Archives de la Catégorie Dans le 8eme

L’INSTANT D’OR

C’est dans l’ancien restaurant de Flora Mikula que Frédéric Duca a posé ses bagages dans un tout nouveau décor 100% blanc et zen avec un soupçon de manga.

On retrouve en cuisine ce jeune chef de 34 ans, qui a fait ses classes chez Passédat, Taillevent et Hélène Darroze avant de prendre son envol. Il s’est entouré d’une équipe de choc, raffinée, professionnelle, et travaille aux côtés du grand sommelier Marco Martinetti.

Tous les ingrédients de départ sont là : l’emplacement, la déco, l’accueil, l’équipe. La cuisine se démarque par son intelligence et la beauté de ses présentations. Les produits sont d’une très grande qualité et le chef n’hésite pas à flirter avec le haut de gamme en proposant truffe, homard et bar de ligne à sa clientèle.

Le saumon est présenté en tataki parfait, sa fermeté contraste avec une mousseline de chou-fleur exquise alors que le sorbet concombre vient rafraîchir le palais. Les asperges vertes, mi-veloutées, mi-rôties s’accompagnent de cuisses de grenouille au jus de boeuf. Le spectacle continue dans l’assiette avec de grosses ravioles d’artichaut qui semblent tenir debout comme par magie. La pomme de ris de veau est rôtie et fondante à l’intérieur, elle est discètement parfumée à la sauge ananas. L’association purée aux morilles sauce vin jaune fonctionne évidemment très bien.

La chef pâtissière d’origine japonaise dévoile en dessert une crème prise au citron très acide neutralisée en bouche par un sorbet au céléri plutôt osé.

C’est un instant en or que l’on passe dans la dernière perle gastronomique parisienne. Le chef réalise un sans faute du début à la fin du repas.

L’Instant d’Or. 36 avenue Georges-V. 75008. Tél :  01 47 23 46 78. Métro Georges-V. Fermé dimanche et lundi. Menus déjeuner 36 € et 42 €, menus découverte en 4 services 68 €, en 6 services 98 €.

LE 39V

“Dernier salon avant les nuages” disait Emmanuel Rubin dans le Figaroscope. Je crois qu’on ne pourrait pas mieux décrire l’emplacement et le décor du 39V, le restaurant du chef étoilé Frédéric Vardon.

Le lieu est unique, au dernier étage d’un immeuble donnant sur l’avenue Georges V. Il semble presque en apesanteur.

Le restaurant s’articule tout autour de ce jardin suspendu, loin de l’agitation de la ville en contrebas. L’accueil, une première salle, puis la salle principale. On continue de tourner et on tombe sur une table d’hôtes donnant sur l’effervescence des cuisines devant lesquelles on peut passer pour rejoindre l’accueil, du jamais vu !

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Frédéric Vardon, ancien second d’Alain Chapel à Mionnay, cherche la vérité du produit, qu’il dévoile dans une cuisine raffinée à la technique parfaite.

En entrée je découvre un gros oeuf mollet dans son émulsion, morilles et royale de morilles au fond de l’assiette. Quand la cuillère disparaît dans cette assiette creuse, on ne sait pas ce qu’elle va piocher. Va-t-elle casser l’oeuf et le laisser exprimer son jaune ? Va-t-elle pêcher une morille ou recueillir un peu de la royale échouée au fond ? C’est une surprise à chaque bouchée et les saveurs sont exquises. Rien que pour les morilles j’adore le printemps (et pour les asperges aussi).

La lotte en face de moi repose dans une nage jaune, presque fluo. Elle est parfaite car tendre et pas trop salée.

Les filets de sole sont agréablement accompagnés : garniture à la florentine, pignons de pain torréfiés et champignons tournés (vieille technique culinaire, vestige de la cuisine classique, démo ici).

Et alors le dessert… Moi qui ne suis définitivement pas un bec sucré, c’est ce que j’ai préféré de mon déjeuner ! Le soufflé aux poires semble copieux mais chaque bouchée s’évanouit comme par magie pour ne laisser qu’un subtil goût de poire sur le palais. Je jalouse tout de même A. qui partage ma table et qui se régale d’un caramel au beurre salé maison entourant une crème à la vanille. Ce caramel est si dense, si parfait dans l’alliance sucrée/salée qu’on en recommande discrètement un deuxième petit pot, que l’on finira à la cuillère, puis au doigt :-D .

Et pour clore ce merveilleux déjeuner, un petit café sur la terrasse intérieure, au soleil. La sensation d’être caché du reste du monde a un délicieux goût de privilège.

Rendez-vous demain pour l’interview gourmande du chef Frédéric Vardon.

Le 39V. 39 avenue Georges V. 75008. 01 56 62 39 05. Métro Georges V. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici. Formules déjeuner 39,50 € et 49,50 €. Menu dégustation 85 €.

M64, HÔTEL INTERCONTINENTAL

Lors de notre merveilleux et ensoleillé mois de mars, je suis allée tester le M64, restaurant de l’hôtel intercontinental avenue Marceau. Le soleil était encore un peu timide, je me suis donc installée à l’intérieur mais je retournerai tester ce joli patio aux beaux jours.

Le cadre du restaurant est très élégant : de gros fauteuils club en cuir entourent les tables, la moquette pourpre apporte de la chaleur et les cadres noir et blanc figurant des jazzmen donnent le ton : de nombreux concerts sont organisés ici. Au M64 on aime choyer les clientes et leurs précieux sacs à main. Pour preuve ces petits “coussins à sacs” aux pied des tables.

Je suis venue tester ce midi-là le “menu Patio”, un menu inspiré, chaque jour, des saveurs du marché. Mon oeuf mollet est parfait, son jaune s’évanouit dans l’émulsion au lard. La salade de crabe, avocats, sucrine se voit agrémentée de cazette (le meilleur de la noisette pour faire simple) ce qui me surprend car il est rare d’en voir dans les assiettes. Enfin, l’entrée de petits légumes juste poêlés est agréable avec cette mousse de chèvre.

Ci-dessus la lotte (ni trop ferme, ni trop salée) est présentée dans une nage vert anis presque fluo. Ma bavette d’aloyau est parfaitement saisie, le coeur est saignant. Le caviar d’aubergines est doux mais je suis déçue par la cuisson des topinambours servis trop crus. Un al dente non maîtrisé ? Dommage car leur bon goût fumé est une réussite.

Romain Marzet revisite le macaron en dessert et le prive de son chapeau. La framboise et l’amande se mêlent à merveille.

Ce qui me convainc le plus est cette petite tarte au citron. L’appareil bien acide est emprisonné dans une pâte sablée très ferme qui s’effrite à peine. Et la meringue vient juste apporter le sucré nécessaire.

Exemple de menu proposé par le chef : foie gras aux épices à la rose, caramel au vinaigre de riz puis saint-jacques aux lentilles vertes du Puy et enfin feuilleté framboises en dessert. Menu Patio à 41 € et 49 €.

M64. 64 avenue Marceau. 75008. Tél : 01 44 43 36 50. Métro : Charles-de-Gaulle. Ouvert tous les jours. Menus 41 € et 49 €. Leur site.

LA CARTE PRIMAVERA DE NOLITA

Nolita, j’en ai déjà fait un long billet ici.

Je suis retournée cette semaine goûter la nouvelle carte de printemps du chef italien Vittorio Beltramelli. Son ambition pour le restaurant Nolita ? “Que les Parisiens découvrent ce qu’est la vraie cuisine italienne, à la fois authentique et accessible. Elle revient aux sources et fait la part belle aux produits. Elle s’inspire directement des recettes de différentes régions d’Italie”.

Stracciatella di bufala, tomates de Sicile, poulpe, vitello tonato, risotto aux asperges, bar de ligne rôti à l’origan, lard de Colonnata, tagliatelles piémontaises accompagnées de homard breton.

En dessert : pannacotta au basilic, duo de mousse de marrons du Piémont et ananas Victoria, tartelette chocolat blanc et framboises, guimauve au citron, voici quelques-uns des nombreux mets qui accompagneront peut-être votre printemps chez Nolita.

NoLiTa. 2, rond-Point des Champs-Elysées. 75008. Tél : 01 53 75 78 78. Ouvert tous les jours. Formule dégustation 79 €. Site.

BAROCHE : TAPAS À TOUTE HEURE

David Baroche a quitté le Marché Saint-Honoré pour venir s’installer dans le 8eme, à l’angle des rues de Ponthieu et La Boétie. L’établissement est multi-casquettes : bar, restaurant, épicerie, salon de thé et même librairie avec de jolis livres de cuisine en vente.

L’escalier est magnifique, on s’attend presque à voir Coco Chanel descendre les marches. :-)

Plusieurs habitués s’installent au bar pour grignoter des tapas, je préfère le coin lecture et ses banquettes confortables. Velouté de cèpes à l’huile de truffe, salade de lentilles tièdes et saucisson à l’ail : deux entrées bien maîtrisées. Le saucisson est divin, et pour cause, David Baroche est un ancien artisan charcutier.

Le plat me séduit moins : des noix de saint-jacques entourées de fines tranches de lard. Même si les lentilles sont bonnes, les noix sont gâchées par le lard et du coup, trop salées. J’aurais dû prendre le burger au foie gras poêlé, la prochaine fois !

Mais je persiste car je sens le potentiel du lieu. Chez Baroche, au moment du dessert, il faut se déplacer. J’aime ce moment, ça me rappelle toujours le regard que les gourmands jettent vers le chariot de pâtisseries dans les salons de thé des palaces.

Crumble, tiramisu, tarte au citron ou au chocolat, macarons. J’opte pour le café gourmand avec de jolies verrines de riz au lait crémeux, d’une fine mousse au chocolat et un morceau de brownie fort en cacao amer.

Une bonne adresse pour déjeuner rapidement dans le 8eme. Comptez 9 € pour un “casse croûte”, 20 € pour un plat.

Baroche. 101 rue La Boëtie. 75008. Tél : 01 43 59 69 57. Métro : Miromesnil. Ouvert tous les jours.

NoLita

“Restaurant hybride”, “petite cantoche italienne”, j’avais entendu de tout sur NoLita (le nom fait référence au quartier de NY, NOrth of LIttle Italy, près de Chinatown). C’est un vrai restaurant gastronomique italien que j’ai découvert en ce soir de décembre. Perché au dernier étage du Motorvillage, le restaurant jouit d’un décor surprenant : un joli tapis gris chiné, du black and white sur les murs, une Maserati qui se languit de vrombir au milieu de la rotonde…

Une douce musique jazzy et de très jolies serveuses (loin des pimbêches costiennes) vous accueillent. Les tables sont bien espacées les unes des autres, le lieu est propice aux rendez-vous amoureux.

Le chef italien Vittorio Beltramelli officie en cuisine. J’ai eu la chance de goûter sa carte d’hiver, aux doux accents de truffe blanche. La vraie, l’unique, celle d’Alba.

En guise d’amuse-bouche, nous découvrons une noix de saint-jacques tout juste snackée, accompagnée d’une burrata coulante et d’un caviar de persil, truffe noire et oignons de Calabre. Les nobles produits sont travaillés avec goût. Cet amuse-bouche est un ravissement pour les yeux et pour les papilles : cuisson nacrée de la noix, croquant de la truffe cachée à l’intérieur et perfection du caviar servi très froid. Je suis rassurée et pressens que mon dîner s’annonce succulent.

Un Chardonnay de Toscane accompagne mon vittello tonnato (de fines tranches de veau rôti), très fondant, servi avec de petites pousses de fenouil, très croquantes. La sauce au thon est audacieuse mais se marie bien avec la viande. Les câpres viennent juste décorer le plat, pas besoin d’autre artifice.

Le menu dégustation se poursuit avec des tagliatelles de calamars. On jurerait des pâtes, c’est à s’y méprendre. Pas de calamar caoutchouteux ici, les fines lamelles fondent en bouche. La sauce aux pois chiche est comme une crème, parfumée au citron et aux pistaches de Sicile.

Enfin le voilà (3 jours que j’en rêvais), le risotto minute à la truffe blanche d’Alba, finement râpée dessus. Il est divin, l’amidon libéré des grains a formé une belle crème. Je regrette toutefois cette petite touche verte qui n’apporte rien, un risotto aussi parfait n’a pas besoin de fioriture.

Pendant que mon invité d’honneur découvre un bar et ses coquillages en papillotte, on me sert la fameuse recette sarde : un cochon cuit pendant 17 heures. La peau est juste craquante, la viande caramélisée aux épices. La cocotte de légumes oubliés superflue tant chaque bouchée de ce tendre cochon me ravit. 17 heures de cuisson, il en est presque confit. J’ai dégusté ma viande avec un vin rouge du Piémont qui a eu l’intelligence de mettre en valeur les nombreuses épices de la sauce.

Les desserts, très graphiques, arrivent. Cube de chocolat noir en face de moi, pannacotta à la truffe blanche pour moi.

Je laisse de côté la boule de glace et son auréole chocolatée pour découvrir ce mariage audacieux. Je n’avais encore jamais goûté de truffe en dessert. Le chef a eu la main légère et c’est tant mieux, la pannacotta est subtilement parfumée, le dosage parfait en somme.

Les nostalgiques de l’enfance (je pense surtout à vous messieurs) prendront plaisir à se promener dans le Motorvillage une fois le dîner achevé. L’architecture du lieu (oeuvre de Jean-Michel Wilmotte) ressemble aux garages à plusieurs étages sur lesquels les petits garçons font dégringoler leur voiture.

Non NoLita n’est pas une simple cantine hors de prix, c’est un vrai restaurant gastronomique italien. L’Italie est admirablement mise en scène dans l’assiette et le service, discret et efficace, est à la hauteur des mets servis.

NoLiTa. 2, rond-Point des Champs-Elysées. 75008. Tél : 01 53 75 78 78. Ouvert tous les jours. Formule dégustation 79 €. Site.

OTH SOMBATH : EN ROUTE VERS UNE ÉTOILE ?

Le Oth Sombath, restaurant thaïlandais gastronomique rue du Faubourg Saint-Honoré, j’en avais déjà longuement parlé ici, à l’ouverture.

Un an après, j’y suis retournée. L’enchantement est toujours là. Et cette fois j’ai eu la chance de rencontrer Oth Sombath himself ! Récit en images :

En guise de mise en bouche, nous avons découvert une salade de riz au poulet, parfumée au melon et à la citronnelle. Agréable et frais même si l’alliance riz-melon n’a pas plu à tous les convives.

Champagne dégusté : Pierre Paillard

Première entrée : Hoy Shell, soit des saint-jacques rôties, sauce coriandre. Deux belles noix étaient emprisonnées dans un gros ravioli. La gelée de tomates qui les accompagnait était un peu relevée et le chou rouge en émincé divin à tremper dans la sauce coriandre.

Deuxième entrée : Pet Tom Ka : un velouté au lait de coco et magret de canard. Le chef cuisine évidemment beaucoup au lait de coco. Son petit secret pour obtenir une soupe aussi veloutée ? Utiliser deux laits de coco différents. Cette délicieuse entrée bien relevée m’a beaucoup plu, à un détail près : dur dur de découper le magret dans une assiette creuse.

Vin dégusté : Bandol, Château de Pibarnon rosé 2010

Premier plat : Pla Yang : daurade royale aux aromates thaïs. J’avais déjà admiré la précision du chef dans les cuissons. Ici, le poisson a été grillé dans une feuille de bananier. Imaginez une peau bien saisie et une chair tendre à souhait qui s’effrite par une simple pression de la fourchette.

Deuxième plat : Neua Luk Wa : filet de veau parfumé à la banane et au cumin. Plat réalisé à partir de 2 currys différents. Un veau cuit encore une fois à la perfection. Point besoin de couteau !

Vin dégusté : Bandol “La Migoua”, Domaine Templier 2008

Assortiment de desserts : des petits nems de banane et leur sauce au vin rouge et au gingembre se partageaient l’assiette avec le fameux taco thaï = une crème de coco reposant sur des petits bouts de châtaigne d’eau (fade à la texture de la pomme) et surmontée d’une petite gelée réalisée à partir de la feuille tenant le tout.

Vin dégusté : vin de table “Plénitude” Domaine Mas Amiel

Le chef : Oth Sombath

Les prix des menus défient toute concurrence : menus déjeuner à 28 € pour entrée-plat et à 35 € pour entrée, plat et dessert. Menu du soir à 40 €. A la carte compter de 50 € à 70 €. Menu dégustation à 70 € servi à l’ensemble de la table.

J’ai une fois de plus passé un délicieux moment au Oth Sombath. La cuisine thaïlandaise souffre d’une grande vulgarisation dans Paris, le chef Sombath lui redonne ses lettres de noblesse.

Oth Sombath. 184 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 75008. Ouvert du lundi au samedi. Tél : 01 42 56 55 55. Métro : Saint-Philippe-du-Roule. Site : www.othsombath.com

Merci à toi Fabien pour l’organisation de ce dîner.

OTH SOMBATH : LE RESTO GASTRONOMIQUE THAI

Bienvenue au Oth Sombath (du nom du chef talentueux), nouveau restaurant chic et élégant dédié à la grande gastronomie thaï.

C’est à un voyage initiatique et une invitation à découvrir l’art de vivre thaï que les 3 étages du restaurant vous convient. Le design est signé Patrick Jouin : c’est épuré et chaleureux. Dès que l’on pénètre au Oth Sombath on sait que l’on va passer un moment précieux.

J’ai eu la grande chance de goûter le menu dégustation. Après une coupe de Champagne, une petite mise en bouche arrive : tartare de saumon délicieusement parfumé à la coriandre, à l’ail et au sésame.

Première entrée : pancake champignons/coriandre accompagné d’une sauce à la mangue et d’un duo thon/crevette, cette dernière semblant faire l’équilibre contre la tuile de parmesan.

Le sommelier nous proposera pendant tout le repas des accords mets/vins surprenants. Sa cave est riche. C’est qu’il en faut des vins puissants pour accompagner les plats thaï aux 1000 saveurs !

Vin goûté avec cette première entrée : un Pouilly fumé 2009, jaune explosif à la grande minéralité.

Deuxième entrée dont je me souviens encore avec émotion : velouté de champignons à l’orange et à la citronnelle. Les touts petits bouts de champignons semblent nager entre deux eaux : le bouillon et une mousse qui se transforme en crème dans la bouche. La citronnelle repose en pulpe au fond de la verrine et vient piquer le palais. Les amateurs de plats relevés seront ravis.

Vin goûté : vin italien, Anthologia, région de Naples.

Notre daurade finit de cuire dans la feuille de bananier, une belle vapeur s’en échappe dès qu’on ouvre la feuille toute chaude. Le poisson, cuit à la perfection, est proposé avec des nouilles sautées : fondantes à souhait et certainement pas grasses !

Vin goûté (et c’était osé !) : un rosé de Provence Pétale de Rose 2009.

Deuxième plat : boeuf aux 2 curry vert et jaune, accompagné d’un ananas moelleux et juste saisi ainsi que d’un riz subtilement parfumé au jasmin.

Vin goûté : un Patrimonio (Corse) 2007

Le dessert ! Que de découvertes pour moi. C’est vraiment agréable d’être encore surprise et de goûter des aliments jusque là inconnus. Des petits nems de banane et leur sauce au vin rouge et au gingembre se partageaient l’assiette avec le fameux taco thaï = une crème de coco reposant sur des petits bouts de châtaigne d’eau (fade à la texture de la pomme) et surmontée d’une petite gelée réalisée à partir de la feuille tenant le tout. Quel génie en cuisine !

On finit sur une explosion en bouche avec un vin ukrainien muté avec de l’alcool. Sa vinification très longue (entre 2 à 5 ans) s’est déroulée près de la mer Noire. Les amateurs de Maury y trouveront une ressemblance. Le sommelier semblait ravi de m’avoir trompée ! ;-)

Quelques mignardises : fondant à la citronnelle et à la banane et flan parfumé au jasmin. Cuisine admirablement réalisée jusqu’au bout du repas !

Oth Sombath. 184 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 75008. Ouvert du lundi au samedi. Tél : 01 42 56 55 55. Métro : Saint-Philippe-du-Roule. Site : www.othsombath.com

 

UN THE CHEZ LADUREE

Parce que parfois des photos suffisent !

Ladurée : 16 rue Royale (8e), 75 avenue des Champs-Elysées (8e), 21 rue Bonaparte (6e). Pâtisseries de 6 € à 8 €.

LA VILLA SPICY

C’est la rentrée… Il fait un peu plus frais. Heureusement il y a encore un endroit dans Paris qui sent bon l’été : la Villa Spicy.

Vous pénétrez dans une bastide méditerranéenne aux murs talochés ocre, au balustrades et volets bleus. Colonnes, pilastres, c’est sûr vous êtes dans le sud, il ne manque plus que le bruit des cigales. Kss Kss Kss. Ah ! elles sont là !

Il y a quelque temps, le chef, Pascal Jounault, a eu l’idée d’inventer un menu détox afin d’oublier les excès de l’été et de préparer la rentrée en forme. Au programme : du bon, du bio, du “qui fait du bien au moral”.

En entrée : léger carpaccio de tomates et burrata bien crémeuse.

Le lait de la burrata se répand doucement sur les tomates. C’est relevé au balsamique et basilic. Simple c’est sûr mais savoureux et très bien présenté.

Le plat : saumon juste saisi a la plancha (aucun ajout de matière grasse donc) et jeunes pousses d’épinard servies dans un joli cornet en feuille de bananier.

En dessert un délicieux croquant au chocolat de Madagascar (issu du commerce équitable) accompagné de quelques tranches de kiwi gorgées de vitamine C et d’une douce glace au cactus.

Pascal Jounault est aidé d’un jeune chef pâtissier, on sent la bonne ambiance en cuisine (j’ai eu la chance de les visiter).

Détox” est à priori un mot qui ne me fait pas beaucoup rêver mais quand c’est savoureux comme à la Villa Spicy je dis oui ! Merci aux magazines féminins qui ont inspiré le chef (il les pique à sa femme) ;-) . Menu détox : 36 €. 77 € avec un massage à l’espace Weleda juste à côté.

La Villa Spicy. 8 avenue Franklin-Roosevelt. 75008. Ouvert tous les jours. Métro : Franklin-Roosevelt.

LA PIZZA DU BISTROT NAPOLITAIN : LA MEILLEURE DE PARIS ?

C’est pas faute d’en tester ! Mais là on se rapproche. Pas mal du tout le Bistrot Napolitain. Mais… Oui il y a un “mais”…

Certains affirment que c’est là qu’on y déguste les meilleures pizzas. Je suis d’accord. Pour l’instant. Mais je suis sûre qu’on peut trouver encore meilleur !

Pizzas goûtées : la Normanda et la 4 fromages. Elles sont copieuses, riches en ingrédients. La pâte est épaisse, gonflée et craquante sur les bords, fine au milieu et elle a ce délicieux goût dû à la cuisson au feu de bois. La vraie pizza napolitaine quoi ! Mais (le voilà le “mais”), la pâte est étouffe-chrétien.

Et sinon ?

L’accueil = eh bien contrairement à toute attente : a-do-rable ! J’avais lu ici et là que les serveurs étaient détestables. Alors : ou ils se sont faits remonter les bretelles ou nous sommes tombés sur un bon jour : attentifs, souriants, drôles même !

Le décor = déprimant. Tout blanc, des colonnes, de faux drapés, un peu tristounet tout ça…

La clientèle = SOS ! Ce midi-là c’était digne du Costes : de la lunette de soleil et de la star de télé-réalité.

L’addition = salée ! Les pizzas montent jusqu’à 20 € !

L’ambiance = sympathique mais bruyante, je criais presque pour me faire entendre. Naples quoi !

J’y retournerai certainement car je me suis régalée mais je persévère, je n’ai pas dit mon dernier mot, je suis sûre qu’il y a encore mieux ! Il Campionissimo ? Amici Miei ? Pepone Café ?

- A lire : les avis d’Aude et de Chrisos sur le Bistrot Napolitain-

Le Bistrot Napolitain. 18 avenue Franklin-Roosevelt. 75008. Tél : 01 45 62 08 37.

L’ATELIER DE CUISINE DE GUY MARTIN

C’est bien beau de se mettre constamment les pieds sous la table, là on m’a demandé de passer derrière les fourneaux. Mais pas n’importe lesquels : ceux de Guy Martin, le chef étoilé du Grand Véfour.

Vendredi dernier, rendez-vous midi pile, 35 rue de Miromesnil. J’y suis. Une équipe très sympathique m’accueille.

Nous sommes quelques blogueurs à être invités. Chacun se lave les mains, met son tablier dans une ambiance bon enfant. Les deux chefs se présentent et nous annoncent le menu que nous allons réaliser : entrée – plat – dessert. Carpaccio de tomates confites, dorade en croûte de chorizo et soufflé au chocolat. Tout ça en 1h30 de préparation ! Les regards sont inquiets, les mains sont moites.

L’atelier

Un équipement de pro

Notre matériel nous attend

1ere étape : préparation de l’entrée : carpaccio de tomates confites, granité basilic et roquette au lard grillé

Les tomates à la sortie du four

Nous épluchons les tomates (vertes, rouges et jaunes). Nous les déposons sur une plaque au préalable recouverte de romarin, thym, ail et laurier. Un peu d’huile, de sel et de sucre et hop au four 1h30.

2eme étape : préparation du plat : dorade en croûte de chorizo, risotto courgette citron au sel, jus de piquillos

Desarêtage du poisson

Découpage de la croûte de chorizo

Préparation du risotto

Je sais maintenant réaliser un risotto crémeux sans crème ! Il suffit de provoquer un choc thermique pendant la cuisson et avant le bouillon pour ainsi libérer l’amidon contenu dans les grains de riz = soit verser du vin blanc froid sur le riz chaud, précédemment revenu dans les oignons.

Une brochette de blogueurs attentifs

3eme étape : préparation du dessert : soufflé au chocolat “Atelier Guy Martin”

Des oeufs en neige très fermes

Le coup de main du chef

Finalisation des soufflés

Pour que votre soufflé monte bien droit, il y a une astuce : créer tout autour une fine rigole à l’aide du doigt ou d’un papier absorbant afin que la préparation n’adhère pas au bord du ramequin. Fallait y penser !

Le gourmand de la classe

“Mais qu’il est maladroit !” me suis-je dit en regardant Fabien remplir son ramequin. Il en avait en effet autant sur les doigts que dedans. Malin le bougre ! Lui au moins a pu goûter la préparation du chef ! Tout ça était calculé…

4eme étape : le dressage des assiettes

Nos deux jeunes chefs ont voulu s’amuser un peu et nous ont donc demandé de laisser libre cours à notre créativité pour le dressage de l’entrée. L’enjeu était de taille : le premier se verrait décerner une toque Guy Martin ! Je m’attèle à la tache. Nous avons des tomates de trois couleurs, je décide de faire des minis-millefeuille. Un peu de roquette au milieu de tout ça, la tuile de lard et le granité de basilic au sommet de chaque millefeuille.

Mon assiette

Et bien croyez-le ou non mais j’ai eu le 2eme prix ! Oui oui je suis la Poulidor de l’Atelier de Guy Martin. Bravo à Chrisos et Mr Lung, les deux autres finalistes.

Mr Lung : 3eme prix

1er prix : bravo Christophe !

Etape finale : dégustation !

Notre table dans la cour intérieure

Ahhhhhh enfin nous passons à table ! Une jolie table est dressée, un apéritif nous est servi. Notre entrée est fraîche. C’est très sympa de déguster ensemble ce que nous venons de cuisiner et de dresser.

Dorade en croûte de chorizo

L’émulsion de piquillos servie avec est un régal. La mousse est due au lait de soja. J’aurais toutefois aimé un risotto plus relevé. Cependant il est bon, bien crémeux, au bon goût de citron.

Notre dessert

Le soufflé est parfaitement… soufflé ! Le chocolat Valrhona utilisé a un goût délicieux.

Mon verdict ? J’ai passé un moment très agréable. Les deux chefs sont pédagogues et drôles, on apprend en s’amusant. Et quel bonheur de déguster nos propres “créations” dans cette jolie cour. Je recommencerai avec plaisir. Je pense pouvoir maintenant intégrer les cuisines du Grand Véfour. Quoi non ? Ah bon…

 Merci à Fabien Nègre et à l’équipe de l’Atelier pour l’invitation et l’organisation au top !

Atelier de Guy Martin. 35 rue Miromesnil. 75008. Tél : 01 42 66 33 33. Site : http://www.atelierguymartin.com. Prestations de 50 € à 300 € selon les cours.

LE MOOD, SUR LES CHAMPS-ELYSEES

Depuis le mois de septembre 2008, le Mood a changé de visage : nouvelle direction, nouveau décor, et nouveau chef : Stéphane Ewangelista. Situé sur la plus belle avenue du monde, le restaurant-club vous accueille sur 3 niveaux aux décors différents. 
Décor élégant au premier étage où l’on se retrouve plongé dans l’atmosphère du film « In the Mood for love » : tons taupe, suspensions japonaises, panneaux asiatiques entre chaque fenêtre. Longues banquettes qui courent le long des murs, c’est épuré et chic.

L’atmosphère a été voulue zen, on s’y sent en effet en harmonie. 2 étages en dessous c’est le lounge club aux couleurs acidulées : turquoise, mauve, orange, le décor revêt une touche pop et les nombreux luminaires tamisent la pièce.

Le chef prépare une cuisine traditionnelle haut de gamme, qu’il relève avec des épices du monde entier. Quelques plats fusion food se mélangent ainsi aux plats plus classiques, toujours dans une volonté de perfection et d’inventivité.
L’équipe qui nous accueille ce soir-là est aux petits soins, les serveuses sont toutes plus gentilles et affables les unes que les autres, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps dans ce fameux triangle d’or !

Je commande en entrée le millefeuille de chair de crabe et laitue iceberg, sur les conseils du chef de salle. Les feuilles de salades très croquantes séparent les miettes de crabe, le tout en forme de cercle dans l’assiette. Le chef est aussi un artiste : une jolie clé de sol est dessinée à gauche de l’assiette au vinaigre balsamique.

Béné (toujours dans les bons plans celle-ci ! ;-) ) opte, elle, pour le classique tomate mozzarella, à la présentation complètement revisitée. Une tomate coupée en 2 à droite de l’assiette, une boule de mozzarella (la vraie : di bufala !) à gauche, les 2 reliées par un toast de tapenade noire qui semble faire le pont. C’est évidemment très bien assaisonné, nous nous régalons et attendons avec impatience la suite qui arrive sans trop tarder.

La suite c’est ici mes ptits lapins.

MOOD. 114 avenue des Champs-Elysées. 75008. Métro Georges-V. Ouvert tous les jours.

SISTERS

C’est après quelques temps passés à New York que Victoria revient à Paris avec une idée : faire découvrir les bagels aux Parisiens. Elle en parle à sa sœur, Flavie, et voilà comment « Sisters » naît, en octobre 2007.
L’idée est excellente puisque très peu de restaurants le proposent à l’époque. Flavie propose d’offrir en plus aux clients un salad bar bien frais, quelques boissons et des desserts maison, de quoi ravir la clientèle du quartier de Madeleine.

Le décor est tout vert et blanc, avec plusieurs citations aux murs qui ne manquent pas d’humour.

Celle de Joe Lewis m’a particulièrement plu : « Je me suis mis au régime : en 14 jours j’ai perdu 2 semaines ».

Deux grandes tables hautes vous attendent, entourées de tabourets de bar. De l’eau et des condiments sont disposés sur toutes les tables, à votre disposition. Possibilité aussi de déjeuner face à la rue, sur une petite tablette collée à la vitre. Quelques tables vous attendent en terrasse aux beaux jours.

Chacun choisit son menu devant le salad bar, guidé par Flavie et son collègue, puis vous passez à la caisse au bout du bar. Sur place ou à emporter, c’est vous qui choisissez.

Au menu : plein de bonnes choses :

-Pour composer votre salade, vous choisissez parmi ces ingrédients : concombre, haricots verts, olives, champignons, maïs, avocats, œufs, thon, carottes, tomates, artichauts, pâtes, feuilles de vigne et fèves
-Même l’assaisonnement est pensé : vinaigrette, citron, moutarde au miel, crème légère et ciboulette, vinaigrette miel gingembre
-L’hiver, Flavie vous concocte des soupes, des risottos et des pâtes chaudes.
-Des bagels évidemment : jambon, moutarde, cheddar ou cream cheese dinde cheddar ou encore cream cheese saumon
-Des focaccias (fougasse italienne) et des piadina (galette italienne)

La suite c’est par ici !

Sisters. 12 rue Pasquier. 75008. Métro Madeleine. Ouvert du lundi au vendredi.

MON DEJEUNER DANS LA CRYPTE DE LA MADELEINE

Oui oui dans la crypte ! “Le Foyer” est un restaurant associatif tenu par des petites mamies bénévoles.

Le prix du déjeuner (7,50 €) permet de financer des repas gratuits aux deshérités. Noble initiative !

Le déjeuner est ouvert à tous. En plus du prix du repas, les Parisiens doivent prendre une carte annuelle (3,50 €), 7 € pour les non-Parisiens.

3 salles voûtées de 60 mètres de long vous accueillent. Le menu est affiché :

Les tables sont dressées, d’ailleurs les hors-d’oeuvre vous attendent. Si vous n’aimez pas, vous les changez avec votre voisin !

En entrée : radis, céleri rémoulade ou avocat vinaigrette. C’est de la cuisine de collectivité, simple.

En plat, je choisis un gratin de pâtes à la tomate avec sa jardinière de légumes. Le service est ultra-rapide, c’est qu’elles sont dynamiques ces mamies ;-) !

Un ptit bout de fromage (le camembert est délicieux !) pour finir et hop, voilà un déjeuner pris en 25 minutes.

Mon verdict ?

- J’aime : le lieu, beau et insolite. Les mamies adorables et la rapidité. L’entrée et le plateau de fromages.

- J’aime moins : les plats qui me rappellent la cantine de mon enfance, ou pire les plateaux-repas à l’hôpital.

Une belle découverte en tout cas. On prolonge ce moment en visitant les toilettes publiques art-déco juste à côté, ou l’église de la Madeleine.

Le Foyer. Place de la Madeleine (côté droit quand vous regardez l’église), 75008. Métro Madeleine. Du lundi au vendredi de 11h45 à 14h.