CAFÉ FIGUE


 

Une cuisine du marché, fraîche donc, de saison, combinant plats traditionnels et recettes du bout du monde, est-ce possible de côté de Montparnasse où fleurissent les brasseries bas de gamme et autres chaînes à la hippopo ?

Oui ! Grâce à Nadia F.igué, qui a ouvert son Café Figue, rue de Vaugirard. Fraîchement diplômée de l’Ecole Supérieure de cuisine française à Paris, Nadia part en voyage aux 4 coins du monde. Les cuisines étrangères l’inspirent, elle y puise son inspiration.

Dans son Café Figue, on goûte un subtil mélange d’ici et d’ailleurs. La carte change tous les jours (même 2 fois par jour) en fonction du marché et de l’humeur de cette pétillante chef. On part dans les îles avec les samoussas de boudin noir et les accras, que Nadia revisite en les accompagnant de bâtonnets de granny smith, de pousses d’épinards et de chutney de tomates savoureux. Puis direction les States avec un burger B.L.T. (bacon, laitue, tomate) au bun bien dodu réalisé par Frédéric Lalos, au steak haché minute et bien juteux. Comme Jean-François Piège le conseillait dernièrement dans Top Chef, on n’oublie pas d’écraser légèrement le burger afin que le jus du steak imprègne bien le bun du dessous. A la place des frites, d’énorme onion rings superbement réalisés. On file en Italie avec un risotto betterave/chorizo tout rose. Bon, mais il me manque quelque chose, le chorizo. Aïe, c’est un oubli en cuisine. Ca peut arriver. Pas grave, du moment qu’on me le dise…

Nadia n’a pas oublié d’être douée en desserts. Le duo chocolat meringue avec un crémeux de thé vert matcha et le granité d’ananas et son shortbread bien croquant le prouvent.

L’adresse a connu bien des patrons, des styles, des décors, espérons que le Café Figue connaisse un beau succès (qui serait on ne peut plus mérité). Le quartier de Falguière s’enorgueillit de cette pépite gourmande.

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Café Figue. 117 rue de Vaugirard. 75015. Tél : 01 53 69 08 12. Formules à partir de 18 €. Fermé lundi soir, samedi midi et dimanche. Site. Cours de cuisine sur demande.

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WANDERLUST


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C’est l’ouverture remarquée du printemps dernier. En juin 2012 s’ouvrait un lieu pluridisciplinaire, unique à Paris, à la Cité de la Mode et du Design. On doit l’idée au Groupe Savoir-Faire, déjà propriétaire des clubs le Silencio et le Social Club.

Installations contemporaines, projections de films, conférences, DJ sets, yoga, brunch bazar du dimanche, clubbing mais aussi animations pour enfants (confectionner sa cape de super-héros) et ateliers 100% girly pendant lesquels on fabrique son propre rouge à lèvres.

Mode, photo, musique, cinéma… Les arts sont mis en lumière au Wanderlust. Et parmi eux l’art culinaire a logiquement trouvé sa place.

C’est Benjamin Darnaud qui a pensé la carte du restaurant. Riche de ses voyages, rencontres et expériences, la carte ressemble au chef et au lieu. Elle est éclectique, originale, en perpétuel mouvement. Car au Wanderlust, rien n’est figé.

Attablés sur l’immense terrasse en bord de Seine, on hésite entre les couteaux, le bo bun aux doux accents de cacahuète, la tomate amoureuse d’une buffala, le ceviche de daurade au céleri et granny smith. Si les présentations sont classiques, le talent du chef se révèle pendant la dégustation. Les saveurs se mêlent agréablement. Parfois l’acidulé l’emporte, sur les couteaux par exemple. Et ici on note une pointe de vanille dans l’assaisonnement.

Le plat du jour est un saumon poché sur son carpaccio de légumes croquants : fenouil, carottes, courgettes crues. Poisson chaud sur légumes froids, très agréable.

Les pizzas sortent d’un four révolutionnaire. Celle-ci se pare d’un chorizo exceptionnel, celle-là associe fourme d’ambert et citron.

On est bien sur cette terrasse, on a envie de prolonger le repas avec une Chantilly exquise (ferme mais aérienne) et quelques fraises, sans doute les dernières de la saison…

Wanderlust. 32 quai d’Austerlitz. 75013. Ouvert du mercredi au dimanche midi et soir. Formules déjeuner 14 € et 18 €. Brunch 20 €.

RAS LA TOQUE DES FOOD REALITY SHOWS


A en croire les TV shows culinaires, ça ne peut que mal se passer quand on est aux fourneaux !

« Faut du stress ! », tel est le credo des Masterchef, Top Chef ou autre Dîner presque parfait. Ou encore pire, le récent et affligeant Repas de Famille (le week-end sur France 3).

Décryptage de la recette pour faire de l’audience. Trois ingrédients de base : des candidats, avec quelques incompétents pour mieux les ridiculiser ; un jury critique et méprisant pour mieux les faire craquer ; un enjeu de taille pour faire monter la pression.

Moyennant quoi, il n’y a plus qu’à touiller, sur un fond excessif de musique agaçante et vous aurez conditionné tout ce beau petit monde pour obtenir le résultat attendu. Des cris, des pleurs et des jeunes laissés sur le carreau ! Car, ne nous y trompons pas, aux jeux du cirque, les vainqueurs tirent plus leur gloire de la défaite des vaincus, que de leur propre mérite.

Certes, les heureux gagnants sont récompensés pour leur talent. Mais, ils auront dû endurer l’humiliation de jurés qui jouent les redresseurs de tort. Sans même se donner la peine de s’asseoir à table, pour goûter les préparations… Quelle drôle d’image pour le métier de cuisinier ! Se résume-t-il à faire trembler de pauvres candidats sans droit de réponse ? Pour faire de l’audience, angoisse et suspense ont supplanté pédagogie, transmission de savoirs et encouragements pour réussir.

Signé : Petitgrognon