RÉTROSPECTIVE GOURMANDE


Je vous souhaite tout d’abord une belle année 2013. Qu’elle vous soit douce et gourmande ! Avant de passer aux réjouissances de 2013, petit flashback sur ce qui m’a le plus marquée en 2012.

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Janvier commence bien avec la découverte d’un fabuleux petit bistrot tenu par deux jeunes un peu fous. Leurs rillettes sont addictives. Le Bizetro.

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Février : je découvre à l’Agapé la noix de veau fumée au bois de hêtre, soit l’entrée phare de la maison à l’époque de Bertrand Grébaut, et toujours à la carte.

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Mars  : je déguste le meilleur burger de Paris chez Brice Morvent.

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Avril : rencontre avec deux grands chefs : Frédéric Vardon au 39V qui me régale avec sa lotte sauce safran et ci-dessous Yannick Alléno avec son veau chaud sauce gribiche au Terroir Parisien.

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Mai : pour les besoins d’un tournage télé pour France Ô je découvre Cédric Casanova et ses huiles d’olive précieuses.

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Puis je suis subjuguée par le talent de Frédéric Duca au restaurant gastronomique l’Instant d’Or. Ici, les ravioles d’artichaut.

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Juin : les 110 Taillevent revisitent les accords mets-vins.

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Le nouveau restaurant gastronomique Helen, soit le temple du poisson. Ici, les spectaculaires langoustines en soufflé d’aïoli.

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Juillet : je déjeune seule chez Pierre-Sang, au comptoir. Délicieux moment où l’assiette et nos échanges me régalent.

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Extase chez Sola où je déguste un des plats signature du chef Hiroki Yoshitake.

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Août : sur ma terre natale, Jean-Marie Baudic nous éblouit avec son menu à l’aveugle autour du poisson.

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Septembre : la grande Dame Anne-Sophie Pic s’installe enfin à Paris. Ses accords mets-parfums sont surprenants.

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Octobre :  Dorian Wicart me régale de ses pastillas de canette au W.

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Novembre : je goûte enfin la cuisine du grand Nobu au Royal Monceau, faute de l’avoir découvert à NY. Ici son black cod, un cabillaud mariné pendant 3 jours dans du jus de yuzu.

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Décembre : mes papilles préparent Noël grâce aux cupcakes de Chloé.

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Alexandre Bourdas quitte Honfleur le temps de nous faire découvrir son Rouergue et ses pascades.

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Merci à tous ceux qui m’accompagnent dans ces tests. Merci pour votre gourmandise et votre disponibilité.

Aux 1200 followers de Facebook, merci de "follow" :-) Je vais tenter de vous régaler encore pendant un an. Bientôt la barre des 2000 ?

Cette année 2012 a été riche en rencontres. Elles ont souvent débouché sur de belles collaborations professionnelles. Alors Alain, Sophie, Albert, Claude, Emmanuel, ce grand "MERCI" est pour vous !

FEL!Z


Fel!z c’est la boutique de vente à emporter imaginée par Frédéric Vardon, chef étoilé du 39V. Proposer une alternative aux gourmets pressés, voilà ce que qu’ambitionnait le chef. Bien manger, c’est possible dans le quartier d’Opéra mais c’est long et souvent cher. Manger rapidement c’est possible aussi, les chaînes comme MacDo ou Hippopotamus pullulent, mais ce n’est pas bon. Maintenant on peut bien manger, rapidement, et pour pas cher.

Tous les plats ont été imaginés par les chefs des Zinc (Zinc Genevilliers et Zinc Opéra) et validés par le grand chef. On retrouve ainsi des recettes proposées dans ces deux établissements. L’idée ? Manger comme au restaurant, mais dans un parc ou devant son ordinateur. Les plats sont absolument tous mitonnés dans les cuisines des restaurants et sont livrés chaque matin. Rien ne sort d’une usine.

On retrouve bien sûr des salades, sandwiches, croques mais aussi des plats du jour : filet de merlan, poitrine de porc, gratin de macaronis…

Le croque-monsieur est divin, presque comme une brioche. Il semble sortir du four. Et la terrine de saumon parfaitement assaisonnée. La salade de pâtes est avant tout un régal pour les yeux, c’est le carton de la maison.

Fraisier, Fontainebleau, gros macarons, moelleux au chocolat… Mon préféré : la mousse citronnée et son crumble coco aux grains si fins que l’on jurerait de la semoule. Gourmand mais léger. On accompagne son déjeuner d’un Dandy des Bas-Fonds de chez Borderline ou d’un jus Alain Milliat et voilà un déjeuner rapide, équilibré et gourmet. Seul petit bémol : aucun endroit pour accrocher les sacs et manteaux lorsqu’on déjeune sur place, des petits crochets seraient les bienvenus.

Fel!z. 16 rue de la Michodière. 75002. Tél. : 01 49 24 98 08. Ouvert du lundi au vendredi. Le site. Formules autour de 10 €.

(c) Janine Gebran (photos salle)

LE ZINC OPÉRA


Après le Zinc des Neiges et le Zinc Genevilliers, voici le dernier bistrot de Frédéric Vardon, chef étoilé du 39V, ouvert depuis peu dans le quartier de l’Opéra Garnier.

On est entre le bistrot chic et le boudoir, quelques tables hautes dans l’entrée, une tables d’hôtes et au fond de la salle, un espace plus grand pourvu d’une vingtaine de tables bien agencées.

Le printemps est là et les morilles qui vont avec. Sonia les déguste avec une crème à la ciboulette et deux oeufs mollet (dont un parfait, l’autre aurait mérité un peu moins de cuisson). L’ensemble est fondant et contraste avec la belle fermeté des morilles.

On célèbre encore le printemps, cette fois avec de belles asperges, proposées avec une sauce gribiche parfaite.

Sonia goûte ce qui semble être le plat phare de la maison : une volaille fermière accompagnée de morilles et d’un gratin de macaronis à la béchamel gourmande. Un plat que l’on a résolument envie de saucer.

Le tartare de thon est léger, fin, mais j’aurais aimé plus d’assaisonnement et une pointe d’acidité : citron vert ou citronnelle peu importe.

Les Zinc Gourmandises revisitent le café gourmand. La bouchée de brioche perdue dans son caramel est une bonne idée, la tranche entière est toujours trop lourde en dessert. Le moelleux au chocolat se déguste avec une Chantilly maison, aérienne. Gros coup de coeur pour les petits gâteaux aux pépites de chocolat fondantes : mi-sablé/mi-cookie.

Un bel établissement, servi par un personnel attentif, et une cuisine simple en accord avec les saisons, orchestrée par Franck Bérubé. Le menu printemps est en ce moment à 49 €.

Le Zinc Opéra. 8 rue de Hanovre. 75002. tél : 01 42 65 58 95. Fermé samedi midi et dimanche. Métro Opéra ou Quatre-Septembre. Site.

 

(c) première photo Janine Gebran

L’INTERVIEW GOURMANDE DE… FRÉDÉRIC VARDON


C’est après mon délicieux déjeuner au 39V que j’ai eu la chance de passer un moment avec le chef étoilé Frédéric Vardon qui s’est prêté au jeu de mon interview gourmande.

Les délices de Vanessa : Étiez-vous un enfant gourmand ?

Frédéric Vardon : Oui gourmand et gourmet mais je n’avais aucun ordre de priorité dans les goûts, je pouvais facilement passer d’une tarte au chocolat à un jambonneau de la boutique de mon père (ndlr : son papa était charcutier). Mon père était aussi un bon cuisinier, je n’ai par exemple jamais mangé une coquille saint-jacques congelée de ma vie, ça aide.

LDDV : les souvenirs de l’enfance sont aussi liés aux grands-parents, aux mamies en cuisine. Avez-vous des souvenirs de bons petits plats ?

FV : Oui des souvenirs émus. Mes grands-parents étaient éleveurs (bovins entre autres), je n’ai jamais vu ma grand-mère acheter quoique ce soit, à part l’épicerie. Tout venait du champ, directement dans l’assiette. C’est comme ça qu’on fonctionnait avant et la cuisine ne coûtait rien, pas comme maintenant. Le poulet était tué le vendredi pour le dimanche midi, on le dégustait avec les haricots verts du jardin. On tuait des cochons qui nous donnaient de délicieux boudins. Je me souviens aussi avec émotion de la génoise maison qui accompagnait le riz au lait.

LDDV : un coup de cafard, le moral au plus bas, que mangez-vous pour vous réconforter ?

FV : quand je ne vais pas bien, je ne me jette pas sur la nourriture, je préfère manger dehors. Mais ce qui me fait le plus de bien c’est d’aller à la campagne, regarder la nature, parler à l’oreille des chevaux…

LDDV : vous recevez des amis chez vous, que leur préparez-vous ?

FV : je ne cuisine pas beaucoup pour mes amis, ma femme le fait très bien. Mais quand il m’arrive de le faire je concocte quelque chose de très simple : une grande cocotte noire au milieu de la table, une bonne viande marinée dedans et des légumes. J’aime aussi préparer du veau ou du boeuf dans la cheminée. Je fais une grande différence entre mes amis et mes clients. Chez moi c’est sans chichi. Rien ne me fait plus plaisir qu’un bon steak à cheval avec des frites.

LDDV : on n’a pas les mêmes goûts à 20 ans qu’à 40 ans, existe-t-il un aliment dont vous aviez horreur et que vous appréciez maintenant ? Ou l’inverse ?

FV : mes goûts n’ont pas vraiment changé. Cependant grâce aux voyages avec Monsieur Ducasse partout dans le monde mon palais s’est "enrichi". J’ai toujours eu le goût des choses bien faites. Pour moi le génie c’est d’aller manger un bon poulet rôti parfaitement cuit et pas un dessert tapioca/mangue/gélatine, c’est de l’imposture ça !

LDDV : existe-t-il une cuisine étrangère que vous affectionnez particulièrement ?

FV : je dirais la cuisine thaï. Fraîche, goûteuse, cuisinée.

LDDV : Citez-moi un restaurant parisien auquel vous êtes fidèle ?

FV : sans hésiter "L’Assiette" rue du Château dans le 14eme, j’adore ce petit bistrot français traditionnel. Sinon j’ai un souvenir ému d’une volaille aux morilles dégustée à l’Ambroisie, et j’admire la simplicité de ce chef non médiatisé (Bernard Pacaud). Et enfin, quand je vais en Normandie, je m’arrête à Cormeilles au Diable Vert qui propose une cuisine "qui ne se prend pas la tête" comme ses adorables patrons Marc et Caro, de vrais aubergistes comme on n’en fait plus.

LDDV : que vous évoque l’été ?

FV : la chaleur, le soleil, la viande grillée, les fruits rouges et surtout les tomates. Il faut arrêter d’en manger l’hiver. Moi je ne fais pas ça. J’admire le travail de mon producteur Jean-Pierre dans la Manche. Il fait pousser des tomates dans ses bergeries. Au printemps, quand les agneaux naissent, il les met dehors et plante ses tomates sur un sol très riche (mélange de terre et de fumier). Elles n’arrivent pas avant le 20 juillet, elles sont même meilleurs que des tomates bio ! Il fait aussi des carottes et des potirons exceptionnels.

LDDV : on a tous nos petites hontes, quelle est la vôtre ?

FV : je peux manger des sacs entiers de fraises Tagada et aussi des nounours à la guimauve… que je décapite évidemment, c’est bien meilleur. Et je suis incapable de revenir d’une boulangerie une baguette à la main sans l’avoir entamée sur le chemin du retour. Je me fais gronder mais c’est pas grave.

LDDV : en conclusion, la gourmandise est-elle un vilain défaut ?

FV : dans un sens je dirais oui, car elle ne laisse pas de place à la médiocrité, elle rend intransigeant. Tout ne peut pas être parfait, c’est ce que je dis à mes enfants.

LDDV : ah bon ? ils mangent mal chez vous ? :-D

FV : non plutôt chez les autres. Mais il faut parfois mal manger pour savoir apprécier le bon.

Merci chef !

(c) 39V

LE 39V


"Dernier salon avant les nuages" disait Emmanuel Rubin dans le Figaroscope. Je crois qu’on ne pourrait pas mieux décrire l’emplacement et le décor du 39V, le restaurant du chef étoilé Frédéric Vardon.

Le lieu est unique, au dernier étage d’un immeuble donnant sur l’avenue Georges V. Il semble presque en apesanteur.

Le restaurant s’articule tout autour de ce jardin suspendu, loin de l’agitation de la ville en contrebas. L’accueil, une première salle, puis la salle principale. On continue de tourner et on tombe sur une table d’hôtes donnant sur l’effervescence des cuisines devant lesquelles on peut passer pour rejoindre l’accueil, du jamais vu !

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Frédéric Vardon, ancien second d’Alain Chapel à Mionnay, cherche la vérité du produit, qu’il dévoile dans une cuisine raffinée à la technique parfaite.

En entrée je découvre un gros oeuf mollet dans son émulsion, morilles et royale de morilles au fond de l’assiette. Quand la cuillère disparaît dans cette assiette creuse, on ne sait pas ce qu’elle va piocher. Va-t-elle casser l’oeuf et le laisser exprimer son jaune ? Va-t-elle pêcher une morille ou recueillir un peu de la royale échouée au fond ? C’est une surprise à chaque bouchée et les saveurs sont exquises. Rien que pour les morilles j’adore le printemps (et pour les asperges aussi).

La lotte en face de moi repose dans une nage jaune, presque fluo. Elle est parfaite car tendre et pas trop salée.

Les filets de sole sont agréablement accompagnés : garniture à la florentine, pignons de pain torréfiés et champignons tournés (vieille technique culinaire, vestige de la cuisine classique, démo ici).

Et alors le dessert… Moi qui ne suis définitivement pas un bec sucré, c’est ce que j’ai préféré de mon déjeuner ! Le soufflé aux poires semble copieux mais chaque bouchée s’évanouit comme par magie pour ne laisser qu’un subtil goût de poire sur le palais. Je jalouse tout de même A. qui partage ma table et qui se régale d’un caramel au beurre salé maison entourant une crème à la vanille. Ce caramel est si dense, si parfait dans l’alliance sucrée/salée qu’on en recommande discrètement un deuxième petit pot, que l’on finira à la cuillère, puis au doigt :-D .

Et pour clore ce merveilleux déjeuner, un petit café sur la terrasse intérieure, au soleil. La sensation d’être caché du reste du monde a un délicieux goût de privilège.

Rendez-vous demain pour l’interview gourmande du chef Frédéric Vardon.

Le 39V. 39 avenue Georges V. 75008. 01 56 62 39 05. Métro Georges V. Ouvert du lundi au vendredi. Leur site ici. Formules déjeuner 39,50 € et 49,50 €. Menu dégustation 85 €.