Archives de la Catégorie Ras la toque !

RAS LA TOQUE DU “PAS FRAIS” AU RESTO

Appétissants ces rouleaux de soles aux pommes grenailles que vous vous apprêtez à déguster dans ce petit restaurant où l’on jurerait que tout est « fait maison »… D’ailleurs le chef lui-même le jure.

Mais pour ne pas être déçus, n’allez pas faire un tour dans la petite impasse derrière le resto. Vous pourriez y découvrir, entassés dans les poubelles, les emballages des marques Brake, Davigel ou autre, qui prouvent que les ingrédients ont été livrés surgelés ou sous vide !

Une exception dans notre paysage de la gastronomie française récompensée par l’Unesco ?… Hélas non : une pratique majoritairement répandue. Sur les 120 000 tables de France, pas plus de 20 000 travaillent avec des produits réellement frais !

A quand une mention sur les cartes et menus pour signaler les plats surgelés ou issus d’un procédé de conservation sous vide ?

C’est la bataille que livrent de plus en plus de défenseurs de notre vraie cuisine française pour arrêter de tromper les clients sur la marchandise.

Un député des Pyrénées-Orientales, Fernand Siré (1) vient ainsi de proposer qu’un astérisque mentionne désormais, sur les cartes, les plats frais entièrement cuisinés sur place. Car ça se fait de plus en plus rare !

Ainsi 30 % des légumes servis en restaurants sont fournis par les industriels de la grande bouffe. Un restaurateur qui essaie de compresser au maximum ses charges, va faire un petit tour chez Metro et  y trouve tout son approvisionnement à des prix de gros imbattables.

Les plats surgelés, je sais les réchauffer moi-même au micro ondes ! Pas besoin d’aller au resto pour cela…

Petitgrognon

(1) http://www.chefdentreprise.com/Breves/Consommation-les-produits-surgeles-bientot-indiques-a-la-carte-des-restaurants–41477.htm/

RAS LA TOQUE DES TUPPERWARE AU BUREAU !

C’est plus un bureau, c’est une réunion Tupperware !

Plus besoin de regarder la pendule. Quand vient l’heure du déjeuner, de drôles de bruits viennent troubler l’atmosphère feutrée de l’open space, soudain transformé en open spasme

Tenaillés par la faim, voilà nos collègues qui attaquent leur concert de sacs sonores et font sauter les couvercles en plastique trop heureux qu’on les délivre du vide d’air (…pas les collègues… les couvercles.)

Suivent alors les odeurs mélangées de salades au thon, de pâté de foie, d’oeufs durs et de ratatouille tièdasse. Bientôt suivies du parfum insoutenable de la mandarine qu’on pèle… Ça sent le wagon Corail.

Les bruits de « raclage » de fond de yaourt donnent le rythme aux mandibules en folie. Ah, j’allais oublier le pschitt des canettes au bisphénol qui ponctue l’ensemble, au risque de projeter leur mousse sur les écrans. Et je ne vous parle pas des traces de repas sur les dossiers. Pensez donc : un bureau où l’on mange contiendrait 400 fois plus de bactéries que des toilettes normalement entretenues !

Le patron, lui, il ferme les yeux ou plutôt il fuit l’endroit, le temps de se restaurer dans la brasserie du coin de la rue.

Faut dire que le nombre de salariés qui rentrent chez eux pour déjeuner ou vont au restaurant d’entreprise ne cesse de diminuer d’année en année.

En 2011, 28% des Français apportaient leur repas au travail. Et le temps de pause du midi s’est réduit à 22 minutes contre plus d’une heure et demie il y a vingt ans !

Pas fameux fameux pour la santé et l’équilibre. Grignoter vite fait sur son lieu de travail ne permet pas d’évacuer le stress en « allant prendre l’air ». Or,  l’entreprise n’y gagne pas non plus puisque la concentration et l’attention des salariés diminuent d’autant (1).

Une suggestion pour Tupperware : des stickers collés sur les boîtes, avec l’avertissement  « A n’ouvrir qu’en dehors du  poste de travail.»

 

Signé : Petitgrognon

 

(1) Etude réalisée pour le groupe de protection sociale Malakoff Mederic.

(c) photo Tupperware

RAS LA TOQUE DES MULOTS DANS LES Z’HARICOTS !

Avis aux végétariens. Evitez les conserves d’haricots verts de la marque Saint-Eloi pour respecter votre régime alimentaire !

Une famille de Seine-Maritime a en effet trouvé récemment un mulot dans une de ces boites (1). L’étiquette n’indiquait pourtant pas que la viande était fournie avec les légumes…

Aussitôt interpellée, la conserverie Kerlys du groupe Intermarché dans le Morbihan a ouvert une enquête. On imagine d’ici les fins limiers Dupont et Dupond, armés de leur loupe, en train d’inspecter les coins et recoins de l’entreprise à la recherche des traces de rongeurs. Pourvu qu’ils ne perdent pas leur melon sur les chaînes de tri des légumes. Melons aux haricots : drôle de recette !

« Rassurez-vous » a dit le directeur de la conserverie aux clients, après leur funeste découverte, « il n’y a aucun risque pour la santé. »

Ce qui n’est pas vraiment le cas pour ceux qui auraient découvert des morceaux de verre dans des bocaux de conserve d’haricots verts de chez Casino ou Leader Price. Au printemps, les consommateurs avaient été alertés sur ce risque ! (2)

Bon, tout cela coupe plutôt l’envie d’acheter des conserves.

Surtout quand on sait qu’une résine époxy tapisse de nombreuses boîtes pour éviter un mauvais goût aux aliments : louable intention… mais le problème est que ces résines contiennent du Bisphénol A, un perturbateur endocrinien, interdit depuis peu pour la fabrication des biberons.

Et ce n’est pas tout ! Peut être avez-vous toujours dans vos placards des boîtes de haricots verts « Notre Jardin » de chez Leclerc ou de la marque « U »… Ben, attention parce qu’elles pourraient contenir une plante toxique récoltée avec les haricots : du « Datura Stramonium L »… (3)

 PS : A vendre : ouvre-boîte ayant très peu servi…

 

 Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DU PAIN SANS ÂME

Qu’il soit baguette ou miche, un bon pain n’est pas uniquement de la mie et de la croûte ! C’est de la saveur, de la finesse, du croustillant et une longueur en bouche avec un petit rien d’acidulé.

Bien plus qu’un « savoir faire » industriel, le vrai bon pain est tout un art qui ne saurait se passer de la main de l’homme et de son œil attentif tout au long de sa fabrication.

Alors, ras la toque de ces pains blancs qui s’écaillent sans raison et vont se dessécher  en moins d’une journée ! A parier que leur pâte ou la baguette elle-même ont souffert d’un petit passage au congélateur…

Mais d’où vient le secret de ces bons pains savoureux qui nous mettent en appétit dès leur arrivée sur la table, grâce à leur aspect doré mais pas trop, et le moelleux que l’on ressent en les pressant légèrement ? Avec une croûte qui sait se tenir sans se répandre en miettes et une mie alvéolée, souple et odorante.

Pour y parvenir, le chef étoilé du restaurant L’Arpège, Alain Passard, a élaboré lui-même son levain naturel. Il privilégie une farine « type 80 » assez chargée en matières minérales (issues du son). Autres ingrédients essentiels : une eau pure et du sel gris, de Guérande de préférence.

Vient alors le délicat processus du pétrissage. Les procédés mécaniques ont bien sûr facilité le travail des boulangers, or l’excès en toutes choses est nuisible et on a abouti à des pétrissages intensifs qui augmentent artificiellement le volume du pain pour un poids identique. Mais le goût, les arômes, la structure de la mie et la durée de conservation du pain n’ont pas suivi…

Autre point clé : l’hydratation. Une pâte hydratée à plus de 65% fera un pain « vivant », un vrai sucre lent plus digeste.

Enfin, une fermentation naturelle (sans réfrigération), lente et à 23-24° sont essentielles pour que l’amidon ne reste pas à l’état de mauvais sucres directement assimilables et donc indigestes et source d’obésité.

Finalement, un bon pain, comme dit Alain Passard, « c’est l’artisanat, le geste, le goût et les parfums. »

Signé : Petitgrognon

(c) photo A. Passard pour Plurielles

RAS LA TOQUE DES SODAS, AVEC OU SANS TAXE AJOUTÉE

Pour lutter contre l’obésité, serrez-vous la ceinture !

C’est en gros (c’est le cas de le dire…) ce que vient d’annoncer le gouvernement, en instaurant au 1er janvier prochain une taxe sur les sodas.

Prétexte : ils contiennent trop de sucre et ont ainsi contribué à faire augmenter le poids des Français de 3,1 kg entre 1997 et 2009 ! D’où un pourcentage d’obèses dans la population qui est passé de 8,5% à 15% en douze ans.

Les sodas ne sont pas seuls en cause. On pense tout de suite aux aliments saturés de sucre et de gras (chips, hamburgers, frites, gâteaux…) qui eux ne sont taxés qu’à 5,5% de TVA en restauration rapide ! Alors que des aliments « plus sains », comme les fruits et légumes n’ont même pas une TVA réduite, malgré un rapport parlementaire de 2009 (1) qui proposait de la baisser à 2,1%.

On l’aura compris, l’heure n’est plus aux cadeaux, même bénéfiques pour la santé, mais plutôt à la recherche de recettes supplémentaires pour l’Etat…

Alors, résumons-nous : pour calmer nos petites soifs, que nous reste-t-il ?

Des sodas « lights », exonérés, eux, de cette nouvelle taxe ?… Mais il paraît qu’ils sont aussi nocifs pour la santé à cause de l’aspartam qu’ils contiennent.

De l’eau du robinet ? Ce qui me gêne c’est pas son taux de TVA mais plutôt son taux de nitrates …

Bon, ben je ne vois plus qu’un produit naturel, fabriqué à partir de bons vrais fruits : le vin. Lui au moins ne supporte qu’une majoration de 3,55 € à l’hectolitre comparée à la nouvelle sur les sodas qui s’élève à 4,3 € /hl ! (2)

Ca tombe bien, en ce moment c’est la période des Foires aux vins !

Petitgrognon

(1) Fruits et légumes: les nouveaux enjeux en 2009 (rapport de Jacques REMILLER, député de l’Isère en mission auprès du Premier ministre – 7 janvier / 6 juillet 2009)

(2) source : Agence nationale des industries alimentaires.

RAS LA TOQUE DU “Y’A BON POUR LA SANTÉ”

« Paroles, paroles… » Ça suffit, on veut des preuves !

C’est en gros ce que vient d’affirmer l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) devant les promesses de « y’a bon pour la santé » figurant sur les étiquettes de plus de 2000 produits alimentaires. Et de les rejeter, faute de preuves scientifiques.

Sacré courage de s’opposer ainsi aux lobbies du marketing des grands groupes de l’industrie alimentaire. Car ceux-ci s’étaient engouffrés depuis des années sur un créneau lucratif pour mieux vendre leurs produits, en nous faisant croire qu’ils allaient améliorer notre santé.

Fini donc les « renforce le système immunitaire », fini les « bon pour le transit », fini les « fait baisser le cholestérol » inscrits sur les emballages, comme sur une ordonnance ! On ne sera plus trompés sur la marchandise, par des allégations mensongères, sauf bien sûr si des preuves scientifiques sont apportées.

L’étude menée pendant trois ans a ainsi révélé que plus de 80 % des étiquettes alimentaires de denrées commercialisées en Europe étaient trompeuses et mensongères !

Déjà fin 2010, Gerblé avait été condamné en appel pour avoir commercialisé des barres chocolatées censées stimuler la mémoire, alors que cela ne reposait sur aucune base scientifique vérifiable.

Certains sentant le vent venir, ont pris les devants. Ainsi Danone a renoncé à sa publicité pour le yaourt à boire Actimel, qui prétendait « renforcer l’organisme » grâce à un ferment lactique exclusif. Désormais elle affirme seulement « que bien manger, c’est d’abord se faire plaisir ».

Ont-ils enfin compris que le premier plaisir du consommateur est avant tout qu’on ne se moque pas de lui ?

Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DU BOYCOTT DU FOIE GRAS

Ach, nein ! Ça ne va pas recommencer !

A peine un critique américain vient-il de déclarer « la cuisine française en péril » (1),  que nos voisins allemands refusent notre foie gras au Salon alimentaire de Cologne qui va se tenir du 8 au 12 octobre prochain.

Les fleurons de notre gastronomie susciteraient-ils quelques jalousies dans la mondialo-sphère du bien manger ? A moins que certains aient du mal à digérer  l’inscription de « la table française » au patrimoine immatériel de l’Unesco ?

Mais que reprochent donc les Allemands à notre foie gras, pour le boycotter ainsi au salon ANUGA, un des premiers salons alimentaires au monde ?

Et bien, de ne pas respecter les critères de bien-être animal, à cause du gavage forcé des oies et autres canards que l’on force à engloutir moult bouillie de maïs, à l’aide de tuyaux enfoncés dans leur gosier.

Illico, les producteurs français, irrités comme le gosier des pauvres volatiles, se sont… égosillés auprès du ministre de l’Agriculture. Du coup, le 11 juillet, Bruno Le Maire a pris sa plume d’oie (comme il se doit en pareilles circonstances), pour alerter son homologue allemand sur les graves conséquences agro-économiques de ce boycott. Et de rappeler « que la France applique rigoureusement toute la réglementation communautaire sur le bien-être animal ». En ajoutant malicieusement qu’après le foie gras « demain toutes les viandes pourraient être pénalisées ». Le ministre dénonce-t-il ainsi les conditions d’élevage industriel des pauvres cochons, destinés à fournir à nos voisins d’outre Rhin, la charcuterie dont ils  raffolent ?

A tout prendre, on leur laisse volontiers leurs saucisses de Francfort… et on garde notre foie gras !

Signé : « Klein grognon »

 

(1) Michael Steinberger – voir l’article « Ras la toque du french bashing »

(c) photo lesdelicesdevanessa, restaurant l’Ere du Temps, Paris 17eme

RAS LA TOQUE DU FRENCH BASHING

La cuisine française : un chef d’œuvre en péril ?

C’est ce que prétend un critique gastronomique américain : Michael Steinberger, dans un livre qui porte ce titre provocateur.

S’agit-il d’un nouvel assaut de « french bashing », ce dénigrement des Français (1) dont sont friands les Américains ?

Jugez-en. D’après lui, la cuisine française mollement appuyée sur ses lauriers, serait devenue paresseuse et moins créative. La preuve : au classement international San Pellegrino 2010 des meilleurs restaurants du monde, le premier chef français, Inaski Aizpitarte n’arrive qu’en neuvième position, avec son restaurant parisien Le Chateaubriand (2). Derrière des Danois, Anglais, Espagnols… et un Américain.

OK « old guy », mais tous les gastronomes n’ont pas la chance de faire le tour du monde pour vérifier la valeur de ce classement. Alors what else ?…

Autres preuves, dit-il, les Français passent deux fois moins de temps à table qu’il y a vingt cinq ans… ils  boivent deux fois moins de vin… et les Françaises désertent leurs fourneaux domestiques. Autre présage de cette mort annoncée : la pasteurisation menace nos grands crus de camembert. Et puis, la fréquentation des restaurants est en baisse. Pire, la France est devenu le deuxième pays au monde le plus rentable pour McDonald’s…

Bon, allez, cher cousin d’Amérique, nous acceptons vos critiques comme un cri d’amour et d’alerte pour notre gastronomie. Qui aime bien châtie bien !

De notre côté, c’est juré, on ne se permettra pas de critiquer vos burgers, nuggets bien gras, pop tarts gorgées de sucre et muffins bourratifs. Quant au beurre de cacahuète dont vous tartinez vos PB&G (3), on ignore s’il est pasteurisé.

Mais croyez bien qu’en dehors des grandes tables internationales, on continue d’apprécier les recettes gourmandes de nos auberges du terroir… même si elles n’ont pas le charme de vos motels d’Arizona.

Littlegrognon

(1) Ils nous traitent volontiers de « cheese eating surrender monkeys » (« singes capitulards mangeurs de fromage ») depuis un célèbre épisode des Simpsons datant de 1995 ; expression réutilisée par la presse américaine lors de notre refus de participer à la guerre en Irak en 2003.

(2)Restaurant Le Chateaubriand – 129, avenue Parmentier – 75011 PARIS

(3) Peanut Butter and Gelly sandwich

(c) illustration Wil Cormier

RAS LA TOQUE DE BOUDER LE CONCOMBRE

Pauvre cucurbitacée ! Il revient de loin…

Ach… ! Vous pensez aux Allemands qui l’avaient injustement accusé d’être porteur d’une bactérie mortelle ??…

Mais, vous n’y êtes pas. Il revient de loin parce qu’il est né en Inde. Il a même été cultivé sur les bords du Nil par les Egyptiens qui l’offraient en offrande à leurs dieux. Il était très apprécié aussi des Grecs et des Romains qui le faisaient pousser sous cloche.

En France, c’est ce sacré Charlemagne qui en a ordonné la culture dans ses domaines. Jusqu’à Louis XIV qui en était très friand et consommait les concombres poussés sous serre à Versailles.

Un légume emblématique donc, qui a très tôt été reconnu pour son goût et ses vertus. Il calme vite la faim sans faire grossir car il est constitué à 95 % d’eau. Chouchou des régimes minceur, il est pauvre en calories (10 kcal pour 100 g), mais riche en calcium, potassium et magnésium.

Alors pourquoi s’en priver ? Surtout qu’on peut le déguster de diverses façons.

C’est vrai que beaucoup de consommateurs, récemment affolés par les médias, ont…cru que c’était… cuit pour le concombre.

Quoi qu’il en soit, cru ou cuit, pas question de le bouder !

Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DES MELONS FADASSES

  • Pourtant il avait la peau lisse !…
  • Oui, mais lui as tu reniflé le pédoncule ?
  • Bien sûr, en plus je l’ai choisi bien ferme et lourd…

La discussion peut continuer comme cela longtemps. N’empêche que votre melon, il n’a pas de goût. Et que vous êtes encore une fois déçu(e).

Comment faire alors pour choisir à coup sûr un bon melon mûr, sucré et savoureux ? Surtout que c’est la pleine saison et qu’ils ont dû se gorger de soleil !

Les conseils avisés ne manquent pourtant pas.

Allons voir du côté des spécialistes, comme le Syndicatdes maîtres melonniers de Cavaillon (*). Leurs recommandations sont simples :

Un bon melon doit avoir dix tranches bien marquées d’une rainure vert foncé. Le « pécou », c’est-à-dire la petite queue, doit être prête à se décoller, signe d’un mûrissement à point. Autour de ce pécou doit se dégager la fameuse bonne odeur. Inutile donc de lui renifler le mamelon de l’autre côté. Et, bien entendu, le soupeser pour apprécier son poids de sucre… et de saveur !

Partant de là, on ne devrait donc pas se tromper de beaucoup.

Moi, j’ai un autre truc infaillible pour se régaler. Une fois coupé en deux et ses pépins ôtés, j’incise la chair orangée de petites fentes et je le remplis de porto.

Si, si vous verrez. Les saveurs mélangées du melon et du porto sont un délice, même si le melon n’était pas au top.

En plus après l’avoir dégusté, je ne sais pas pourquoi, mais on se sent tout euphorique… Ça doit être le soleil… !

 Signé : Petitgrognon

(*) http://www.melondecavaillon.com/index.php

PARMA OU BELLOTA… RAS LA TOQUE DE TRANCHER !

A tous les déçus du jambon cru, mes frères, voici quelques arguments pour nous réconcilier avec ce produit, qui reste exceptionnel… quand on le choisit bien !

Tout d’abord… on bannit le jambon cru proposé sous vide ou sous plastique dans notre supermarché habituel.

Ensuite, direction le charcutier traiteur ou l’épicerie fine du quartier, pour s’enquérir de l’origine des jambons qu’ils détaillent.

C’est là où ça se corse… (façon de parler), car aujourd’hui, on ne parlera que d’Italie ou d’Espagne.

Zoom sur le « prosciuto di parma ». Comme son nom l’indique, il provient de Parme. Protégés par une AOC, les meilleurs sont issus de porcs nourris au petit lait de parmesan et affinés entre 12 et 24 mois. Mais, son arôme délicat, sa saveur presque boisée et son moelleux en bouche, ne s’exprimeront vraiment que tranché à la machine, fin comme du papier à cigarette ! Sa chair rose nacrée excite alors déjà nos papilles.

Et son grand rival espagnol, le « bellota ». Plus compliqué à cerner, faute d’appellation protégée. Il faut alors se fier à sa région d’origine : Jabugo, Guijuelo ou Extremadura. Là où sont élevés ces porcs noirs (pata negra), nourris de glands (bellota). Après 24 mois d’affinage, ils expriment toute leur saveur de noisette, coupés à la main en copeaux très fins. Sa chair rouge sombre, luisante, voire suintante, ravira les palais amateurs d’un goût plus marqué.

Entre le jambon italien de Parme et le jamon iberico, difficile donc de trancher !

Autant goûter les deux !

 

Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DES PIQUE-NIQUES AU THEATRE

A peine le 3ème coup martelé par le « brigadier », voilà ma voisine qui fait éclater l’ouverture de son paquet de chips… Histoire de se tenir prête à compenser toute émotion trop forte, provoquée par cette pièce de boulevard.

Et, ça ne tarde pas. Au premier échange, un peu violent, entre les personnages, voilà qu’elle plonge sa main potelée dans l’orifice sonore du sachet le faisant crisser dans un frou-frou de papier froissé.

Désormais, toute expression triviale, tout retournement de situation sur scène va s’accompagner d’un engloutissement compulsif, d’une poignée de patates séchées, sur fond sonore de mâchouillements mandibulaires.

Ras la toque des pique-niques au théâtre !

Heureusement vient l’entracte. Histoire de me dégourdir les jambes, je me lève pour rejoindre l’allée. D’un geste volontairement maladroit, je m’arrange en passant devant elle pour bousculer son précieux encas qui choit par terre, en y répandant le reste de son contenu.

Le temps de tout ramasser, l’entracte sera terminé et elle n’aura pas le loisir de courir au bar, pour se réapprovisionner…

A quand une annonce au début du spectacle pour demander de laisser fermer, non seulement son portable, mais aussi ses paquets de chips et autres pop co ?

 Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DE POIREAUTER AU RESTO

 « Laissez mijoter ! » …Conseil souvent donné dans les recettes de cuisine. Le problème, c’est que certains restaurateurs l’appliquent aussi à leurs clients. Oublieraient-ils qu’on se présente dans leur établissement parce qu’on a faim ?

La carte se fait attendre. On tente de nous faire patienter avec un apéritif, histoire de rallonger l’addition.

Pour calmer nos impatientes papilles, voilà quelques mises en bouche. Fameuses, mais elles excitent encore plus notre appétit, vu leur côté minimaliste. Encore un prétexte pour nous laisser en plan. Le vin commandé, il y a déjà un quart d’heure, nous console en guise d’apéritif. Et, difficile de ne pas piocher dans la corbeille de pain, alors que notre assiette reste désespérément vide.

L’angoisse monte d’un cran, pendant qu’on déguste enfin notre entrée : sera-ce aussi long pour le « plat du jour » ?

Ce dernier arrive, lui, trop vite, à peine le temps de reposer notre fourchette….

Et puis, nouvelle attente pour le dessert, alors qu’il nous nargue depuis le début du repas dans sa vitrine réfrigérée.

Ainsi, le chef décide du rythme de notre repas. Pur sadisme ou tout simplement souci de faire désirer « les œuvres d’art » qu’il concocte en cuisine et qu’il sait promise à un sort trop éphémère ?

 Signé : Petitgrognon

RAS LA TOQUE DE TES CAPSULES, GEORGES !

Pire qu’un piano qui tomberait du ciel…, c’est carrément le ciel qui m’est tombé sur la tête.

Pensez donc : après avoir acheté (un bon prix !) ma super machine pour me régaler de tous les meilleurs crus de café promis par la pub, me voilà faisant la queue pour acheter mes capsules magiques. Et oui, n’est pas qui veut amateur de Nespresso ! Faut montrer patte blanche pour déguster un petit noir. Ou plutôt avoir le sésame, c’est-à-dire la carte du club qui vous donne droit de vous approvisionner dans un des espaces « tendance » de la marque.

Bon, passons sur cette touche de snobisme consumériste.

Mais le comble, c’est qu’en attendant sagement mon tour, je suis soudain agressé par les commentaires ambiants sur les prétendus dangers de ces onéreuses capsules !

Elles contiendraient une substance cancérigène, le furane, qui se diffuse dans le café sous l’effet de la pression et de la chaleur de l’eau … !!! Si, si, c’est une toute récente étude scientifique espagnole qui le prétend (*).

Bon, d’accord, faut relativiser, ça ne serait vraiment dangereux pour la santé qu’au-delà de vingt capsules par jour. A ce rythme là, c’est plutôt mon palpitant qui risque d’imploser avant ! Et mon porte-monnaie…

Sacré Georges ! Lui qui se « prête » à la promotion du produit (au fait, Nestlé lui a versé combien ?), il va être furax que son nom soit associé à furane.

Signé : Petitgrognon 

(*) d’après le professeur Javier Santos, du département de Chimie de l’Université de Barcelone. Etude publiée dans le journal Food Chemistry.

(c) photo Nespresso

RAS LA TOQUE DES CARAFES D’EAU PAYANTES AU RESTO

 Bingo…ou plutôt bing… eau ! Les patrons de resto ont trouvé un nouveau moyen de nous rançonner un peu plus. Après avoir « oublié » de répercuter la baisse de la TVA sur l’addition, voilà qu’ils sont de plus en plus nombreux à nous faire payer l’eau servie en carafe !

Mais direz-vous… c’est illégal ! Les textes officiels confirment en effet que le prix des plats et menus doit inclure le prix de la carafe d’eau, laquelle doit donc être fournie sans facturation spécifique (1).

C’est compter sans les as du marketing ! Pour faire face à la baisse des ventes d’eau minérale dans les restaurants, des fournisseurs très astucieux, comme le suédois Fresh Nordaq (2) leur vendent des systèmes pour surfiltrer, purifier et rafraîchir l’eau du robinet. Et même la rendre pétillante grâce à des cartouches de gaz carbonique intégrées.

Y a plus qu’à la verser dans des carafes gravées au nom du fournisseur et le tour est joué ! Ah j’oubliais, on vous la facture entre 3 et 7 € !

Et ça marche. Les écolo-bobos s’extasient même devant ce geste pour la planète, vu tout ce qu’on évite ainsi en transport et en recyclage des bouteilles vides…

Tous comptes faits, entre une eau minérale surfacturée et une eau du robinet pas gratuite, je préfère encore du vin au verre !

 Signé : Petitgrognon

(1) Textes applicables : Arrêté n° 25-268 du 8 juin 1967Arrêté du 27 mars 1987- Arrêté du 29 juin 1990 – Article L113.3 du code de la consommation

(2)http://www.nordaqfresh.com/