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PARIS DES CHEFS 2012

(un clic sur les photos pour les agrandir)

Le festival international des rencontres culinaires créatives, Paris des Chefs, a ouvert ses portes hier matin. Je suis allée y faire ma curieuse et prendre quelques photos.

Parrainé par Alain Ducasse pour cette 4eme édition, le festival met en scène des passerelles  entre l’art de cuisiner et les différents champs de la création. Au programme, de nombreux duos comme Yannick Alléno (chef étoilé du Meurice) et l’architecte Alain Moatti, Anne-Sophie Pic et Carole Bouquet et bien d’autres.

Au 5eme étage, place aux ateliers culinaires avec Thierry Marx pour une trilogie de foie gras ou la très sympathique Mercotte pour une démonstration de ses fameux macarons qui ont fait sa renommé sur la toile. Mercotte si tu me lis, ravie de t’avoir revue :-)

Paris des Chefs s’écoute, se regarde, s’expose et se goûte pendant 3 jours à la Maison de la Mutualité, tout récemment rénovée par Wilmotte.

Maison de la Mutualité. 24 rue Saint-Victor. 75005. Métro : Maubert-Mutualité ou Cardinal-Lemoine. www.parisdeschefs.com. Pass une journée 15 €, pass 2 jours : 22 €, pass 3 jours : 30 €. De 11h à 20h

NoLita

“Restaurant hybride”, “petite cantoche italienne”, j’avais entendu de tout sur NoLita (le nom fait référence au quartier de NY, NOrth of LIttle Italy, près de Chinatown). C’est un vrai restaurant gastronomique italien que j’ai découvert en ce soir de décembre. Perché au dernier étage du Motorvillage, le restaurant jouit d’un décor surprenant : un joli tapis gris chiné, du black and white sur les murs, une Maserati qui se languit de vrombir au milieu de la rotonde…

Une douce musique jazzy et de très jolies serveuses (loin des pimbêches costiennes) vous accueillent. Les tables sont bien espacées les unes des autres, le lieu est propice aux rendez-vous amoureux.

Le chef italien Vittorio Beltramelli officie en cuisine. J’ai eu la chance de goûter sa carte d’hiver, aux doux accents de truffe blanche. La vraie, l’unique, celle d’Alba.

En guise d’amuse-bouche, nous découvrons une noix de saint-jacques tout juste snackée, accompagnée d’une burrata coulante et d’un caviar de persil, truffe noire et oignons de Calabre. Les nobles produits sont travaillés avec goût. Cet amuse-bouche est un ravissement pour les yeux et pour les papilles : cuisson nacrée de la noix, croquant de la truffe cachée à l’intérieur et perfection du caviar servi très froid. Je suis rassurée et pressens que mon dîner s’annonce succulent.

Un Chardonnay de Toscane accompagne mon vittello tonnato (de fines tranches de veau rôti), très fondant, servi avec de petites pousses de fenouil, très croquantes. La sauce au thon est audacieuse mais se marie bien avec la viande. Les câpres viennent juste décorer le plat, pas besoin d’autre artifice.

Le menu dégustation se poursuit avec des tagliatelles de calamars. On jurerait des pâtes, c’est à s’y méprendre. Pas de calamar caoutchouteux ici, les fines lamelles fondent en bouche. La sauce aux pois chiche est comme une crème, parfumée au citron et aux pistaches de Sicile.

Enfin le voilà (3 jours que j’en rêvais), le risotto minute à la truffe blanche d’Alba, finement râpée dessus. Il est divin, l’amidon libéré des grains a formé une belle crème. Je regrette toutefois cette petite touche verte qui n’apporte rien, un risotto aussi parfait n’a pas besoin de fioriture.

Pendant que mon invité d’honneur découvre un bar et ses coquillages en papillotte, on me sert la fameuse recette sarde : un cochon cuit pendant 17 heures. La peau est juste craquante, la viande caramélisée aux épices. La cocotte de légumes oubliés superflue tant chaque bouchée de ce tendre cochon me ravit. 17 heures de cuisson, il en est presque confit. J’ai dégusté ma viande avec un vin rouge du Piémont qui a eu l’intelligence de mettre en valeur les nombreuses épices de la sauce.

Les desserts, très graphiques, arrivent. Cube de chocolat noir en face de moi, pannacotta à la truffe blanche pour moi.

Je laisse de côté la boule de glace et son auréole chocolatée pour découvrir ce mariage audacieux. Je n’avais encore jamais goûté de truffe en dessert. Le chef a eu la main légère et c’est tant mieux, la pannacotta est subtilement parfumée, le dosage parfait en somme.

Les nostalgiques de l’enfance (je pense surtout à vous messieurs) prendront plaisir à se promener dans le Motorvillage une fois le dîner achevé. L’architecture du lieu (oeuvre de Jean-Michel Wilmotte) ressemble aux garages à plusieurs étages sur lesquels les petits garçons font dégringoler leur voiture.

Non NoLita n’est pas une simple cantine hors de prix, c’est un vrai restaurant gastronomique italien. L’Italie est admirablement mise en scène dans l’assiette et le service, discret et efficace, est à la hauteur des mets servis.

NoLiTa. 2, rond-Point des Champs-Elysées. 75008. Tél : 01 53 75 78 78. Ouvert tous les jours. Formule dégustation 79 €. Site.