Voilà un vin qui plaît !

Avec 10 millions de bouteilles écoulées par an, il est devenu le premier bordeaux de France.

Mais quelles sont donc les recettes d’un tel succès « marketing » ?

Vous prenez une bouteille typique du vignoble bordelais. Vous lui collez une étiquette un peu jaunie. Vous trouvez un nom assez noble, un peu aristo mais pas trop, pour ne pas effrayer les citoyens du peuple (ce sont les acheteurs les plus nombreux).

Sur une sous-étiquette, vous appliquez un faux tampon style label, où vous précisez simplement « élevé en fûts de chêne » ainsi que « mis en bouteilles dans nos chais ». On se doute qu’il n’est pas mis en bouteille sur le trottoir !

Pour faire illusion vous ajoutez le dessin d’une grille et d’un portail de château. Car de château… il n’y en a point, vu que ce vin n’est qu’un assemblage judicieux des productions d’une vingtaine de coopératives.

Bon, le tour est joué.

Y a plus qu’à assurer la distribution en grandes surfaces mais aussi par le réseau de cavistes Nicolas. Car Nicolas appartient au groupe Castel, propriétaire de Lestac et présidé par Pierre Castel, 82 ans, 9ème plus grosse fortune de France.

(Au passage, si vous êtes perspicace, vous avez noté que Lestac est l’anagramme de Castel.)

Bon parlons prix. C’est là où ça se corse parce que les écarts sont vertigineux. Y a intérêt à faire le tour des magasins avant d’en acheter.

Le moins cher, on l’a trouvé à Super U : 3,69 € la bouteille. Mais ça grimpe facilement jusqu’à 4,99 € chez Monoprix ou Carrefour Market. Quant à Nicolas, il nous arrondit le prix à 5 €. En ligne, on peut le trouver à 4,55 € sur le site Télémarket. (1)

A ces prix là, si on n’aime pas les mélanges… on trouve quand même de fameux petits vins de châteaux qui, eux, sont mis en bouteille au château.

Petitgrognon

(1) : prix de la cuvée 2010