LE COURT-BOUILLON


Après 7 ans passés à Levallois-Perret, Eric Achard (ancien chef de partie chez Taillevent et au Plaza Athénée), a posé ses valises – et ses casseroles – dans le 15eme arrondissement. Eric est aux fourneaux, sa charmante femme Isabelle est en salle. Le décor du restaurant est celui d’un bistrot chic avec ses nappes blanches, et ses tons crème sur les murs. L’ensemble est modernisé par quelques tableaux contemporains dont la plupart ont été peints par le chef lui-même. Il a d’ailleurs caché une belle déclaration d’amour à sa femme sur l’un de ses tableaux, saurez-vous la retrouver ? ;-)

C’est un Sancerre François Millet qui accompagne mon tataki de thon servi généreusement. Le poisson cru, légèrement saisi, est bien frais et la mousse de wasabi juste relevée vient provoquer le contraste en bouche. La petite gelée aigre-douce est presque de trop.

De belles saint-jacques d’Erquy juste snackées reposent sur un risotto crémeux au parmesan. Les derniers copeaux de fromage italien finissent de fondre sur les noix. Le produit est mis en valeur, le plat est gourmand et bien présenté.

Quand Eric ne cuisine pas les saint-jacques, il aime travailler les produits nobles comme le foie gras, le homard, les langoustines, les truffes sans oublier le terroir. Escargots, andouille, ravioles, pot-au-feu, joue de boeuf ont aussi ses faveurs.

Le chef travaille les desserts de l’enfance qu’il réinvente sans cesse en les habillant de thym, de cardamome… Je déguste une brioche façon pain perdu à la mie bien imbibée de lait, moelleuse. La tranche est caramélisée, servie très chaude, la boule de glace à la vanille ne résiste pas et semble fondre de plaisir.

J’aime les petites attentions du Court-Bouillon : de succulents grignotages accompagnent le café : nougatine éclatée et crème de citron vert. Même si l’appétit vient à manquer, on craque quand même.

L’élégance est de mise ici : en salle, sur les tables, en cuisine, dans les assiettes. La présence d’Isabelle y est pour beaucoup. Le talent du chef est manifeste. S’il faut trouver un bémol, je dirais que la formule déjeuner (entrée plat dessert) à 45 € est un peu chère, comparée à certains étoilés qui proposent aujourd’hui des formules autour de 38/39 €.

Le Court-Bouillon. 51 rue du Théâtre. 75015. Tél : 01 45 77 08 18. Ouvert tous les jours sauf dimanche et lundi. Métro Dupleix.

MOMIJI


C’est au cœur du quartier animé de Bastille que nous nous rendons ce midi-là pour découvrir Momiji. Dès la façade, l’établissement renouvelle le genre. On est plus dans le lounge que dans le japonais traditionnel avec ses classiques lampions. A l’intérieur, c’est tamisé, chaleureux, confortable. Le style presque boudoir et les notes rosées plairont assurément à la clientèle féminine.

La carte a été travaillée chez Momiji. En plus des sushis, makis et autres yakitoris, vous pourrez vous régaler de plats originaux que l’on ne voit que trop rarement dans les restaurants japonais, vous savez, ceux qui vulgarisent cette noble cuisine. Anguille grillée, gambas, poulpe, caille, tempuras, tout cela est bien alléchant.

Dans un restaurant japonais traditionnel on déguste directement ses sushis ou ses makis précédés de la sempiternelle salade de choux ou de la soupe miso, la plupart du temps insipide. Chez Momiji j’ai le plaisir de découvrir du thon en tataki en entrée, ainsi que des raviolis, les fameux gyoza. Le thon est tranché épais, sa texture est ferme, il semble juste saisi et est recouvert de petits grains de sésame, une entrée parfaite. Pendant que mon invité se régale, je tente les raviolis. Tout chauds, ils ne baignent pas dans l’huile, leur enveloppe n’est pas élastique et c’est une explosion de saveurs en bouche.  Notre repas commence très bien. Comptez 5,50 € pour les raviolis, 11,50 € le thon mi-cuit.

Pour la suite, nous faisons des choix classiques, même si la carte propose quelques originalités comme des fotomakis frits, du tartate de saumon, des makis de thon en tartare, des nems de crevettes…

Nous optons pour des makis yellow avocat fromage et des makis saumon avocat fromage. Que ceux qui ne connaissent pas encore ce mariage (fromage/avocat) tentent l’aventure, cela fond dans la bouche. Les makis en face de moi sont entourés d’une feuille de riz. Ils sont bien roulés mais nous regrettons un peu leur taille. Les gourmands que nous sommes les trouvent un peu petits. N’étant moi-même pas très friande de la feuille de riz, je choisis des makis entourés de saumon cru, ils sont divins, mais eux aussi un peu trop riquiqui. Ils sont si bons qu’on les souhaierait plus gros !

Un thé au jasmin accompagne agréablement notre repas.

Comptez 5 € à 6 € les 6 makis.

Nous nous partageons ensuite des brochettes, les fameuses yakitoris. Les boulettes de poulet sont bien caramélisées et j’apprécie que les bœuf-fromage soient servies très chaudes. Il n’y a rien de plus énervant que des brochettes tièdes au fromage tout dur. Non là, zéro fausse note, ces brochettes ultra-calorique (tant pis pour notre régime !) sont parfaites, très gourmandes.

Même jusqu’aux desserts la carte révèle des surprises : lychees, nougats, salade de fruits, perles de coco, glaces, chocolat liégeois, mangue ou ananas frais, nous avons l’embarras du choix même si certaines propositions s’éloignent définitivement du Japon.

Ce sera perles de coco pour moi, glace au thé vert pour mon invité. Mes perles toutes chaudes renferment un cœur bien jaune et sont élastiques comme j’aime. La glace, qui a l’avantage de rafraîchir le palais en fin de repas, ne sent à priori pas assez le thé vert. Desserts autour de 5 €.

Le service, très attentif, est enlevé. Les assiettes sont débarrassées dans un rythme parfait, les plats s’enchaînent, le café clôture notre déjeuner. Nous sommes très satisfaits de ce que Momiji propose, d’ailleurs autour de nous tous les clients semblent s’être régalés. Une très bonne note pour ce Momiji.

Momiji. 20 rue Daval. 75011. Tél :  01 48 06 14 72. Ouvert tous les jours. Métro Bastille.

LE RIVER CAFÉ A FAIT PEAU NEUVE


Je vous souhaite à tous (et à vos papilles !) une excellente année 2012, pleine de gourmandises et de découvertes culinaires. Pour commencer l’année, voici le dernier test réalisé en 2011 : le River Café, que j’avais déjà chroniqué ici.

Après 3 mois de fermeture, le River Café a rouvert le 1er décembre. La fameuse péniche vous reçoit dans son nouvel univers entièrement rénové (photos ici). La décoration a été confiée à Alexandre et Pascale de Montrémy. Du noir, du blanc, des suspensions opalines, une couleur vive au sol et des tissus qui rappellent le mouvement de la Seine. C’est raffiné, moderne et élégant. On ne se souvient même pas de l’ancien décor, preuve que c’est réussi.

La carte fait la part belle aux produits de saison, joyeusement mis en scène par le jeune et brillant chef Mathieu Scherrer, qui allie tradition et modernité avec quelques inspirations asiatiques.

Tataki de thon bien saisi parfumé au sésame, délicat millefeuille aux langoustines, puis poulet fermier sur son risotto minute ou encore magret de canard rosé comme il se doit. C’est bien travaillé, original parfois avec ces endives gratinées par exemple, et toujours parfaitement présenté. Les assiettes sont gourmandes de l’entrée au dessert.

Nous finirons ce midi-là sur un simple ananas, l’appétit nous manquant, mais la prochaine fois (qui ne devrait pas tarder) c’est promis, je teste les desserts !

Le River Café. 146 quai de la bataille de Stalingrad. Issy-les-Moulineaux. Tramway ligne 2 ou RER C Issy-Val-de-Seine. Ouvert tous les jours. Entrée plat 29 €, entrée plat dessert 39 €. Leur site ici.