LE KHALIFE (à la place du Khalife)


Le restaurant libanais le Khalife est une institution de la rue de l’Ouest depuis 1989. C’est tout dernièrement que le restaurant a changé de propriétaires et de décor. Mais que les inconditionnels du Khalife soient rassurés, le sympathique chef est toujours là !

C’est un bel endroit que nous découvrons, murs de pierres apparentes, poutres au plafond, tadelakt orange derrière de grands tableaux aux belles dorures. Banquettes de velours rouge, tables nappées de blanc (que seul ce set en papier vient gâcher).

Les fameux petits navets vinaigrés nous font patienter et voilà que la valse des mezze commence. C’est ce que j’adore dans la gastronomie libanaise : on a l’impression que ça ne s’arrête jamais. Hommos, labneh (fromage blanc), caviar d’aubergine, taboulé, puis falafels, petits chaussons à la viande, au fromage et une dernière assiette qui nous ravit : du foul ! Ce plat méditerranéen (que l’on déguste surtout en Egypte) est rarement servi dans les restaurants libanais, il est donc très rare d’en découvrir sur une carte.

Souvenir ému d’un voyage au Caire, je suis ravie de pouvoir à nouveau goûter un foul (fèves mijotées à l’huile d’olive, citron, tomate, persil et menthe). C’est aigre, parfois acide mais j’adore ça. Le “vrai” que l’on trouve dans les petites échoppes du Caire est relevé à la crème de sésame, encore meilleur !

Le reste des mezze est très fin. Le caviar d’aubergine a un petit goût fumé, le hommos est bien épais, les chaussons dévoilent un fromage tout chaud.  Nous enchaînons sur quelques grillades : poulet et bœuf mariné aux herbes. C’est plaisant car plein de saveurs. Un conseil : gardez vos petites écuelles contenant le caviar, le labneh et l’hommos, c’est un délice de les associer à la viande ensuite.

Le service se fait non sans humour, les prix sont corrects, l’endroit est cosy. Les nouveaux propriétaires sont fiers de leur décor et on les comprend.

Le Khalife. 38 rue de l’Ouest. 75014. Tél : 01-43-21-33-53. Ouvert tous les jours. Métro Gaîté. Site ici. Mezze 19,90 € par personne. Formule midi à partir de 13,90 €.

RAS LA TOQUE DU FAUX CAMEMBERT DE NORMANDIE !


Quoi de plus savoureux qu’un vrai, qu’un authentique « camembert de Normandie », fait à cœur, avec sa croûte « fleurie », blanche et feutrée et sa pâte couleur ivoire, lisse et souple ?

Oui, mais attention, pour se régaler de ce produit d’exception, il faut se méfier des contrefaçons !

Car le véritable « camembert de Normandie » bénéficie d’une AOC (appellation d’origine contrôlée) qui certifie qu’il est fabriqué dans le respect de la tradition, moulé à la louche, à partir de lait cru produit exclusivement dans le terroir normand.

Ce qui n’est évidemment pas le cas de la majorité des camemberts qu’on va trouver en grande surface. Car, seuls 5% des camemberts peuvent revendiquer cette appellation, renforcée depuis 1996 par une « appellation d’origine protégée » l’AOP.

C’est que le cercle des producteurs du véritable camembert de Normandie est restreint : seulement neuf producteurs de fromage et 500 producteurs de lait qui ont bien du mal à écouler chaque année 4 500 tonnes de leur précieux produit sur un marché qui totalise vingt fois leur production !

On comprend mieux leur combat contre les industriels du secteur laitier qui trompent le consommateur, avec la mention « fabriqué en Normandie », sur leurs emballages, sans préciser ni le procédé de fabrication, ni de quelles régions provient le lait.

Irritée par cette concurrence déloyale, l’association de défense de l’appellation AOC camembert de Normandie vient de lancer une action en justice contre les groupes laitiers Lactalis, Bongrain et Isigny Sainte-Mère. Sont aussi dans le collimateur les géants de la distribution Leclerc, Intermarché, Système U, Lidl et Monoprix qui collent sur les boîtes de fromage de leur propre marque, l’étiquette « camembert fabriqué en Normandie ».

La lutte du pot de lait contre le pot de fer, en quelque sorte !

Sans attendre le sort réservé à cette action en justice, amis amateurs du vrai camembert de Normandie : ralliez vous au sigle AOP qui vous en garantit la provenance !

Petitgrognon

LA CARTE PRIMAVERA DE NOLITA


Nolita, j’en ai déjà fait un long billet ici.

Je suis retournée cette semaine goûter la nouvelle carte de printemps du chef italien Vittorio Beltramelli. Son ambition pour le restaurant Nolita ? “Que les Parisiens découvrent ce qu’est la vraie cuisine italienne, à la fois authentique et accessible. Elle revient aux sources et fait la part belle aux produits. Elle s’inspire directement des recettes de différentes régions d’Italie”.

Stracciatella di bufala, tomates de Sicile, poulpe, vitello tonato, risotto aux asperges, bar de ligne rôti à l’origan, lard de Colonnata, tagliatelles piémontaises accompagnées de homard breton.

En dessert : pannacotta au basilic, duo de mousse de marrons du Piémont et ananas Victoria, tartelette chocolat blanc et framboises, guimauve au citron, voici quelques-uns des nombreux mets qui accompagneront peut-être votre printemps chez Nolita.

NoLiTa. 2, rond-Point des Champs-Elysées. 75008. Tél : 01 53 75 78 78. Ouvert tous les jours. Formule dégustation 79 €. Site.

LE SONDAGE DU MERCREDI


LE COMPTOIR DE BRICE


Encore un candidat Top Chef ? Oui mais c’est à cause de Violette et de son article très bien écrit sur le burger de Brice Morvent (promo 2010). Paraît-il le meilleur burger du moment. Allons vérifier.

Brice a choisi d’ouvrir son restaurant à l’intérieur du marché couvert Saint-Martin, endroit où il a toujours acheté ses produits et puisé son inspiration.

Comme le nom du restaurant l’indique, c’est un comptoir. On est invités à s’asseoir sur les hauts tabourets comme si on arrivait chez un ami pour l’apéritif, occupé à finir de préparer le dîner dans sa cuisine américaine. Des petits crochets ont été pensés pour les sacs, bonne idée ! A droite du comptoir, une petite salle de 10 couverts et derrière nous, de grandes tables entourées de bancs.

On s’installe donc au comptoir, on papote avec Brice, qui semble ravi de constater que le bouche à oreille commence à fonctionner. La compotée d’oignons est prête, les petits buns maison finissent de lever dans le four. Eh oui la grande spécialité de Brice est le burger. Burger qui était au départ prévu uniquement le dimanche, mis depuis à la carte en semaine devant l’insistance (et les menaces) de certains :-) .

Nems de crevettes, makis de poulet, ratatouille niçoise non non non, nous on veut le burger. A peine la commande prise, Brice s’empresse de faire fondre un beau morceau de comté sur 2 petits steaks. Les buns sont tout chauds, un peu de compotée d’oignons maison, un peu de sauce magique (savora, câpres, ciboulette, persil, pickels), un gobelet de frites, un peu de mesclun et les assiettes sont déjà prêtes.

Brice renouvelle un peu le genre des burgers en les présentant par 2. Excellente idée. Non seulement ils sont plus faciles à tenir, à déguster, mais en plus rien ne tombe du bun, tout reste bien emprisonné. Le petit pain fond dans la bouche, les graines de courge à son sommet le parfument légèrement. L’épaisse tranche de comté a presque imbibé le steak préparé saignant. La sauce apporte une touche d’acidité, la compotée du sucre. Son burger est parfait ! Meilleur que celui de chez Blend en tout cas.

Les frites ? Épaisses, coupées au couteau, croustillantes à l’extérieur, fondantes à l’intérieur. Et j’aime cette couleur brune très gourmande.

Ces deux petits burgers ne paient pas de mine mais ils sont costauds. J’ai commandé un dessert pour les besoins du blog (dur métier) mais la formule burger/frites/salade est amplement suffisante pour un déjeuner.

Le petit sablé sent bon le beurre. Il est ferme mais tendre, et la petite rigole chocolat-noisette est un vrai régal, j’ai triché et je l’ai dégusté à la petite cuillère. Le salé du beurre, le sucré du chocolat et le croquant des grosses noisettes en font un dessert ultra gourmand.

Nous sommes un peu moins convaincus par la gaufrette qui s’effrite et l’amarena au goût très prononcé, mais j’observe avec admiration la préparation d’une crème fouettée minute par Brice.

C’est très agréable d’être accoudé au comptoir, de les voir travailler en équipe, on assiste à un ballet où chacun a sa place. Les produits viennent du marché, la cuisine de Brice est inventive et savoureuse, le service est attentif et je ne sais pas si c’est le burger ou les couleurs provençales du restaurant mais tout le monde avait le sourire. On s’y sent bien chez toi Brice.

Le Comptoir de Brice. 33 rue du Château d’Eau, 20 rue Bouchardon, dans le marché couvert Saint-Martin. 75010. Tél : 07.87.36.77.38. Pas de réservation. Fermé dimanche soir et lundi. Brunch le dimanche et ateliers de cuisine.

RAS LA TOQUE DES OEUFS DE PÂQUES PAS CHOUETTES !


« Chouette !… c’est bientôt Pâques ! » hulule le hibou.

Et d’imaginer dès maintenant la chasse aux œufs dans le jardin ou sur le balcon.

Les œufs de Pâques symbolisent le renouveau, la « sortie de la coquille hivernale » mais aussi la sortie du Carême, période pendant laquelle on ne devait pas manger d’œufs. D’où la tradition de les décorer pour ne pas les perdre, vu que les poules continuent de pondre comme si de rien n’était.

Côté décor, laissons de côté les oeufs pas vraiment sexy qu’on trouve amoncelés dans les grandes surfaces, du style Kinder Surprise, habillés de bleu-blanc-rouge. Sous l’habillage : du sucré, du vaguement chocolaté et de l’émulsifié… vendu 19 € le grand modèle !

Tournons-nous plutôt vers de vrais maîtres chocolatiers qui font assaut d’imagination pour revisiter les chocolats de Pâques. Ils nous proposent des créations à faire chavirer, comme la chouette ci-dessus imaginée par Jean-Paul Hévin (1).

Toute de chocolat noir et au lait, elle contient un assortiment de fritures et de chocolats fourrés. Il vous en coûtera 32 € pour ses 170 grammes bien pesés. C’est le prix de la qualité artisanale. Si vous préférez un assortiment traditionnel d’environ trente pièces, évidemment c’est moins cher : 13,10 € les 90 grammes, mais vous n’aurez pas la chouette.

La chasse aux trésors commence donc dès maintenant pour être livré à temps d’un cadeau original pour cette fête du printemps retrouvé.

Le site : http://www.lexpress.fr/styles/ vous guidera parmi de nombreuses propositions de gourmandises en ligne.

 

Petitgrognon

 

(1) http://www.jphevin.com/catalogue.php?type=expediable

(c) Jean-Paul Hévin

L’ATELIER DE JACQUES


C’est une petite adresse cachée. Dans ce coin du 19eme où les rues sont bordées de jolies maisons de ville, les chanceuses étant pourvues d’un petit jardin, se cache l’Atelier de Jacques depuis quelques mois.

Un piano arbore fièrement de belles chandelles, les poutres au plafond apportent de la chaleur, et pour le côté chic : les tables sont élégamment nappées de blanc. Pour casser ce classicisme, on compte sur le carrelage en damier au sol.

En cuisine, Jacques Liu, est passé par les cuisines des plus grands chefs étoilés avant de se lancer en solo. Son second est italien. A eux deux ils ont pensé une carte franco-italienne mais attention pas de vulgarisation, les deux hommes travaillent ensemble et essaient de fusionner le meilleur de ces deux gastronomies.

Nous découvrons en entrée des courgettes marinées au citron, écailles de parmesan, la terrine maison aux noisettes, le millefeuille d’aubergines à la sorrentina, des antipasti, un tartare de saumon et une déclinaison autour du foie gras. Le directeur me vante les mérites de la terrine que je m’empresse de commander pendant que mon invité opte pour le tartare de saumon.

Tout rond, le tartare est bien frais, de petits bouts de concombre le garnissent, une délicieuse entrée légère même si on aurait aimé sentir un peu plus le wasabi. Son intervention est trop discrète.

La terrine de campagne est parfaite : pleine de saveurs, elle se tient à la découpe et les grosses noisettes lui apportent du croquant.

Entrées de 4 € à 16 €.

Je suis restée en France pour l’entrée, je m’envole en Italie pour la suite et je commande les pasta du jour : des fagotini au jambon. Qu’ils sont mignons ces petits fagots, de petites bourses toutes rondes, et bien garnies. Si l’intitulé du plat « au jambon » pouvait paraître simple il n’en est rien. La sauce est parfumée au safran et se teinte d’une belle couleur jaune/orange, des petits bouts de lardons grillés donnent de la matière et j’apprécie le subtil goût du romarin, déposé en petites touches. Les chefs sont généreux, je dois me faire aider pour venir à bout de mon assiette.

Christophe enchaîne sur un magret de canard servi avec des fruits et légumes d’hiver. La cuisson a été respectée, il désirait sa viande « entre rosée et à point », le jus à la betterave et au miel est une bonne idée. L’association du sucré fonctionne toujours avec le canard.

Plats de 12 € à 25 €.

Le directeur, qui est aussi sommelier, n’aura aucun mal à vous conseiller les vins. Côtes de Gascogne, Riesling, Saumur, Pinot noir, les bouteilles vont de 20 € à 70 €. Nous tentons un Graves 2000, Château d’Ardennes, parfait avec la terrine ou le magret.

Les desserts, comme tout le reste d’aillers (pas de congélateur ici !), sont faits maison. Crème brûlée à la lavande, titamisu, marquise au chocolat, blanc-manger au coulis d’agrumes… Comptez de 6 € à 9 € pour les desserts.

Nous tentons un « tout chocolat », moelleux pour moi, marquise en face. Le moelleux a été fait minute, son cœur coulant se répand très vite dans l’assiette. Son goût est divin mais il aurait mérité une minute ou 2 de cuisson supplémentaires. J’apprécie que le coulis ne le recouvre pas.

Comme la recette de la marquise l’exige, c’est un gâteau sans cuisson, ce qui surprend au départ Christophe, qui trouve son dessert très dense et fort en cacao. Mais quand 4 minutes après je vois l’assiette vide, j’en déduis que cela lui a plu.

Une belle découverte que ce restaurant caché. La cerise sur le gâteau arrive après le dessert quand le directeur nous annonce l’ouverture prochaine d’une grande terrasse de 30 couverts. Mais où ? Sur le toit ! Ambiance campagne à Paris avec petites loupiotes, énorme parasol et pelouse au sol ! Ouverture aux premiers rayons de soleil. Les places vont être chères, n’hésitez pas à réserver si vous voulez manger les pieds dans l’herbe.

L’Atelier de Jacques. 9 rue du Tunnel. 75019. Tél : 06 77 96 33 81. Métro : Place des Fêtes, Botzaris. Fermé samedi midi, dimanche et lundi. Formule déjeuner 12 €.

LE SONDAGE DU MERCREDI


CARPACCIO DE SAINT-JACQUES, CRÈME AIGRELETTE


Recette testée et approuvée par 5 gourmands la semaine dernière :-)

Ingrédients :

- 4 à 5 noix de saint-jacques par personne

- mâche

- vin blanc 50 cl

- crème liquide 35 cl

- 4 échalottes

- 1 citron vert : le jus et les zestes

- beurre, poivre

Préparation : 

Le plus long de la recette va être de réaliser une belle rosace dans l’assiette. Pour cela vous prenez des feuilles de mâche que vous allez disposer en cercle dans l’assiette en laissant de la place au milieu.

Au centre de ce cercle, vous allez créer une jolie rosace avec vos noix, coupées en carpaccio. Ce n’est pas compliqué du tout de couper une saint-jacques crue : vous enlevez le frein (cette partie un peu dure sur le côté), vous tenez fermement la noix (debout) et vous tranchez finement des rondelles, on peut en faire 3 à 4 dans la même noix.

Un petit peu de jus de citron vert et hop au frais.

Pendant ce temps vous préparez la sauce : faites revenir 4 échalottes dans du beurre puis à feu très fort versez le vin blanc, en 2 fois, et arrêtez l’évaporation quand il vous reste environ 30% de liquide. Rajoutez la crème, le poivre. Laissez refroidir votre sauce en dehors du feu et versez-là sur les coquilles bien froides.

Décorer avec des zestes de citron vert. C’est une recette pour une entrée, si vous voulez la servir en plat principal vous pouvez rajouter un cercle de rondelles de rattes, à l’intérieur du 1er cercle.

CHEZ GABRIELLE


Chez Gabrielle c’est une institution début XXe siècle. 1908 exactement. C’est une histoire de gastronomie bien sûr, mais aussi de transmission. La tradition veut que le couple de propriétaires partant à la retraite vende à un nouveau couple plus jeune à l’état d’esprit le plus proche du leur, et ainsi de suite…

C’est le couple Lesouef qui, depuis 2000, a hérité du bébé. Nathalie est en salle, son mari, autodidacte au départ puis “sacré” Maître Restaurateur, est aux fourneaux.

Le bon goût de Nathalie s’exprime dans la salle, c’est élégant et contemporain. Jolies lampes qui tamisent la lumière, du bois, de la belle vaisselle, du beige/crème aux murs.

Philippe travaille uniquement du produit frais, de saison, qu’il conjugue à une cuisine traditionnelle française, point d’orgue de la maison.

Velouté de morilles crème fouettée au lard, millefeuille de légumes provençaux, salade de saint-jacques rémoulade de pomme et céleri et escalopine de foie gras poêlée au Gaillac. C’est sans hésiter que je choisis le foie gras : juste saisi, il est fondant à coeur, le Gaillac a bien imbibé le pain d’épices, les saveurs explosent en bouche. La rémoulade revisitée avec les saint-jacques est originale et légère.

La maison est connue, paraît-il, pour ses rognons. C’est commandé. Le chef a eu l’intelligence de les présenter séparés (un rognon entier n’est vraiment pas appétissant), la cuisson est parfaite, ils sont braisés à l’Armagnac. Le gratin dauphinois l’accompagne dans sa petite cassolette. Un vrai gratin ! Avec les bords frottés à l’ail comme il se doit. Le chef aime travailler le vin et l’alcool dans ses propositions, les saint-jacques du plat principal sont ainsi flambées au Noilly Prat, un régal !

Autres propositions du moment fort alléchantes : caille rôtie aux raisins, filet de boeuf à la crème et au parmesan, filet de bar et son coulis de fruits de la passion, filet de rouget à la crème de romarin…

Pas de vulgaires crème brûlée/mousse au chocolat/tiramisu ici mais des desserts inventifs et travaillés. Ci-dessous un croustillant de framboises, mousse de basilic et coulis de fruits rouges. Un croustillant dont l’intérieur ne s’effondre pas quand on le casse, chapeau ! La mousse est aérienne, le basilic très présent. Une belle idée de dessert, à moins que vous ne lui préfériez la pêche rôtie au Cognac ou le millefeuille de pain d’épices toasté glace à la réglisse…

Chez Gabrielle on renoue avec le vrai plaisir de la gastronomie française traditionnelle, et ce, à deux pas de l’Arc de Triomphe. Tout à fait le genre d’établissement que l’on aimerait suggérer à des amis étrangers de passage à Paris.

Chez Gabrielle. 7 rue de l’Étoile. 75017. Tél : 01 43 80 23 01. Métro Ternes. Ouvert tous les jours sauf samedi midi et dimanche. Menus 26 €, 31 € et 39 €.

RAS LA TOQUE DES FAUX OURSONS !


Déjà que la jeunesse nous file entre les doigts comme des cheveux de barbe à papa, va-t-on maintenant perdre le goût des vrais, des seuls, des craquants Petits Oursons Guimauve ?

Car les « POG », comme on les appelle entre initiés, c’est notre madeleine de Proust à nous qui sommes nés trop tard pour jouer les révoltés, un certain mois de mai 68.

Le petit ourson chocolat guimauve c’est comme qui dirait, un trophée, une petite chose qui console. Faute d’avoir pu crier notre colère en lançant des pavés contre tous ceux qui faisaient rien qu’à nous empêcher de nous exprimer, on s’est rabattus sur celui qui nous comprenait et nous permettait de le mâchouiller comme un succédané de totoche….

Oui mais, attention aux contrefaçons !

5o ans de fidélité à l’original enrobé de 30% de fin chocolat au lait, ça ne se trahit pas, même s’il est grossièrement copié par des industriels sans scrupule.

Nous, on veut l’authentique :

-       12 grammes d’intense douceur qui s’étire mollement sous la langue en se mélangeant aux pépites chocolatées de sa robe qu’on fait craquer d’une délicate pression de nos quasi dents de lait…

-       6 centimètres de haut, ni plus ni moins. Même si à cause de cette taille il supporte une TVA à 19,6%, alors que ses concurrents ont vu leur taille réduite à 5 cm pour bénéficier d’une TVA à 7%… !

L’authentique, c’est bien entendu l’ourson guimauve chocolat de la marque Bouquet d’Or, commercialisé par le chocolatier CEMOI qui l’a inventé en 1962.

Facile à reconnaître ! Vous le regardez droit dans les yeux et vous lui demandez : « C’est toi ? »,…vous verrez bien ce qu’il vous répondra.

 

Petitgrognon, en pleine régression

LE GALOPIN


Vous le reconnaissez à droite ? C’est Romain Tischenko, gagnant du concours Top Chef 2010. Romain a maintenant son propre restaurant, le Galopin, situé sur une jolie place du 10eme arrondissement.

Une salle, un bar, une cuisine ouverte, quelques tables en bois qui peuvent accueillir 25 couverts, pas plus. La déco est sobre, voire inexistante. Ici on se concentre sur l’assiette. Et pour être concentré il l’est Romain ! Pas le temps de papoter avec les clients, le jeune chef est complètement absorbé par ses recettes et par le dressage de ses assiettes. Ce sont de vrais tableaux qui sortent de sa cuisine, pas une assiette ne se ressemble, on a un peu l’impression d’être unique.

La carte écrite à la main, façon écolier modèle, nous annonce les principaux ingrédients. On ne sait pas comment ils seront cuisinés, il faut faire confiance au chef. De retour du marché, Romain aligne ses produits et commence à créer.

Mon complice de déjeuner découvre des Parisiens (des champignons de Paris), légèrement colorés de rose grâce à l’intervention de la betterave. La poitrine de porc et l’oeuf ont été mixés dans une sauce au goût très puissant, presque fumée.

Ma barbue à la chair nacrée se cache sous un nuancier de vert : jeunes pousses, pomme, oignons. C’est fin, délicat, les pommes semblent jouer au Mikado et tenir comme par magie sur le poisson. La carte nous annonçait de la fumée, elle est là, et prend la forme d’un nuage. Je ne saurai absolument pas dire quel goût elle avait, c’était juste aérien. A peine en bouche elle se dissipe, comme si on avait rêvé.

Marc enchaîne sur la variation “veau, carottes, piment“. La chair bien rosée du veau s’accorde avec les jeunes carottes et les betteraves caramélisées. Le piment vient tout juste ponctuer le plat sans l’assassiner.

Le gros coup de coeur de ce déjeuner va sans conteste à la daurade, accompagnée de choux et de citron. Les feuilles de choux attendent au fond de l’assiette, elles sont superposées façon millefeuille, les bords sont cuits, le milieu est croquant. Je découvre des petits crosnes (plante-racine qui ressemble à une petite limace) et mes héliantis (proche du topinambour) ont presque un goût de noisette.

Le citron est proposé en réduction, juste une petite pastille suffit (en bas à droite sur la photo) tellement est elle concentrée. Et les kumquats apportent la couleur. C’est parfait.

“Noisette, citron”, voilà l’intitulé du dessert qui arrive complètement déstructuré : éclats de caramel, biscuits et crème au beurre parfumée à la noisette. On a tout : le moelleux, le fondant, le croquant, de la douceur mais aussi de l’acidité. Voilà le talent de Romain : mélanger, jouer avec les produits. Et à le regarder oeuvrer, on a vraiment l’impression qu’il s’amuse.

Les formules sont proposées à 19 €, 21 € et 24 €, belle prouesse !

Le Galopin. 34 rue Sainte-Marthe. Tél : 01 42 06 05 03. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Belleville.

LE SONDAGE DU MERCREDI


ADÈLE’S FAMILY : BAGEL CAFÉ ET EPICERIE AMERICAINE


C’est en allant chez Blend que j’ai remarqué cette jolie façade jaune et violette. Des bagels, chouette ! La semaine suivante, je suis donc allée goûter ces fameux petits pains ronds troués.

Le décor est 100% girly, la clientèle aussi. Cause à effet ? :-)

Si le petit resto/boutique est chaleureux avec ses coussins, banquettes et autres petites guirlandes, l’accueil l’est moins. Dommage.

La carte nous propose des bagels donc, des soupes et des grandes salades à composer soi-même. Tous les bagels portent des noms américains. Quel membre de la famille allez-vous choisir ? Daddou, Big sis’, Twin Bro, Mom, Auntie ? J’opte pour le cousinou (le Couz’) : rillettes de thon, emmental fondu, guacamole, salade, pickles. Avec une boisson et une part de cheesecake ce sera parfait.

Le pain (au choix nature, sésame, pavot, oignons) est bien toasté, la garniture est généreuse mais je déplore la “fausse” salade. C’est trop de travail de laver une batavia ? Dans l’ensemble un bon bagel, mais bien moins bon que ceux de chez Bagels & Brownies, pas encore détrônés !

Les bagels sont automatiquement accompagnés de chips, j’aurais préféré un coleslaw ou une (vraie) salade.

Cookies, muffins, brownies, banana nut bread, cheesecake, carrot cake, strudel comptent parmi les nombreux desserts maison exposés au comptoir.

Le dessert sauve le bagel, le cheesecake est presque parfait. Sa crust se tient bien, l’appareil est crémeux et un fin glaçage lui apporte de la légèreté. Oui mais, il est un peu trop sucré, ce qui couvre l’acidité que l’on doit trouver dans ce gâteau. (aparté : le test des meilleurs cheesecakes de Paris se poursuit, je teste aujourd’hui celui de Marie Quatrehomme).

Mon amie Amélie se régale de son brownie qu’elle a cependant du mal à finir. Un peu trop sucré ?

Le plus de la maison : la carafe d’eau d’office sur la table et le café américain à volonté.

Adèle fait aussi épicerie. On fait son marché sur les étagères en hauteur : préparations pour cookies, peanut butter, céréales…

L’idée de l’after work est bonne (guacamole, tortillas, onions rings) mais Adèle ferme au plus tard à 19h, c’est donc un ultra-speed after work qu’il faut prévoir.

Les formules déjeuner sont honnêtes : 8,50 € bagel + boisson, 10,80 € avec un dessert.

Adèle’s Family. 67 rue d’Argout. 75002. Ouvert tous les jours, fermeture à 15h le lundi, 19h du mardi au vendredi et 18h le week-end.

LE COURT-BOUILLON


Après 7 ans passés à Levallois-Perret, Eric Achard (ancien chef de partie chez Taillevent et au Plaza Athénée), a posé ses valises – et ses casseroles – dans le 15eme arrondissement. Eric est aux fourneaux, sa charmante femme Isabelle est en salle. Le décor du restaurant est celui d’un bistrot chic avec ses nappes blanches, et ses tons crème sur les murs. L’ensemble est modernisé par quelques tableaux contemporains dont la plupart ont été peints par le chef lui-même. Il a d’ailleurs caché une belle déclaration d’amour à sa femme sur l’un de ses tableaux, saurez-vous la retrouver ? ;-)

C’est un Sancerre François Millet qui accompagne mon tataki de thon servi généreusement. Le poisson cru, légèrement saisi, est bien frais et la mousse de wasabi juste relevée vient provoquer le contraste en bouche. La petite gelée aigre-douce est presque de trop.

De belles saint-jacques d’Erquy juste snackées reposent sur un risotto crémeux au parmesan. Les derniers copeaux de fromage italien finissent de fondre sur les noix. Le produit est mis en valeur, le plat est gourmand et bien présenté.

Quand Eric ne cuisine pas les saint-jacques, il aime travailler les produits nobles comme le foie gras, le homard, les langoustines, les truffes sans oublier le terroir. Escargots, andouille, ravioles, pot-au-feu, joue de boeuf ont aussi ses faveurs.

Le chef travaille les desserts de l’enfance qu’il réinvente sans cesse en les habillant de thym, de cardamome… Je déguste une brioche façon pain perdu à la mie bien imbibée de lait, moelleuse. La tranche est caramélisée, servie très chaude, la boule de glace à la vanille ne résiste pas et semble fondre de plaisir.

J’aime les petites attentions du Court-Bouillon : de succulents grignotages accompagnent le café : nougatine éclatée et crème de citron vert. Même si l’appétit vient à manquer, on craque quand même.

L’élégance est de mise ici : en salle, sur les tables, en cuisine, dans les assiettes. La présence d’Isabelle y est pour beaucoup. Le talent du chef est manifeste. S’il faut trouver un bémol, je dirais que la formule déjeuner (entrée plat dessert) à 45 € est un peu chère, comparée à certains étoilés qui proposent aujourd’hui des formules autour de 38/39 €.

Le Court-Bouillon. 51 rue du Théâtre. 75015. Tél : 01 45 77 08 18. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Dupleix.