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RAS LA TOQUE DES SOUPES EN BOÎTE !

L’hiver n’est pas fini …! Ne nous fions pas aux piaillements matinaux des oiseaux qui nous annoncent déjà le retour de la saison de leurs amours pour la Saint Valentin. Bon moyen de se réchauffer diront certains.

Il n’empêche qu’après avoir grelotté dehors, on apprécie de retour chez soi, une bonne soupe brûlante …avant de filer sous la couette.

Mais que choisir ?

Sans conteste, on plébiscitera une soupe faite maison.

Bien rustique par exemple, comme nous le propose l’auteur de la photo ci-dessus qui a fait cuire pêle-mêle ce qui lui tombait sous la main. Verdict du jury : excellent !

Pas le temps de la préparer en rentrant du boulot ? Pourquoi pas s’y coller le week-end, en famille ? Bon prétexte pour entraîner tout son petit monde au marché et découvrir ensemble les légumes qui abondent sur les étals. On s’interroge sur le nom et la forme de certains : potimarron, butternut, panais, céleri…On est tout content d’avoir reconnu les pommes de terre, poireaux et carottes…

La soupe : une question d’inspiration. Pourquoi pas y ajouter épinards ou courgettes pour renforcer le côté velouté ?

On n’oublie pas ail, oignon, thym, ou autre… pour le goût. On la fait cuire à l’auto-cuiseur : 10 minutes suffisent. Et une fois mixée, elle est prête pour la semaine !

Pas le temps non plus le week-end ?…Bon, alors, il va falloir choisir avec vigilance une soupe toute faite.

Surtout pas de soupe en boîte industrielle !

Une toute récente étude (1) vient de confirmer que le taux de bisphénol A (2),  absorbé par l’organisme après avoir ingurgité de la soupe en boite, augmente de 1000 %. Oui, vous avez bien lu : mille pour cent !!!

On préférera donc un potage surgelé, sans additifs, sans colorants, sans conservateur, sans vitamine ajoutée : que des légumes et de l’eau, comme le bio de chez Picard.

Et puis, avant de passer à table, on pourra renouer avec la tradition, en criant : « A la soupe ! »

 

Petitgrognon

(1) Chercheurs de la Harvard School of Public Health à Boston (Massachusetts)

(2) Le bisphénol A est une molécule perturbatrice du système endocrinien, impliquée également dans les maladies cardio vasculaires, les cancers hormonodépendants, le diabète et l’obésité. Interdite depuis peu pour les biberons, elle tapisse toujours l’intérieur des canettes de boisson et des boites de conserve !

RAS LA TOQUE DES FAUX-CULS AU RESTO !

-       Mais pourquoi t’as rien dit ?

-       Je m’en veux, j’aurais dû râler.

-       Si j’avais su, je leur aurais dit ce que je pensais…

Et oui seulement on ne le fait pas. Parce que cela ne se fait pas ?

Ou tout simplement pour ne pas plomber l’ambiance ?

C’est vrai qu’au restaurant, on a envie de passer un bon moment, si possible en bonne compagnie. Et puis voilà un premier détail, apparemment anodin, puis un deuxième  (qui en laisse présager un troisième…) qui détourne soudain notre attention : l’attitude du serveur faussement décontracté, la serveuse trop mini pour être polie, la carte qui se fait attendre, le pain qui manque à l’appel, le plat du jour qui arrive froid…

On arrêtera là. Qui n’a pas connu ces grains de sable mémorables qui ont failli gâcher une bonne soirée ?

Seulement voilà, on n’ose pas faire part de notre désagrément.

Vis-à-vis de celui ou celle que l’on invite… ou mieux qui nous invite…

Vis-à-vis des convives réunis autour de la table pour fêter un joyeux événement.

Vis-à-vis de soi même, tout simplement, parce qu’on en a un peu marre de râler à tout bout de champ.

Et pourtant, tout à l’heure quand viendra l’addition, le total sera identique.

Quant au patron, il aura manqué d’une excellente occasion de corriger un écart qui peut nuire à sa réputation. Si tous ses clients sourient devant et grimacent une fois sortis, comment voulez-vous qu’il progresse … ?!

Alors, pitié mes amis gastronomes, sachez faire des remarques opportunes (avec tact et modération s’entend…), les restaurateurs vous seront reconnaissants de contribuer ainsi à améliorer leurs prestations.

 

Petitgrognon

RAS LA TOQUE DE SE GELER AU RAYON FRAIS !

C’est pas bientôt fini de devoir faire ses courses avec des mouffles ? Car gare au coup de froid quand on arpente les rayons frais au supermarché ! On pénètre alors dans un véritable frigo à ventre ouvert.

« La porte … ! » a-t-on envie de crier. Mais seulement de porte : point !

…Jusqu’à présent, car voilà-t-y pas que même un ministre se préoccupe de notre petite santé.

On va donc imposer aux directeurs de grande surface d’équiper de portes les linéaires frigorifiques où s’entassent des montagnes de produits lactés.

Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas par égard à nos mimines gercées que Madame le Ministre – en l’occurrence NKM (1) – vient d’annoncer cette mesure.

Tout simplement parce qu’en période de crise, c’est de la provoc de produire autant de froid pour rien ou plutôt pour laisser libre accès aux produits frais et ne pas freiner l’impulsion d’achat du consommateur congelé.

Elle a même fait le calcul : avec toute l’électricité ainsi dépensée inutilement on pourrait éclairer chaque année une ville comme Lyon.

C’est d’ailleurs curieux que Michel-Edouard Leclerc, d’habitude toujours prompt à prendre la parole pour donner des leçons aux autres, n’y ait pas pensé plus tôt ! La marge sur le yaourt qui lui paye généreusement l’énergie ainsi gaspillée lui provoquerait-elle des absences… ?

A lui comme aux autres on a envie de leur crier avec le ministre : « La ferme … ! »…on parle de la porte des rayonnages, évidemment…

Petitgrognon

(1) Nathalie Kosciusko- Morizet, en visite dans une grande surface de l’Essonne début janvier

RAS LA TOQUE DES GALETTES A LA CHAINE !

Déjà que l’Epiphanie est en perte de sens, voilà que la traditionnelle galette des rois est en train de perdre son âme !

Parce qu’on la trouve en vente dès le mois de décembre… ?

Parce que les fèves ressemblent de plus en plus à des collections de schtroumpfs reflétant le mauvais goût d’importateurs cupides… ?

Parce qu’elle fait l’objet d’une surenchère promotionnelle de la part de la grande distribution… ?

Tout cela ne serait rien, habitués qu’on est aux déferlantes commercialo-commerciales  (qui imposent par exemple Halloween en période de la Toussaint).

Mais qu’on nous fasse gober, à la devanture de nos artisans boulangers, que ces merveilles à la frangipane sont faites maison – ce qui justifie leur prix exorbitant – il y a de quoi s’étrangler avec la fêve !

C’est tout juste ce que dénoncent d’authentiques façonneurs de pâte bien faite comme Jean Luc Poujauran (1) qui affirme dans la revue Challenges que 80 % des galettes vendues à Paris proviendraient de pâtisseries industrielles. Ben oui, sauf qu’il inclut dans sa statistique les galettes vendues en super marché !!…

Qui croire alors ? Parmi les rois mages de la dénonciation, voilà en renfort  le cuisinier Christian Constant, qui explique que de toute façon nul ne peut faire la différence, vu que la frangipane industrielle est parfois meilleure que la « faite maison »… !

Il n’empêche qu’en cette période de chiffre d’affaires au top pour nos boulangers pâtissiers,  les fournisseurs aussi se frottent les mains. Comme «  Coup de Pâtes » dont le catalogue (2), destiné aux « z-authentiques z-artisans », regorge de modèles de galettes plus appétissantes les unes que les autres ….et livrées par carton de 40. Y a plus qu’à les réchauffer en arrière boutique !

…C’est qui qu’on prend pour les rois ??!!

Petitgrognon

(1) http://www.paris-bistro.com/cuisine/produits/poujauran.html  

(2) http://www.coupdepates.fr/france/familles.asp

© photo MAXPPP

RAS LA TOQUE DU SUCRE EN TROP !

Accusé de bien des maux, le sucre raffiné a de plus en plus mauvaise réputation.

Coupable de provoquer caries dentaires, obésité, diabète… il entraîne, en plus, des carences en nutriments essentiels (sels minéraux, vitamines, fibres) et nous rend plus vulnérables aux rhumes, bronchites et maladies digestives.

Il faut dire que la consommation a explosé depuis le début du XXe siècle : on est passé de 12 à 35 kg par an et par habitant ! Pour la plus grande satisfaction des industriels… et la plus grande désolation des nutritionnistes qui nous prodiguent conseils à tout va.

C’est que le sucre ne se trouve pas seulement dans les morceaux. Il se glisse insidieusement dans nombre de préparations alimentaires industrielles : ketchup, pâtes à tartiner, sodas, pâtisseries, barres chocolatées et autres. Même dans des produits a priori salés comme le jambon vendu sous vide !

Et ne parlons pas des céréales pour le p’tit déj, sursaturées en sucre. Pauvres parents qui croient se racheter une bonne conscience en proposant à leur progéniture un bol de grains de blé soufflés caramélisés pour affronter une matinée de stress scolaire !

La palme revient aux Smacks de Kellogs : l’équivalent de 8 à 10 morceaux de sucre dans un bol…  Plus de sucre que de céréales !

Et que dire des effets sur le mental ? Outre l’addiction qu’il provoque – plus on en absorbe et plus on en a envie – le sucre simple ajouté artificiellement provoquerait des comportements à risque comme une moindre maîtrise des émotions, une hyper agressivité et des difficultés de concentration.

Bon, ben… bémol sur les bonbons !

Petitgrognon

RAS LA TOQUE DES OEUFS “GUANTANAMO”

L’œuf… faut l’avoir à l’œil !…Pour savoir d’où il vient.

Ben, d’une poule forcément (1).

OK, mais quelle poule ? Elevée en plein air ou condamnée dès sa naissance à vivre sans voir le jour, entassée avec ses congénères dans des cages ? Car l’élevage « en batterie », c’est le Guantanamo de la poulette ! Imaginez : à peine la surface d’une feuille A4 pour se mouvoir, pas possible d’étaler ses ailes, le bec épointé, les griffes limées et aucune intimité pour pondre.

Alors évidemment la poulette stresse vu, qu’en plus, elle doit produire un œuf par jour. Du coup, au bout d’un an, elle n’en peut plus et périt d’épuisement.

Ça se ressent sur la qualité des œufs. Si bien que les producteurs sont mis en demeure de signaler la provenance pour ne pas tromper le consommateur.

Les œufs sont donc marqués d’un chiffre qui précise :

3 = élevage en cage hors sol = beurk

2 = élevage en volière au sol (sans sortie en plein air) = à éviter

1 = élevage en volière avec sorties en plein air = c’est déjà mieux

0 = élevage biologique en bâtiments confortables avec sorties libres en plein air = comme chez mamie !

L’élevage en cage est interdit en Allemagne depuis 2009. Et la grande distribution refuse d’y vendre des œufs de catégorie 2 ou 3. Même chose dans les supermarchés hollandais ou belges.

Ça « boy-co-cotte » ferme !

Et chez nous … !!?? Ben nos éleveurs français s’abritent derrière une directive européenne qui les obligera à un « léger aménagement des cages » au 1er janvier 2012.

C’est donc à nous, consommateurs, de « nous indigner », en refusant d’acheter des œufs marqués 2 ou 3 ! Mais ne soyons pas dupes, on les retrouvera hélas dans les pâtisseries industrielles voire dans les gâteaux du boulanger du coin…

Petitgrognon

(1) Car, comme on dit dans la Medina : « c’est la poule qui philosophe ».

RAS LA TOQUE DES FROMAGES D’USINE

Ras la toque des fromages sous plastique, en barquette ou pire emballés sous vide, ce qui stoppe leur affinage.

Certes, côté pratique, on va souvent au plus simple en choisissant parmi les fromages industriels ou pasteurisés proposés dans les rayonnages frais de nos supermarchés.

Mais la tendance est en train de s’inverser. C’est le retour en force des fromages fermiers traditionnels. Pour gâter nos invités d’un soir ou tout simplement nous faire plaisir, nos fromagers débordent d’imagination et savent dénicher des produits qui allient saveur, originalité et authenticité.

La mode revient donc aux fromages entiers, longuement affinés (24 mois pour un vieux comté, 36 à 48 mois pour un Parmigiano Reggiano Stravecchio). On innove aussi sur la façon de les présenter : finement tranchés à la mandoline et accompagnés de gelées de fruits rares.

Autre tendance…« tendance » : le retour des ultra crémeux que l’on osera proposer à la petite cuillère, comme le vacherin coulant tiédi au four. On ne boudera pas non plus un bon Saint-Félicien dont le cœur fondant est un vrai péché.

Et puis, on plébiscite les alliances sucré-salé, en mariant par exemple une fourme d’Ambert avec des noix et raisins ou bien encore un pur brebis Ossau Iraty avec un chutney de griottes noires.

Enfin, il faut savoir s’écarter du traditionnel vin rouge et proposer un porto blanc avec un bleu des Causses, du mâcon blanc pour un repas tout fromage et pourquoi pas un champagne extra brut sur un chèvre cendré… : un bel hommage à la biquette !

Pour être résolument d’avant-garde, un petit détour à l’exposition de la Milk Factory (1), vous donnera sûrement des idées de décor afin de présenter ces nobles produits, à la place du tristounet plateau traditionnel.

Petitgrognon 

(1) Expo « Design sur un plateau » – Jusqu’au 14 janvier 2012 – 5 rue Paul Bert – 75011 Paris

www.lamilkfactory.com 

RAS LA TOQUE DU “PAS FRAIS” AU RESTO

Appétissants ces rouleaux de soles aux pommes grenailles que vous vous apprêtez à déguster dans ce petit restaurant où l’on jurerait que tout est « fait maison »… D’ailleurs le chef lui-même le jure.

Mais pour ne pas être déçus, n’allez pas faire un tour dans la petite impasse derrière le resto. Vous pourriez y découvrir, entassés dans les poubelles, les emballages des marques Brake, Davigel ou autre, qui prouvent que les ingrédients ont été livrés surgelés ou sous vide !

Une exception dans notre paysage de la gastronomie française récompensée par l’Unesco ?… Hélas non : une pratique majoritairement répandue. Sur les 120 000 tables de France, pas plus de 20 000 travaillent avec des produits réellement frais !

A quand une mention sur les cartes et menus pour signaler les plats surgelés ou issus d’un procédé de conservation sous vide ?

C’est la bataille que livrent de plus en plus de défenseurs de notre vraie cuisine française pour arrêter de tromper les clients sur la marchandise.

Un député des Pyrénées-Orientales, Fernand Siré (1) vient ainsi de proposer qu’un astérisque mentionne désormais, sur les cartes, les plats frais entièrement cuisinés sur place. Car ça se fait de plus en plus rare !

Ainsi 30 % des légumes servis en restaurants sont fournis par les industriels de la grande bouffe. Un restaurateur qui essaie de compresser au maximum ses charges, va faire un petit tour chez Metro et  y trouve tout son approvisionnement à des prix de gros imbattables.

Les plats surgelés, je sais les réchauffer moi-même au micro ondes ! Pas besoin d’aller au resto pour cela…

Petitgrognon

(1) http://www.chefdentreprise.com/Breves/Consommation-les-produits-surgeles-bientot-indiques-a-la-carte-des-restaurants–41477.htm/

RAS LA TOQUE DES TUPPERWARE AU BUREAU !

C’est plus un bureau, c’est une réunion Tupperware !

Plus besoin de regarder la pendule. Quand vient l’heure du déjeuner, de drôles de bruits viennent troubler l’atmosphère feutrée de l’open space, soudain transformé en open spasme

Tenaillés par la faim, voilà nos collègues qui attaquent leur concert de sacs sonores et font sauter les couvercles en plastique trop heureux qu’on les délivre du vide d’air (…pas les collègues… les couvercles.)

Suivent alors les odeurs mélangées de salades au thon, de pâté de foie, d’oeufs durs et de ratatouille tièdasse. Bientôt suivies du parfum insoutenable de la mandarine qu’on pèle… Ça sent le wagon Corail.

Les bruits de « raclage » de fond de yaourt donnent le rythme aux mandibules en folie. Ah, j’allais oublier le pschitt des canettes au bisphénol qui ponctue l’ensemble, au risque de projeter leur mousse sur les écrans. Et je ne vous parle pas des traces de repas sur les dossiers. Pensez donc : un bureau où l’on mange contiendrait 400 fois plus de bactéries que des toilettes normalement entretenues !

Le patron, lui, il ferme les yeux ou plutôt il fuit l’endroit, le temps de se restaurer dans la brasserie du coin de la rue.

Faut dire que le nombre de salariés qui rentrent chez eux pour déjeuner ou vont au restaurant d’entreprise ne cesse de diminuer d’année en année.

En 2011, 28% des Français apportaient leur repas au travail. Et le temps de pause du midi s’est réduit à 22 minutes contre plus d’une heure et demie il y a vingt ans !

Pas fameux fameux pour la santé et l’équilibre. Grignoter vite fait sur son lieu de travail ne permet pas d’évacuer le stress en « allant prendre l’air ». Or,  l’entreprise n’y gagne pas non plus puisque la concentration et l’attention des salariés diminuent d’autant (1).

Une suggestion pour Tupperware : des stickers collés sur les boîtes, avec l’avertissement  « A n’ouvrir qu’en dehors du  poste de travail.»

 

Signé : Petitgrognon

 

(1) Etude réalisée pour le groupe de protection sociale Malakoff Mederic.

(c) photo Tupperware

RAS LA TOQUE DES MULOTS DANS LES Z’HARICOTS !

Avis aux végétariens. Evitez les conserves d’haricots verts de la marque Saint-Eloi pour respecter votre régime alimentaire !

Une famille de Seine-Maritime a en effet trouvé récemment un mulot dans une de ces boites (1). L’étiquette n’indiquait pourtant pas que la viande était fournie avec les légumes…

Aussitôt interpellée, la conserverie Kerlys du groupe Intermarché dans le Morbihan a ouvert une enquête. On imagine d’ici les fins limiers Dupont et Dupond, armés de leur loupe, en train d’inspecter les coins et recoins de l’entreprise à la recherche des traces de rongeurs. Pourvu qu’ils ne perdent pas leur melon sur les chaînes de tri des légumes. Melons aux haricots : drôle de recette !

« Rassurez-vous » a dit le directeur de la conserverie aux clients, après leur funeste découverte, « il n’y a aucun risque pour la santé. »

Ce qui n’est pas vraiment le cas pour ceux qui auraient découvert des morceaux de verre dans des bocaux de conserve d’haricots verts de chez Casino ou Leader Price. Au printemps, les consommateurs avaient été alertés sur ce risque ! (2)

Bon, tout cela coupe plutôt l’envie d’acheter des conserves.

Surtout quand on sait qu’une résine époxy tapisse de nombreuses boîtes pour éviter un mauvais goût aux aliments : louable intention… mais le problème est que ces résines contiennent du Bisphénol A, un perturbateur endocrinien, interdit depuis peu pour la fabrication des biberons.

Et ce n’est pas tout ! Peut être avez-vous toujours dans vos placards des boîtes de haricots verts « Notre Jardin » de chez Leclerc ou de la marque « U »… Ben, attention parce qu’elles pourraient contenir une plante toxique récoltée avec les haricots : du « Datura Stramonium L »… (3)

 PS : A vendre : ouvre-boîte ayant très peu servi…

 

 Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DU PAIN SANS ÂME

Qu’il soit baguette ou miche, un bon pain n’est pas uniquement de la mie et de la croûte ! C’est de la saveur, de la finesse, du croustillant et une longueur en bouche avec un petit rien d’acidulé.

Bien plus qu’un « savoir faire » industriel, le vrai bon pain est tout un art qui ne saurait se passer de la main de l’homme et de son œil attentif tout au long de sa fabrication.

Alors, ras la toque de ces pains blancs qui s’écaillent sans raison et vont se dessécher  en moins d’une journée ! A parier que leur pâte ou la baguette elle-même ont souffert d’un petit passage au congélateur…

Mais d’où vient le secret de ces bons pains savoureux qui nous mettent en appétit dès leur arrivée sur la table, grâce à leur aspect doré mais pas trop, et le moelleux que l’on ressent en les pressant légèrement ? Avec une croûte qui sait se tenir sans se répandre en miettes et une mie alvéolée, souple et odorante.

Pour y parvenir, le chef étoilé du restaurant L’Arpège, Alain Passard, a élaboré lui-même son levain naturel. Il privilégie une farine « type 80 » assez chargée en matières minérales (issues du son). Autres ingrédients essentiels : une eau pure et du sel gris, de Guérande de préférence.

Vient alors le délicat processus du pétrissage. Les procédés mécaniques ont bien sûr facilité le travail des boulangers, or l’excès en toutes choses est nuisible et on a abouti à des pétrissages intensifs qui augmentent artificiellement le volume du pain pour un poids identique. Mais le goût, les arômes, la structure de la mie et la durée de conservation du pain n’ont pas suivi…

Autre point clé : l’hydratation. Une pâte hydratée à plus de 65% fera un pain « vivant », un vrai sucre lent plus digeste.

Enfin, une fermentation naturelle (sans réfrigération), lente et à 23-24° sont essentielles pour que l’amidon ne reste pas à l’état de mauvais sucres directement assimilables et donc indigestes et source d’obésité.

Finalement, un bon pain, comme dit Alain Passard, « c’est l’artisanat, le geste, le goût et les parfums. »

Signé : Petitgrognon

(c) photo A. Passard pour Plurielles

RAS LA TOQUE DES SODAS, AVEC OU SANS TAXE AJOUTÉE

Pour lutter contre l’obésité, serrez-vous la ceinture !

C’est en gros (c’est le cas de le dire…) ce que vient d’annoncer le gouvernement, en instaurant au 1er janvier prochain une taxe sur les sodas.

Prétexte : ils contiennent trop de sucre et ont ainsi contribué à faire augmenter le poids des Français de 3,1 kg entre 1997 et 2009 ! D’où un pourcentage d’obèses dans la population qui est passé de 8,5% à 15% en douze ans.

Les sodas ne sont pas seuls en cause. On pense tout de suite aux aliments saturés de sucre et de gras (chips, hamburgers, frites, gâteaux…) qui eux ne sont taxés qu’à 5,5% de TVA en restauration rapide ! Alors que des aliments « plus sains », comme les fruits et légumes n’ont même pas une TVA réduite, malgré un rapport parlementaire de 2009 (1) qui proposait de la baisser à 2,1%.

On l’aura compris, l’heure n’est plus aux cadeaux, même bénéfiques pour la santé, mais plutôt à la recherche de recettes supplémentaires pour l’Etat…

Alors, résumons-nous : pour calmer nos petites soifs, que nous reste-t-il ?

Des sodas « lights », exonérés, eux, de cette nouvelle taxe ?… Mais il paraît qu’ils sont aussi nocifs pour la santé à cause de l’aspartam qu’ils contiennent.

De l’eau du robinet ? Ce qui me gêne c’est pas son taux de TVA mais plutôt son taux de nitrates …

Bon, ben je ne vois plus qu’un produit naturel, fabriqué à partir de bons vrais fruits : le vin. Lui au moins ne supporte qu’une majoration de 3,55 € à l’hectolitre comparée à la nouvelle sur les sodas qui s’élève à 4,3 € /hl ! (2)

Ca tombe bien, en ce moment c’est la période des Foires aux vins !

Petitgrognon

(1) Fruits et légumes: les nouveaux enjeux en 2009 (rapport de Jacques REMILLER, député de l’Isère en mission auprès du Premier ministre – 7 janvier / 6 juillet 2009)

(2) source : Agence nationale des industries alimentaires.

RAS LA TOQUE DU “Y’A BON POUR LA SANTÉ”

« Paroles, paroles… » Ça suffit, on veut des preuves !

C’est en gros ce que vient d’affirmer l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) devant les promesses de « y’a bon pour la santé » figurant sur les étiquettes de plus de 2000 produits alimentaires. Et de les rejeter, faute de preuves scientifiques.

Sacré courage de s’opposer ainsi aux lobbies du marketing des grands groupes de l’industrie alimentaire. Car ceux-ci s’étaient engouffrés depuis des années sur un créneau lucratif pour mieux vendre leurs produits, en nous faisant croire qu’ils allaient améliorer notre santé.

Fini donc les « renforce le système immunitaire », fini les « bon pour le transit », fini les « fait baisser le cholestérol » inscrits sur les emballages, comme sur une ordonnance ! On ne sera plus trompés sur la marchandise, par des allégations mensongères, sauf bien sûr si des preuves scientifiques sont apportées.

L’étude menée pendant trois ans a ainsi révélé que plus de 80 % des étiquettes alimentaires de denrées commercialisées en Europe étaient trompeuses et mensongères !

Déjà fin 2010, Gerblé avait été condamné en appel pour avoir commercialisé des barres chocolatées censées stimuler la mémoire, alors que cela ne reposait sur aucune base scientifique vérifiable.

Certains sentant le vent venir, ont pris les devants. Ainsi Danone a renoncé à sa publicité pour le yaourt à boire Actimel, qui prétendait « renforcer l’organisme » grâce à un ferment lactique exclusif. Désormais elle affirme seulement « que bien manger, c’est d’abord se faire plaisir ».

Ont-ils enfin compris que le premier plaisir du consommateur est avant tout qu’on ne se moque pas de lui ?

Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DU BOYCOTT DU FOIE GRAS

Ach, nein ! Ça ne va pas recommencer !

A peine un critique américain vient-il de déclarer « la cuisine française en péril » (1),  que nos voisins allemands refusent notre foie gras au Salon alimentaire de Cologne qui va se tenir du 8 au 12 octobre prochain.

Les fleurons de notre gastronomie susciteraient-ils quelques jalousies dans la mondialo-sphère du bien manger ? A moins que certains aient du mal à digérer  l’inscription de « la table française » au patrimoine immatériel de l’Unesco ?

Mais que reprochent donc les Allemands à notre foie gras, pour le boycotter ainsi au salon ANUGA, un des premiers salons alimentaires au monde ?

Et bien, de ne pas respecter les critères de bien-être animal, à cause du gavage forcé des oies et autres canards que l’on force à engloutir moult bouillie de maïs, à l’aide de tuyaux enfoncés dans leur gosier.

Illico, les producteurs français, irrités comme le gosier des pauvres volatiles, se sont… égosillés auprès du ministre de l’Agriculture. Du coup, le 11 juillet, Bruno Le Maire a pris sa plume d’oie (comme il se doit en pareilles circonstances), pour alerter son homologue allemand sur les graves conséquences agro-économiques de ce boycott. Et de rappeler « que la France applique rigoureusement toute la réglementation communautaire sur le bien-être animal ». En ajoutant malicieusement qu’après le foie gras « demain toutes les viandes pourraient être pénalisées ». Le ministre dénonce-t-il ainsi les conditions d’élevage industriel des pauvres cochons, destinés à fournir à nos voisins d’outre Rhin, la charcuterie dont ils  raffolent ?

A tout prendre, on leur laisse volontiers leurs saucisses de Francfort… et on garde notre foie gras !

Signé : « Klein grognon »

 

(1) Michael Steinberger – voir l’article « Ras la toque du french bashing »

(c) photo lesdelicesdevanessa, restaurant l’Ere du Temps, Paris 17eme

RAS LA TOQUE DU FRENCH BASHING

La cuisine française : un chef d’œuvre en péril ?

C’est ce que prétend un critique gastronomique américain : Michael Steinberger, dans un livre qui porte ce titre provocateur.

S’agit-il d’un nouvel assaut de « french bashing », ce dénigrement des Français (1) dont sont friands les Américains ?

Jugez-en. D’après lui, la cuisine française mollement appuyée sur ses lauriers, serait devenue paresseuse et moins créative. La preuve : au classement international San Pellegrino 2010 des meilleurs restaurants du monde, le premier chef français, Inaski Aizpitarte n’arrive qu’en neuvième position, avec son restaurant parisien Le Chateaubriand (2). Derrière des Danois, Anglais, Espagnols… et un Américain.

OK « old guy », mais tous les gastronomes n’ont pas la chance de faire le tour du monde pour vérifier la valeur de ce classement. Alors what else ?…

Autres preuves, dit-il, les Français passent deux fois moins de temps à table qu’il y a vingt cinq ans… ils  boivent deux fois moins de vin… et les Françaises désertent leurs fourneaux domestiques. Autre présage de cette mort annoncée : la pasteurisation menace nos grands crus de camembert. Et puis, la fréquentation des restaurants est en baisse. Pire, la France est devenu le deuxième pays au monde le plus rentable pour McDonald’s…

Bon, allez, cher cousin d’Amérique, nous acceptons vos critiques comme un cri d’amour et d’alerte pour notre gastronomie. Qui aime bien châtie bien !

De notre côté, c’est juré, on ne se permettra pas de critiquer vos burgers, nuggets bien gras, pop tarts gorgées de sucre et muffins bourratifs. Quant au beurre de cacahuète dont vous tartinez vos PB&G (3), on ignore s’il est pasteurisé.

Mais croyez bien qu’en dehors des grandes tables internationales, on continue d’apprécier les recettes gourmandes de nos auberges du terroir… même si elles n’ont pas le charme de vos motels d’Arizona.

Littlegrognon

(1) Ils nous traitent volontiers de « cheese eating surrender monkeys » (« singes capitulards mangeurs de fromage ») depuis un célèbre épisode des Simpsons datant de 1995 ; expression réutilisée par la presse américaine lors de notre refus de participer à la guerre en Irak en 2003.

(2)Restaurant Le Chateaubriand – 129, avenue Parmentier – 75011 PARIS

(3) Peanut Butter and Gelly sandwich

(c) illustration Wil Cormier