillot. A part les fauteuils de Monsieur Lapin qui ont été retapés, il y a un je-ne-sais-quoi de désuet, façon "restaurant chic de province où l’on vient célébrer un anniversaire en famille".

Le spectacle ne commence pas à l’intérieur mais dès la rue. La cuisine et son effervescence s’offrent aux passants, comme une invitation à découvrir cette future étoile (ils vont l’avoir c’est certain).

Je viens tester le menu déjeuner (38 €). De petites sphères chèvre/pécan/miel font leur entrée, suivies par un crustacé très mousseux. Ce crabe sauvage nous vient tout droit de Bretagne, il est accompagné de céleri, de pommes et de coing.

Cette entrée est divine. Pardon ? Ah… nous n’en sommes pas à l’entrée non, mais aux "grignotages". Cela n’augure que du bon pour la suite.

Le pain est signé Dominique Saibron, le beurre aux algues Philippe Bélissent himself.

Le charmant Daniel, à qui je dois l’invitation, choisit le couteau de plongée de Bretagne, garni d’encornets, d’une purée de fenouil et de persillade. Ouverte sur la rue, la cuisine l’est aussi sur la salle. Je vois le chef tête baissée, affairé à dresser son couteau, les gestes sont précis, méticuleux, c’est un spectacle de le voir travailler.

Bien sûr je ne résiste pas au foie gras. Il est poêlé et repose sur un flan à la châtaigne, potiron et jus de champignons. Les textures sont parfaites, comme les accords. Le sucre du potiron fait un beau mariage avec la légère acidité du jus. Les assiettes sont comme des tableaux.

Après les côtes bretonnes, Daniel part en Sologne à la rencontre d’un perdreau de chasse. Cuit à la plancha, la bête est désossée et proposée avec une pomme purée (une vraie crème) et un jus réduit. A mi-plat, la sauce se fait rare. C’est alors que Jérome sort des cuisines, casserole à la main, et rajoute un peu de sauce au perdreau. Voilà exactement l’esprit de la maison. La grande gastronomie à la rencontre de ses clients.

J’ose à peine toucher mon cabillaud. Quel dressage ! L’embeurré de chou vert me ravit ainsi que le petit monticule jaune à gauche vous voyez ? Une réduction de citron, comme une gelée. J’y trempe à peine ma fourchette et voilà déjà que l’acidité explose en bouche. Le poisson est nacré, la cuisson est forcément parfaite. Est-ce la peine de le souligner, à ce niveau-là, on ne devrait même plus complimenter un chef sur ses cuissons.

La carte des vins est encore jeune, équilibrée entre le Bordelais et la Bourgogne.

La maison nous propose de goûter le fromage. C’est un comté 24 mois d’affinage présenté avec un sabayon de vin jaune. Le graphisme de la présentation me plaît : du rond, du rectangle. Pardon Monsieur Saibron, mais je n’ai pas voulu pervertir ce moment avec votre pain.

24 mois d’affinage ça reste en bouche. Nous nous rafraîchissons le palais avec un sorbet au citron et gingembre.

Voilà enfin le dessert. Un biscuit craquant au caramel à la fleur de sel. Une crème ferme mais fondante en bouche est cachée à l’intérieur.

Après quelques gourmandises : fruit de la passion juste coupé et diamants à la crème de citron, nous prenons notre Espresso dehors. J’en profite pour complimenter le chef (il a mon âge !). Il me demande, presque inquiet, si j’ai aimé. Cela me surprend à chaque fois : les plus grands sont les plus humbles, les plus petits sont les plus prétentieux, cela se confirme encore une fois.

Un restaurant dont on a, et dont on va entendre parler. Attention, les étoiles s’installent dans le 14eme !

Cobéa. 11 rue Raymond-Losserand. 75014. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Menu déjeuner 38 €. Menus dégustation dîner : 55 € et 75 € et 95 €. Tél : 01 43 20 21 39. Site ici.

L’ATELIER D’ANTAN # 2


Saumon mariné façon harengs, petites pommes de terre

Gambas grillées sauce satay

Rognons sauce foie gras et truffe blanche

Pommes de terre nouvelles, ail et lardons

Pêche melba revisitée sur une crêpe

C’était samedi dernier et c’est toujours aussi bon. A lire ici : la première fois à l’Atelier d’Antan. Définitivement mon bistrot chouchou du moment ! :-)

EN-VIE


Ouvert depuis peu, En-Vie révolutionne un peu les restaurants de sushis/makis. Salle très claire, aucune connotation japonaise, couleurs vives et acidulées, mobilier très moderne, les codes changent chez En-Vie et on apprécie aussi de découvrir cela.

Si la décoration renouvelle le genre, la carte reste traditionnelle. On retrouve les sushis, les makis, les yakitoris (brochettes) et les sashimis (poisson cru servi seul). Mais là où le restaurant se démarque des autres c’est dans le choix des associations et la qualité de la présentation. Le maître sushi réalise de véritables sculptures qui embelliront vos assiettes. Ici un poisson, là une tortue et simplement avec une carotte ou un concombre !

Installez-vous tout près de son comptoir et vous aurez ainsi la chance de le voir œuvrer : il coupe, il modèle, il roule les makis, il pose délicatement le saumon sur le riz, chaque ardoise est l’occasion pour lui de laisser parler sa créativité.

Nous délaissons les sushis (avocat, crevette, saumon, thon, daurade, omelette) pour nous intéresser aux makis. Quelques propositions changent un peu de l’ordinaire. Les bio roll’s avocat, par exemple, débordent de leur feuille de riz grâce aux multiples ingrédients qui les composent : carottes, concombre, avocat etc.

Ne manquez pas de goûter les délice roll’s : de jolis makis entourés non pas de la fameuse algue mais de saumon. Celui fourré au fromage est divin !

Nous enchaînons ensuite sur les egg roll’s : des makis entourés d’une fine omelette maison. Puis sur les california roll’s, plus classiques mais très bien maîtrisés : là, l’algue est entre le riz et les ingrédients et le riz est parsemé de petites graines de sésame.

Comptez 5 € les 6 makis, 3,50 € la paire de sushis, 4 € la paire de brochettes.

Nous avons passé un très bon moment à admirer le maître sushi et à savourer nos makis. Le service est soigné, l’endroit est propre et les makis sont généreux. La flemme de sortir s’empare de vous le soir ? Pas de problème, En-Vie se déplace et vous livre à domicile dans les quartiers environnant le 14eme.

En-Vie. 59 rue d’Alésia. 75014. 01 42 79 09 09. Métro Alésia. Formules à partir de 8 €. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche.

PRIK THAI


Un tout nouveau restaurant thaï avenue du Maine, ça se teste ! L’idéal étant bien sûr que le restaurant soit bon et là, ce fut le cas. J’avoue que j’étais sceptique… Que de déceptions sur cette avenue durant l’année passée. Le Prik Thaï va me faire oublier tout ça.

Le cadre est élégant. Pierres aux murs, niches dans lesquelles reposent de jolies fleurs de coton toutes blanches, cadres dans les tons marrons. Les spots donnent la touche moderne à l’ensemble.

Chaises rouges, tables bien espacées et nappées, nous apprécions d’emblée le raffinement.

En cuisine, le chef Pichit, reconnu pour son savoir-faire en Thaïlande, vous propose de découvrir ses recettes créatives et le patron, en salle, vous donnera de précieux conseils sur les mets, la dose de piment que vous appréciez et le vin idéal pour accompagner votre repas.

Voici ce que le chef vous propose en entrée, (de 7 € à 10 €) : rouleaux impériaux, salade de crevettes à la citronnelle, salade de papaye verte, salade de bœuf à la coriandre, salade de poulet aux fines herbes, soupe de gambas à la citronnelle. Ne pouvant résister à la sauce satay (la fameuse sauce aux cacahuètes), je commande les brochettes de poulet sauce satay pendant que mon invitée (qui a très chaud ce soir-là), opte pour la rafraîchissante salade de papaye verte.

Mes brochettes sont élégamment plantées dans une tranche d’ananas et semblent faire une ronde, le poulet est d’une grande tendreté et la sauce satay bien épaisse. La salade de papaye est légère et bien assaisonnée voire acidulée.

Côté plats (entre 11 € et 16 €) : pad thaï, crevettes sautées à l’ananas, poulet sauté au basilic, poulet curry Massaman, porc au gingembre, bœuf sauté au poivre et bœuf au curry Paneng.

Pendant que mon amie goûte le poulet, je goûte le bœuf au curry que je demande un peu relevé. Pas comme à la thaï car nos petits palais ne sont pas habitués mais tout de même bien pimenté. Je ne suis pas déçue, c’est relevé comme j’aime. Coupées très finement, les lamelles de bœuf sont délicieusement parfumées à la citronnelle. Je me régale !

En lisant les desserts, mon amie est interpellée par les marrons d’eau. Nous faisons confiance au chef et les commandons. Ce sont des petites châtaignes translucides qui poussent dans les rivières : c’est frais et très ludique à manger. J’en raffole mais la laisse découvrir pendant que je commande le riz gluant au lait de coco. Un vrai délice. Suave, légèrement tiède, la coco très présente. Voilà ce que j’apprécie dans la gastronomie thaï : on se régale de l’entrée au dessert.

Prik Thaï honore la tradition thaï et va faire du bien à cette avenue du Maine, trop boudée par les bons restaurants.

Prik Thaï. 160 avenue du Maine. 75014. 01-43-27-61-15. Métro Mouton-Duvernet.

L’ATELIER D’ANTAN


Après une grosse déception (un resto créole pour ne pas le citer), voilà un petit bistrot qui m’a réconciliée avec le quartier de Vavin.

L’Atelier d’Antan c’est avant tout une belle histoire d’amitié entre Pascal et Sophie. Voisins de restaurant, ils ont sympathisé il y a des années et ils ne se quittent plus, ni pour travailler, ni pour faire la fête.

Ils savent recevoir Pascal et Sophie, le sourire des clients en dit long. Pascal sort souvent de sa cuisine pour adresser un petit mot à chacun. Très pince-sans-rire cet homme ! Le genre de personne avec qui on s’entend tout de suite bien.

Les deux salles de ce joli bistrot sont chaleureuses et les tables bien espacées, surtout dans la salle du fond où il n’est pas rare d’entendre les clients pousser la chansonnette.

Pascal, fier de sa cuisine, me propose de me faire découvrir un éventail de ses talents. Récit en images :

Asperges al dente et terrine de poissons.

Gambas et coquilles saint-jacques sauce Champagne.

Poulet rôti délicieusement régressif et ratatouille maison.

Quand je sens le potentiel d’un restaurant, je choisis systématiquement un mets que je n’apprécie pas particulièrement. Les rognons ! Voilà quelque chose qui ne me ravit pas. Quelle surprise : fondants, goûteux, doux. Et servis avec une purée tout juste gratinée.

Ces rognons !!!! J’en mangerais au petit déj’ ! ;-)

Le dîner-dégustation était copieux, nous finissons donc par des glaces et une soupe de fraises. Un peu de fraîcheur avec une coupe de Champagne, c’est parfait.

J’ai tellement apprécié l’endroit et les tenanciers que j’y suis retournée très rapidement. L’accueil était toujours au top, c’est maintenant la bise quand je les vois et je compte y retourner très vite. Pascal retourne préparer des rognons ! L’Atelier d’Antan est le genre de petit bistrot que l’on a envie de mettre dans ses favoris.

L’Atelier d’Antan. 9 rue Léopold-Robert. 75014. Tél : 01 43 21 36 19. Métro Vavin. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Menus de 15 € à 34 €.

LES GRILLADES DE BUENOS AIRES


Amis carnivores bonjour ! Aujourd’hui on parle bidoche.

De la bonne, tendre, à la chair saignante. (je crois que j’ai perdu tous mes lecteurs végétariens).

"Quoi ?? Tu vas au resto 3 fois par semaine et tu ne connais pas les Griottes de Buenos Aires ?" (oui j’avais compris Griottes…) Voilà ce que cette personne s’est interloquée cet hiver. Et puis le temps a passé, dur dur de réunir mes amiEs carnivores et la semaine dernière, enfin, nous allions tester ce fameux restaurant de viande argentine-la-meilleure-de-Paris-il-paraît.

Pensez à appeler une semaine avant pour être sûr d’avoir une table. Au choix 2 services : 19h45 ou 21h45. J’avais lu ici et là que l’accueil était déplaisant, pas du tout, au contraire ! Ou alors c’est le charme naturel de quatre super nanas qui a fait son travail je ne saurai jamais.

Ouvert depuis 9 ans, le restaurant n’est pas très grand. Tango en fond sonore, affiches aux murs, jolies poutres qui séparent la salle en 2, et une toute petite terrasse.

Au choix : faux-filet, entrecôte, filet, côte de boeuf, travers de boeuf. Nous sommes surtout venues goûter la viande, nous délaissons les entrées (boudin, chorizo etc).

Je choisis le filet, ma pièce préférée. Le silence qui suit la première bouchée en dit long : la viande est savoureuse, la cuisson respectée, le couteau sert à peine. Et ce goût ! Nul besoin de rajouter de la sauce, les grillades de Buenos Aires sont savoureuses sans artifice. Frites ou salade pour accompagner votre viande, c’est au choix.

Un vin argentin accompagne notre repas. Demandez conseil au serveur ou partez sur un vin puissant.

La façade dénote un peu dans cette rue qui ne compte pas moins de 14 crêperies (je les ai comptées si si !). Sans réservation il vous faudra faire la queue dans la rue, alléchés par les doux effluves de viande sur le grill.

Les prix ? C’est plus cher que la moyenne : 29,50 € mon filet de boeuf. Mais tellement meilleur !

Les Grillades de Buenos-Aires. 54 rue du Montparnasse. 75014. Tél : 01 43 21 56 74.

CHATEAU KEFRAYA


Situé sur une jolie place du 14eme arrondissement, le Château Kefraya vous ouvre les portes de la gastronomie libanaise depuis plus de 10 ans maintenant.

Refaite à neuf, la salle du restaurant est chaleureuse et bien décorée. Mobilier en bois, tapis rouges qui font écho à des pans de murs rouges eux aussi, miroirs qui agrandissent le restaurant, tout cela est de très bon goût.

En terrasse (qui peut aux beaux jours accueillir plus de 20 convives) un bel olivier vous accueille. C’est qu’il se plaît sur cette place depuis des années !

"Château Kefraya" est le nom d’un vignoble libanais qui a commencé à produire son vin en 1979. La cave du château, dotée d’une technologie de pointe, permet aux raisins vendangés manuellement d’être instantanément égrappés, vinifiés et pressurés avec le plus grand soin. Vous aurez d’ailleurs l’occasion d’en déguster pour accompagner les mets savoureux proposés à la carte. Vins libanais de 19 € à 24 €. 

 La carte, parlons-en. Très claire, elle est agrémentée de jolies photos mettant les plats en valeur. Très didactique pour les novices en matière de gastronomie libanaise.

En guise d’apéritif nous buvons le célèbre arak, l’alcool anisé. Ca sent bon les vacances et le soleil. Sur la table : une assiette de piments marinés et de navets roses au vinaigre.

Et la valse des mezze peut commencer. Bientôt on ne distinguera même plus la nappe. Houmous, labné, (le fromage blanc), moutabal (caviar d’aubergine), taboulé, haricots verts, feuilles de vigne, purée de lentilles… Voilà pour les mezze froids. Notre préférence va tout de suite au caviar d’aubergines : crémeux et fumé. Un peu de pain pita tout chaud dans le houmous et nous enchaînons avec la purée de lentilles ferme, le labné au bon goût d’ail et de menthe, le taboulé fort en persil. Le caviar est décidément très bon, j’en reprends. C’est l’avantage des mezze. On se sert dans l’ordre que l’on veut. Un des mezze m’interpelle, je ne le connaissais pas. C’est un gratin de thon. Du thon mélangé à de l’huile de sésame avec des oignons, le tout passé au four. Nous n’en laissons pas une miette ! Un régal de saveurs bien crémeux.

Les mezze chauds arrivent : falafels, sambousseks, kebbe, fatayers. Tout est fait maison. Les falafels sont bien maîtrisés : croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur. Le goût du sésame et du pois chiche explose en bouche. Mon amie se régale avec les sambousseks qu’elle accompagne encore de caviar d’aubergine et de labné. Quand on vous dit que l’on fait selon ses goûts au restaurant libanais ! Hors d’oeuvre froids à l’unité : 6 €, hors d’oeuvre chauds : 7 €. 

Nous faisons un petite pause car le festival des plats ne fait que commencer. Nous goûtons maintenant le chawarma, soit la viande de boeuf cuite à la broche. Elle est fondante à souhait et doucement citronnée. Les grillades sont accompagnées de la fameuse crème d’ail. Le chef, libanais d’origine, maîtrise ses plats à merveille. 

 C’est enfin l’heure du dessert, mon amie se lèche les babines depuis le début du repas. En effet, les fameuses pâtisseries orientales sont exposées sur un grand plateau en osier près du bar et attendent d’être savourées. Pistaches, miel, dattes : tous les ingrédients sont là. Je goûte mon dessert préféré : le mouhalabieh, soit le flan aromatisé à la fleur d’oranger. "C’est bon pour le coeur" me dit le patron. Soit ! J’en reprends. Si c’est bon pour la santé alors ! Comptez 6 € pour les desserts.

 L’ensemble du repas nous a séduites, des mezze au dessert. Tout est soigné au Château Kefraya : le décor, l’assiette et le service. Et vous aurez bientôt la chance de pouvoir emporter les mets du chef et même de vous faire livrer, les soirs de flemme. Un peu de Liban à la maison, que demander de plus ?

Château Kefraya. 143 rue du Château. 75014. Tél : 01 43 35 04 04. Métro Gaîté. Ouvert tous les jours sauf dimanche. Formules à partir de 16 €.

LA GRANDE OURSE


Denis Croset, ancien chef étoilé, a ouvert ce joli petit bistrot fin 2009. C’est près d’une jolie place loin de l’agitation d’Alésia que vous pourrez découvrir sa carte alliant produits de saison et inventivité.
Le cadre du restaurant est joli et la décoration a été pensée avec beaucoup de goût. Notez le mariage des couleurs sur les murs : prune, aubergine, aneth : même les peintures sont gourmandes !
La carte est bien alléchante : foie gras frais maison cuit au torchon, saint-jacques crues et marinées, velouté de châtaignes au foie gras, tartare d’huîtres.
Alors que cette dernière suggestion me laisse de marbre, le chef se permet de me la conseiller et je ne suis pas déçue, c’est même une véritable découverte et je le remercie de m’y avoir encouragée. Les huîtres sont en faitcoupées et tiédies et mélangées à une crème de Beaufort, le tout reconstitué formant un joli cercle dans l’assiette.
Ca sent l’iode à plein nez, le beaufort apporte le liant à cette entrée. Mon amie se régale quant à elle du velouté légèrement mousseux et subtilement parfumé au foie gras et à la ciboulette.
Nous laissons de côté le filet mignon de porc et ses légumes confits ainsi que l’entrecôte sauce liée au foie gras pour s’intéresser à la Joue de bœuf braisée au vin rouge et aux Saint-jacques poêlées risotto aux champignons.
Ma joue de bœuf est présentée comme un parmentier à la différence près que la purée est faite à partir de panais. La viande est fondante, bien brune et très chaude, sous cette bonne purée maison.
En face de moi les nombreuses noix de Saint-jacques dansent la ronde autour du risotto crémeux et d’un coulis de potimarron. Les noix sont bien nacrées à cœur.
La belle carte des vins est harmonieuse et accompagne agréablement les mets du chef. Je garde un bon souvenir du Vaïhana la Bouscat du Gers 2007 aux notes d’Armagnac sur la fin, parfait avec mon tartare d’huîtres. Sinon bouteilles à partir de 24 €.
En dessert, ce sera Sabayon tiède d’ananas aux 4 épices et Craquant de poires caramel laitier.
Le chef, qui s’excuse presque de ne pas être pâtissier s’en sort admirablement. Mon sabayon est fin, bien parfumé et le craquant de poires est en fait une compotée de poires au caramel laitier dans laquelle sont plantées quelques tuiles craquantes. 

Un joli bistrot à la carte très bien étudiée. A découvrir sans plus tarder.

La Grande Ourse. 9 rue Georges Saché. 75014. Métro Alésia. Ouvert du mardi au samedi. Menus de 18 à 37 €.

LES CEDRES DU LIBAN


Les Cèdres du Liban c’est pas compliqué c’est mon resto libanais préféré. La salle est chaleureuse, on sentirait presque les rayons du soleil dites donc !

Véritable institution parisienne, le restaurant existe depuis maintenant 38 ans. Le papa en cuisine, la tata en salle. Le service est ultra rapide.

Mais ce que j’adore par-dessus tout ce sont les mezze :

Le caviar d'aubergine

Le labneh

Les fèves

Les falafels

Le taboulé

Le hommos...

... et son pain pita

Après on enchaîne sans problème sur quelques grillades et quelques pâtisseries bien sûr !

Les Cèdres du Liban. 5 avenue du Maine. 75014. Ouvert tous les jours. Métro Montparnasse. Mezze à partir de 18 €.

 

LE CIEL DE PARIS


Allez hop on prend de la hauteur et on monte au 56eme étage de la tour Montparnasse. Ca fait 10 ans que j’habite dans le quartier, 10 ans que j’avais envie de découvrir cette table, c’est chose faite.

Le décor est un peu vieillot, mais pas déplaisant. On se croirait projeté 30 ans en arrière. Et la vue est … "ouaaahh", comme a fait la petite fille à côté de moi.

Le menu déjeuner est à 35 €. Nous décidons de le goûter mais aussi de choisir des plats à la carte.

Sonia opte pour la chiffonnade de jambon cru sur lit de courgettes et d’avocats. Frais, savoureux. Le jambon est pré-découpé, ce qui permet de ne pas détruire tout de suite ce joli millefeuille.

Et moi je me fais plaisir avec le marbré foie gras/betteraves en croûte de pain d’épices. C’est magnifique non ? Le pain d’épices croustille légèrement, la betterave est ferme et le foie gras bien épicé. Jolie idée les pousses de soja colorées au jus de betteraves. Je pourrais m’arrêter là tant cette entrée est copieuse.

Une vraie oeuvre d’art gustative !

L’agneau en croûte de pavot avait piqué notre curiosité.

Une jolie boule de pain arrive. La surprise est à l’intérieur.

Le chef de salle vient lui-même trancher le pain en deux. La viande, qui a été cuite dedans, laisse échapper un doux fumet.

Servi sur une petite salade, ce plat original est proposé avec une onctueuse sauce (sauce de cuisson et champignons).

Mes noix de saint-jacques sont charnues et bien nacrées à coeur. Je me régale avec la tombée de poireaux presque al dente.

En dessert, je goûte un mont-blanc revisité par le chef.

La mousse est à la crème de marron, et il faut creuser à travers plusieurs épaisseurs pour découvrir la crème de marron, véritable trésor que je vais chercher à l’aide de ma cuillère.

Le fondant porte bien son nom. "Coulant" aurait convenu aussi.

Aucune fausse note au cours de ce déjeuner. Accueil souriant, personnel affable, rapide et délicat et cuisine haut-de-gamme. Je suis contente de pouvoir contredire les quelques critiques lues ici et là sur le Ciel de Paris. Le restaurant est le passage obligé de milliers de touristes, le chef représente avec élégance notre gastronomie.

Le Ciel de Paris. 56e étage de la tour Montparnasse. Leur site.

RESTAURANT ILE DE LA REUNION


C’est dans son tout nouveau restaurant que Christine vous accueille au début de la rue Daguerre côté avenue du Maine. Vous pénétrez dans une maison coloniale : murs blancs, bois, mobilier élégant et un mur végétal rappelle la nature verdoyante de l’île de la Réunion.

Nous nous installons juste à côté du bar. Dessus : des bouteilles de rhum arrangé attendent d’être ouvertes. 2 rhums arrangés s’il vous plaît ! Ils sont bons, sucrés comme il faut, pas trop fort en rhum.

La carte promet des assiettes riches en saveurs ! Cabri, rougail, bouchons, boudin, accras… Ca sonne doux à mon oreille.

gloups

assortiment d'entrées

Les entrées (autour de 6 €) sont nombreuses : boudin, crabe, samoussa, beignets de morue. Je connais déjà bien tout ça et préfère découvrir autre chose. Ce sera donc un gratin de christophines aux crevettes. Mon amie, qui connaît moins les produits créoles, opte pour l’assortiment : idéal pour les novices. Légume assez méconnu, la christophine ressemble à une grosse poire mais a le goût et la texture de la pomme de terre ou encore du fond d’artichaut. Mélangé à une petite béchamel et des crevettes, c’est une entrée légère et originale. En face de moi, l’assortiment a du succès : l’assiette est déjà vide ! Le boudin est dodu et pas trop pimenté, les beignets bien garnis, le tout reposant sur une salade.

gratin de christophines

Je commande ensuite le rougail saucisse et mon amie le cari de camaron (grosses gambas). Mon rougail est copieux, bien chaud et servi avec du riz. Que les palais fragiles se rassurent : le piment est proposé à part, c’est à vous de doser ! Le cari est composé de deux grosses gambas bien dorées. Nous apprécions l’effort de décoration dans l’assiette : de mini bouts de poivrons rouges et jaunes entourent les mets. Plats autour de 16 €.

Pour accompagner nos plats : un côtes du rhône 2009 : le Pas de la Beaume de chez Camille Cayran. 5 rouges, 3 rosés et 5 blancs se partagent la carte. Uniquement des références françaises de 17 € à 25 €.

rougail saucisse

cari de camaron

En dessert nous commandons le gâteau de patate douce (spécialité de la maison) et les fameuses bananes flambées. Comptez 6 € environ pour les desserts.  La banane, tranchée en 2 dans le sens de la longueur, flambe encore lorsqu’elle arrive à table. Le côté fort de l’alcool s’évapore pour ne laisser s’exprimer que le goût subtil du rhum sur le fruit. Mon gâteau de patate douce est une première pour moi. Il est joli : tout carré, bien doré. La patate douce est presque indécelable mais on sent bien que le gâteau est plus léger qu’une base de farine. A conseiller si vous avez encore un petit creux !

banane flambée

gâteau de patates douces

La farandole créole nous a beaucoup plu. Le service est discret et élégant, à l’image du lieu.

Ile de la Réunion. 96 rue Daguerre. 75014. Ouvert tous les jours sauf le dimanche. Métro Denfert-Rochereau ou Gaîté. Formules à 11,50 € et 19 €.


LE BISTROT D’ENFER


« Voilà un bon ptit bistrot », me suis-je dit en quittant l’endroit la première fois. Situé à l’angle des rues Boulard et Froidevaux, le Bistrot d’Enfer vous accueille à quelques mètres du Lion de Bartholdi et de la jolie rue Daguerre semi-piétonne.

Le restaurant maintenant : élégant, cosy, l’atmosphère qui s’en dégage est plaisante, encore plus le soir quand les lumières se tamisent et que les bougies sont allumées.

La formule du soir entrée plat ou plat dessert est à 25 €. Dans les entrées : foie gras de canard, cassolette de saint-jacques, velouté de potiron à l’ail et aux chanterelles, tarte fine façon tartiflette et salade folle (noix, asperges, figues, coppa). Je goûte le délicieux velouté bien crémeux au doux accent d’ail pendant que mon invité tente la cassolette. Bonne idée d’avoir associé les noix à des pommes et du jambon de pays.

Il fait un froid terrible ce soir là, le vent est glacial. Aussi quand je lis pot-au-feu, je me presse de le commander. La viande étant à l’honneur ce soir-là, mon invité opte pour l’entrecôte béarnaise 350g et son clafoutis aux champignons. Le pot-au-feu est divin : viande tendre, bel os à moëlle bien garni, légumes fondants. Je déguste tout cela avec un peu de moutarde d’office mise sur la table. L’entrecôte est énorme, impossible à finir. Et pourtant si : Il y arrive. Le petit clafoutis de champignons est comme une crème.

En dessert ? Pain perdu et tourment d’amour pour moi, un dessert antillais. Le pain perdu est bien saisi : croustillant autour, moëlleux à cœur et garni de petits raisins. Le tourment d’amour est tout rond : noix de coco et génoise forment les étages.

Une belle adresse tant le midi pour sa cuisine bistrot que le soir pour une carte encore plus travaillée.

Le Bistrot d’Enfer. 2 rue Boulard. 75014. Tél :01 43 22 79 62. Métro Denfert-Rochereau. Formules midi 16 € et 18 €, formules soir 25 € et 30 €.