Archives de la Catégorie Ras la toque !

RAS LA TOQUE DE L’EAU… PAS CLAIRE !

Faudra-t-il bientôt équiper nos robinets d’un panneau « eau non potable » ?

On se le demande au vu des analyses scientifiques de ce précieux liquide qui circule dans les tuyauteries.

C’est qu’on trouve des choses peu courantes… dans notre eau courante.

Un vrai cocktail de formules chimiques : pesticides, nitrates, sélénium… voire de l’aluminium (utilisé sous forme de sels pour rendre limpide les eaux troubles…) Evidemment, les régions où l’agriculture est la plus intensive sont les plus touchées pour ne pas dire sinistrées. D’après UFC Que Choisir (1), deux millions de Français paieraient pour une eau non conforme aux critères réglementaires. Un million d’entre eux reçoivent carrément une eau contaminée… ! Ainsi, il ne fait pas bon boire au robinet dans le bassin parisien (2), le Nord et la Champagne.

Certes, 97,5% des Français ont accès à une eau de bonne qualité. Encore heureux, vu que le coût du traitement est payé pour grande partie par l’usager et non par les pollueurs. Mais qui sont les pollueurs ? En ligne de mire, les agriculteurs qui arrosent plantations et terres labourables avec engrais, déjections animales, herbicides …etc…Nitrates et pesticides pénètrent dans le sol jusqu’aux nappes phréatiques ou ruissellent vers la rivière la plus proche. Vous devinez la suite quand l’eau arrive à votre robinet, après un passage obligé par les usines de traitement.

Conséquences : pas terrible pour la santé tout ça, les pesticides étant soupçonnés de favoriser l’apparition de cancers, de malformations prénatales quand ce n’est pas la maladie de Parkinson (dont souffrent bon nombre d’agriculteurs !)

Mais voilà que les pouvoirs publics ont trouvé la parade : pour que l’eau du robinet ne soit plus considérée comme impropre à la consommation, ils ont tout simplement revu à la baisse les normes d’insalubrité. (3) Passées quasi inaperçues, ces nouvelles normes autorisent désormais cinq fois plus de pesticides dans l’eau ! C’est ce qu’on appelle changer la graduation du thermomètre pour faire croire que la fièvre a baissé ! …

Petitgrognon

(1) Etude du 20 mars 2012 : Qualité de l‘eau potable en France : au secours !

(2) Les départements concernés : Eure et Loir, Loiret, Seine et Marne, Yonne

(3) Instruction de la direction Générale de la Santé du 9 décembre 2010, publiée au BO en février 2011. 

RAS LA TOQUE DES THÉS EN SACHET !

« Oh my God … ! »

Mais il n’est pas encore 5 heures p.m. pour déguster notre cup of tea !

Faut-il encore sacrifier à ce cérémonial « so british » pour apprécier ce délicieux breuvage ?

Les vrais amateurs affirmeront que l’heure du thé est passée de mode, eux qui ont toujours le mug brûlant ou la théière fumante à proximité de leur Mac. Quoi de mieux pour se détendre entre deux clics ?

Mais attention, pas question de négliger la qualité des feuilles qui vont doucement macérer dans l’eau frémissante. De sachet, point. Un peu de bon goût, que diable !

Pour le choix de leur origine, de leur parfum ou de leur procédé de séchage, le choix est large. Il suffit de s’aventurer dans quelques boutiques spécialisées pour découvrir les pots aux multiples appellations trônant sur les étagères.

Comme chez Mariage Frères* où les vendeurs en gants blancs ne rechignent pas à vous donner toutes précisions ou mieux à vous faire humer les senteurs que renferment ces précieuses boîtes. Certes, on va trouver ces différents crus tout prêts dans certains grands magasins comme Monoprix ou la Grande Epicerie du Bon Marché. Mais pas question d’ouvrir les emballages scellés !

Encore mieux, la grande enseigne Kusmi Tea** a décidé de nous faciliter la dégustation de ses différents thés en multipliant le nombre de ses boutiques où l’on peut les goûter, en toute simplici…thé, à Paris et en province.

Dès cet été, un bar à thé ouvrira sur les Champs Elysées, au n° 71 entre Nike et Ladurée. Bientôt suivi d’un autre, avenue de l’Opéra. Et ce n’est pas fini : vingt ouvertures sont prévues en province d’ici à 2013.

De quoi acheter, en toute connaissance de cause, après moult tests comparatifs !

Petitgrognon

 

* http://www.mariagefreres.com/

** http://www.kusmitea.com/

(c) Disney

RAS LA TOQUE DU FAUX CAMEMBERT DE NORMANDIE !

Quoi de plus savoureux qu’un vrai, qu’un authentique « camembert de Normandie », fait à cœur, avec sa croûte « fleurie », blanche et feutrée et sa pâte couleur ivoire, lisse et souple ?

Oui, mais attention, pour se régaler de ce produit d’exception, il faut se méfier des contrefaçons !

Car le véritable « camembert de Normandie » bénéficie d’une AOC (appellation d’origine contrôlée) qui certifie qu’il est fabriqué dans le respect de la tradition, moulé à la louche, à partir de lait cru produit exclusivement dans le terroir normand.

Ce qui n’est évidemment pas le cas de la majorité des camemberts qu’on va trouver en grande surface. Car, seuls 5% des camemberts peuvent revendiquer cette appellation, renforcée depuis 1996 par une « appellation d’origine protégée » l’AOP.

C’est que le cercle des producteurs du véritable camembert de Normandie est restreint : seulement neuf producteurs de fromage et 500 producteurs de lait qui ont bien du mal à écouler chaque année 4 500 tonnes de leur précieux produit sur un marché qui totalise vingt fois leur production !

On comprend mieux leur combat contre les industriels du secteur laitier qui trompent le consommateur, avec la mention « fabriqué en Normandie », sur leurs emballages, sans préciser ni le procédé de fabrication, ni de quelles régions provient le lait.

Irritée par cette concurrence déloyale, l’association de défense de l’appellation AOC camembert de Normandie vient de lancer une action en justice contre les groupes laitiers Lactalis, Bongrain et Isigny Sainte-Mère. Sont aussi dans le collimateur les géants de la distribution Leclerc, Intermarché, Système U, Lidl et Monoprix qui collent sur les boîtes de fromage de leur propre marque, l’étiquette « camembert fabriqué en Normandie ».

La lutte du pot de lait contre le pot de fer, en quelque sorte !

Sans attendre le sort réservé à cette action en justice, amis amateurs du vrai camembert de Normandie : ralliez vous au sigle AOP qui vous en garantit la provenance !

Petitgrognon

RAS LA TOQUE DES OEUFS DE PÂQUES PAS CHOUETTES !

« Chouette !… c’est bientôt Pâques ! » hulule le hibou.

Et d’imaginer dès maintenant la chasse aux œufs dans le jardin ou sur le balcon.

Les œufs de Pâques symbolisent le renouveau, la « sortie de la coquille hivernale » mais aussi la sortie du Carême, période pendant laquelle on ne devait pas manger d’œufs. D’où la tradition de les décorer pour ne pas les perdre, vu que les poules continuent de pondre comme si de rien n’était.

Côté décor, laissons de côté les oeufs pas vraiment sexy qu’on trouve amoncelés dans les grandes surfaces, du style Kinder Surprise, habillés de bleu-blanc-rouge. Sous l’habillage : du sucré, du vaguement chocolaté et de l’émulsifié… vendu 19 € le grand modèle !

Tournons-nous plutôt vers de vrais maîtres chocolatiers qui font assaut d’imagination pour revisiter les chocolats de Pâques. Ils nous proposent des créations à faire chavirer, comme la chouette ci-dessus imaginée par Jean-Paul Hévin (1).

Toute de chocolat noir et au lait, elle contient un assortiment de fritures et de chocolats fourrés. Il vous en coûtera 32 € pour ses 170 grammes bien pesés. C’est le prix de la qualité artisanale. Si vous préférez un assortiment traditionnel d’environ trente pièces, évidemment c’est moins cher : 13,10 € les 90 grammes, mais vous n’aurez pas la chouette.

La chasse aux trésors commence donc dès maintenant pour être livré à temps d’un cadeau original pour cette fête du printemps retrouvé.

Le site : http://www.lexpress.fr/styles/ vous guidera parmi de nombreuses propositions de gourmandises en ligne.

 

Petitgrognon

 

(1) http://www.jphevin.com/catalogue.php?type=expediable

(c) Jean-Paul Hévin

RAS LA TOQUE DES FAUX OURSONS !

Déjà que la jeunesse nous file entre les doigts comme des cheveux de barbe à papa, va-t-on maintenant perdre le goût des vrais, des seuls, des craquants Petits Oursons Guimauve ?

Car les « POG », comme on les appelle entre initiés, c’est notre madeleine de Proust à nous qui sommes nés trop tard pour jouer les révoltés, un certain mois de mai 68.

Le petit ourson chocolat guimauve c’est comme qui dirait, un trophée, une petite chose qui console. Faute d’avoir pu crier notre colère en lançant des pavés contre tous ceux qui faisaient rien qu’à nous empêcher de nous exprimer, on s’est rabattus sur celui qui nous comprenait et nous permettait de le mâchouiller comme un succédané de totoche….

Oui mais, attention aux contrefaçons !

5o ans de fidélité à l’original enrobé de 30% de fin chocolat au lait, ça ne se trahit pas, même s’il est grossièrement copié par des industriels sans scrupule.

Nous, on veut l’authentique :

-       12 grammes d’intense douceur qui s’étire mollement sous la langue en se mélangeant aux pépites chocolatées de sa robe qu’on fait craquer d’une délicate pression de nos quasi dents de lait…

-       6 centimètres de haut, ni plus ni moins. Même si à cause de cette taille il supporte une TVA à 19,6%, alors que ses concurrents ont vu leur taille réduite à 5 cm pour bénéficier d’une TVA à 7%… !

L’authentique, c’est bien entendu l’ourson guimauve chocolat de la marque Bouquet d’Or, commercialisé par le chocolatier CEMOI qui l’a inventé en 1962.

Facile à reconnaître ! Vous le regardez droit dans les yeux et vous lui demandez : « C’est toi ? »,…vous verrez bien ce qu’il vous répondra.

 

Petitgrognon, en pleine régression

RAS LA TOQUE DES CERVEAUX LENTS !

Faut-il manger moins pour garder un cerveau jeune ?…

C’est ce qu’affirment de plus en plus de chercheurs qui tentent de percer les secrets de la vigueur cérébrale. Il faut dire qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, on a intérêt à maintenir au top nos capacités cognitives, ne serait-ce que pour retrouver les codes secrets et autres mots de passe stockés dans notre disque dur crânien !

Or, des chercheurs d’Arizona viennent de constater un risque de dégénérescence cérébrale plus important chez les gros mangeurs ! Ils ont testé le risque de « déficience cognitive » chez trois groupes de personnes, réparties en fonction de leur consommation calorique. Conclusion : plus celle-ci est importante et plus les capacités du cerveau sont altérées.

Confirmant cette découverte, des chercheurs italiens de l’Université catholique de Rome ont mis en lumière les effets positifs de la restriction calorique sur la santé du cerveau. Moins manger stimulerait en effet l’activité d’une molécule : la CREB1. (*) Or cette molécule joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement et la longévité des cellules cérébrales. De là à ce que les pontes du Vatican, obligent le souverain pontife à se serrer la ceinture, pour garder toute sa tête… !

Pour booster au maximum notre vivacité d’esprit, nos capacités d’apprentissage et de mémorisation, pourquoi alors ne pas conjuguer restriction calorique et restriction… cathodique ?

En diminuant notre temps d’exposition aux émissions TV appauvrissantes pour l’esprit, on gagnerait ainsi sur les deux tableaux, en réduisant d’autant les heures de grignotage devant la télé…

 

Petitgrognon

 

(*) C Amb Responsive-Element Binding 1, (…si, si …c’est bien son nom !)

RAS LA TOQUE DU POIVRE TOUT GRIS

Déjà que le ciel est tout gris dehors, voilà une bonne raison pour mettre un peu de couleur dans nos petits plats. Un peu de couleur… et de saveur grâce au poivre qui sait parfumer si judicieusement nos préparations.

Mais attention pas n’importe quel poivre !

Car les variétés, on devrait plutôt dire les « crus »  sont nombreux.

Laissons certains « se décarcasser » pour nous remplir des petits pots avec des mélanges de poudres  grisâtres qui viennent d’on ne sait où, stockés pendant des semaines dans les entrepôts d’Hambourg ou d’ailleurs. Car le poivre gris n’existe pas en tant que tel ! C’est un mélange déjà moulu de poivre blanc et noir aux origines incertaines. Il pique mais ne parfume pas : on le boycottera donc.

Tournons-nous plutôt vers des spécialistes, de vrais amoureux de cette épice qui a fait le tour du monde pour nous séduire.

De plus en plus fort le poivre a même son Académie ! (1)

On y apprend à ne pas confondre les vrais poivres d’avec les « faux poivres ».

Pour les puristes, le seul, l’unique, le vrai poivre est une baie d’une liane exotique de la famille des pipéracées, originaire d’Asie. Le plus répandu est le piper negrum.

De ces baies, on tirera le poivre noir, blanc, vert ou rouge, selon les méthodes de cueillette et de séchage.

Il y a aussi le poivre long d’Himalaya, le premier qui arriva en Europe. On le redécouvre actuellement, après l’avoir perdu de vue dans nos cuisines.

Et les « faux poivres »… qu’est-ce donc ?  Et bien, leurs  baies proviennent d’autres espèces d’arbres. Citons le « poivre rose » de la Réunion, le poivre de Sichuan ou le poivre de Cayenne issu d’un piment.

Pour choisir quel poivre se mariera le mieux avec quel plat, un CADEAU : téléchargez gratuitement le Guide du Poivre sur le site Goût et Nature : http://www.goutetnature.com/dhtml/home.php?id=739

Petitgrognon 

(1) http://www.academiedespoivres.com/

 

RAS LA TOQUE DE LA FAUSSE VRAIE VIANDE

Hmm, appétissante cette guimauve !

Sauf que ce n’est pas de la guimauve, mais une pâte de viande « raclée » sur les carcasses de volaille dans les abattoirs. Elle va servir à confectionner des saucisses et autres nuggets qui seront ensuite livrés en particulier dans les cantines et maisons de retraite.

Après tout, on veut bien mais qu’on ne l’appelle pas viande pour tromper ainsi le consommateur.

C’est sur ce point que le groupe d’agro-alimentaire Doux (si, si vous connaissez : le père Dodu, c’est eux !), vient de se faire épingler par le tribunal de Quimper.

Car de viande elle n’en mérite pas l’appellation, vu les traitements qu’elle a subis.

Accrochez-vous. Cette viande séparée mécaniquement (V.S.M.) est le «  produit obtenu par enlèvement de la viande sur les os couverts de chair ou les carcasses de volaille, à l’aide de moyens mécaniques entraînant la destruction ou la modification de la structure fibreuse des muscles » (1).

Mais comment fait-on ? Après broyage de la matière première, c’est à dire les carcasses et les os couverts de chair, cette mixture est soumise à forte pression (10 à 15 bars) dans des tambours perforés de petits trous de moins d’un millimètre. Os et cartilages, peau et nerfs, restent théoriquement dans le tambour et la pâte (photo ci-dessus) est récupérée à l’extérieur du tambour.

Résultat : les saucisses de volailles et autres mortadelles « pure » volaille du commerce peuvent  contenir, en toute légalité, 25 à 30 % de « VSM » !

Le tribunal va-t-il demander aux industriels de modifier leur étiquetage et leur dire : « Ne l’appelez plus jamais… viande  » !?

Petitgrognon

(1) Rapport de la Fédération des industries avicoles – 184, rue de Vaugirard – 75015 Paris

RAS LA TOQUE DES SOUPES EN BOÎTE !

L’hiver n’est pas fini …! Ne nous fions pas aux piaillements matinaux des oiseaux qui nous annoncent déjà le retour de la saison de leurs amours pour la Saint Valentin. Bon moyen de se réchauffer diront certains.

Il n’empêche qu’après avoir grelotté dehors, on apprécie de retour chez soi, une bonne soupe brûlante …avant de filer sous la couette.

Mais que choisir ?

Sans conteste, on plébiscitera une soupe faite maison.

Bien rustique par exemple, comme nous le propose l’auteur de la photo ci-dessus qui a fait cuire pêle-mêle ce qui lui tombait sous la main. Verdict du jury : excellent !

Pas le temps de la préparer en rentrant du boulot ? Pourquoi pas s’y coller le week-end, en famille ? Bon prétexte pour entraîner tout son petit monde au marché et découvrir ensemble les légumes qui abondent sur les étals. On s’interroge sur le nom et la forme de certains : potimarron, butternut, panais, céleri…On est tout content d’avoir reconnu les pommes de terre, poireaux et carottes…

La soupe : une question d’inspiration. Pourquoi pas y ajouter épinards ou courgettes pour renforcer le côté velouté ?

On n’oublie pas ail, oignon, thym, ou autre… pour le goût. On la fait cuire à l’auto-cuiseur : 10 minutes suffisent. Et une fois mixée, elle est prête pour la semaine !

Pas le temps non plus le week-end ?…Bon, alors, il va falloir choisir avec vigilance une soupe toute faite.

Surtout pas de soupe en boîte industrielle !

Une toute récente étude (1) vient de confirmer que le taux de bisphénol A (2),  absorbé par l’organisme après avoir ingurgité de la soupe en boite, augmente de 1000 %. Oui, vous avez bien lu : mille pour cent !!!

On préférera donc un potage surgelé, sans additifs, sans colorants, sans conservateur, sans vitamine ajoutée : que des légumes et de l’eau, comme le bio de chez Picard.

Et puis, avant de passer à table, on pourra renouer avec la tradition, en criant : « A la soupe ! »

 

Petitgrognon

(1) Chercheurs de la Harvard School of Public Health à Boston (Massachusetts)

(2) Le bisphénol A est une molécule perturbatrice du système endocrinien, impliquée également dans les maladies cardio vasculaires, les cancers hormonodépendants, le diabète et l’obésité. Interdite depuis peu pour les biberons, elle tapisse toujours l’intérieur des canettes de boisson et des boites de conserve !

RAS LA TOQUE DES FAUX-CULS AU RESTO !

-       Mais pourquoi t’as rien dit ?

-       Je m’en veux, j’aurais dû râler.

-       Si j’avais su, je leur aurais dit ce que je pensais…

Et oui seulement on ne le fait pas. Parce que cela ne se fait pas ?

Ou tout simplement pour ne pas plomber l’ambiance ?

C’est vrai qu’au restaurant, on a envie de passer un bon moment, si possible en bonne compagnie. Et puis voilà un premier détail, apparemment anodin, puis un deuxième  (qui en laisse présager un troisième…) qui détourne soudain notre attention : l’attitude du serveur faussement décontracté, la serveuse trop mini pour être polie, la carte qui se fait attendre, le pain qui manque à l’appel, le plat du jour qui arrive froid…

On arrêtera là. Qui n’a pas connu ces grains de sable mémorables qui ont failli gâcher une bonne soirée ?

Seulement voilà, on n’ose pas faire part de notre désagrément.

Vis-à-vis de celui ou celle que l’on invite… ou mieux qui nous invite…

Vis-à-vis des convives réunis autour de la table pour fêter un joyeux événement.

Vis-à-vis de soi même, tout simplement, parce qu’on en a un peu marre de râler à tout bout de champ.

Et pourtant, tout à l’heure quand viendra l’addition, le total sera identique.

Quant au patron, il aura manqué d’une excellente occasion de corriger un écart qui peut nuire à sa réputation. Si tous ses clients sourient devant et grimacent une fois sortis, comment voulez-vous qu’il progresse … ?!

Alors, pitié mes amis gastronomes, sachez faire des remarques opportunes (avec tact et modération s’entend…), les restaurateurs vous seront reconnaissants de contribuer ainsi à améliorer leurs prestations.

 

Petitgrognon

RAS LA TOQUE DE SE GELER AU RAYON FRAIS !

C’est pas bientôt fini de devoir faire ses courses avec des mouffles ? Car gare au coup de froid quand on arpente les rayons frais au supermarché ! On pénètre alors dans un véritable frigo à ventre ouvert.

« La porte … ! » a-t-on envie de crier. Mais seulement de porte : point !

…Jusqu’à présent, car voilà-t-y pas que même un ministre se préoccupe de notre petite santé.

On va donc imposer aux directeurs de grande surface d’équiper de portes les linéaires frigorifiques où s’entassent des montagnes de produits lactés.

Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas par égard à nos mimines gercées que Madame le Ministre – en l’occurrence NKM (1) – vient d’annoncer cette mesure.

Tout simplement parce qu’en période de crise, c’est de la provoc de produire autant de froid pour rien ou plutôt pour laisser libre accès aux produits frais et ne pas freiner l’impulsion d’achat du consommateur congelé.

Elle a même fait le calcul : avec toute l’électricité ainsi dépensée inutilement on pourrait éclairer chaque année une ville comme Lyon.

C’est d’ailleurs curieux que Michel-Edouard Leclerc, d’habitude toujours prompt à prendre la parole pour donner des leçons aux autres, n’y ait pas pensé plus tôt ! La marge sur le yaourt qui lui paye généreusement l’énergie ainsi gaspillée lui provoquerait-elle des absences… ?

A lui comme aux autres on a envie de leur crier avec le ministre : « La ferme … ! »…on parle de la porte des rayonnages, évidemment…

Petitgrognon

(1) Nathalie Kosciusko- Morizet, en visite dans une grande surface de l’Essonne début janvier

RAS LA TOQUE DES GALETTES A LA CHAINE !

Déjà que l’Epiphanie est en perte de sens, voilà que la traditionnelle galette des rois est en train de perdre son âme !

Parce qu’on la trouve en vente dès le mois de décembre… ?

Parce que les fèves ressemblent de plus en plus à des collections de schtroumpfs reflétant le mauvais goût d’importateurs cupides… ?

Parce qu’elle fait l’objet d’une surenchère promotionnelle de la part de la grande distribution… ?

Tout cela ne serait rien, habitués qu’on est aux déferlantes commercialo-commerciales  (qui imposent par exemple Halloween en période de la Toussaint).

Mais qu’on nous fasse gober, à la devanture de nos artisans boulangers, que ces merveilles à la frangipane sont faites maison – ce qui justifie leur prix exorbitant – il y a de quoi s’étrangler avec la fêve !

C’est tout juste ce que dénoncent d’authentiques façonneurs de pâte bien faite comme Jean Luc Poujauran (1) qui affirme dans la revue Challenges que 80 % des galettes vendues à Paris proviendraient de pâtisseries industrielles. Ben oui, sauf qu’il inclut dans sa statistique les galettes vendues en super marché !!…

Qui croire alors ? Parmi les rois mages de la dénonciation, voilà en renfort  le cuisinier Christian Constant, qui explique que de toute façon nul ne peut faire la différence, vu que la frangipane industrielle est parfois meilleure que la « faite maison »… !

Il n’empêche qu’en cette période de chiffre d’affaires au top pour nos boulangers pâtissiers,  les fournisseurs aussi se frottent les mains. Comme «  Coup de Pâtes » dont le catalogue (2), destiné aux « z-authentiques z-artisans », regorge de modèles de galettes plus appétissantes les unes que les autres ….et livrées par carton de 40. Y a plus qu’à les réchauffer en arrière boutique !

…C’est qui qu’on prend pour les rois ??!!

Petitgrognon

(1) http://www.paris-bistro.com/cuisine/produits/poujauran.html  

(2) http://www.coupdepates.fr/france/familles.asp

© photo MAXPPP

RAS LA TOQUE DU SUCRE EN TROP !

Accusé de bien des maux, le sucre raffiné a de plus en plus mauvaise réputation.

Coupable de provoquer caries dentaires, obésité, diabète… il entraîne, en plus, des carences en nutriments essentiels (sels minéraux, vitamines, fibres) et nous rend plus vulnérables aux rhumes, bronchites et maladies digestives.

Il faut dire que la consommation a explosé depuis le début du XXe siècle : on est passé de 12 à 35 kg par an et par habitant ! Pour la plus grande satisfaction des industriels… et la plus grande désolation des nutritionnistes qui nous prodiguent conseils à tout va.

C’est que le sucre ne se trouve pas seulement dans les morceaux. Il se glisse insidieusement dans nombre de préparations alimentaires industrielles : ketchup, pâtes à tartiner, sodas, pâtisseries, barres chocolatées et autres. Même dans des produits a priori salés comme le jambon vendu sous vide !

Et ne parlons pas des céréales pour le p’tit déj, sursaturées en sucre. Pauvres parents qui croient se racheter une bonne conscience en proposant à leur progéniture un bol de grains de blé soufflés caramélisés pour affronter une matinée de stress scolaire !

La palme revient aux Smacks de Kellogs : l’équivalent de 8 à 10 morceaux de sucre dans un bol…  Plus de sucre que de céréales !

Et que dire des effets sur le mental ? Outre l’addiction qu’il provoque – plus on en absorbe et plus on en a envie – le sucre simple ajouté artificiellement provoquerait des comportements à risque comme une moindre maîtrise des émotions, une hyper agressivité et des difficultés de concentration.

Bon, ben… bémol sur les bonbons !

Petitgrognon

RAS LA TOQUE DES OEUFS “GUANTANAMO”

L’œuf… faut l’avoir à l’œil !…Pour savoir d’où il vient.

Ben, d’une poule forcément (1).

OK, mais quelle poule ? Elevée en plein air ou condamnée dès sa naissance à vivre sans voir le jour, entassée avec ses congénères dans des cages ? Car l’élevage « en batterie », c’est le Guantanamo de la poulette ! Imaginez : à peine la surface d’une feuille A4 pour se mouvoir, pas possible d’étaler ses ailes, le bec épointé, les griffes limées et aucune intimité pour pondre.

Alors évidemment la poulette stresse vu, qu’en plus, elle doit produire un œuf par jour. Du coup, au bout d’un an, elle n’en peut plus et périt d’épuisement.

Ça se ressent sur la qualité des œufs. Si bien que les producteurs sont mis en demeure de signaler la provenance pour ne pas tromper le consommateur.

Les œufs sont donc marqués d’un chiffre qui précise :

3 = élevage en cage hors sol = beurk

2 = élevage en volière au sol (sans sortie en plein air) = à éviter

1 = élevage en volière avec sorties en plein air = c’est déjà mieux

0 = élevage biologique en bâtiments confortables avec sorties libres en plein air = comme chez mamie !

L’élevage en cage est interdit en Allemagne depuis 2009. Et la grande distribution refuse d’y vendre des œufs de catégorie 2 ou 3. Même chose dans les supermarchés hollandais ou belges.

Ça « boy-co-cotte » ferme !

Et chez nous … !!?? Ben nos éleveurs français s’abritent derrière une directive européenne qui les obligera à un « léger aménagement des cages » au 1er janvier 2012.

C’est donc à nous, consommateurs, de « nous indigner », en refusant d’acheter des œufs marqués 2 ou 3 ! Mais ne soyons pas dupes, on les retrouvera hélas dans les pâtisseries industrielles voire dans les gâteaux du boulanger du coin…

Petitgrognon

(1) Car, comme on dit dans la Medina : « c’est la poule qui philosophe ».

RAS LA TOQUE DES FROMAGES D’USINE

Ras la toque des fromages sous plastique, en barquette ou pire emballés sous vide, ce qui stoppe leur affinage.

Certes, côté pratique, on va souvent au plus simple en choisissant parmi les fromages industriels ou pasteurisés proposés dans les rayonnages frais de nos supermarchés.

Mais la tendance est en train de s’inverser. C’est le retour en force des fromages fermiers traditionnels. Pour gâter nos invités d’un soir ou tout simplement nous faire plaisir, nos fromagers débordent d’imagination et savent dénicher des produits qui allient saveur, originalité et authenticité.

La mode revient donc aux fromages entiers, longuement affinés (24 mois pour un vieux comté, 36 à 48 mois pour un Parmigiano Reggiano Stravecchio). On innove aussi sur la façon de les présenter : finement tranchés à la mandoline et accompagnés de gelées de fruits rares.

Autre tendance…« tendance » : le retour des ultra crémeux que l’on osera proposer à la petite cuillère, comme le vacherin coulant tiédi au four. On ne boudera pas non plus un bon Saint-Félicien dont le cœur fondant est un vrai péché.

Et puis, on plébiscite les alliances sucré-salé, en mariant par exemple une fourme d’Ambert avec des noix et raisins ou bien encore un pur brebis Ossau Iraty avec un chutney de griottes noires.

Enfin, il faut savoir s’écarter du traditionnel vin rouge et proposer un porto blanc avec un bleu des Causses, du mâcon blanc pour un repas tout fromage et pourquoi pas un champagne extra brut sur un chèvre cendré… : un bel hommage à la biquette !

Pour être résolument d’avant-garde, un petit détour à l’exposition de la Milk Factory (1), vous donnera sûrement des idées de décor afin de présenter ces nobles produits, à la place du tristounet plateau traditionnel.

Petitgrognon 

(1) Expo « Design sur un plateau » – Jusqu’au 14 janvier 2012 – 5 rue Paul Bert – 75011 Paris

www.lamilkfactory.com