LA PINÈDE


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Le nouveau décor devait être prêt pour la rentrée de septembre. Pari réussi. Elio et sa famille vous accueillent dans leur tout nouveau restaurant, d’une rare élégance. Tout est raffiné : les suspensions, les teintes de peinture aux murs, les cloisons habilement pensées, le mobilier. L’atout charme de la maison est ce mur de pierres apparentes au fond. Et ce que l’on apprécie par-dessus tout : l’espacement des tables. Ici on a privilégié le bien-être des clients au rendement infernal. Les conversations intimes sont possibles, sans voisin de tablée en train de loucher sur son assiette.

Contrairement à d’autres restaurants libanais, la carte est concise. Les mezze sont proposés en formules : assiette de 8 hors d’oeuvre, assiette libanaise avec 6 mezze et une grillade, puis des repas autour des mezze : de 43 € à 82 € en 8 à 15 plats. Ces mets typiquement libanais sont d’ailleurs exposés au comptoir à emporter près du bar. Ne vous aventurez pas trop près, vous risquerez d’avoir envie de tout prendre.

Les petits plus de la maison ? Des mezze originaux comme le bastorma : à base de viande des Grisons, le samake harra : comme une ratatouille ou le moujadara : la purée de lentilles citronnée.

La présentation sur assiette change un peu des fameuses petites écuelles qui débordent d’huile. Le caviar d’aubergines est fumé, l’hommos ferme mais crémeux et le taboulé bien citronné. Mention spéciale à la grillade de poulet (chiche taouk) marinée donc agréablement fondante. Le restaurant propose des glaces maison, pas encore au point malheureusement, mais le mouhalabieh est bon, au doux parfum de fleur d’oranger.

La Pinède. 10 rue Mignard. Tél : 01 45 03 01 19. Métro Rue de la Pompe. Ouvert tous les jours.

PIERRE SANG IN OBERKAMPF


Dans un quartier très commerçant. Voilà où Pierre Sang Boyer voulait ouvrir son restaurant. L’esprit des lieux ? Un long comptoir et une cuisine ouverte pour le plaisir du partage et de la convivialité. Les fournisseurs sont exclusivement des commerçants du quartier : primeur, boucher, poissonnier et fleuriste livrent chaque jour l’ancien candidat de Top Chef.

Lee le second, Pierre Sang et Maxime (chef de salle et sommelier) travaillent en toute harmonie derrière ce comptoir, ravis de régaler la quinzaine de gourmands qui attendent. Ici, pas de carte, on fait confiance aux inspirations du chef. Et pour être inspiré, il l’est !

L’amuse-bouche du jour est un granité au jambon de pays auvergnat. Rafraîchissant.

Le menu est imposé certes, comme le veut une certaine mouvance actuelle, mais pas figé. Mon voisin n’apprécie pas la polenta, Pierre Sang improvise une poêlée de girolles. Et toujours avec le sourire.

Le caviar d’aubergines est très vinaigré, le chef utilise beaucoup cet assaisonnement l’été, et nous on apprécie encore plus la douceur des haricots croquants et l’amertume du parmesan.

Quand le thon rencontre l’andouillette. Voilà quel pourrait être l’intitulé de cette entrée. Un thon albacore préparé façon sushi, effeuillé (la chair du poisson séparée à la main), tellement dense que l’on jurerait une pâte de fruit. Il est proposé avec une béarnaise bien vinaigrée et une croquette d’andouillette frite. Merveilleux. Une alliance terre mer audacieuse mais réussie.

L’aiguillette de boeuf est découpée façon picanha (méthode argentine et brésilienne permettant d’obtenir des tranches très fines). Le blé en dessous est cuisiné comme un risotto. La seiche cuite avec le blé apporte le sel au plat, la sucrine le croquant. Equilibre parfait.

Un abricot mariné dans un sirop de lavande et quelques grains de poivre subliment le fromage de Salers 18 mois d’affinage.

En dessert un royal chocolat blanc/chocolat noir à la base pralinée. Je regrette juste le sucre pétillant au-dessus. Joli en déco mais trop pauvre en quantité pour que ça pétille vraiment. :-)

Le talentueux chef voulait un peu casser les codes avec ce restaurant : pas de carte, pas de cuisine séparée pour mettre son équipe "dans la lumière", et pas de formule onéreuse. Entre deux plats il accorde un petit mot à chacun, façon apéro entre amis autour de la cuisine américaine.

Si vous venez à plusieurs, les 2 tables d’hôtes dans la cave voûtée seront idéales.

Pierre Sang in Oberkampf. 55 rue Oberkampf. 75011. Ouvert tous les jours. Pas de réservation. Métro Oberkampf ou Parmentier. Menus 25 € et 35 €. Slunch du dimanche 45 €. Son site ici.

LA CANTINE DU TROQUET, GROSSE DÉCEPTION


Après son premier restaurant le Troquet à Sèvres-Lecourbe, Christian Etchebest a ouvert deux cantines, une boulevard de Grenelle, une rue de l’Ouest. C’est cette dernière que je suis allée tester en compagnie de Marine il y a quelques semaines.

La Cantine du Troquet c’est une table d’hôtes, comprenez de grandes tablées où l’on ne connaît pas forcément son voisin (si vous aimez l’intimité passez votre chemin). La carte est affichée sur l’énorme ardoise au mur. Bonne idée sauf pour ceux (comme moi ce midi-là) qui sont en-dessous puisqu’elle est illisible. Il faut donc compter sur ses compagnons de tablée pour vous aider dans la lecture.

Chez Monsieur Etchebest, le Pays Basque est à l’honneur. Mais pas que… Soupe parmentière, terrine de boudin, fromage de tête, oeufs mayo, crevettes et couteaux à la plancha, ça part un peu dans tous les sens.

Marine choisit le caviar d’aubergines (très fin, gourmand) pendant que je commande l’entrée "betteraves/boudin/parmesan" énoncée façon "slash" pour suivre la tendance du moment.

Mon entrée est parfaite : le boudin est fondant, le sucre de la betterave tranche avec le sel des câpres et le parmesan se fait discret. C’est une réussite. Malheureusement, le reste va beaucoup moins me convaincre…

Alors que Marine tente l’espadon bizarrement servi avec des frites bien trop salées et à peine cuites, je découvre mes xixtora (saucisses basques au piment) échouées dans une purée noyée sous la sauce. La présentation n’est vraiment pas flatteuse. Les petites saucisses sont bonnes, certes, mais la purée est fade, sans aucun intérêt. Aurais-je fait un mauvais choix de plat ? J’ai pourtant goûté une des spécialités de la maison.

Nous passons sans grande conviction au dessert : le fameux gâteau basque. Ayant passé 5 étés de suite dans le Pays Basque étant petite, je me souviens de mes orgies de ce gâteau aux deux couches et ultra fondant. Là encore énorme déception, le gâteau est sec, on peine à y enfoncer la cuillère. La confiture emprisonnée n’a aucun goût et le caramel pervertit le tout.

Verdict : l’entrée était fabuleuse, le reste décevant. Je crois que j’apprécie moyennement le style tables d’hôtes, pour peu que l’on tombe sur des voisins qui n’ont pour seule occupation de se passionner pour les converstions des autres. Le service était rapide certes mais expéditif, voire désagréable en début de repas. Je n’y retournerai pas…

La Cantine du Troquet. 101 rue de l’Ouest (14eme) et 53 boulevard de Grenelle (15eme). Pas de réservation. Installation à table quand les convives sont au complet. Ouvert tous les jours. Menu 30 €.

LE KHALIFE (à la place du Khalife)


Le restaurant libanais le Khalife est une institution de la rue de l’Ouest depuis 1989. C’est tout dernièrement que le restaurant a changé de propriétaires et de décor. Mais que les inconditionnels du Khalife soient rassurés, le sympathique chef est toujours là !

C’est un bel endroit que nous découvrons, murs de pierres apparentes, poutres au plafond, tadelakt orange derrière de grands tableaux aux belles dorures. Banquettes de velours rouge, tables nappées de blanc (que seul ce set en papier vient gâcher).

Les fameux petits navets vinaigrés nous font patienter et voilà que la valse des mezze commence. C’est ce que j’adore dans la gastronomie libanaise : on a l’impression que ça ne s’arrête jamais. Hommos, labneh (fromage blanc), caviar d’aubergine, taboulé, puis falafels, petits chaussons à la viande, au fromage et une dernière assiette qui nous ravit : du foul ! Ce plat méditerranéen (que l’on déguste surtout en Egypte) est rarement servi dans les restaurants libanais, il est donc très rare d’en découvrir sur une carte.

Souvenir ému d’un voyage au Caire, je suis ravie de pouvoir à nouveau goûter un foul (fèves mijotées à l’huile d’olive, citron, tomate, persil et menthe). C’est aigre, parfois acide mais j’adore ça. Le "vrai" que l’on trouve dans les petites échoppes du Caire est relevé à la crème de sésame, encore meilleur !

Le reste des mezze est très fin. Le caviar d’aubergine a un petit goût fumé, le hommos est bien épais, les chaussons dévoilent un fromage tout chaud.  Nous enchaînons sur quelques grillades : poulet et bœuf mariné aux herbes. C’est plaisant car plein de saveurs. Un conseil : gardez vos petites écuelles contenant le caviar, le labneh et l’hommos, c’est un délice de les associer à la viande ensuite.

Le service se fait non sans humour, les prix sont corrects, l’endroit est cosy. Les nouveaux propriétaires sont fiers de leur décor et on les comprend.

Le Khalife. 38 rue de l’Ouest. 75014. Tél : 01-43-21-33-53. Ouvert tous les jours. Métro Gaîté. Site ici. Mezze 19,90 € par personne. Formule midi à partir de 13,90 €.

LA PLAYA : UNE TERRASSE SUR LES QUAIS


La Playa côté salle

Quais de Seine. En contrebas. Le bruit des voitures s’éloigne. Au loin des rideaux blancs et oranges flottent, c’est là : La Playa, la nouvelle terrasse du quai de la Gare. Avec ses gros fauteuils en résine et ses transats, l’endroit est lounge et décontracté. Vous oubliez un instant la vie trépidante de Paris pour un déjeuner au soleil ou un dîner au son des clapotis de la Seine et de la musique dominicaine. Ce midi là, quelques clientes peaufinaient leur bronzage sur les transats, d’autres se régalaient d’une salade. La Playa a ouvert ses portes le 21 mai. C’est dans un décor inachevé mais très prometteur que nous découvrons la carte. Elle sent bon l’été cette carte : nombreuses salades, carpaccio de bœuf, cocktail exotique, tartares, gaspacho…

Gaspacho

Je choisis en entrée le trio de caviars : aubergine, tapenade et poichichade et mon invitée opte pour le gaspacho. Le trio est composé de petits ramequins. La tapenade noire cache de gros morceaux d’olive, le caviar d’aubergine est fin sans être gorgé d’huile et la poichichade, mélangée à du thon est très savoureuse avec cette fois encore des petits bouts de pois chiche dedans : les heureux qui ont échappé aux mixeur. Le gaspacho est tel que mon invitée le rêvait : très frais, bien relevé et présentée avec un ramequin de concombre et un autre de tomates pour y verser les crudités à discrétion. Comptez de 4 € à 8 € pour les entrées.

Trio de caviars

L’idée du trio me plaît, je commande donc ensuite le trio de tartares (saint-jacques, saumon et tomates) et mon amie commande l’assiette di Roma composée d’involtini de jambon fumé au chèvre, d’une crème de potiron, de tomates confites et de gressins. (Plat qui pourrait aussi convenir à un gros appétit en guise d’entrée.) Mon trio est très fin : le saumon haché menu est proposé avec une rondelle de citron vert, mes saint-jacques sont délicatement parfumées à la menthe et un petit ramequin de tomates vient parachever le tout.

Pour accompagner nos cafés nous dégustons un cheesecake et un fondant au chocolat qui tient ses promesses : son cœur est bien coulant. Mon cheesecake est moelleux et repose sur une crust croustillante et bien sucrée : un délice !

Voici un endroit où il fait bon profiter de la vie parisienne aux beaux jours et pourquoi pas en sortant tenter un petit plongeon dans la piscine (découverte) Joséphine Baker toute proche ?

Assiette di Roma

Trio de tartares

Cheesecake

La Playa. 6 quai de la Gare. 75013. Métro Quai de la Gare (ligne 6). Ouvert tous les jours.

RESTAURANT LE CHATEAU POIVRE


 

Fin 2007, Martin Pompeo décide de reprendre cet établissement, véritable institution dans le quartier. Mais l’heure n’est plus à la tendance bistrot avec escargots et blanquette de veau, non, fini la cuisine familiale et un peu roborative, place à une carte semi-gastronomique, travaillée avec talent par un tout jeune chef, Jérémy, 23 printemps seulement ! La décoration est soignée, tout est dans les tons beige, taupe, chocolat.

De jolis cadres sont mis en valeur par un éclairage tamisé le soir. La moquette rend le lieu douillet et les tables sont parfaitement dressées (on apprécie les chemins de table et non les sempiternels sets). Après un apéritif composé de fines tranches de charcuterie, l’immense ardoise nous est présentée.

Je choisis en entrée le caviar d’aubergine, salade de moules et amandes. Il fond dans la bouche, et l’assaisonnement est parfait. En face de moi, on se régale d’un saumon mariné à cru en salade de lentilles. Nous ne disons plus un mot, c’est délicieux et léger. Le croustillant de boudin noir à la crème de lard ou la soupe crémeuse de brocolis relevée au chorizo nous tentaient aussi, ce sera pour notre prochaine visite.

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Le Château Poivre. 145 rue du Château, 75014. Métro Mouton-Duvernet. Ouvert du mardi au samedi.